‹ Nouveau manuel complet du destructeur des animaux nuisiblesChapitre 25 sur 114 · LE RAT PROPREMENT DIT · texte numérisé non relu

LE RAT PROPREMENT DIT

Cet animal appartient à la classe des mammifères , à Tordre des rongeurs. 11 diffère principalement des deux es- ' pèces précédentes par trois momires à tubercules mousses , dont l'antérieure est la plus grande , et par sa queue longue et écailleuse.ll est un peu plus du double plus grQâ que Ja souris , et son pdage est d'un gris noirâtre. Les naturalistes le connaiisent sous le nom de mus^rattiis.

Il paraît que ce petit quadrupède n'était pas connu des anciens , puisqu'ils n'eh ont pas parlé, et tout porte à croire qu'il n'a pénétré en Eurppe que vers le moyen-âge. Nous «'entrerons pas ici dans les détails de tous les dégâts qu'il peut causer : ils ne sont malheureusement que trop x^bdus.

Le rat n'habite guère que les maisons , et il se plaît dans les ville? et dans les villages bien plus que dans les habitalions rurales. Il se loge dans les greniers , amas les vieux

loi MAMMIFÈRES NUISIBLES , CARNASSIERS.

trous de muraille , les. fentes de murs , les fegots etc. lî attaque les grains , les fruits , et généralement toutes les substances alimentaires. S'il est poussé piar la faim, il pénètre dans les poulaillers et les pigeonniers , perce ou brise ks cBufs peur se nourrir des petits qu^ls contiennent, et même quelquefois tue les jeunes lapins , Ils poussins et les pigeonneaux.

Ce n'est pas cependant le plus grand mal qu'op 441 réproche ; il paraît que cet* animal creuse dans les y\^^ plâtres et les mortiers , et , à la longue , vient à Bout d^ébran- 1er les constructions les plus solides. Il pullule l)eaucoup et infeste en peu de temps une maison , si Ton n'y oppose uq prompt remède. Le rat est d'un caractère* féroce ; il se détend contre l'es chats , les belettes et autres animaux , et si •sa foi:ce répondait à son courage , il sortirait toujours vainqueur d'une lutte acharnée.

Lorsque les rats' deviennent nombreux dans une maison ti^ point de ne'plus y trouver leur subsistance , ils se déclarent une guerre à mort et se dévorent les uns les autres , jusqu'à ce que leur nombre soit diminué au point nécessaire; dès-lars. la paix est faite. QuaiSd un bâtiment menace ruine, les rats ont l'instinct ide prévoir le danger qu'ils courraient advenait à tomber , et ils l'abandonnent longtemps ayant qu'il soit ruiné.

Nous devons à M. Thénard un moyen efficace de détruire les r^is^et autres animâpix malfaisans qui habitent les murs lie nos irisons. On commence par boucher le^. trous ; mais ^bientôt ceux qui sont le plut fréquentes paifèes anipâaux sont d& nouveau ouverts. Alors on appKque f'appt^r^I ,. qui consiste en une cornue de verre dont on îute ex^temcnt le 'goulot, à l'entrée de ces nouvelles ouvertures.. On y introduit ensuite, pai.\Tgie tubulure , du sulfure noir de -fer, puis on y verse , mec précaution , uhe certaine quantité d'acide sulfurique étendu d'eau. Il se fait aussitôt an dégagement d^ydrogène sulfuré,, qui pénètre par le trou dans tous les recoins où les rats §e cachent , et les fait périr en peu de temps"

On emploje , pour détruire ces animaux incommodes » plusieurs movenç que nous allons énumérer. Le pMsoB est Je plus expédi4tf Ke tous. On mêle à de la farine de froraeat

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inoîtié de chaux vive ou de plâtre pulvérisé ; on en place quelques pincées dans des cartes ou de petits vases que Ton » dépose dans les lieux que les rats fréquentent, et Ton met à côté du prison une assiette ou ilne écuelle remplie d^eau. Dès que Tanimal a mangé la chaux avec la farine , il sent ses inte&tins enflammés, et yà se désaltérer dans Teau qu'il trouve à proximité , aûn d'éteindre Je feu intérieur oui le dévore; mais à peine a-t-il avalé ^quelques gouttes d eau , que la chaux fermente avec beaucoup plus de force dans son estomac , elle en corrode et désorganise les i^rois , le ventre de Tanimal enfle d'une manière prodigieuse , et il meurt sur la place , avant même d'avoir eu le temps de gagner sa retraite. Ou peut encore rempoisonner d'une autte* manière aussi certaine ; elle consiste à faire frire dans une poêle des morceaux de lard de la grosseur du petit doigt , à les rouler encore chauds dans de leyâçure de noix vomique , et à les exJ)oser près de sa rflraite , mais hors de l'atteinte des chiens. Ai^ti^i]||ue je l'ai dit à l'article campa^ gnol , l'arsenic, appelé mort aux rats , c4 un poison qui , réussit toujours : mais il. faut quelques formalités pour s'en

Î)rocurer et il offre quelques dangers. On le mêle avec de a farine à la même uose que pour les campagnols., S'il n'y , a pas de chats dans la maison , on -peut le mélanger a^ec succès avec de la viande hachée ou de la chair à saucisses cuite. . , V

f^asis(ymifnoir quatre-de-chiffre (voyez PL I, fig. 16) est une machine fori simple et d'un snccès assuri : on la tend dans les greniers , les caves et autres lieux visités par les rats. Voici en quoi elle consiste : on prend une planche lourde, on la place surmLé sur£ai(ithuie, etonlacharged-'une pierre , aiin d'augme^lFsoh poids et de la rendre capable d'assommer l'animal sur lequel elle tonobera. On la soulève d'un côté , pendant que l'autre porte à terre , et on la maintient ainsi au moyen d'une détente .^iionjmée qiiatre-dechiflre. Nou» allons en expliquer le mécanisme au moyen des flaires 16 et 20 : a est le bilboquet, &, le support , et c le bras de détente ; on place d'abor^ l'extrémité d du support dans Tentaille e du bilboquet, puis rcxtrémité /"du bilboquet dans le cran g du bras de déteiite -^ on fait entrer la partie entaillée h da bras de détente dans rcntàilie *

d06 MÀlUtlFÈBES NtlSIBLES , CABN^SSIEBS.

du support; et le quatre-de-chiffre se trouve formé. On appuie sur rextrémité k ^du biltioquet la planche qui doit servir d'assommoir , et la machine se trouve tendue comme elle le parait ^ans la figure 16. Enfin , au bout du hros de détente , on attache pour appât un morceau de lard m que Ton a fait griHcr à la flamme d'une chandelle, pour lui communiquer une odeur qui plaît beaucoup aux rats de fort loin.

Voici ce qui arrive : l'animal se glisse sous l'assommoir et saisit l'appât. Il ébrianlc le bras de détente et lui fait abandonner les entailles i et ht qui seules maintenaient les pièces en position ; le bras tombe , ainsi que le bilboquet qui n*était retenu que par le cran g, et qui cède alors aupoids de la bascule ; celle-ci tombe à sou tour et écrase tout ce qui se trouve dessous. Lorsque Ton a pris un rat souscet assommoir , il faut , pour qu'un autre s'y prenne , passer à la flamme d'un foytt" toutes les pièces au quatre-dechifire , afin de leur ôter l'odeur que la première a j)u leur communiquer. Ilkest inutile de dii-e que l'amorce doit aussi être renouvelée.

J'ai vu'amo,rcer avec beaucoup de succès les quatre-enchiffre avec des morceaux de feuilles de chou vertes et un peu^'oissées, qu'on fixe avec du fil à la branche de dé* tente.

On emploie encore très avantageusement, contre les rats , Vassomnë$ir figure 19, mais en lui faisant subir iftie modification fort simple , représentée figurerai. Au lieu de la planchette à détente , on creuse la planche d, comme noustle montrons, mais seulement à un pouce de profondeur; on taille la pièce dellois a de la Ugutc 49, de manière à ce qu'elles s emboîte juste dailfe le creux. La machine aipsi préparée , on place au fond un petit morceau de fer piqué solidement sur laplanche par ses deux bouts aiguisés, et formant' un petit |^t d'une tigne à une ligne et demie de hauteur. On prépare un appât avec du lard grillé , et on l'attache au bout d'un morceau de fil ; on fait passer l'autre bout du fil sous le fil de fer , comme en r, figui'e 24 , puis par le trou i de la traverse , figure 19, et on vient rattacher à la pièce de bois assonunoir, comme on le voit en k de la même figuré. On conçoit que le morceau de lard

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étant trop gros [j6ur passer sous le pont dv ill de fer , retient ]e (il et maintient le piège tendu* Le rat attaque le lard , le ronge ^ coupe le iil : Tassommoir tombe et Tanimal est écrasé.

Le traquenard à rat est encore un piège extrêmement commode et très souvent employé {f^oyez iaPÏ. Ij figure 22); c^est lé même traquenard que la figure 14, mais avec des modifications indispensables. Au lieu d'une plancbette en bascule , le piège n'a qu'une traverse en fer, a, percée vers le milieu , en &, d'un petit trou. Lorsqu'on veut tendre le piège, on prépare un appât qui consiste toujours en un morceau de lard. grillé à la flamme d"'une chandelle*, on l'attache à im morceau de fil double dont on fait passer l'autre bout dans le trou b. Cela fait, on éaisit le ressort o de la main gauche, jet on le comprime jusqu'à ce que les deux branches dentées, dd, soient tout-àfait abattues. On prend par-dessous le fil auquel tient l'appât , on le ramène sur le côté en c , et on le fixe autour d'une petite cheville en fer, /*, qui se trouve alprs abaissée jusque vers le point e. Ce fil , retenu par l'appât au poiht 6, est assez fort pour maintenir la branche ouverte, et par conséquent, le ressort abaissé. On lâche doucement celui-ci * pour éviter une se- CQusse qui pourrait rompre le fil , et le piège se trouve tondu. Lorsque le rat vient ronger l'appât , il coupe le fil ^ le ressort se relève brusquement , et les branches saisissent l'animal par le corps ou par le cou.

La trape à bascule ( PL I, fig, 25) a sur les^ pièges que nous vcncg^s dô décrire un avantage précieux : c'est celui de se tendre seule et de pouvoir , par conséquent, prendre plusieurs rats de suite dans une seule nuft. Le mécanisn^e en est très simple. On se procure un grand pot de terré ,ayant au moins quinze à dix-huit pouces de profondeur sur uk pied de largeur ; oq le couvre d'une planAie. percée d an trou' en lunette pour pouvoir y placer la bascule b. Cette bascule, doit avoir au moins six pouces dé largeur sur huit ou dix de longueur. Soit qu'on lui donne une forme carrée ou ovale., on la fait avec une planchette très légère. Le côté b doit être un peu plus lourd que celui a, afin que la machine puisse se refermer toute seule. Il est entendu que eè côte b doit porter sur. une petite feuillure, ou

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sur uoe petite cheville , afin de ne pouvoir pas s'eofoa^ cer et de ne laisser du jeu à la bascule que vers le côté a qui se trouve précisément sous Tappât. -Un Ûl de 1er , d, est fixé vers le côté de la planche : il s'élève, verticatement , puis il est recourbé dans le haut de manière £ ce qu'on puisse attacher en e un appât qui doit être élevé à cinq pouces au-dessus de la bannie ; on verse de Veau dans le fond du pot de manière à ceqa'il en ait quatre pu cinq pouces.

Qe piégf se place dans un grenier , une cave , une granp^e, au milieu des tas de bois ou autres objets qui donnent aiix rats toute facilité pour niontier sur le pot. Dès qu'il y en , vient un pour s'empaiier du monceau de la^d grillé suspendu au fil d&jTer , il se place nécessairement sur le côté a de la bascule ; celle-ci joue en cédant sous ■ ses pieds ; le rat tomhft dans le pot et se noie%n peu de temps. Bi un autre Tient quelques instants après , il éprouve le même sort. Il n'e$!t pas rare de prendre ainsi cinq ou six rats dans une nuit, et même beaucoup plus, s'ils sont très nombreux dans l'endroit.

UarbaXète {PL I, fi^. 24) est*eraployée avec assez d'avantage à la destruction des rats. Elle consiste en. une planchette , o, évidée à l'un des bouts, de h en c, et taillée en coulisse , dans laquelle l(ji pièce d doit couler avec facilita Au moyen de Tare e c. et de sa corde //, 4S[ai entre en g, dans une entaille de cette^ pièce et fait eil'ort dessus de manière à la tenir fermée, on no peut l'GiAvrir qu'avec violence. Cette pièce d est munie , eu /(, de dents i^^ês .en fer ; la détente, que nous avons dessinée, figure 9, ^ensiste en deux petites pièces de boismobdes, dont une, i, est pourvue d'un cran à l'une de ses extrémités , tandis que l'autre bout tient'à un fil de fer , qui la fixe au-dessous de la plan^ chette çt. L'autre petite pièce mobile k, sert à tendre le piège; poid* cela, on fait glisser avec forcé la pièce (2 da^i sa coulisse , comme on le voit dans la figure, ce qui fait fortement tendre l'arc ; on place la pièce mobile A, par un bout, dans le cran de la pièce i, et par l'autre, contre l'extrémité de la pièce d, ce qui la maintient ouverte. On place un appât dans l'ouverture l; et l'on dépose le piège ainsi tendu dans un endroit où rien ne puisse gêner le jeu de l'arc. Aussitôt qu'un rat rient saisir l'amorce , la pièce A- échappe du.

LE SUBMULOT. WJ

cran de la pièee t, la coulisse se ferme avec violence, et IV nioial reste pris par les pointes de fer dont elle est armée.

Il nous- reste à parler de Vcusommoir à palette ( voyez PL ir, fig. 1). On taille deux planches de chêne, comme on le toit en aaa, et l'on en forme comme une espèce de maf chepied* solids au mo^en d'une seconde planchée, que Ton cloue solidement dessus , et d'une plaophette c que Ton cloue devant*, le tout est solidement maintenu par quelques traverses placées en dessus. Entre les deux montans a a, est une forte corde , d, formée par la réunion dû plusieurs fKîelles ; dans ces cordes est passé le manche d'une palette , e, dont la surface plate , f, est armée de petites pointes de fer. En^lordant les cordes avec le inanche de cette palette , comme on fait pour tendre une scie , on vient è bout J'en faire un puissant ressort. Pour maintenir l'assommoir levé , comme on le voit dans la figure , on attache Tappât ^ à un morceau de fd qui passe dans le trbu t' et va s^attacher en e an manche de la palette. Lorsque le rat coupe le fil en mangeant l'amorce, l'assommoir n^étant plus retenu obéit au ressort de corde et, avec une grande violence , vie^t frapper sur Tanimal et l'assomme. On conçoit qûQ cette macnine doit être faite dans des proportions exactes , afm que la force du coup porte juste sur l'animal placé près de l'appât. ,

Nous terminerons cet article en recommandant, pardessus tous tes autres pièges , l'assommoir quatre-de-chiifre , parce que nous en avons très souvent fait usage et toujours avec sueeès. Il a encore Tavantage d'être le plus aisé à construire.

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