LE LAPIN
Ici nous entrons dans la seconde <lifision des mammifères rongeurs. Les naturalistes les distinguent des précédens
Ïiarce qu'ils n'ont que des rudimèns de clavicules , et qu'il eur est , par conséquent , fort difficile de porter les alimens à leur bouche avec les pa.iim de devant , tandis que les rongeurs à clavicules comblètes le font avec facilité. . Tout lecteur qui n'a pas nabi té un pays vignoble sera pcut-élre étonné de nous voir classer le lapin panmi les animaux nuisibles ; cependant Thabitude quacet animal de ronger , pendant Tbiver , fécorce des jeunes arbres ainsi que leurs jeunes pousses quand il peut les atteindre , doit le faire exclure de tous les pays où Ton cultive la vigne. Quelques babitans du midi de la Frai)ce ont essayé d'établir des garennes dans leurs domaines ; mais ils se sont bientôt aperçus du tort considérable que leurs vignobles en éprouvaient , et ils se sont hâtés d'employer tous les moyens possibles pour se débarrasser d'animaux qui attaquaient , nonseulqment leui's vignes , mais encore les jeunes arbres fruitiers.
Nous n'entrerons pas lans de grands tflétâils sur l'art de détruire les lapins : bous, n'en esquisserons que les procédés généraux, l^a chasse du lapin se fait avec des chiens courants, et Vcfïi donne la n[ré£érence aux bassets. Avant de l'envoyer lancer dans les buissons .et les fourrés , oiî souvent il se retire pendant le jour , il faut se poster â proximité de son terrier, parce qu'il ne numque jamais de Vy rendre aussitôt. La cnasse au furet est la plus certaine de toutes , et n'exige presque aucuns frais. Voici ce qu'en dit l'auteur du Manuel du Chasseur et des gardes-chapes : k le furet , )> originaire des pays chauds ne peut subsister en Fratlce'' » que comme aiiimal domestique. Naturelletnent ennemi » mortel du lapin, il a des mouvemens très-souples, et il » est en même temps si vigoureux, qu'il vient. aisément à » bdut d'un lapin , qui est au moins qu.atre fois plus gros » que lui. La couleur ordinaire des furets est 1« jaune , avec
)» des teintes de blanc ; ]a femelle est sensiblement plus pc- » tite que le mâle. On les élève dans des tonneaux ou dans )> des caisses, où on leur fait un lit d'étoupes. Ils dorment » presque c jîiinuellement , ce qui ne les empêche pas de yy chercher à'manger dès qu'ils s'éveillent. Ou les nourrit de » son , de pain , de lait , et ils produisent deux fois par an ; » les femelles portent six semaines, et produisent cinq oa > six\ quelquefois sept, huit et même neuf petits.
n Pour c-hasser sûrement au furet, il feiut commencer » par lâcher quelques bassets dans la garenne , pour obli- » ger les lapins à^e terrer*, on garnît alors toutes les issues » au terrier avec des poches ; on sort le furet du sac §arni » d^él^upe^s dans lequelon Ta apporte y on lui met le grelot, )> et après lui avoir donné à manger ou Tavoir garni d'une )» muselière, ce qui vaut mieux quand il est hamtué , pour » qu'il ne s'acharne pas trop sur le, pr^ier lapin qu'il ren- » contrera , on le fait entrer dans un terrier , et l'on garde )> le silence. Dès que le lapin est dans la poche , on l'en » retire avant que le furet n'arrive; car alors il retourne » plus volontiers pour faire sortir les autres. Si , malgré son )) grelot , le furet s'endort après avoir sucé le sang d'un » lapin», on tire quelques coups de fusil pour le réveillier , )) et si l'on ne peut parvenir à le reprendre de suite , il )) faut laisser des pQcnes à toutes les issues jusqu'au lende» » main. Un fur«i perdu ne peért ^l'ailleurs causer aucun )) dommage dans la garenne ; car , animal domestique , il ne m peut subsister sans les soins de l'homme qui le nourrit , )) et le froid lui est mortel. »
Lé lapin.se tue très bien aussiâ l'affût, le soir etk matin.