SECTION PREMIÈRE
DES ABACHNIDES.
Des Scorpions,
Ces animaux ne sont plus classés parmi les insectes : ils ont été rangés , par les naturalistes modernes , dans la classe des arachnides pulmonaires. Leur corps est long , jaune ou
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di*uo bninplos ou moins foncé , brusquement terminé par une queue longue et grêle , composée de six articulations ou noeucU , dont le dernier finit en pointe arquée et très aiguë : à Textrémité de cet aiguillon se voient deux petits trous servant d'issue à une liqueur venimeuse contenue dans un rése^oir intérieur. Le dernier article de cette queue est d*un brun j^lus clair , ou jaunâtre. Les palpes sont très grands, temunés chacun par une main ou serre semblable à celle d'une écrevisse, anguleuse , et ayant un peu la forme d'un cœur. Près de la naissance du ventre est un organe singulier auquel on a donné le nom de peigne ; il est composé d'une pièce principale, étroite, aïongée^ articulée , mobile à sa base , et garnie le long de son côté inférieur d'une suite de petites lames réunies avec elle par une articulation imitant assex bien les dents d'un peigne. Le nombre de ces hunes varie selon les espèces. Le scorpidn d'Europe en a neuf.
Ce scorpion (seorpio europmu) assez commun en France, ne commence a se rencontrer qu'au dessous de Lyon, et dans noJB départements les plus méridionaux. Une deuxième upèce plus grosse que la première , et de couleur rousse ou jaunâtre est assez fréquente aux environs de Perpignan. C'est le seorpio occ<ta»us,des naturalistes. Ces deux espèces vivent sous les pierres., les bois pourris , dans les caves , les lieux sombres et frais , et quelquefois dans l'intérieur des maisons. Ils courent vite , et en recourbant leur queue en forme d'arc sur le dos ; ils se nourrissent d^insectes , et paraissent donner la préférence aux cloportes et aux araignées; ils les saisissent avec leurs serrer , les piquent avec leur dard qu'ils ramènent par-dessus leur tète ^ et les dévorent. Les scorpions produisent deux générations par an , et font leurs petits vivants ; la femelle en prend soin et les porte sur le dos jusqu'à £• qu'ils soient assez forts pour chercher eux-mêmes une autre retraite, et pourvoir à leur subsistance , ce qui arrive ordinairement au bout d'un mois : ce n'est guère qu'à l'âge de deux ans qu'ils sont en état d'engendrer.
La piqûre du scorpion d'Europe a passé longtemps jpour être très dangereuse, et ce n'est guè|^e que lorsque la science s'est éclairée du flambeau de l'expéiicnce et ae l'observjk-
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tion , qae l'on s'est aperça de Féitorme exagération des tuteurs. Maupertuis surtout , a' fait un grand nombre dVxpériences , d^où il résulte que la piqûre de cet animal n*est pas toujours irenimeose , et que , quand elle Test , les accidens qu^elle produit ne sont guère plus considérables que ceux résultant de la piqûre aune guêpe de la grande espèce. Cependant, des cniensque Ton a fait piquer sur la partie nue du centre, ont éprouvé des accidens très graves, et quelques-uns même sont morts vingt-quatre heures tprè» dans des convulsions très douloureuses.
JLe scorpion roussàtre («cof*pto occitanu») , que Ton trouve très communément en Êpagne , en Italie, et clans tonte FËurope méridionale , parait , selon les expériences du docteur Miocary , produire des accidens plus daugereui, qui cependant ne sont pas mortels. 11 est jaunâtre , ou roussàtre ; sa queue est un peu plus longue qtte )e corps , avec des lignes élevées et nnement crénelées •, il a vmgt-huit dents et plus à chaque peigne.
Le seul remède août Tenicacité soit prouvée , pour arrêter les eilTets de la piqûre des scorpions, est Talcali yolatîK On élargit la plaie au point de la faire nn peu saigner ; on y verse une goutte d^alc^li, et Ton applique sur la plaie une compresse imbibée d'ammoniaque , ou bien on la laVe avec de l'eau vinaigrée ou salée. Si Feûflure ficit dés progrès , on boit deux ou trois gouttes de cette liqueur , mêlées à un Terre d'eaù. Si , malgré cela, les accidens continuait *et si la doulear augmente , on met sur la plaie des cataplasmes de farine de lin, ou de mie de p^m et d*jBau de guimauve. Avant d^appUquer ces cataplasmes , bn les arrose de quelques gouttes de laudanum , ou on les saupoudre d'un peu dé safran. On peut aussi faire usage du Imiment que l^ai conseillé pour la morsure de la vipère.
Si l'on s'aperçoit , dans une habitation, ^ue.les scorpions ^c multipliant au poiht de devenir à craindre ; il est assez facile de les détruire. Dans ce but, on se jprocure des pots j9i fonds larges et plats , en terre cuite , mais non vernissés; on les remplit d eaut et on les place dans un endroit fréquenté par les scorpions. Il faut avoir Ja précaution de glisser sous un: des côtés du fond une petite pierre , ou un autre corps quelconque, afin de laisser un vîdt assez grand pour
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que les scorpions puissent se glisser dessous. Ces animaux « attirés par la fraîcheur de Teau tiennent se cacKer sous éet abri ; cnaque matin on lèie les pots et Ton écrase les aracfa* nides qu'its recouvrent.
De la tarentule et des ly cotes ou araignéeê^Umps en général,
La tarentule {aranea tqrentula de Linnée] appartient au genre lycose de Latreille , section des arachnides pulmonaires. Elle est longue d*environ un pouce. Le dessous de son abdomen est rouge , et traversé dans son milieu par une bande noire. Elle habite FEspagne , oiî ses mœurs si curieuses ont été bien observées par M. Léon Dufour. On la trouve encore près de Tarente, en Italie, oii elle est très commune , et connue sou^ le nom vulgaire de tarentoUii. \ Cette espèce est célèbre dans l'opinion du peuple, par les effets singuliers de sa morsure , qui , dit-on , fait mourir dans des accès de démence et de. rire. On prétend que la musique est le seul remède par lequel on puisse guérir les malades. On commence par jouer un air dans un mouvement grave; puis , peu à peu dans un mouvement plus vif; et enfin on passe par un air de danse. Le malade d'abord écoute ; il bat la mesure , il gesticule en suivant les intonations du musicien , puis il se met à danser avec une grande vivacité , jusqu'à ce qu'il tombe par terre , épuisé de lassitude et de sueur. Trois ou quatre cérémonies pareilles le guérissent radicalement. Même, avant que l'observation ait assuré qpe la piqûre de la tarentule est sans aucun danger, les personnes éclairées pensaient déjà qu'il était plus nécessaire de combattre les terreurs de l imagination que les prétendus effets du venin. Le^tarcntisme est une maladie toute d'imagination, tenant de bien près à la folie; on peut la comparera la lycanthrbphie, qui fait que certains hommes se croient changés en loup , et à d'autres monomanies du même genre. On trouve en France deux ou trois espèces de lycose, dont une habite le midi de cette contrée. C'est la lycose narbonnaise (lycosa nathonensis. Walckenaêr ), un peu moins grande que la précédente , avec le dessous de son abdomen très noir , l)ordé de rouge tout autour. Set mœurs sont'analogues à celle de la tarentule.
Au genre lyeose appartiennent encore plusieurs acai^nées sauteuses et coureuses, qui ne filent pas de toiles, viveut
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sur la terre , et Attaquent les jeunes semis , quand* elles sont très multipliées , ce qui arrive assez souvent. Elles s'attachent^ particulièrement aux semis de carottes , dont elles piquent la tigelle, pour en pomper les sucs; la j^tState dessiécnée se fane et meurt avant d^avoir pu se développer.
Gomme ces petits animaux craignent beaucoup 1 jinmiditë . on peut les écarter des semis , en faisant chaque jour des arrosages avec de Feau dans laquelle on a mis un peu de suie en décoction. Ces arrosages ne doivent se faire que par un temps sec et chaud. Lorsque les jeunes plantes ont poussé deux ou trois feuilles , elles sont hors de danger.
G*est ici le lieu de .réfuter une opinion généralement répandue parmi les classes même instruites de la société. On a généralement pour les araignées* une horreur mal fondée ; on les croit venimeuses , soit par leur piqûre , soit par leur simple attouchement , et Ton se trompe : elles ne sont pas plus dangereuses , au moins en Europe , que les autres msectes qui peuplent nos maisons , et dont elles nous débarrassent. Il y a plus , quelques personnes les mandent avec 4psez de plaisir, sans en avoir jamais éprouvé le moindre in^ convénient. Le célèbre astronome Delalànde avait cette habitude. Enfin plusieurs espèces d'araignées rendent de vftiis services à Tagriculture , en détruisant une foule d'insectes ^ui dévorent les fruits de nos campagnes , les fleurs de nos jardins, etc, etc.
DesJUites, ou Âcarus,
Ces animaux sont très petits , et quelques-uns même ne peuvent se voir qu'au microscope ; on en trouve partout , sous les pierres , sur les végétaux , dans la terre et dans les eaux. Ils abondent sur les provisions de bouche, sur la -viande desséchée , le vieux fromage sec , les collections d'insectes placées dans des lieux froids et humides , etc , etc. Plusieurs d'entre eux ^attaquent nos animaux domestiques , et l'homme lui-même est exposé à nourrir ces incommodes et dégoûtants parasites. On s'accorde même à les regarder ' aujourd'hui conmie une des causes principales , peut-être même comme la cause unique de la gaie , soit chez Fliomme, soit chez les animaux. Nous ne rappellerons point ici toutes les discussions qui se sont engagées à ce sujet entre les sa-
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Tants de profession > les uns affirmant » les autres nkni ce qui, depuis des siècles, ne faisait ps^ Tp^jet d'un douCe
Ï)our le vulgaire , ç*est-à-dire ^existence des acarus chez es individus attaqués de h gale. On sait maintenant qiie c^est au tarcoptes 8cahie%f ( Latreille), qu^il faut attribuer Forigine de cette maladie , origine connue des arabes dès le âl* siècle , et en Italie depuis un temps immémorial.
Nons renvoyons aux ouvrages de' médecine le lecteur qui voudra connaître les traitements employés contre cette affection et rinsecte qui la produit. Mais nous indiquerons les moyens à mettre en œuvre pour détruire les acarus qui s^attaquent aux volailles , et principalement aux pigeons.' Dans ee but , on devra nettoyer très souvent le logement de ces animaux , en retirer la fiente tous les jours et leur donner très souvent de la paille fraîche pour faire leurs nids, avec la précaution de retirer celle dont ils se sont déjà servis. Les nids eux-mêmes mériteiit Tatteution de Féconomiste ; ils ne doivent point être en osier ni en planche , cpmme on a trop souvent la malheureuse habitude de les construire , mais en terre cuite ou en plâtre. Lorsque des oiseaux de basse-cour sont tourmentés par les mites , il ne suffit pas de prendre les' précautions que nous Tenons d^indiquer, il faut encore tei^ir constamment à la portée de ces piseaux; de Teau fraîche , dans laquelle ils puissent se baigner , et du sable sec et fin sur lequel ils aiment à se rouler.
Enfin , plusieurs espèces de mites attaquent les coUec-' tiens d'entomologie et y occasionent , a la loilgue , de grands dégâts, surtout (kns les collections de papjillons. Elles rongent la base des ailes et de 1 abdomen et finissent , au bout de quelques mois , par détruire le corps tout entier. Les entomologistes ont remarqué qu^elles attaquaient de préférence , les espèces nocturnes , et que , parmi ces dernières^^ eUes choisissaient celles qui éprouvaient une sorte de àéy, cpmposition , quiy comme on dit , les fait tourner au groâ^,^ La plus désastreuse de ces mites est une espèce arrondie ^^ ressemblant à une très petite araignée , courant assez vite ^ fuyant la lumière et que Ton désigne sous le nom d^ocaifti^ dèstru4^'or. Elle pénètre dans les cadres et les boîtes lei mieux fermées, de sorte que, dans certains cas, on seraij^ tenté de croire qu'elle naît spontanément. Mais ce n'est pn
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ici le Ifeu de discuter ce point. contcoTorsé. Nous nous hornerons à indiquer les moyens de préserver les collection^ des ravaffes de cet acaru$^ et Iqs moyens de le détfuire , lorsqu'elles en sont infestées.
Le premier soin consiste h placer les colle<?tions dans unlieu sec, et à les renfermer dans des boîtes ou cadres fennani hermétiquement. L'usage d'un verre ,. qui a cependant trouvé quelques détracteurs , nous parait avoir l'avantage incontestable d'empêcher la moisissure et d'éloigner les mites. £n outre , la petite quantité de lumière qui pénètre dans les cadres , ( puisqu'ils sont ordinairement renfermés daivs une armoire ou tout autre meuble,) ne peut nullement altérer les couleurs des inseètes.
Les allemands , nos maîtres en fait de collections , n'ont pas d'autre méthode. Souvent aussi ils mettent dans leurs cadres quelques gouttelettes d'areent-vif ou mercure. Us supposent sans doute , ( et d'après les expériences de M. Faraday on peut croire que cette hypothèse est fondée ) , ils supposait qu'une petite partie du mercure se volatilise et forme une vapeur mortelle pour ces insectes. On peut encore préserver les papillons, en les enduisant légèrement en dessous avec un peu de savon arsenical. D'autres ont conseillé une solution de sublimé corrosif ; mais ce composé mercuriel pénètre tout le corps de Tinsecie , et vient s'effleurir ou se cristalliser jusque sur les ailes *, il a en entre le désavantage d'oxider et de corroder promptement les épingles. Il est aussi indispensable de dégraisser les individus toumétau j/ras. Pour y parvenir, on les place dans une boite contenant de la terre de pipe en poudre , de ma- v nière à ce que les parties imprégnées de graisse soient recouvertes par cette poudre. On expose le tout à une douce chaleur , sur un poêle , par exemple , pendant au moins vingt^atre heures , et l'on a soin d enlever de temps en temps , avec un petit pinceau , la poudre imprégnée du^ corps gras.
I^orsque les mites ravagent une collection, il faut mettre les boites dans le néerentome pendant un quart-d'heure: Le nécrentome est un instrument en fer-blanc , de grandeur variable , mais suffisante pour contenir plusieurs boites