‹ Nouveau manuel complet du destructeur des animaux nuisiblesChapitre 40 sur 114 · DES ARACHNIDES · texte numérisé non relu

DES ARACHNIDES

à la fois, afin qu'on ne sok pas obligé de piquer les insectes mités.

Cet instrument «st fort simple et peut être comparé au hâin-marie d'un alambic. Voyez PI. Il, fig, i^* bis. A est le corps de l'instrument ; il se compose de deux vases en ferblanc exactement de même forme, de manière à ce que l'un puisse entrer dans Tautre , en laissant un pouce de distance tout auteur , et deux poucetdans le fond. Ces deux vases doivent être soudés très exactement et à demeure^ au point a a. B est le couvercle de Tinstrument; il doit être ovale , afin de fermer le plus exactement possible. F est une poignée au moyen de laquelle on peut ouvrir ou fermer le néerentome, en enlevant ou en mettant le couvercle B. £ £ sont les deux poignées qui servent à prendre Finstrument. C obt un trou en forme d'entonuoir , par lequel on introduit Teau , et que Von ferme avec un boucnon de liége , lorsque l'appareil est en activité. D est un tuyau coudé par lequel la vapeur ^'échappe pendant l'opération. Lorsqu on veut faire usage du néerentome , on introduit de Feau par le point C, de manière à ce que l'intervalle entre les deux fonds soit à peu-près rempli. On bouche le trou et l'on met l'appareil sur un fourneau, afin que l'eau soit constamment en ébulUtion. On enlève le couvercle B, pour placer les objets jque l'on' veut désinfecter; on referme l'appareil , et au bout d'un quart d'beure on retire les boîtes. Ce temps est suffisant pour détruire les insectes et leurs œufs. La chaleur qu'éprouvent les objets soumis au néerentome est d'environ iOO degrés , température de l'eau bpuillante. Si l'on voulait , on pourrait encore donner un plus haut degré de température , en augmentant la densité de l'eau par l'addition de sel commun , mais cela me paraît inutile, pour «e pas dire nuisible. Il faut avoir soin de remettre de temps en temps un peu d'eau , pour que l'appareil ne soit jamais à sec : sans cette précaution l'on s'exposerait à le dessouder.

Le néerentome n'est pas seulement indispensable pour purifier les colleetions d^inseetes de tous les ordres : il sert encore pour désinfecter les herbiers , les collections de champignons , les oiseaux et autres animfkux attaqués par les vtrs , les pelleteries , etc.

ET DES IHSBCrSfl KUIfllBLXS. 17i

Nous deyons dire encore qae Ton a fait souTent usage ,

Jour détruire les mites , de camphre, d'fauile de pétrole, e poivre en poudre , d^essence de térébenthine , etc. Ces substances n^ont sûr. les insectes destracteurs aucune propriété meurtrière ; on peut tout au plus les conseiller cooune moyens préseryatifs. Mais le meilleur de tous est le soin et les visites fréquentes.

Dans certains pays , on détruit les mites des collections avec de la fumée de tabac. Ce moyen réussit assez bien , mais il n'a aucune action sur les oeufis.

Des Tiques.

Les tiques ou ix«>des appartiennent, conmie les mites , à la section des arachnides trachéennes. Leur corps , pre»que orbiculaire , revêtu d'une peaU coriace , est ti^s plal quand ils sont à jeun, mais il acquiert un volume énorlne et une forme à peu près spherique , lorsqu'ils se sont ^rgés du saUg des aoimaux sur lesquels ils vivent en parasites.

Leur bouche est armée^ d'un suçoir, dont la pièce principale porte un grand nombre de dents en scie très fortes ; et sert , conjointement avec deux lames cornées q\n la recouvrent , à entamer la peau de la victime et à s y cram- . ponner. Les pattes, mûmes de deux gros crochets au bout, peuvent aussi s'atfcacberà tous les objets qu'elles rencontrent, et même au verre le plus poli.

Les ixodes habitent les bois les plus fourrés, s'accrochent aux végétaux peu élevés , aux genêts principalement , et restent suspenaus par les deux pieds antérieurs , jusqu'à ce qu'un chien y un bœuf, un cheval , ou un autre quadrupède mammifère vienne à passer à leur portée; alors, ils se laissent tomber sur lui, enfoncent leur suçoir dans sa peau

{'usqu'au vif, et s'y cramponnent tellement, qu'on ne peut es en arracher qu'avec forcé, et en enlevant la portion dé chair qu'ils ont saisie. Leur multiplication sur un cheval , un bœuf ou un chien > est quelquefois si grande , que ces animaux en périssent d'épuisement. Quoiou'en ait dit Latreille , il n'est pas vrai qne les ixodes ponaent par la bouche. D'après M. H. Lucas , ce genre , encore fort mal connu , renferme environ une soiiLàntaine d'espèces qui vivent Hon-seulement sur l'homme tt les mammifères , mais en-

I7i DM ASà€BHIDB8 R DBS mBECTBS NUISIBLBS.

core rar les oiseaux et même sur les reptiles. Nous çout bornerons à indiquer les deux suivantes.

L*iiode ricin (aearut rieimu de lÀanée ), que les chasseurs nomment Tulgairement louveffe, s^attache principalement aux chiens. Il est d*un rouge'de sans, avec la plaque écailleuse antérieure plus foncée ; les côtés de son corps sont rebordés et un peu poilus.

L*ixode réticulé ( atartu reiiculatus de LAtreille ) attaque les boSufs et les chevaux ; il est cendré , avec de petites taches et de petites lignesannulairesd^unbnmrougeâtre; les bords de son ventre sont striés. .

LorsquW animal nV que quelques tiques sur le corps , on peut se content^ d'en hirt k recherche exacte à traders le poil , et ^e les arracher -, mais lorsqu'il en nourrit ui^e grande quantité , ce remède devient trop douloureux , et pourrait occasioner des accidens funestes. On prend alors un peu d'essence de térébenthine , ou simplement de Thuile dans laquelle oa a brojé un peu de tab«e ; 04 en met une

Soutte au bout d'un pmceau , et Ton en imprègne le corps e ces tiques : elles ne tardent pas à périr et à tomber toutes seules.

Lorsque les tiques sont en grand nombre , on les détruit, conmie par enchantement, en frictionnant les parties qui en sont attaquéeis avec de Yonguent gris ou onguent mercuriel simple.

Au Lepte,

Cet animal appartient à la même section que les précédens ; il est extrêmement petit , et échapperait à l'œil si sa beUe couleur rougè ne le faisait apercevoir sur la peau. Il est connu des naturalistes fous le nom de lepte autonmale ( leptus autumnalis de Latreille ), et généralement sous les noms vulgaires de rotAget^ de hête rouge , et de mite rouge. Cette espèce est très cpmmune en automne sur les plant^ grammées , les haricots et autres végétaux. Elle ^impe sur les passans < s'insinue dans la peau, à la racme des poils , et occasionne des démangeaisons aussi insupportables aue celles que produit la gale. Il est un moyen Tort simple de s'en débarrasser : c'est de se laver le corps avec de Tcau •t du vinaigre.

9ES IX8ECTES PIOPKEMEKT DITS. 175

SECTION n.

DPS m^CTES PROPREMENT DITS.

DES HTBÉLPODBS.

Cet ordre est ainsi appelé à cause du grand nombre de pieds dont sont pourms les inlsectes qui en font partie. Ils sont aptères , et vulgairement connus sous le nom de miUepieds. Nous parlerons surtout des Juleê et des Seolo|^ei^ dres.

Des Jules,

Ce sont des animaux qui ont le corps cylindrique et fort lon^, imitant un peu celui d^un ver de terre, ou plutôt d^un petit serpent. Il est composé d'un grand nombre d'anneaux crustacés, ne formant aucune saillie en forme d^arête ou de bord tranchant sur les côtés; mais portant pour la plupart , une double paire de pattes. A leur naissance, ces in*^ sectes sont apodes, c'est-à-dire, dépourvus de pieds, et le nombre de leurs yeux , chose bien remarquable! est moins grand qu'à l'état adulte. Dans le repos, les jules roulent leur corps en spirale , absolument comme les serpents.

Les grandes espèces vivent sur la terre , sons les pierres, dans les lieux sablonneux et les bois ; elles font peu de dégât. Les petites espèces se nourrissent de fruits, de racines» ou de feuilles de plantes potagère» : une espèce surtout fait beaucoup de dégâts dans Us semis de haricots. Dès que la' graHie commence à germer, elle la^erce, se loge cledans, la ronge et n'eu sort que quand elle l'a détruite, pour en rdn* ger une autre.

Pour préserver les haricots de ces insectes pernicieux , il ne s'agit , avant de les semer, que de les tremper pendant qlULrante heures dans une forte décôctioa de suie, oi , malgré cela , ou s'apercevait qu'ils fussent attaqués , on arroserait avec une décoction de noyer, à laquelle on ajouterait un peu de sel. Les jules appartiennent à l'ordre des insectes iDyriif»odes. famule des cnilognath^s de Latreille.

Des Scolopendres.

Elles diffèrerft des iules par leurs antennes plus grôles

OBS1S0CTEUR , 1 '• PABTIB. ^ **

17i SB8 INSECTES

vers leur extrémité , par leuf corps déprimé et membraneui, dont chaque anneau est recouvert par une plaque coriace ou cartilagineuse ; par leurs pieds beaucoup plus longs, et disposés par simples paires , dont la plus postérieure est ordinairement rejetéè en arrière et^ s^allonge en forme de queue. Elles ont, sous la tête , deux espèces de petits bras , terminés par un fort crochet , gui est percé , sous sou extrémité, d^un trou pour la sortie d'une liqueur vénéneuse f aussi sont-elles très redoutées dans les pays chauds. Nous en avons dans le midi de la France une çspèce assez grande , et dont la piqûre est aussi venimeuse que celle de notre scorpion : elle est carnassière , court très vite , fuit la lumière , et se cache sous les pierres , les vieilles poutres , les écorces , d'arbre , dans la terre. Je fumier, etc. On traite sa piorsure de la même mi^iière que nous Favons dit pour la piqûre du scorpion , c'est-à-dire par l'alcali volatil.

Nos scolopendres d'Europe ne sont rien en comparaison de celles qui habitent les colonies des deux mondes , où elles sont connues sous les. noms de mîU^ieds , de emtpieds , etc. Elles sont généralement très grandes, et leur morsure est quelquefois très venimeuse. L'alcali volatil introduit dans la plaie , les lotions avec l'extrait de saturne , sont les remèdes les plus efficaces.

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