‹ Nouveau manuel complet du destructeur des animaux nuisiblesChapitre 45 sur 114 · LÉPIDOPTÈRES · texte numérisé non relu

LÉPIDOPTÈRES

proche davantage des teignes proprement dites *, elle esi a*un cendré obscur. Les chenilles de ces deux papillons foBt souvent le désespoir des propriétaires d'abeilles; elles YÎTent dans les ruches et^ , pour se défendre de la piqûre des abeilles, elles établissent, à travers le3 gâteaux de cire qu'elles dévorent , des gajerics tapissées d'une soie épaisse , à Tahri de l'aiguillon. On reconnaît leur présence dans une ruche à une poussière brune composée de leurs excrémens, et couvrant plus ou moins le plancher du panier. Il faut porter remède au mal , ou bientôt les abeilles seront forcées de déserter leur habitation» On place une hausse sur la ruche , on enfume , et lorsque toutes les mouches ont abandonné les gâteaux pour monter dans la hausse , on renverse la ruche avec précaution pour ne rien briser , ni déranger, et, avec un instrument tranchant, on enlève toutes les parties attaquées , on trouve les chenilles et on les écrase.

Il existe une autre espèce de grande teigne ( tinea jhaguincUis ], dont Latreille a fait le genre Aglossà, Sa chenille est rase , d'un brun-noirâtre et luisant. Elle ronge toutes les substances animales, le cuir, les viandes fumées, la graisse. Réaumur la nomme fausse teigne des cuirs. Elle construit un longiburreau , qu'elle applique contre les corps dont elle se nourrit, et qu'elle recouvre de petits grains, composés en grande partie de ses excréments. Linnée assure qu'elle vit , mais rarement, dans Testomiac de l'homme , et qu'elle occasionne des douleurs atroces. Guvier confirme le téjgttoignage de Linnée. Si le fait est exact, il faut employer^ pour expulser cette chenille, les mêmes moyens que ceux dont on fait usa^e contre les Vers intestinaux.

Le papillon de VAglôssa pinguinalis a les ailes supérieures û'un gris d'agathe , aveiT des raies et des taches noirâtres. On le trouve dans les maisons , sur les murs.

Teigne du pommier et du prunier {tinea padella, Fabricius).£lle appartient aujourd'hui au genre^ ypùnomeute. Elle est blancne, avec de petits points noirs sur les ailes su* périeures ; les ailes inférieures sont noirâtres. Elle est extrêmement commune , et sa chenille est une de celles qui font le plus de mal aux pommiers , dont elle anéantit quelquefois toute la récolle. On trouve ces chenilles au prin-

LÉPIDOPTÈEES. 241

temps ; etles sont petites , d*un bkac temté de jaune , ponctuées de noir. Elles se tiennent en sociétés nombreuses dans des nids qui ressemblent à des toiles d^araignées, et dans la construction desquels elles ont soin de faire entrer des feuilles pour y trouver leur nourriture. Elles ne mangent que le parenchyme de la surface supérieure. Pour pem qu^onles touche , elles avancent et reculent dans leur hamac, avec une extrême vitesse , sans se détourner ni à droite ni à' gauche. Chaque nid est formé d'un assemblage de gaSnes parallèles les unes aux autres , et dans chacune est une chenille. On les prendrait au premier coup-d'œil pour des paquets de toiles d'araignéef;. Quand les chemlles sont en repos , elles forment une espèce de paquet qui approche delà régularité d'une botte d'allumettes. Elles suoissent leur métamorphose daus leurs cellules.

On parvient à détruire ces chenilles en brûlant leurs nids, ainsi aue nous l'avons dit en parlant de la livrée : on peut aussi les enduire de goudron , d'huile » de chaux délayée p ou les arroger avec de l'acide sulfurique étendu d'eau.

Des cheniUes dans les Colonies.

Les ravages qu'exercent les chenilles dans les CoIonies^ n'attirent pas en général l'attention des habitants comme en Europe, 5ù l'on cultive un nombre immense de plantas potagères , et où les forêts , oui deviennent chaque jour plus rares , forment un& des*^incipales richesses des cour trées qui les possèdent. En Amérique , les forêts n'ont pour aiflisi dire aucune vaMr , et sont ex{^oitées par le fer et le feu pour mettre le sol à découvert et le rendre propre à la culture. Personne ne s'Inquiète si les chenilles en rongent ou non les feuilles : et d ailleurs, la force do la -végétation est telle , que les arbres réparent en peu de temps les pertes que leur font éprouver les insectes, avant même qu'on ait eu le temps de s'en apercevoir. Les arbres fruitiers ne sont égâément l'objet d'aucuns soins particuliers , et presque jamais on ne les taille pour en retrancher les rameaux inutiles. Quant aux plantes potagères , l'Âmerique*n'en possède qu'un petit nombre qui lui soit propres,. ^ét la^ plupart de celles qu'(m y cultive ont été importée»

242 PBS DTrrcKBS.

d^Europe , et né sont attaqaéâfi qiie par certaina insectes étrangers à ceux qui nous oceUpenl.

Plusieurs cbemHes néantneins, qui ritent en société, détruisent dans certaines années les plantations de manioe et de coton, et font é]proùyer des pertes considérables aux habitants. Celie qui attaque le coton est la plus commune ait Brésil , dansr la Guyane , aux États-Unis , et il se passe peu d^aimées sans qu^elle apparaisse en grand nombre. Elle est presque rase , a un blanc sale , avec quelques tubereàles. Elle s'attache aux jeunes feuilles , qu^elle rodle en en réunissant plusieurs ensemble , pour y filer sa coque et se ehanger en cbrysalide. Le papillon qui en sort appartient aux nocturnes de la famille des bombyx. Son entergure est d'euTiron un pouce; ses ailes sont jaunes, avec un point blanc sur chacune et une bordure noire très mince , qui manquent chez les femelles. Dans la saison oik il éclot , on en voit souvent des légions innombrables sortir , le soir , des champs de cotonniers , et voltiger de côté et d'autre , en suivant la direction du vent. Les înÂles et lès femelles s^accouplent aussitôt après leur naissance et périssent promptement. La femeUe, avant de mourir, dépose ses œu& sur les tiges du cotonnier ^ à h naissance des petites branches , et , quatre mois après , il en sort une nouvelle génération de papillons , qui joue le même rôle que celle qui Itii a donné naissance.

Il n'existe aucun procédé connu pour, se délivrer en

Kand de cet chenilles. En 4T7^, le gouvernement de la misiane prfiposa un prix de 10)660 f^. à Tauteur d'nne découverte qui détruirait ces insectes, tant les levages , celte «nuée là , étaient considérables ; mds aucun moyen proposé ne fut propre à atteindre ce but. Les habitans qui ont beaucoup de nègres feraient bien , dans les momens où d^autres travaux ne seraient pas urgens, d'employer une partie de leurs gens à écbeniller leutl plantations. Mais on sent que ce moyen ne peut être employé que dans un petit nombre de cas^ et nous ne le dotmons que pour oe qu'il vant.

DES DIPTÈflES.

Les diptères , ou insectes à deâx «tles membraneuses^

comme cdlles de U mouche domesliqae , remplissent dtns la nature un rMe très important. Mais s^ils nous rendent d^inappréciables jserYÎces en consommant les cadavres ou les matines aniinales qui , sans eux » corrompraient Tair que nojii respirons , ils nous font aussi des torts très réels, soit en suçant notre sang et celui de nos animaux domestiques , soit en déposant leurs œufs ou leurs larves dans notre propre cbair et dans celle de ces utiles auxiliaires que BOUS associons à nos travaux agricoles , soit enfin en infec» tant les viandes et les céréales qui forment la bese de notre nourriture. Au nombre des espèces les plus incommodes, BOUS pouvons ranger en première ligne les maringouins et ks moustiques.

Des Maringouins et des moustiques.

Les insectes que Ton désigne vulgairement sous les noms 4e maringouins , macks, moustiques , appartiennent à des genres tout-à-fait différents. Les deux premiers font partie ou genre eutex de Linnée , et le second appartient au genre simulium de Latreille. Les maringouins sont les xancudos\ et les moustiques les jejenes des Colonies espagnoles. Ce mot n*est lui-même qu'une traduction altérée de celui de mosqtitlo,. moucheron. Les macks ne sont qu'une espèce de marhagouins de grande taille. Ces insectes habitent prtn* cipalement les lieux bas , marécageux , le bord des rivières; maison n'en trouve qu'un petit nombre dans rintérieur des grandes forêts vierges de TAmérique , à quelque distance des eaux. Leuis espèces sont très multipliées et paraissent à des heures difféisentes ; les unes ne sortent de knis retraites que la nuit , et disparaissent au point du jour ; d'autres les remplacent , et , aj^rès Quelques heures, font place à leur tour a d'autres , et ainsi de suite , presque «ans interruption.

Les tourmens ^ue ces petits animaux font éprouver aux faabitans des tropiques sont malheureusement trop connus : cependant aucune description ne peut en donner une idée. Dans certains eudroits , les maringouins sont en telle quantité , qu'il est- absolument impossible d'y rester, si peu de temps que ce soit : ils fondent par inilliers sur le passant, comme autant de tigres ai&més , pénètrent dans les

244 DES nrpTÈBEs.

fevLX , les oreilles , le Bez, la bouche , et rendent pour ainsi dire furieux le malheureux qui est victime de leurs attaques et à qui ni mouchoirs ni branches dVbres , ne suffisent pour les éloigner et obtenir un instant de repos. On a vu des nègres exposés nus dans ces endroits par des maîtres barbares , y expirer au bout de trois ou quatre heures, dans des tourmens horribles. Les Européens qui arrivent dans ces pays sont , plus que les habitants, sujets à la piqûre de ces insectes : toutes les parties de leur corps qui sont découvertes , telles que les mains et le visage , enflent et se couvrent de boutons , qui les rendent pour quelque temps méconnaissables. Lorsqu'on a fait un séjour assez long dans ie pays , on devient moins sensible à ce supplice , et en même temps que la douleur est moins vive , la tuméfaction • n'a plus lieu : elle produit tout au plus une petite pustule rouge à Tendroit piq[ué. Des bains irejjf multiplies prédisposent à rinflammation , en attendrissait la peau , ejt il faut en éviter r usage immodéré. Se gratter est également mauvais , car on augmente ainsi la douleur. Le remède le plus efficace qu'on puisse employer consiste à se laver avec de Teau fraîche , dans laquelle on verse quelques gouttes d'extrait de Saturne.

Le seul moyen de se préserver des maringouins pendant la nuit , époque à laquelle ils sont le plus insupportables, c'est d'envelopper son lit d'un motistiquaire en mousseline, et de ne se coucher qu'après avoir examiné avec soin si aucun de ces insectes n'a pénétré dans l'intérieur *, un seul suffit pour empêcher de dormir.

Les m«»ustiques sont encore plus redoutables que les maringouins , malgré leur petitesse extrême. Leur piqûre produit le même effet que celui d'une gouttelette d'hiule bouil^ lante qui tomberait sur la peau. Ils ne paraissent que le soir, à l'entrée de la nuit, et ne restent actifs que deux ou < trois heures tout au plus. Pour s'en débarrasser, on a coutume d'allumer du feu ,^ et de faire le plus de fumée possible , en y jetant des feuilles vertes ; mais ce moyen , outre son incommodité , ne produit souvent qu'un léger effet. Les moustiques , malgré la fumée , pénètrent dans l'iippartcment et se précipitent dans les cheveux et sur le visage des personnes qui l habitent. Ils pénètrent quelque-

DBS DIPTÈRES. Mi

fois dans les parties de la génération des bestiaux et les font périr.

Des Cauiins,

Tout le monde connaît ces petits insectes bourdonnants, qui ne volent guère que la nuit , et dont la piqûre occasione une enflure et une démangeaison insupportables. Leurs larves vivent dans Teau : aussi esl-ce près des mares et des étangs , sur le bord des rivières et des ruisseaux , dans les lieux frais et ombragés , qu'ils sont le plus nombreux , et qu'ils incommodent le plus. Il n'existe pas de moyens très efficaces pour les détruire ; mais dans les pays où ils sont très abondants , on s'en préserve au moyen de cousinières , appelées aussi moustiquaires.

Ces cousinières consistent en des cerceaux légers , recouverts d'une gaze très fine et fotmant une espèce de voûte, que Ton place' sur son lit, après s'être couché. Cette machme ressemble à celle que l'on emploie pour couvrir le berceau d'un enfant plongé dans le sommeil.

On fait passer la démangeaison occasionée par la piqûre du cousin , et Ton prévient l'enflure en frottant sur-lechamp la plaie avec une goutte de fort vinaigre.

Des MoyLches.

Rien de plus incofemode que ces insectes parasites qui remplissent nos maisons en été, déposent des vers dans nos substances alimentaires , et salissent de leurs excrcmens les tableaux , les glaces , les dorures , les meubles , les draj^eries, etc. Dans certaines années chaudes, il est très difficile de s'en débarrasser , malgré toutes les précautions que l'on peut prendre pour y parvenir.

La mouche à viande ( mtisca vomitoria de Linnée ) est une des plus grandes espèces de nos climats ; les soies de ses antennes sont barbues , son front est fauve , son corselet noir , efcson abdomen d'un bleu luisant avec des raies noires. Elle s'annonce dans nos appartemens par son bourdonnement assez fort. Elle dépose ses œufs ^r la viande , que la finesse de son odorat lui fait découvrir de très loin. On prétend que son attouchement peut communiquer aux hommes la maladie douloureuse et mortelle connue âous le nom do charbon.

DESTRUCTEUR, i'« PARTIE. ugmzedbyGoOglil

t46 BVS I^IPTÈRBS;

C'est Yainement que Ton chercherait des moyens pour )a détruire ; comme sa larye vit dans les chairs corrompues» peu de personnes auraient le courage d'aller Ty chercher ; mais on prévient aisément les effets pernicfeux de sa présence , en tenant les substances alimcntah*es dans des lieox frais , et dans des cages garnies de canevas , où elle ne peut pas pénétrer.

La. mouche domestique ( musca domestica de Linnée ) a le poli des antennes barbu ; son corselet est d'un gris cendre, avec quatre raies noires; son abdomen est d un brun noirâtre, tacheté de noir, avec le dessous d'un brun jaunâtre; les cinq, derniers^ anneaux de l'abdomen de k femelle forment un tayau long et charnu , qui lui sert à enfoncer ses œufs dans les immondices où vit sa larve.

Cette espèce est excessivement commune dans les appartements , surtout dans ceux dont les ouvertures regardent le midi ; c'est la plus incommode de toutes. En entretenant dans les chambres une fraîcheur habituelle au moyen des arrosements *, en tenant les volets et les rideaux fermés pendant les ardeurs du soleil , on en diminue beaucoup le nombre. Si l'on peut se procurer du feuillage de saule , oa en fait des faisceaux que Ton suspend au plancher; toutes les mouches s'y rendent et s'y assemblent à la nuit tombante; vers les dix ou onze heures du soir , on détache ces faisceaux très doucement , avec la précaution de ne pas les agiter, et on les emporte dehors avec les mouches. On prétend que ces insectes sont écartés par l'odeur de la convse et du mélilot , qu'on laisse sécher en petites bottes dans les appartements, un des meilleurs moyens de les détraire consiste à mettre dans une soucoupe de la poussière de mine de plomb ( arsenic gris ), mêlée à un peu d'ean , et toutes les mouches qui en approchent tomoent aussitôt mortes. L'orpln , dit-on , produit le même effet. On suspend au plancher des fioles à large gou4ot , à moitié remplies d'huile , et dont les pftrois sont légèrement frottées avec du miel ; les mouches y entrent , tombent dans l'hoile et y périssent. On peut encore remplir à moitié d'eau àt savon un grand verre à boire, on place dessus nn morceau de papier tendu comme la peau de la caisse d'un tambour, et maintenu ainsi au moyen de deux ou trois tours de ficelle.

DU DtnÈlBft. %i^

Au iBitieu chi 0^ieK eet «m troa rond , large «le trois Wgaes , communiquant dans le verre; le dessous du papier est urotté de mieL Les mo«cl^ , aHÂrées par Todeur , se posent sur le papier, cherchent le trou , entrent dans le verre ^ tom* beô* dans Teau de^savon et y périssent presque subitement.

Bes OEsttiâes.

Ils appartiennent à Tordre des diptères , dont ils coastiluent 1 ùœ des tr3>as les plus intéressantes. Leur port est ^elui de la raouchç domestique ; mais ils ont le corps velu et soyeux conAtie celai d'un honrdon. Leur bouche consiste en une trompe Ires petite , ou bien en une simple ouverture buccale.

Tons pondent des csi^k » à l'exception de la Gephalémye du iQOutQii qui 9 diaprés M. Léon Dufour , est réellement larvipare. .

La jumelle pond ses oBuis ou ses 'larres tantôt sur les té» gumen^, tantôt sous la peau même de l'anima)' « dant les Surves seront bientôt les parasites. Examinées longtemps «près leur éelosion , ces uinres sont apodes et de forme eonic(ue. Leur corps est divi^ en il-13 serments, dont les antérieurs sont peu distincts. Lt plupart de ces segments sont ordinairement* garnis de tubercules et d'épines plus ou saoins longue^ et diversement dirigés selon les espèces. Un appareil respiratoire, toujours très compliqué, vient s^oùvffir sur le dernier auneau , où il se présente sous la forme de plaques ou de bandes écailleuses de couleur jaune eu brune. Une fois-introduites dans les cavités où e]M$ de-^ Trontse développer,, les larves d'cBstridos vivent aux dé|pens des divers sucs dont leur présence détel'mîne en tout ou en partie la formation.

Relativement à leur séjour et à leur gerre de vie, on peut les diviser, avec Brecy^Çlark, célèbre, vétérinaire aaglab, en GASTBicoLES CHTLi^|LE8 (OEstru$ equi, OE, kœmorrhoidalH) en CAY1C0LE8 ou LYMPHivoRES (Cephole^yifl' ovi»), et en cunr GOLEs ou PUBivoBBS (Hypo^orma , Cvûrebra^ OEdemagena). Il est^à noter que celles de la^preinière et celles de la seconde division ont la bouche atm^é de deux crochets raandibulaires, qui leur servent h^ se cramponner aux membranes muqueuses dee cavités où on les rencontre : les lar-

248 M>B8 BirrÈMs.

T^ ccTiGOLis , au coutraire , paraissent être emièrament prif ëes de ces crochets. G*6st ordiBanrement dans les prairies voisines des forêts que Ton rencontre les œstrides. D'après Latreille , le cheval , Tâne , le chameau , le cerf, Tantilope , le bœuf, le mouton , le lapin et le lièvre seraient les seuls animaux connus qui soient attaqués par ces dangereux diptères. Mais on sait aujourd'hui que les mammifères carnassiers nourrissent aussi des larves d'œstrides. On en a trouvé sur le jaguar , sur le chien , sur les sing«s même , et Thomme , qui, dans son fol orgueil, se proclame \e roi de la création , n^est pas non plus épargné par ces insectes dégoûtants. Obligé de nous restreimire , nous ne parlerons ici que des espèces les plus nuisibles à nos ani* manx domestiaues et h 1 homme Ini-même.

!• L'œstre au hœuL {(XEstrus hovi8, Vallisuieri) (Hypoderma hoviê , Latreille ). Cette espèce a- le corps très vel», le corselet jaunfttre antérieurement , noir an milieu , où il est marqué de quatre lignes longitudinales noires , interrompues dans leur milieu , cendré postérieurement. L'abdomen est d'un blanc grisâtre à sa i>ase , à troisième segment couvert de noilt noirs , Tes autres segments étant revêtus de poils dun jaune orangé, ailes brunes, comme enfumées.

La femelle se distingue surtout du mate jiar son iMomen terminé par un oviscapte ( pondoir) noir, formé de segments susceptibles de rentrer les uns dans les antres, comme les tubes d'un télescope.

La krvc de l'hypodeime du bœuf se développe sous la peau de cet animal , y forme des tumeurs dont le volume s'accroît jusqu^aù moment de la nymphose, et se nourrit du uis dont sa présence détermine sans cesse la fonnation.

Quand la santé des bœufs est altérée par la présence des œstres , on doit , dit M. le professeur Laforc , chercher à les détruire ; mais on rencontre quelquefois des difQcultés auprès des habitants des campagnes , qui s'opposent à ce qu on fasse l'opération , sous prétexte que la présence des ^arves est une preuve que leurs animaux sont de bonne qwilité , et qu'ils s" engraisser orU bien.

«Il y a quelque chose de vrai dans ce raisonnement, continue M. Lafore-, car les mouches-œstres ont l'instinct de

DES DinÈass. 249

choisir, pour déposer leurs œufs, les^auîuiaux qui ont la peau fine et souple; mais cette raison ne doit point' empêcher de débarrasser les animaux de ces incommodants parasites. »

Ici les moyens sont des plus simples et des plus faciles à mettre en œuvre.. Percer la larve avec un pomçon introduit dans le trou de la tumeur œstrifère , Tcn extraire par la compression «ouvrir la tumeur au moyen d'un bistouri, tenir la plaie bien propre , y injecter même , au moyen d^une petite seringue ,. de Teau dans laquelle on»aura tait dissoudre un peu de chlorure de chaux , voilà à quoi se réduit le traitement curatif.

En Amérique , on emploie des procédés analogues pour débarrasser les bœufs des Cutér^es qui se sont logés sous leur peau.

2» L'œstre, du f^heval ( œstrus equi Bracy-Glarck ) moins velu que le précédent , d'un brun-fauve , thorax gi;^tre ; abdomen d'un jaune ferrugineux , à segments couverts de taches et de points noirs , surtout chez les mâles. Âilos blanchâtres , non diaphanes , à reflets dorés , traversées vers le milieu par un& bande fluxneuse noirâtre, et marquées dfe deux points de la même couleur vers leur sommet, lila femelle a l'abdomen très alongé et recourbé en avant.. Elle dépose ses œufs' principalement sur les épaules et sur les genoux des chevaux , en les collant aux ports au moyen d'unenduit liquide , qui ne tarde pas à- se dessécher^ U09 fois écloses , les larves , dont la forme est alors bien différente^ de ce qu'elle sera plus tard , sont introduites par le'oheval lui-même dans son propre estomac. C'ost en se- léehant qnll transporte ainsi dans sa bouche , et de lidans sat^vité stomacale , les^ ennemis qui doivent s'y* développer à ses dépens. Aussi quand on ou^e l'estomac d'un • cneval attaqué par les œstres, on le voit presque toujours littéralement criblé de ces insectes. Nous en avons trouvé plus de auatre-viflgts sur une portion d'estomac à peine égale à un décimètre carré , et Ton sait que bien longtemps avant nous , le docteur Gaspari comparait au nombre des grains d'une grenade celui des larves d'œstres renferaiées cuns le* ventricule des cavales italiennes qui , en 1713 , succombèrent aune é[Hdémie fort clésastreuse , dont ceê larves pa?-

m^ vu mniRM.

laifieiit afoir été la canse pnocipale , pMit*étre inéfiiië E»

caase unique.

Parresue à soa déTelappement complet , la larva de i'«f^ truM êqui abandonne la membrane où elle était restée fixé» îuscp'alorsrpuig, fieusant Tolte-face, c'ett-à-dire dirigeant la partie antérieure de son eorps vers Touferture pylerique de restomae , die se laissa entrdner par tes aHments, tra- Terse avec eux toute retendue du canal intestinal , sort par Tanus, tonbe h terre , et cbercbe un endroit propice pour 86 changer en nymphe , et bientôt après , en insecte panait.

Une autre espèce Teisine de la précédente , Vcuêrus hm^ morrhùidaiis, attaque aussi lécherai, et dépose ses œu& sur les lèvres de ce quadrupède. U n^est pas vrai , comme on Ta cru et répété longtemps , qu^elle slntrodnise par Tanu^ dans le corps du chcTal. Une fois parvenue dans 1 estomac, k larve s^y développe comme celle de Vœttn» equi , et arrivée an moment de la nymphose , elle sort par Tamis , au hori duquel on la voit souvent suspendue à 1 aide de ses crochets.

Vœstre hémêrrh&tdal, à Tétat parlait, se distingue smv toutde ViBsire du f^teval proprement dit par ses lâes bnn nàtres , comme enfumées , sans taches ni bandes transversales f et par son abdomen noir et luisant dans son milieu, avec des poils blanc-verdàire à sa base , d'un fauve-doré k son extiîémité postérieure^

Daia un savant ouvrage publié il y a qndaues imnéet , après avoir déclaré qu^on ne possède aucune snnstance susceptible de détruire les larves d'estlref ehes le cheval , M. Magne conseille les ivermifuges les plus actifs » et propose le, purgatif suivant pour un cheval de movenne taille.

Sul&te de soude ou de n^gnésie* • * . . . 125 pammes

Aloès sttccotrin 92 id.

£au chaude i litre.

D'autres préfèrent le calomel , Tessence ê» térébenthine, rhuile empyreuniatique» Thmle de Dippel avec Tétber sttlfurique : mais ces moyens , quelque énergiques qu*ils soient , sont rarement suivis d'un grand succès , parce que les larves pavrent résister longtemps à leur action , avant de se détacher de la membrane stomacale ou des inteséns. Des expériences directes nous ont en eifet convaincu qne

ees larves, «xtniUes 4e Teitomac, penvent- encore vivre SO heures dans Falcool à 55" *, 8 heures dans ïhwAe empy^ reumat^ué , dix jours dans Thuile d^olives , et douze jours dans rhuile de ricin. On conçoit, d'après cela , combien il doit être difficile d'expulser les œttre$ du cheval du singulier domicile oii elles se sont une fois établies.

L'oestre du mouton , {CephalemyiaoviSy LatreiUe ). Cette eq>èce se distingue des CBstrus equi et hamorrhoidaii» par sa tête Hioins velue , mais plus grosse proportionaellemeuft que la leur ; par son thorax, tantôt grisâtre, tantôt brun, too' jours hérissé de petits tul)ercules noirs , portant ehacua ua poil ; par son abdomentacheté de brun et de noir sur un fend nlanc pur ou blanc jaunâtre, â reiets soyeux : enfin , par ses ailes hyalines, agréablement gauderonnées sBr presque toute leur étendue, et marquées de quelques points noirâtres vers leur base.

La femelle dépose ses œufs sur le bord des naniiei des moutons : sa larve vit dans les sinu» frontaux et maxilliaireo de ces petits rumuiants. Elle reste ainsi emprisonnée pré» d'une année enUj^re : puis elle sort , en suivant la voie par où elle est entrée , tombe sur la terre, s'y enfonce à la profondeur de quelques centimètres et s'y transforme en nymphe : trente â trente-cinq jours phis tard , elle se métamorphose en insecte parfait.

Éloigner les troupeaux des lieux boisés, et laisser agir la nature, tel est jusqu'à présent le seul moyen préservatif ^e nous ayons à notre disposition. Quant a» traitement curatif , on rethre quelques avantages des fumîffations de goudron et d'huile empyreumatique animale , dirigées dans le nez. Les injections d'eau vinaigrée et d'eau salée , produisent aussi paiibis de bons effets. 11 en est de même des injections dliuile d'<^ive et de calomel. Ces moyens concourent tous au même but , tuer les larves ou leur faire lâcher prise. Ils provoquent en mène temps^ une irritation sur k muqueuse nasale , et des ébrouemens qui tendent aussi à détacher les larves, et à les chasser des cavités qui les recèlent.

A-t-on rencontré des larves d'œstrides chez l'homme , et , dans le cas de l'aftirmative , ces larves appartenaientelles réellement à une espèce bien distincte de celles*qui

252 DBS D»TÈRES.

vivent sur les animaux ? Telle est la question que nouff croyons devoir nous adresser , avant déterminer cette cewte histoire des (Bstrides. Réaumur a prétendti (fu^aucune larv<i de diptères ne se développe sur rhomme et sur les animaux encore vivants. De nombreux exemples ont prouvé depuis

Sue cette assertion est contraire à la vérité. Qu'il nous sufse d'invoquer ici le précieux témoignage de M. le baron de Humblodt, et celui de M. Justin Goudot, qui affirme qu'à la nouvelle Grenade , non-seulement les Hœufs et les chiens, mais encore les hommes eux-mêmes nourrissent des œstrides. Mais faut-il en conclure, avec MM. Raspail et Guérin-Meneville, que ces œstres forment une espèce distincte, particulière à l'homme ? Nous ne le croyons pas. Nous pensons , û\\ contraire , avec Bracy-Glark , et M. J. Goudot , que les o^trides dont on a recueilli les larves sur des individus de notre espèce avaient commis , en pondant , une simple erreur de heu , et qu'ils sont identique» au Cuterébra noxialis qui attaque non-seulement les imbuCs ». mais encore les chiens transportés de Tancien dans le nott* veau continent. *

De la Mouche des Oliviers,

L'insecte le plus dangereux ppur notre agriculture , dit M. Grespou , de Nîmes , à qui nous devons de bonnes observations sur cet insecte; celui dont l'action dévastatrice s'exerce avec le plus d'activité sur nos récoltes d'olives ^ est , sans contredit, VOscinis oleœ. Dans certaines années , il détruit pins de la moitié de ces récoltes , et cause ainâ un notable dommage aux agriculteurs du midi.

a Lorsque les oliviers ont fleuri , on voit voler autour de' leurs rameaux une infinité de petites mouches de couleiur noirâtre , avec la tête , le bord du corselet et le dessous du corps fauve : la femelle est un peu plus grande que le mMe; l'un et l'autre ont l'abdomen aplati et teiminé en pointe aiguë ; mais celui de la femelle est terminé par une tarière ou oviscape qui lui sert à introduire ses œufs dans l'olive au moment de la ponte. Bientôt après , elle pérît , mab se»

* y^^y* «^f "• !«• -annales de la Société d'Agriculture^ etc., de Lyon, 1^97» annôç 1846, noire Mémoire intitulé : Becherihes toologitfues^ ànatoimquei, physiolo^ir/Hes et médicalet sur les eetirides.

Page 1