CHAPITRÉ V
DES MOLLUSQUES ET DES ANNÉLn>E&
On appelle tnoUwques tous ces animanx à corps mon , or- ^itoairement enveloppé par tm prolongement de la peau (fMan- 4eaH)j qui tantôt reste nue {Ufnaee ), tantôt produit un corpt dur et protecteur , Tulgairement connu sous le nom de ecK miUk,lhuitre, moule, escargot), La dénomination d^Ânnéfides s^applique à tous les invertébrés ^ont le corps est formé 4^un grand nombre de segments , presque tous semblable* «ntre eux , et ne portant iamab de pieds articulés. Le ver de terre et les sangsiKs font partie de ce grovpe. NoOS comprendrons dans un seul chapitre les molTosques et les annéiides , et ce chapitre sera court, car H ne renferme que * quatre espèces malfaisantes.
La première est ceHe des itmacer. Ces mollusques hAï^ lent sous les mousses , les gazons , les pierres , les bordures^ et antres endroits obscurs et humides ; ils ne commencent guère à pardtre qu^au mois de mai , et ils sortent de leur retraite le soir et le matin, ou après les pluies chaudes, lorsque le temps est couvert. Us aévorent les jeunes plantes et les semis, et font ainsi beaucoup de tort aux iar£niers. Le seul moyen de les' détruire , c*est de leur (ibnner la chasse soir et matin, et de les écraser au fiir et à mesure qu'on les rencontré. Pour en préserver les jeunes semis , rien n'est meilleur ^ les écailles d'huttre , grossièrement pulvérisées; on en saupoudre les plates^bandes oà Ton ne vent pas que ces animaux pénètrent ; les fragment d*écailles offrant des parties aiguës et tranchantes qui lei
â^ DfeS MOLLUSQUES
> blessent , leur présentent une barrière insurmontable. Oa en garantit encore les jeunes semis en les saupoudrant avec un mélange de chanx et do cendre : mais ce moyen nous semble peu rationnel.
Les escargotêi qui appartiennent de même aux mollusques ebau genre bélice , font les mêmes dégâts que les lima* ces. Recouverts d^une maison pierreuse , ils sont moins sensibles aux influences de Tair ; . aussi cherchent-ils moins l'obscurité, et ïes trouve-t-on beaucoup plUs facilement. Non-seulement ils attaquent les jeunes plantes et les feuilles, mais ils entament même les fruits avant leur maturité; On se met à leur auêtè le soir, le matin et surtout après les pluies chaudes du printemps. Avec un peu de persévérance, on vient aisément à bout de les détruire , ou au moins d'en diminuer le nombre considérablement.
Si Ton place dans les ^endroits frais , des planches un peu soulevées par un bout au mojcn d'aune petite pierre que Ton glisse dessous , on est sûr , chaque matin , en les relevant , d'y trouver un grand nombre de limaces et d'escargots aui s'y seront retirés pour éviter l'ardeur du soleil et la chaleur du jour. , i
Les vers de terre , également connus sous te liora de lombrics «ï^pariicnncnt à la classe des anncl ides. Ils n'attaquent ni les plantes ni leurs racines ; mais ils nuisent beaucoup , en creusant dans la terre de longues galeries qui détournent les eaux des arrosemcns , et en bouleversant lessemis de graines fines et délicates. Le lombric possède une singulière faculté : c'est de se reproduire entier et complet d'une de ses parties coupées. Ainsi donc, les jardiniers doivent se préserver de la mauvaise habitude qu'ils ont de le couper en deux lorsqu'ils le trouvent ; loin de l'avoir détruit, comme ils le pensent, ils en font deux. Il suffît de passer son pied dessus et de l'écraser. Au piintemps, on tait la chasse aux lombrics , une. heure avant le lever du soleil ou une heure après son-coucher ; on se munit d'un pot , d'une lanterne et d'une pince en fer. On trouve ces annélides rampant sur la terre et se cbeiybaut pour s'accoupler : on les saisit avec les pinces , on les jette d^is le pot , et on les emporte pour les donner à la volaille , ^i en est très friande, ou bien pour le» noyer. Un procédé fortsimple de les
Et DBS AKMÉLIDES. S8t
forcer à sorti** de terre pendant le jour, consiste a prendre un pieu de la grosseur du bras et Ions de quatre à cinq pieas j on lappointit par un bout que Ton enfonce dans la terre , à qninEe on dix-huit pouces ; puis on l'agite fortement en 1^ faisant tourner de manière à décrire im^cercle à sa partie supérieure *, on ébranle ainsi la terre des environs , et les vers effrayés se hâtent d'en sortir.
S'ils se sont logés dans une caisse on un pot ^Apnr , rien n^estaisé commode les en retirer : il ne s^agitque%e frapper doucement les parois du vase avec une pierre ou un marteau, pendant huit à dix minutes*, les vers paraissent à la surface, et on les enlève.
On dit qu'en ipettant dans unseaud^eau trente à qoirante noix revêtues de leur brou , et laissant infuser le tout pendant quelques jours , on obtient une eau d'arrosement qui fait sortir les vers de leurs retraites. Nous n^en avons pas lait Texpérience.
Les sangsues sont, comme tout le monde le sait, des animaux qui s'attachent à la peau des autres animaux et la percent, afin de leur sucer une certaine quantité de sang. Elles appartiennent aussi à la cI^m^ des annélides. Une des espèces les plus remar^ables , mais dont on a singulièrement exagéré la voracité , c'est la sangsue de cheval ( ftcs-> mopis sanguisuga^ Moquin ) (hippobdeUa sanguisuga^ Blainville ), longue de 8 à 12 centimètres , et large de 10 à 15 millimètres , ordinairement brun-roussàtre ou olivâtre en dessus, avec les bords orangés ou jaunâtres , et le ventre noirâtre , plus foncé que le dos. Elle se trouve dans les eaux douces de l'Europe méridionale et du nord de l'Afrique ^ surtout en Algérie. Pourvue de mâchoires trop faibles pour pouvoir entamer la peau de l'homme et des animaux , elle se fixe â la membrane muqueuse de leur bouche ou de leur gosier , et détermine souvent desf accidents très graves.
» La sangsue de cheval , dit M. Moquin ^ a été aperçue fur l'homme, au si^e deMahon, en 1736. Depuis cette époque , un grand nombre de soldats , de pèlerins , de voyageurs , &a. ont été tourmentés , après avpir bii , sans précaution , dans des ruisseaux , des flaques d'eau , des marais , alimentés par de petites source$«. Les militaires
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^SS DBI MOLLUSQUES ET DBS ÀMNÉLIDES.
fraacait ont souvent réclamé les secours de Tari pour se débarrasser de ces incommodes parasites , pendant la campagne d'Egypte ( Larrey ), et en Espagne, soit pendant les guerres die TEmpire ( bory-St.-Vincent) soit pendant la dernière occupation ( Guyon-Barny ). On a été quelquefois obligé de pratiquer la laryngotomie.
]\i. Guyon a observé souvent , aux environs d'Alger et k Alger même , des sangsues de cheval logées dans les fosses nasales, le^harvnx et les voies aériennes des animaux vertébrés , et particulièrement sur les bestiaux abattus pour le service aes troupes et la population civile. Beaucoup de bœufs présentaient des bœmopis, soit dans les narines et la boucli^ , soit dans le pharynx et le larynx. Un bœuf, entre autres, abattu à Alger, outre une douzamede ces hirudinées, attachées sur divers points de la bouche , en avait 5 sur le rébord antérieur de Vépiglotte , A dans les ventgcules du larynx , et 6 dii quatrième au 5* anneau de la trachée-artère. Douze heures après la mort àk bœuf, ces hœmopis ne s'étaient pas encore détachées » (voyez Moquin , Journal de médecine de IjouUmse, 1848-46 p. 141. ) Des gargarismes ou des lotions d'eau salée suffisent quelquefois pour faire lâcher prise à ces dangereux annélides.