‹ Nouveau manuel complet du destructeur des animaux nuisiblesChapitre 78 sur 114 · VI. Le Hanneton ordinaire et la taupegrillon · texte numérisé non relu

VI. Le Hanneton ordinaire et la taupegrillon

Ces dê»i insectes font Aussi du dommage dans les pépinières de bois feuillus , bien que , sans comparaison , moms que dans les cultures d'arbres à aiguilles. C'est pourquoi BOUS en avons jparlé alors plus en ctétail aux numéros I et Y. ( Voyez pages zO et 2i ). Les élères les plus importants des bois feuillus , c'est-è-dire les bêties , ont déjà , en été , de si longues et de si fortes racines, que les vers blancs ne penyent que rarement les couper tont-^-fait, él qu'ils ne les pri- Tent que des fibrilles supérieures. D est donc peu rare que ceux-ci se remettent en poussant de nouvelles petites raci* ac;s, et si, par-ci par-là il en meurt quelques-uns, cela n'arrive que peu à peu, puis lorsque le temj^s est très sec et défavorable. De là vient que l'on ^ouve toujours^ une beaucoup plus grande difficulté à découvrir les rongeurs sous cette plante qile sous les jeunes conifères , (voyes p4ges 25 et 26).

gUATRiElU PiBTIB.

nrSBCTfiS BE8TRUCTBUB8 DE BOIS FEUIL-^ USB DE HAUTE FUTAIE.

Nous avons déjà donné sur eux quelques notices, alor& qu'il a éié question des pépinières de Dois feuillus, page 112. Nous passerons donc , sans nous arrêter davantage, aux dir vers insectes qu'il est bon 4e citer ici nominativement v

iSS UfS. DIS. SI BOIf PimU, OB HAPÎB niT.

I. Là PiiOGEssiONNAiRE DU CHÊNE {Phaketm Bombyx processionea)*

Ce papiUon doit être mis au rang de ceux de moyenne taille, n e^t d\m gris sale et brunâtre , a^ec àfis raies trans- Terodes claires et foncées qui s'alternent. La femelle se distingue seulement du mâle, lequel est plus petit (voy. pi. Y. fig. Â F], par ses antenpes plus minces et uq abidomenplus gros, 1a ekmiUe , pourvus, de seize pieds (yoy. fig. 4L)y est d*un gris bleuâtre ou rougeàtre , et hérissée de poils fort longs. Elle porte, sur la ligne médiane du dos, des raies transversales et de petites excroissances d'un brun rouge. La chrysalide, d'un brun rougeàtre, est renfermée dans un eocon brun en forme de petit baril. Les iBufs sont un peu aplflEtis , blanchâtres et très-médiocrement velus. Les crottes sont épaisses et d'un vert foncé presque noir. — Le papillon éclot le soir, en août, et dépose ses œufs sui^ l'écorce du chêne , après les avoir recouverts de quelques poils provenant de l'extrémité de son abdomen. Les chenules éclosent en mai et Voyaient sur l'arbre par ascension. Elles mangent en familles entières; après chaque mue les escadrons devien- |ient toujours plus grands et plus longs , et ils passent des arbres qévorés sur d'autres wrhres frais par dessus tout ce qu'ils rencontrent. Leurs mues s'effectuent sous une toile de soi» filée qui les contient toutes , dans les enfourchnres des branches ou sur le tronc. Le passage à l'état de chrysalide a également lieu dans l'intérieur d'un grand réseau en forme de ballon, lequel est d'un blanc sale et commun pour toutes.

La chenille de la processionnaire du chêne ne se trouve que dans les grands massife de chênes. De là vient qu'elle^ est, en certaines contrées de l'Allemajgne , totalement Inconnue. Il est prouvé qu'elle cause parfois de grands dommages , sous un double et même triple rapport; car les obéîmes, qu'ils soient vieux ou jeunes, sont cruellement attaqués par cet insecte , lorsqu'il est fréquent.«P*abord les arbres tombent malades après avoir été rongés , leurs branches se (dessèchent , et beaucoup même dépérissent toutrà-:|ait. Se-

LA piocsfisioinf AiiK ve arÉmv. ££&

condement ^ loisqiur la proceseioBoaire a expédié lef eftêttes, elle s0 jette encore sur les moissons, et y fait également d'affreux ravages. Enfin, en troisième lieu^nouâ devons mentionner rinfluehce fâcheuse que la chenille a sur ht- santé de^ hommes et sur celle des animaux. Il n'est pas indifférent pour le forestier de chercher à amoindrir^ autant que po«sinie f cette influence pernicieuse ,. et j'avancerai même que cela est de son. devoir.

i**. La destruction de cet insecte se réalise , en arrachant de dessus les arbres^ dans le mois d'août et vers la fin de juillet , c'iest-à^dipe dès que les chenilles se sont enveloppée» de leurs toiles , ces gros flocons où elles passent à l'état de nymphe^ On enterre ou l'on brûle soudain ces tissus avec attention, de manière à ce que la poussière nuisible , qui y est attachée , ne vole pas plus loin. Cela ne doit pas se faire, bien entendu ^ avec les mains nues. Aux parties inférieures des troncs, on les enlèvera avec un racloir non tranchant, et plus haut sur les branches on les détachera au moyen d'une perche à grattoir. L'on ne saurait cond>attre les chenilles^, les œuf» et les papillons avec autant de suceès.

2^. Nous parlerons ici surtout et des précautions hygiéniques et de celles de police qu'il faut prendre. Le tort que les chenilles font k la santé des hommes et des animaux consiste en ce qu'elles répandent partout des poils très-subtils , qui, sur des endroits recouverts nar une peau fine , provoquent de violentes inflammations. (Jpmmeiln'^estpa&à éviter qu'on ne respire, ou qu'on n'avale avec la npurriture, cette fatale* poussière dans les endroits attaqués par les chenilles , les maladies internes les plus dangereuses sont alors à redouter. Quant aux animaux , si on' les conduit dans de tels Ueux , l'inflammation qui survient excite souvent en eux. une telle sorte de rage et de furie que les hommes courent encore par là le plus grand danger. JDans ce eas il. faut prescrire ce qui suit :

A) Les cantons fortement attaqués par les chenilles de la processionncùre du chêne, devront être isolés en. les entourant soit d'enclos soit de fossés profonds. Aucun troupeau n'y pourra paître et l'accès en sera fermé aux cueilleurs de fraises , de framboises ou d'herbes ofliisinales.

fl4 INS. DM. DB BOIS FEUtLL. VÈ HAUTE FUT.

i) têi gen» empiètes à rasseinbfer les' chrysalides, les bûcherons, et en général tons ceux qni sont employés da«s les forêts, doTront être instruits des effets nuisibles produite par rinsecte , et Ton cherchera autanique possible à les protéger contre eux. Ils auront à se frotter souvent les parties du corps exposées à l'air, avec de l'huile ou de la graisse, car ce» est un préservatif contre la poussière des chenilles. Si , parmi les ouvriers , de légers malaises , qui ne nécessitent pas le secours direct du médecin , viennent à se déclarer, les malades auront reeours aux tisanes et autres moyens domestiques. Supposé que de grandes inflammations externes se montrent , il faudra recourir à de fréquentes frictions d'huile ou de crème « ainsi qu^à des lotions et à des fomentations de lait tiède. L'irritation dans le gosier et les organes inférieut^ seta. diminuée beaucoup en buVanI de rhuile ou du lait. Si des envies de vomir se présentent, il faudra feu^iliter le vomissement. De Teau chaude , dans laquelle on aura mêlé un peu de beurre fondu , ouune simple infusion de camomille suffira pour le provocpier sans ^lorts. Dans le cas où les douleurs dans les poumons ou dans le basventre seraient violentes , et où le médecin ne serait pas à portée. Ton appliquera , selon la vigueur du malade , dix ou vingt sangsues sur la région où le mal se fait sentir, et Ton fera amplement couler le sang , après leur chute , au moyen de cataplasmes , humides et chauds , de farine de graine de lin. Pour les animaux malades, on pourra employer les cernes remèdes. Si de violents paroxismes se montraient chez eux , il sera même à propos de leur pratiquer une saignée.

n. La Pudibonde [Phalœna Bombyx ptidibundajé

Ge papiUon, grand environ comme la noime , est d'nn Mme rougeàtre avec des raies transversales plus foncées. Les mâles ont de belles antennes bipectinées. La cheniUef munie de seize pattes ( voy. pi. IV. %. 2L ) est très-re-

LÀ PUUBOIIDË. Id5

marquable par quatre touffes de poils en forme de brosses et une autre touife comme un panache. Sa couleur est jrougeàtre ou yerdâtre, et elle a des incisions qui seonblent gar-* ni^s de velours noir. La chrysalide est aun brun foncé, entourée d'un double réseau de soie ; celui qui se trouve intérieurement est assez solide , quoique transparent , tandis <me celui qui «st extérieur^ est moins serré , plus mou et d'un tissu entremêlé de poils delacbendle ( voy. pi. IV. lig. 2 G). Les œufs sont un peu aplatis, blanchâtres , et se trouvent placés à nu sur récorce. Les crottes sont énaisses , striées , vertes , avec des renfoncements en forma d étoiles. — ^ Les papillons éclosent au commencement de juin et pondent sur Fécorce. Les chenillettes se montrent en juillet et se dispersent de suite sur les feuilles du branchage. Elles mangent jusqu'au mois d'octobre et descendent ensuite des arbres pour filer leurs cocons sous Ift mousse et y passer l'hiTer.

Bien que l'on trouve la cheniUe de Ta pudibonde sur toutes les e^tèces de bois quand elle est médiocrement fréquente, néanmoins elle n'atta<{Ue en général que les cantons de hêtres , surtout lorsque ceux-ci s'élèvent sur un mauvais terrain. Gomme elle ne mange qu'à la fin de l'été , c'est-à-dire après que les bourgeons sont déjà formét , elle n'est jamais fort dangereuse , bien que certains districts forestiers soient souvent par elle entièrement dépouillés de leurs feuâles. Ceux-ci se recouvrent de leur feiullag& au printemps soivant, fpand mênÉe la chenille devrait mangôr pksieurg années consécutives, de sorte qu'il n'j •: guère que la végétation qui en soit un peu arriérée et diminuée.

Grâce à cela, l'on n'aura pas besoin d'entreprendre quelque chose contre elle , d'autant plus que les moyens de ciestraction qu'on pourrait mettre en œuvre sont difiiciles et coûteux. Ils consistent principalement dans la recherche des chrysalide», dans leurs nids d'hiver. Lorsque les chenilles vinontent, en grandes masses à la fois» dans le mois d'octobre, eur les arbres, Ton peut aisément les éia^er par terre ou sur les tiges.

iâ6 INfl. DBS. DB BOIS FBUILL. DE HAUTE FITT.

111. Le Candide a cul doré ou Chrysorhée {Bombyx chrysarrhœa).

Ce papiUon (Toyex planche V. figure 3 F) est de Udlle moyenne et blanc comme la neige. Sealement la laine , qiii se trouve àTanus de la femelle, est dhme couleur brune- Tougeàtre , ce qui lui a fait donner son nom. La chenille a seize pattes; couverte de poils d^mi brun- jaune (voy. fig. 3 L), elle est du reste d'un brun foncé et porté deux raies rouges à côté de ta Kgne longitudinale du milieu. La chrysalide (voy, fig. 3 P) est d'un brun foncé , avec une (|naiitité de touffes de poils plus clairs. Le cocon, d'un gris brunâtre , est un peu transparent. Les œufs sont d'un jaune tirant sur le marron et recouverts de la laine de l'anus , laine assez semblable à de Té^ooge qne porte l'insecte^-mère. (De là vient qu'on les nomme c&nules spongieuses,) Le» oroffet sont petites et d'un vert noirâtre. -^Les papillons éclosent le soir, pendant le mois de juillet, et pondent deux à trois cents œufs sur le dessous des feuilles. Leschenillettes apparaissent déjà en juiUet ou en août; elles enveloppent, outre la'feuiUe qui leur servit de nid, plusieurs autres feuilles voisines, et rongent l'épiderme de celles-ci. Pendant l'hiver elles restent ensemble sur raii>re, au sein des toiles dont elles ont enveloppé un rameau , et ces groupes sli^^peUent grands nids de cheniMes, En avril , dès qu'il &it plus chaud, les chenillettes sortent de leurs nids et commencent alors leiir? ravages vrsdment très-nuisibles. D'abord, elles vivent encore en communauté , puis ensuite elles se séparent et passeat , en juin , à l'état cte nymphe.

Le candide à cul doré ne ravage pas seulement les vergers; il dévaste encore les forets. Les chenilles rongient souvâdt les fleurs et les feuilles du chêne, de manière qu'il n'en resie que le pédicule. C'est pourquoi l'on est souvent forcé, surtout dans de jeunes aménagements, dans des plantations , sur le bord des chemins, etc., de songera les détruire. Cek s'opère le plus facilement pendant l'hiver en arri^chani et en

èrfthiiit les nids*, qui «e âiatiik^piieiit sans peine , nu*tout aux endroits où les autres feuiUes simt tombées* Les dienilkes «ont déjà iflas liifficiles à trouver, et Ton ne saurait les saisir qu'en mai, alors an'olleft sent eôcone réutnies ensemble. Quant aux chrysaliaes éparpillées et nnx pamHons , il n> a rien à entreprendre contre eux.^ toutefois l'on n-a rien nôt ipour les exterminer petidant riiher> ou s'il y «Tait encore tant de feuilles âàc4ies aux arbrea <{n-on n'ait pu troater et détruire lesnid&, quon^ie diSere point , «r mois de mai, -de les tuer àe la façon indiquée pour la spongieuse ( toj. ci-dessous N*^. -IV) et pour la livrée (vôy. N°. Y ), alow que lesclienille&^à Tépoqoe de la mue, ou quand elles ^eveheirt un abri contre la pluie et le îrmâ , sont po^^ en ^tandta masses à hauteur u homme.

Il est inouï avec quelle négMgence on procède d'ordinaire sous ce rapports Des milliers d'arbres et d'ai4)ris8eaux sont entièrement dépouillés de feuilles , et non seulement ils of^ frent le plus liideux aspect pendant la belle 'saison oii l'œil se tourne avec désir vers le chêne , mais même ils périssent -iout-à-falt ou souffrent long^-temps epicore et végètent piteusement. Quelques oii^yriers, convenablement surveillés et instruits d'avance, eussent pourtant pu, au prix de quelques kumées d'hiver, prévenû^le mal et sauver aussi, en mai, l)eaucottp de malades.

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