‹ Nouveau manuel complet du destructeur des animaux nuisiblesChapitre 90 sur 114 · GOLÉOPTEHES NUISIBLES AUX ABBRES FORESTIERS A FEUILLES PLATES · texte numérisé non relu

GOLÉOPTEHES NUISIBLES AUX ABBRES FORESTIERS A FEUILLES PLATES

Les coléoptères véritablement nuisibles aux forêts; appar-

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tiennent généralement a la famille des Longicomes , ou à celle des Xylophages : on a bien aussi accusé celle des Ster^ noxes de produire quelques dégâts, mais ils sont si peu appréciables que nous n^^n parlerons pas^

Des LoNGicoRiNËS.

La plus grande partie des coléoptères à longues antennes^ tels que Ger&mbyx, Priones, Lamies, Saperae, CaUidies, Leptures ^ etc., vivent dans l'intérieur du bois , à Tétai de larv«8 , et causent souvent de grands dommages dans les hautes forêts.

Les moyens qui ont été conseillés ^ur en préserver les arbres nous par&issént insuffisante.

Cependant , sillon tient à la conservation de quelque gros arbre j on visite souvent l'écorce de leiir tronc, et, lorsque Ton aperçoit un trÔu arrondi, on y injecte uite Solution aaluil ou de sublimé «Corrosif.

, Très souvent les plus beaux chênes sont criblés de troiis eu tout sens par les larves du Ceramhysth^froSf ou par celles ilu Prionus cùtiafiva. Au bois de Boulogne , près Paris t la plupart des gros chênes se trouvent malheureusement dans ce cas.

Un moyen oui serait aussi assez bon comme préservatif, consisterait à recueillir le soir , pendant le mois de juillet, 1 insecte parfait qui sort de son trou et se promène sur Técûrce : sa grœide taille , ses longues antennes et sa couleur noire , le rendent très facile à apercevoir.

Des Scolytes.

Ces petits coléoptères microscopiques ont été accusés d'avoir causé des dégâts' incalculables , dans les bois des environs de Paris , il y a une dixaine d'années. M. Audouio*

DES SCOLYTSS. 15^

professeur au Jardin des plantes, cpii se livrait presque exclu-» sivcment à l'étude des insectes nuisibles , mais qui manquait des connaissances d'entomologie pratique , a fait, en janvier 1857^ une communication à la Société entomologique de France , sur les ravages occasionés aux environs de Paris, et notamment sur4es chênes du bois de Vincennes , par les Scoîytes, Il résulterait , des recherches auxquelles il s'est livré sur les lieux , de concert avec M. Wesmaël , de Bioixelles, et le savant M. Spence , au printemps de, 1856, que les scolytes nuisent aux arbres , particulièrement aux oi*mes et aux. chênes, de deux manières» : 1° à l'état de larve ^ 2*> à l'état d'insecte parfait/

Ce serait , selon M. Audouin , une erreur que de croir«

3ue les scolytes ne prennent aucun nourriture , et qu'alors s s'occupent uniquement à s'accoupler : à cette époque de leur vie ils ^ont très voraces , et se précipitent en grand nombre sur les troncs des arbres pour y puiser un suc nour^ ricier : ils creusent f écorce à l'aiae de leurs mandibules, et percent au-delà une petite galerie plus ou moins profonde, qui entame la couche la plus récente du bois ; or , cette couche contient une grande quantité de sève visqueuse ou Cambium-, les scolytes sortent de cette galerie et laissent béante son ouverture arrondie. Il en résulte un état de très grande soufirance pour l'ai'bre , tant à cause du suintement [ui a lieu par ces cavités , surtout au temps de Tascension e la sève , que parce qu'elle facilite l'introduction de l'eau de la pluie ou de celle provenant de la fonte des neiges , oui , y séjournant , et s infiltrant sous Técorce f produit la aésorganisation des tissus dans «ne étendue de plusieurs centimètres. Aussi, est-il facile,, avec un peu d'habitude, de distinguer les arbres souffrants par cette cause : on les reconnaît à des taches noirâtres , vaguement apparentes sur l'écorce , mais qui , lorsqu'on enlève celle-ci , se distinguent nettement sur le bois en plaques ovalatres , noires comme de l'encre , ordinairenient lubréfiées par un liquide de même couleur. *^

M. Audouin assure que ce sont ces arbres malades et rendus malades par les scolytes , qui , l'année suivante , seront envahis par les scolytes femelles , et recevront un nom-

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bre prodigieux d'œtiCs , d^où sortiront autant de larves : celles-ci, en les sillonnant de toutes par t$, amèneront définitivement la mort de ces arbres*

Cependant il arrive , et cela assez souvent , ajoute M. Audouin , que des arbres ayant été perforés par les scolytes qui y ont simplement puisé leur nourriture , ont repris , au bout de deux ou trois ans , et quelquefois plus , toute leur vieueur première ; cela a lieu lorsqu'ils n'ont pas été envaunis par les scolytes femelles pour y déposer leurs œufs ; il y a même des cas où un très petit nombre de femelles les ayant attaqués » ils ont pu se rétabKr et en quelque sorte revivre. M. Audouin insiste particulièrement sur ce qui se présente dans les ormes , et u ajoute aue souvent aussi des arbres de cette espèce , sur lesquels les çcolytes n'avaient pas précédemment cherché leur nourriture , ont été cependant envahis par des femelles qui y ont déposé leurs œufs; mais toujours ,. dans ce cas , l'arbre était souffrant par une autre cause, telle qu'un chancre, une fente accidentelle, qui avait favorisé l'introduction et le séjour de l'eau de la pluie. M. Audouin fait observer que ces diverses causes équivalent au même résultat , savoir : la maladie de l'arbre, qui amène la- «on ascension ou le ralentissement de la montée de la sève ; c'est là, ajoùte-t-il , une condition indispensable pour que le dépôt des œufs ait lieu , et peu importe i |a femelle comment cette condition qu'elle recherche a été produite. Voilà , dit-il , sans doute ce qui en a imposé am personnes qui ont cru que les arbres morts , ou tellemenl inalades qu'on les pouvait juger comme mortellement atteints , étaient seuls (i^ttaqués par les scolytes. Ces personnes étaient dans une grave erreur ; cai^ il est ceiiain que, dans le plus grand nombre de cas , l'arbre échapperait à k mort si , malgré qu'il a beaucoup souffert ( M. Audouin

Sarle surtout du cas oii il a été préalablement pciibré par es scolytes pour y j)uiser un suc nourricier) , il n'était pat envahi par des essaims de femelles qui y pondent leurs œufsi A regard du scolytus pygmœus , qm produit' de si grands dégâts parmi Içé chênes , M. Audouin ajoute que cet insecte, indépendamment qult perfore , à l'état parfait, l'écorce de» chênes , attaque souvent, et dans le seul but d'y puiser de la

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nourriture , les ieunes pousse» de Vannée lorsqu'elles sont encore certes : il les coupe à leur base. Certaines espèces de chênes sont plus sujettes que d'autres à être ainsi taillées ; rari)re finit aussi par souffrir : il cite comme exemple un chêne de Portugal ( quercuê lusitanica ) qai existe au Jardin des plantes dans Técole de Botanique , et qui , chaque année , est régulièrement dépouillé de tous ses jeanes ra-» meaux , \ers le milieu ou à ta fin de juin ; et cependant il ne nourrit, dans son intérieur, aucune larve de scolytes-, son tronc et ses rameaux sont encore très sains ; Técorce est très dure , rugueuse , et il parait que ces scolytes, qui appartiennent à Tespèee pygrMSus , trouvent trop difficile de la percer :jusqu ici, ils ont dédaigné cet arbre pour y déposer leui*s œufs , et se sont contentés du suc qui arrive aux jeunes pousses. Ces scolytes , selon M. Audouin , proviendraient des chantiers de bois à brûler qui ayoisinent le Jardin des plantes.

M. le général Feisthamel , dont le frère est gtrde-générai de la forêt de Vincennes , et qui a étudié sur. les lieux une question qui intéresse à un si liaut point les forestiers, ne partage pas Topinion de M. Audouin relativement à la grande mortalité survenue parmi les chênes des envir<msde Paris pendant Tété de i 85d. Selon lui , (et nous avons toujours été de cet avis,) ce ne sont pas les sc<d\jtes qui rendent les arbres malades , xmis ils sont attaqués par les scolytes précisément parce qu'ils sont malades. C'est donc ailleurs qu'il faut chercher la cause de la mort. En effet, ces arbres, ae même que les autres êtres organisés , sont de , temps en temp^ exposés à de grandes épidémies , dont les causes nons échappent, aussi bien que pour ce qui a lien en pareiHe circonstance chez les animaux ; et, de même que ces derniers , ils sont sujets , quand une maladie apporte une perturbation dans leur état physiologique , à être attaqués par des insectes parasites , qui , sans cette circonstance , ne s'y seraient pas multipliés , les sucs à l'état normal ne convenant nullement à leur développement.

Voici au reste en résumé , ce mie dit M. Feisthamel dans une petite note msérée dans les Annales de la Société cntomologique , en réponse à l'opinion de M. Audouin. « Je ne

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puis admettre que les cinquante mille pieds de chêne qui ont péri dans le parc de Vincennes en io55 , soient morts par suite du ravage des acolytes. Ayant suivi attentivement la marche de la maladie des arhres , je suis resté convaincu que le scolyte était étranger à cette destruction;

L'été de 1855 a été excessivement sec : il n'est pas tombé d'eau dans les environs de Paris depuis le iO mai jusqu'à la fin d'août : dès le mois de juin , une quantité de alênes commencèrent à se faner , et leur état de langueur attira l'attention des gardes de la forêt de Vincennes ; ils examinèrent attentivement , et ne purent , malgré toutes leurs recherches , y trouver les traces de quelques insectes nuisibles. Ce^jendant la maladie fit des progrès, et bientôt les parties voisines du parc , de St-.Manaé à St-.Maur , qui ont peu de fond et dont les terrains sont arides et brûlants , en furent atteints, lés racines ne pouvant pivoter, tandis que les bonnes parties du parc, près de Nogent, ayant un bon terrain, souffrirent beaucoup moins. Dès lors l'opinion des gardes de la forêt fut fixée, et ils attribuèrent la maladie à la mauvaise qualité des terrains et à la sécheresse , et non à d'autres causes. Le garde-général avant marqué hs arbres morts ou mourants pour être abattus , s est aperçu qu'une partie de ces arbres^ qu'il avait visités quelque temps auparavant , et sur lesquels il n'avait remarqué aucune trace d'insecte , étaient couverts de scolytes ; mais il remarqua aussi que d'autres arbres voisins, qui commençaient à lançuir , n'en avaient aucun. Cette même année il périt aussi dix ^ille pieds de bois blanc , et aucun ne fut attaqué par les scolytes : il périt de même dix mille pieds de chêne , n'ojlrant pas la moindre trace de scolytes. Il est donc évident que le ^olyte n'est pour rien dans presque la moitié des arbres morts , les gardes ont toujours remarcraé que l'apparition de ces insectes n'a fait que suivre la maJadie de l'arbre sans jamais la précéder. Maintenant ( ajoute judicieusement M. Feisthamel ) si ce n'est pas la sécneresse quia fait périr les arbres, la cause en est inconnue, et il ne fout l'attribuer au scolyte , qui , malgré sa présence dans le parc , a cessé spontanément d'y causer des ravages. En effet, Jes arbres morts sont restés debout jusqu'en avril et mai 1 856,

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Abattus dans ces deox mois ils ont été rangés sur le rondpoint de la pyramide où ils ont été façoRnés>. Or ce rond- S oint est entouré de jeunes arbres vigoureux. Au printemps e 1836 , les scolytes ont éclos par millions sur les bûches amoncelées. On dcTait donc s'attendre qu'ils se jeteraient sur les arbres voisins , dont ils n'étaient séparés cpie par trois ou quatre mètres de distance , et qu'ils produiraient les plus grands ravages,.... : rien de tout cela n'est arrivé, pas un arbre n'a péri et n'a même été malade ».

Nous croyons toutefois qu'il est prudent d'enlever promp* lement de la forêt les arbres morts et couverts de scolyte», parce qu'il serait possible qu'ils se jetassent sur des arbrçs souffrants dans le voisinage, et qu'alors il serait à craindre qu'ils ne fissent périr des chênes qui peuvent encore se rétablir. Voyez, pages 42 et suivantes, les précautions recommaur dées par M. Ratzeburg, relativement au grand rongeur du joptn rouge.

INSECTES NUISIBLES AUX illUIRES D'AUGNEHIENT.

Chenilles.

Les chenilles qui se nourrissent sur les arbres d'alignement , sont une partie de celles dont on a parlé pour les arhres forestiers. Cependant on ne rencontre jamais nila nonne . (B, Monacha), ni les processionnaires sur les premiers.

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