‹ Nouveau manuel complet du destructeur des animaux nuisiblesChapitre 91 sur 114 · DESTRUCTEUR, 2« PARTIE · texte numérisé non relu

DESTRUCTEUR, 2« PARTIE

{64 INS. NUIS. AUX ARBRES D ALIGNBlt.

Parmi les espèces occasionant les plu^ grands dégâts^ nous citerons le eosstis y ( cossus ligniperda ) y dont la che^ nille fait périr un grand nombre d'ormes aux environs de Paris, ou, quand elle ne les fait pas entièrement mourir, eUe les rend tellement languissants , qu'ils ne tardent pas à être achevés par les scolytes. Nous considérons cette chenille comme le plus grand fléau pour les ormes. Elle attaqne ks arbres les\plu8 sains aussi bien que ceux qui sont oéjà malades , et aussi JiiÉn les jeunes que ceux qui ont acquis tout leur développement ; on en peut voir un exemple frappant sur la route du Point-du-Jour à Sèvres : tous les jeunes ormes qui ont été plantés des deux côtés de la route sont attaqués par les cossus y et peuvent être considérés comine perdus. Cette chenille, que nous avons figurée planches 7 et 8 , a la tête noire , armée de deux fortes mâchoires , à Taide desquelles elle perce le bois en tous sens : elle vit trois années ; la première , son corps est d'un blanc rougeâtre pâle, elle vit généralement du liner ou des couches les plus extérieures de V aubier ; la seconde année , elk devient déjà fort grosse , et est semblable à celle dont nous donnons la figure

El. 8 ; elle est d'un brun rougeâtre sur le dos, avec les côtés lanchâtres ou d'un blanc rougeâtre •, alors elle ne se tient déjà plus sous les écorces , elle a pénétré dans l'aubier , ou même jusqu'au cœur si l'arbre est jeune. Enfin la troisième année elle devient énorme , ( voyex pi. 7) , et elle pénètre jusqu'au centre du bois. A cette époque ae sa vie , elle a le dos Drun et les côtés d'un blanc rougeâtre ; au mois de mai de la troisième année, elle a acquis tout son développement; alors elle sort de l'arbre et elle se fait une coque, soit avec des graips de terre ou de la sciure de bois entremêlés de soie dans laquelle elle se change en chrysalide. Le papillon éclotau mois dejuillet: il est grand, marbré et réticulé de gris blanchâtre et de noirâtre , avec quelques lignes sinueuses plus noires ; son corps est gros comme le doigt, d'un gris blanchâtre avec un collier noir; il se tient appliqué pendant le jour sur les écorces avec lesquelles il se confond par sa couleur, dans une position fort ii^clinée , de sorte qu'à la première vue on pourrait le confondre avec un bout de bois mort , adhérent à l écorce. La chenille du cossus ne soK pas toujours de l'arbre pour

CHENILLE DE LA SÉSIE APIFORMB. 165

96 métamorphoser loF8qii^îlle vit dans un arbre (jui est creux, elle se rapjproche du trou qui doit livrer passage à Finsecte parfait, et alors eltc forme une coque très légère avec quelques fils de soie.

On reconnaît la présence de cette chenille sur les ormes , à ses excrémens qui ressemblent à de la sciure de bois qui , lorsqu'elle commence à être déjà un peu grande , sortent à travers les fkisures de Técorce. Quand elle est plus jeune , il ne sort que très peu de sciure , mais la partie malade est humide par la grande quantité de sève qui s'échapp« par la plaie.

Cette chemlle ne se trouxe jamais dans les branches , il est même rare que le tronc des arbres soit attaqué à plus d'un mètre et demi d'élévation. ,

Je ne connais pas d'autre» moyen de détruire cette espèce » • que la décQrtication de la partie malade , quand la chenille est dans la première année de son existence; plus tard elle a pénétré trop avant pour pouvoir l'atteindre, un moyen cmi serait le meilleur de tous , serait de faire recueillir le papik Ion sur le tronc des arbres de? routes et des promenaaes , d^uis lé 20 juin jusqu'à la fin de juillet. Les personnes que l'on emploierait à cette recherciie ne tarderaient pas ài avoir l'œil assez exercé pour les trouver aussitôt qu'ils seraient éclos, et pour deux ou trois mille francs dépensés convenablement chaque année , pendant (niatre fiu. cmq ans , les environs de Paris seraieQt débarrassas de ce fléiMi* On réflé-* ehira que cette somme est bien peu de chose relativement à la quantité de bois de charronage que l'on perd chaque an* née , et aussi qu'il y a des routes, ie}\e que «elle du Pointdu-Jour, où il faut replanter les aigres tous les quatre ou cinq ans.

GpNILLE DE LA SÉSIE APIFORME.

Cette chenille , de même que cellç du cossus , vit dans, l'intérieur des arbres. Celle-ci n'occa^ipne aucun dommage aux ormes, ce sont seulement les peupliei-s qui ont à souffrit

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de sa présence. Elle est blanche ou d^un blanc sale , aTec U tête brune , ainsi que les stygmates. Son dos est marqué d*une raie longituoinale obscure. Cetjte sésie fait quelque* fois beaucoup de tort aux j^eupliers ; elle perce le bois , dV bord transversalement, puis ensuite elle creuse des galeries

I'usque dans le cœur des jeunes arbres parallèlement aux fiires ligneuses. Sa présence est indiquée, comme celle du cossus , par de la sciure qiii sort des écorces , et par des plaies . qui laissent suinter la scve. Tignore si elle vit un ou deux ans. Pour se métamorphoser , elle sort quelquefois de V arbre , surtout quand elle habite le voisinage des racines ; alors elle fait une co^ue avec de la spiure de bois oui elle se change ai une chrysalide tronquée à Textrémité , munie de chaque côté de deux petites rangées d'épines inclinées en arrière. Le papillon ou insecte parfait éclot en juin et quefquefois en juillet : pour la couleur , la forme et la taille, il ressemble, au premier coup d'oeil, à un frélonf (voyez la figure sur la pi. 8). Ce papillon vole rarement, il se tient une grande partie du jour sur le tronc des peupliers , oi^ souvent on le trouve accouplé. Comme cet insecte cause quelquefois des dommages considérables aux peupliers» en rendant le bois impropre à luire des planches , u est donc nécessaire de le détruire ; pour cela, on visitera, vers le milieu de juin, les troncs des peupliers attaqués par les sésies, et on écrasera le papillon au moment où il vient d*éclore. En faisant cette, visite avec un peu de soin pendant deux années, on débarrassera les avenues do peupliers de ce fléau.

Chenille de l'Apparent (Bombyx salicis).

Cette chenille qui est figurée pi. 8,'ne vit pas seulement sur le saule, ainsi que son nom paraîtrait Tindiquer *, elle semble, au contraire, préférer les peupliers , et nous avons vu , dans certaines années, ces derniers arbres complètement dépouillé» de leurs feuilles par cette larve. Les petites chenilles éclosent à la fin d'avril ou au commencement de mai; elles croissent vite, et dans la première quinzaine de juin, elles sont

COtÉOPTÈhEâ. 16?

Ordinairement arrivées à toute leur grosseur. Alors elles ont le dos noir avec d^ux raies blanches ou jaunâtres , maculaires, longitudinales , entre lesquelles il y a sur chaque ibneau deux taches également blanches ou jaunâtres. Les côtés sont d'ùtr bknc bleuâtre , ja^é de noir avec deux séries de petits tubercules ferrugineux a où partent des poils roussâtf es , les taches dorsales sont séparées par des. tubercules semblables à ceux des côtés. La tête est cendrée et garnie de poils blanchâtres; le ventre est d'un brun roussàtre. Pour se métamorphoser , elle file , dans les gerçures des écorces , une coque assez légère d'où l'insecte parfait éclot à la fin de juin et au conunencement de juillet. Celui-ci est moitié plus grand que le chrysorrhée , entièrement d'un blanc luisant et satiné , avec les pattes nobres entrecoupées de blanc. H est facile de détruire cet insecte, au moins en grande partie , en faisant la cueillette des œufs. Ceux-ci sont déposés sur les trônes des peupliers , par placards de la grandeur environ d'une pièce de deux francs. Us sont assez faciles à' aperce-^ voir, en ce qu'ils sont recouverts d'un endiiit luisant et blanc. On enlève les oeufs avec un grattoir, comme M. Ratzeburg l'a recommandé pour les œufs de la nonne. Cette récolte peut être faite depuis la fin de l'été jusqu'au premier printemps.

Coléoptères»

Parmi cet ordre d^insectes, nous ne citerons que les scolyêes , ou rongeurs des écorces, dont nous avons déià parié longuement à l'article chêne , page 158. Un seul arbre d'à* lignement, l'orme, périt , ou plutôt achève de çérir par le fait des scolytes qtti se développent par milliers soue son écorce. Dans notre opinion bien connue des entomologistes, le scolyte des ormes, de même que celui du chêne, n'attaque pats les arbres sains, mais seidement ceux qui sùnt malades y soit d'une maladie évidente , soit d'une afiection latente. Parmi ceux qui sont manifestement

168 INS. NUIS. AUX ÀiUBiyBS D^ALIGNSif.

malades, noiis citerons ceux qui sont attaqués, ou qui ont été attaqués par les cossus , ou ceux qui ont eu à soufllrir d^une épidémie dont les causes nous sont souyent inconnues, mais qui , dans un cas comme dans Tautre, a modifié la nature de lasèye. Tout récemment, M. Guérin-Méneyi&^qiiiS depuis quelque temps , s'occupe av«c beaucoup de lèle de l'entomologie appliquée à Tagriculture, a communiqué , à la Société entomologique, un procédé inyenté par M. le docteur Kobert, pour déWrassôr les ormes des scolytes. Depuis le printemps de cette année 1846 , nous ayons vu noustr même à Versailles , aux Champs-Elysées et dans beaucoup d'autres lieux, des arbres soumis aux expériences de M. Robert. La Société royale d'agriculture a trouvé le procédé de M. Robert tellement effibace, qu'elle lui a accordé une médaille d'or.

Nous regardons nous-mêmes la découverte de M^ Robert comme très importante et comme propre à sauver la vie à un très grand nombre d'arbres qui ^ sans cela , mouraient infailliblement. Nous dirons même qu'il est fort à regretter que M. Robert ne l'ait pas découvert assez tôt pour que l'on ait pu l'appliquer aux chênes de la forêt de Vincennes.

Voici, d'après la communication de M. Gucrin-Menevîlle , en quoi consiste cette première méthode. M. Robert', ainsi que beaucoup d'entomologistes, avait remarqué que les larves des scolytes creusaient dans l'écorce leurs galeries circulairement autour des arbres , et que jamais ces canaux n'étaient parallèles aux fibres de l'écorce. Alors il eut l'idée d'enlever une ou plusieurs bandes longitudinales d'écorce , depuis le pied dé l'arbre jusqu'à une hauteur de trois eu quatre mètres. La bande enlevée nous a paru avoir une largeur ^'au moins un décimètre. Nous avons même vu des arbres dont l'écorce était enlevée dans toute la circonfé» rence , mais seulement juscpi'au liber. Par cette opération , M. le docteur Robert a sauvé la vie à une grande quantité d'ormes de nos promenades publiques ; les scolytes les ont abandonnés ou sont morts , les arbres ont repris de la vigueur, et, à l'heure qu'il est, sont, à peu d'exceptions près»^ hors de danger. Voilà comme M. Robert explique cette gué* rison : on jait que les galeries des scolytes s'étendent tou-.

iK8. mus. AUt AXBKES FlUlflBAf. 169*

Jours^ d'une manière à peu près circubdre , ain» ({ue nous ravons dît ci-dessus , en enlevant des bandes longiludinales d^écorces, tantôt jusqu'atu liber seulement, ou même jusqu'à Taubier ; on coupe. transversalement ces galeries ; bientôt la sève circule abondaiument sur les bords des plaies , pour bâter leur cicatrisation ; alors les larves des scdytes qui ont Vhabitude d'aller toujours en avaut , arrivent à cette partie Imbibée de sève, et là elles sont pour ainsi dire noyées par l'abondance de ce fluide ; il se forme des bourrelets aécorce nouvelle des deux côtés de la plaie, et, en cinq ou six ans, & solution de continuité aura disparu. Tout en admirant la belle diécouverte de M. Robert, nous ne pouvons partager sa théorie , que du reste nous ne connaissons encore que fort imparfaitement. D'abord nous n'admettons pas que leç scolytes attaquent les arbres bien portants et vigoureux; sans cela, nous ne verrions pas pourquoi tous les ormes d'une même avenue ne seraient pas également rongés par cet insecte. Omme nous l'avons déjà dit , il faut pour que les $coIytes se multiplient un état pathologique des arbres , attendu qu'ils^se nourrissent d^écorces presque mortes. Nous pensons donc que Topération que M. Bobert fait subir aux ormes , a pour eliet de leur renore leur vigueur , en forçant la sève de circuler plus activement ,. et d'augmenter ainsi leur vitaUté : en résumé , l'opération de M. Eobert sera appliquée avec succès à tous les arbres attaqués par les »oolytes, tels, que chênes», armes ,. poiriers ou pommiers à cidre .

mSECTES NinSZBLES AUX ABBRE8 FRUITIERS.

C'est encore dans la famille des lépidoptères que l'on rencontre les insectes les plus nuisibles aux jai^ns et aux vergers.

M. Ratzeh«rg a déjà parlé des chenilles de livrée et da

170 INS. NDIfii AUX ARBRBS FBUlflERgi

chrysorrliée, en traitant des insectes, nuisibles aux arbres àe hautes fctaies. Nous ajoutçi^ons quelijues mots ^ur Féche-^ nillage qui est inapplicable aux arbres forestiers , mais qui est indispensable et très efBcace pour le^ arbreS à fruits. Les œufs de la livrée , comme on Ta déjà dit , sont déposés « au

. nombre de plusieurs centaines , autour des jeunes ranaéanx^ sous forme de bracelets noirâtres , larges de onze à quatone millimètres. Au premier printemps ces œufs éclosent , et les petites cbenilles qui en sortent vÎTent ^ous une tente commune pendant leur enfance ; pour cela elleà filent en« semble une toile dans laquelle elles ont soin de faire entrer quelques feuilles pour se nourrir; dès que la provision est unie, elles se transportent ailleurs. Avec ces déménagements successifs , Tarbrè ne tarde pas à être dépouillé de ses feuilles et de ses fleurs, pour peu, comme cela Arrive le plus souvent , ^u'il s'y trouvent deux ou trois familles. Les pruniers, id)ricot^rs, amandiers, cerisiers, pommiers, poiriers, etc., sont très sujets à être dévorés par les chenilles de la livrée. Lorsqu'elles ont accompli leur dernière mue , ce qui a lieu ordinairement à la fin ae mai, elles se dispersent sur toutes leurs branches^ et elles achèvent de dépouiller l'arbre. C'est donc avant qu'elles aient quitté leur retraite, qu'il faut songer à les détruire. Les jardiniers habiles découvrent' souvent des bracelets d'œùfs, en pratiquant la taille du printemps ; alors ils les enlèvent , mais conune il y en a beaucoup qui échappent à la vue , et qu'un grand nombre sont situés trop haut , il faut avoir recours à l'écheniilage, moyen extrêmement efficace; daàs cette circonstance, bn se pourvoit d'une gaule plus ou moins longue, au bout de laquelle on adapte des espèces de ciseaux appelés échenilloir. On coupe tous les nids et on les brûle pour être

, plus certain de leur destruction. On peut encore les détruire en passant dessus une espèce de pinceau ou de brosse imprégnée d'une solution de savon nou* ou de goudron délayé dans de l'essence de térébenthine. On pourrait aussi faire usage d'un lait de chaux , ou même d'un mélange préparé avec

auatre kif«;grammes d'acide* sulfurique dans douze litres 'eau. Dans quelques circonstances on peut détruire les nids de ces chenilles en. les brûlant avec une poignée de paille.

tiOEIflLLlS COMMUNE. i7i

Lorsque les cliepilles o/itiauitté leur tente , il est très dif]&cilei en débarrasser un arbre. Tout ce que Ton peut faire, c'est de secouer les branchés ,'et encore y en a-t-il beaucoup qui y restent. On a encore recommandé , dans ce cas , de brûler, par un temps très calme, de la, litière des chevaux avec de la fleur de soufre ; la fumée qui résulte de cette opération étourdit les chenilles, et on les écrase quand elles sont tombées. Dc^tous ces moyens , paà un ne vaut l'échenillage. Mais pour agir avec succès, il ne suffit pas d'attaquer ces chenilles sur les àrhrès fruitiers , il faut encore chercher leurs nids dans les haies qui avoisinent les jardins ou les vergei*s ; si on n'avait pas cette précaution , après qu'elles auraient ravage les arbuste»^ sur lesquels elles ont pris naissance , on les verrait bientôt se mettre en route pour arriver Mir les arbres qui leur oilriraient de quoi vivre, si Ton a pour voisins des gens qni n'échenîllent pas leurs arbres aprè^ que les chenilles auront tout ravagé chez eux , elles viendront dépouiller les arbres de celui qui aura pris les plus grands soins pour se mettre à l'abri de leurs dégâts. Pour obvier à cet inconvénient , il n'y a plus d'autre parti à prendre que de tracer un anneau de goudron sur le tronc des arbres que Ton veut préserver.

Chenille commune ou Chenille i>e chry-

SORRHÉE.

Cette chenille est peut-être encore plus commune que la livrée. Elle attaque non seulement les arbres fruitiers, mais encore presque tous les arbres forestiers ou d'alignement. Celle-ci éclot à l'autonme , et elle passe l'hiver dans une toile* d'un tissu assez serré y entrem^ée de quelques feuilles sèches , et presque toujours située à l'extrémité ' de rameaux. C'est donc pendant l'hiver, quand il n'j a plus de feuilles aux arbres , qu'il faut enlever tous les nids avec l'écheuilloir. Il est ainsi très facile de se mettre à l'abri de ce fléau. Si par hasard quelques nids ont échappé à la destruction, il faudra les tuer vers le milieu du printemps, au moment

i72 ' INS. NUIS. AUX ARBRES FRUITIERS^

OÙ elles sont réunies par pa(|uets jjour changer de peau.Okis proposé aussi un autre moyen de détruire cette chenille , moyen qui du reste est applicable au^ssi à la livrée comme à toutes celles qui vivent en famille. Il consiste à faire un cornet en lil de fer avecime douille, pourremmancher aune gaule plus ou moins longue, selon la hauteur des ambres ; ce cornet doit avoir au moins de quinze à vingt centimètres d^évasement. Pour cette opération , on part au lever du soleil , quand k fraîcheur dç la nuit tient encore les chenilles engourdies à la naissance d^ branches. On met dans le cornet deux ou trob feuilles de papier froissées, et parmi elles auelques mocceanx de papier gris ; on met le feu avec une auumette au papier de dessous^ et on porte le cornet sous les braaches infestées; la fumée diétârmine aussitôt les chenilles à se laisser tomber dans le cornet , et on en détruit ainsi des milliers en mois» d'une heure ; ce mode d'opérer est de beaucoup supérieur au feu de paille ou de goudron , parce qu^avec le premier on ne brûle que peu de chekiilles, et qu'ave(^ le second on brûle beaucoup de branches qui se dessèdneni çpielqu* temps après; le feu de papier est moins ^if , on: le tieot plus éloigné de Tarbre. On emploie aussi av.eç le pl|is gr<md avantage , pour cette chenille comme pour la livréo , la solution de saYon noir, (un kilogramme pour deux sceaux d'eau],. avec laquelle on arrose les arbres avec une pompe de jardin.

Nous nfi parlerons pas ici, d*une autre chenille assez voisine de celle de chrysorrhée,. parce qu'elle vit plutôt dans les haies, sur les aubépines et les pcuQelliers que sur les arbres fruitiers; parfois elle se rencontre sur les pruniers. €omme elle a absolument les mêmes mœiurs que la précédente, et qu^ell^ éclat aussi avant l'hiyçr , on la détruit, de même avec Téchenilloir.

Quelquefois on rencontre aussi, dans (juelques jardins, la chenille dn hanibyx dispar : nous avons indiqué, en ]^ariant des arbres d'alignemeiit, la manière de h détruire.

Vis PtRALES DE LA VIGHÉ. 175

Des Pyrales de la vigne (Toririx pileriana et Bpserana).

La première de ces tordeuses, appelée iin|>roprôinent pyrale, a fait, pendant deux ou trois ans, des dégâts incalculables dans tous les vignobles du Maçonnais et aussi dans ceux d'Argenteuil près Paris. Les propri^jtaircs delà Bourgogne, effrayés des désastres qu'occasionait la cbenillc de cet insecte, s'adressèrent à toutes les Sociétés savantes pour obtenir un moyen à opposer à ce fléau qui les privait de leur récolte. M. le Ministre de l'agriculture envoya sur les lieux M. Audouin, professdur d'entomologie au Jardin des plantes, et membre de la Société royale d'agriculture. M. Audouin a examiné les vignobles infestés par cette larve , il a fait dessiner toutes ses métamorphoses , et il a Jpublié un grand ouvrage sur ce sujet , orné de planches parfaitement exécutées : les détails de mœurs y sont consignés avec le plus grand détail: mais au milieu de tout cela on n'y mdique aucun vértiable moyep de destruction : que signifient en effet des feux allumés ch et là , ou des temnes avec de l'eau et un peu d'huile? Heureusement, depuis l'ouvrage de M. Audouin , cet insecte a disparu au point qu^il serait fort difficile aujourd'hui de s'en procurer des échantillons. Il est arrivé pour cette espèce qui s'est répandue tout-à-coup dans des lieux où elle était inconnue , que la troisième année les parasites se sont multipliés dans une proportion immense , et qu'ainsi la majeure partie des chenilles a été exterminée , et (me l'équilibre s'est rétabli.

La pyrale de la vigne ^'Audouin est une tordeuse dont les premières ailes sont d'un jaune ocbracé plus ou moins clair, avec des reflets cuivreux. Celles-ci sont finement réticulées de brun et traversées par trois bandes étroites, brunes ; la première placée obliquement au milieu de l'aile, la seconde à peu de distance du bord extérieur , auquel elle est presque parallèle, et la troisième terminant l'aile et précédant immédiatement la frange. Les secondes ailes sont d'un gris bnm avec la frange plus claire. Ce qui distingue surtout cette toririx^ c'est la longueur de ses palpes qui sont très développées et inclinées en forme de bec.

174 ms. NUIS. AUX arbres fruitikhs.

La chenille est tantôt d^un beau vert tantôt d*iin vert jaunâtre : elle se nourrit des feuilles et surtout des grappes.

La seconde espèce de pyrale , qui est aussi une tordeuse , et dont M. Audouin ne s'est pas occupé spécialement , yit dans les fleurs 9e la irigne , et est à peu près aussi commune une année que Tautre , au moins aux environs de Pans. Cependant M. Frôlich dit que, pendant quelques années, elle a cfétruit une grande partie des Tignobles des environs de Stuttgard. Cette tordeuse est moitié plus petite que la pilUriana, ses premières ailes sont d'un jaime d'ocre pâle luisant, presque blanchâtre, avec quelques atomes ferrugmeuxà leur extrémité. Elles sont traversées au milieu par une large bande d'un brun violâtre qui se rétrécit de moitié avant d'aboutir au bord interne ; la frange , de la couleur du fond , est précédée d'une série de points bruns.

La chenille de cette espèce vit exclusivement dans les grappes de la vigne au moment de la floraison , et souvent il y en a deux ou trois dans. la même grappe. Comme elle vit de préférence dans le raisin qui est en treille , on débarrasse assez facilement à l'aide de bruxelles , les grappes qui sont attaquées. Jusqu'à présent la Tarttix roserana n'a point , à ma connaissance, occasioné de très grands dégâts en France.

YpoNOMEutE DU POMMIER (Malinella).

On voit^ouvent au printemps les pommiers dont les branches semblent être remplies de toile d'araignées. Ces toiles ne sont rien autre chose que des nids d'yponomeute renfermant chacun un grand nombre de petites chenilles d'un blanc grisâtre ponctuées de noir. Ces chenilles , lesquelles ont épuisé leur provision, construisent une nouvelle tente Lcôté de la première , de sorte qu'au bout de quelques jours , les pommiei-s en sont couverts et la récolte anéantie. Ces petites chenilles se changent en chrysalide sous leur tente , et l'insecte parfait en sort pour s accoupler et aller pondre des ceufs qui éclosent l'année suivante. Celui-ci a les premières ailes blanches ponctuées de noir, et les secondes ailes d'un

DBS PUCERONS. 175

l)nm noirâtre ,J1 y a d'autres espèces très voisines qui vivent sur le fusain, (evonymus) sur le saule et sur le prunus padus, mais celles-ci , quoique très semblables à celle qui dé^^te les pommiers, n'attaquent point. les arbres de nos vergers. La présenpe des yponomeutes sur les arbres est considérée par les paysans comnie un effet des vents roux , comme si les vents pouvaient donner naissance à des insectes ?

On peut très bien détruire les chenilles d'yponomentes en les brûlant comme les nids de la livrée , mais comme ils sont quelquefois très nombreux sur les arbres, les jeunes branches auraient quelque peu à souffrir de cette opération : il est de beaucoup préférable de les enlever avec un balai de feuilles de houx emmanché au bout d^une gaule.

Des Pucerons.

Ces insectes font un très grand mal aux arbres fruitiers surtout aux pêchers et aux prunic^rs. C'est à ces petits anim^x au'il faut attribuer la cloque qui attaque quelquefois les pêchers, et la crispation des feuilles des pruniers, comme cela s'est vu presque en tous lieux cette année ( 1846 ) aur environs de Paris. Les pucerons sécrètent une liqueur mieijleuse dont les feuilles sont enduites et qui attu'e les fourmis en çrande quantité ; quelques personnes croient que ces dernières viennent là pour dévorer les pucerons , tandis

Î[u'au contraire elles prennent le plus grand soin de ne pas eur faire de mal : les fourmis sur les feuilles données ne sont donc que la conséquence de la présence des pucerons sur ces mêmes feuilles. On a conseillé divers moyens popr détruire les pucerons, mais aucun , noué devons le dire , ne remplit complètement le but. La nature nous en débarrasse quelquefois assez promptement, en multipliant sur les arbfes pitceroniiés les coccinelles appelées vulgairement h&tes à bon dieu, dont les larves vivent exclusivement de pucerons. Quand ces petits êtres bienfaisants se sont répandus sur un arbre couvert dc^puceronsj ceux-ci ne tardent pas à être dévo-

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