‹ Nouveau manuel complet du fabricant d'étoffes imprimées et du fabricant de papiers peintsChapitre 133 sur 156 · PAPIERS ENTIÈREMENT DORÉS · texte numérisé non relu

PAPIERS ENTIÈREMENT DORÉS

beaucoup de soin. Ces manipulations ont été décrites dans Ja fabrication du papier à tenture.

Ces opérations terminées, ou passe légèrement, sur toute la surface du fond, de l’huile de lin siccative, qu’on étend uniformément avec un petit tampon, de manière que la surface en soit parfaitement couverte, mais qu’iî n’y en ait qu’une très-faible épaisseur. On laisse sécher jusqu’à ce qu'il ne reste à l’huile que l’humidité nécessaire pour happer l’or. Il faut être très-exercé pour bien saisir ce moment. Si l’huile était trop sèche, l’or n’y prendrait pas ; si elle ne l’était pas assez, elle suinter® à travers l’or et formerait des taches.

Lorsque la dessiccation est arrivée au point convenable, l’ouvrier pose avec précaution une feuille d’or sur le coussinet; il la coupe à bandes s’il ne se sent pas assez d’adresse pour la poser en entier sur la feuille de papier, en l’étendant parfaitement avant de la fixer. S’il la coupe par bandes, il prend chacune de cos bandes, soit avec le bilboquet, soit avec le papier pâte, ou une carte dédoublée; il porte cette bande d’or sur le bord de la feuille, une seconde à côté de celle-ci ; il étend bien la première avec un peu de coton en rame, et place la seconde do manière à joindre bien la première, et même à en couvrir tant soit peu le bord, plutôt que de laisser un vide. 11 les assujettit au fur et à mesure avec le co-, ton, et continue jusqu’à ce que la surface en soit toute couverte. Alors il pose une feuille de papier blanc dessus, et, avec la paume de la main, il appuie partout sans laisser glisser le papier. Il met la feuille sur l’étendoir et laisse sécher pendant plusieurs jours, afin d’être bien assuré de sa parfaite dessiccation.

Alors on la brunit avec la lisse à cylindre métallique bien poli, en ayant soin de placer une feuille de papier blanc mince entre le cylindre et l’or, et en faisant attention que le papier ne glisse pas.

Pour argenter, l’opération est la même, à l’exception du

&EUXIÈME PARTIE.

fond et du mordant. Après l’encollage on donne le fond avec du blanc de plomb à la colle ; après avoir bien fait sécher, avoir lissé et satiné, on passe le mordant avec un pinceau doux. Ce mordant n’est autre chose qu’un blanc d’œuf bien délayé dans un cinquième de litre d’eau ; il sert A’assiette, et l’on pose l'argent de suite. On laisse bien sécher, et on lisse comme nous l’avons prescrit pour l’or.

, Les deux opérations que nous venons de décrire sont délicates ; il faut, comme nous l’avons dit, une main bien exercée pour réussir parfaitement. ^

Lorsque les feuilles sont bien desséchées, et avant de les lisser, on enlève avec une pincée de coton, en rame, l’or ou l’argent qui s’était superposé pendant l'opération , qui .se détacherait n’étant pas collé, et tomberait en pure perte. Il ne faut pas se servir du môme tampon de coton pour frotter l’or et l’argent. Il en faut un particulier pour chcaun, que l’on conserve séparément pour les brûler ensuite et en retirer d’un côté l'or, et de l’autre l’argent qu’ils contiennent.

Page 1