DES PAPIERS DONT LES ORNEMENTS SEULEMENT SONT DORÉS OU ARGENTÉS
On trouve dans le commerce des .feuilles de papier coloré dont une des surfaces est couverte d’ornements, et même de ligures, dont les traits sont dorés. Ges papiers se fabriquent eu Allemagne; nous ne savons pas qu’on ait élevé en France aucune manufacture de ce genre.
Les premières opérations qu’on fait subir à ces feuilles sont les mômes que celles que nous avons décrites dans le paragraphe précédent , à quelques différences près. Comme il est très-rare que la dorure soit appliquée sur du papier blanc,, qui ne relèverait pas assez la dorure , et sur lequel l’argent ne paraîtrait pas, on prend du papier coloré en pâte, dans la cuve, au moment de la fabrication. C’est ordinairement le rouge ou le bleu.
PAPIERS DORÉS 00 ARGENTÉS* 24t .
’ On colle le papier, comme nous l’avons indiqué, et par les mêmes procédés, et, après que la colle a été parfaitement séchée, on passe sur une de ses surfaces une couleur aussi conforme qu'il est possible à la couleur et à la nuance du papier. On lisse à l’envers, après une dessiccation parfaite ; on satine à l’endroit, en suivant les mêmes procédés que nous avons décrits pour le papier à tenture.
Ces préalables remplis, on étend la feuille sur un établi couvert d’une étoffe de laine, on recouvre la feuille d’un patron découpé selon le contour des figures ou des ornements qui doivent être couverts d’or ou d’argent. A l’aide d’un pinceau doux, on passe sur ces places, mises à découvert, le mordant composé d’un blanc d’œuf bien délayé dans un cinquième de litre d’eau. On enlève le patron, et l’on pose de suite l’or ou l'argent sur les places couvertes de mordant; on l’assujettit par une pincée de coton en rame, et on laisse sécher.
Lorsque le papier est bien sec, on étend la feuille sur une planche de bois couverte de drap, on pose dessus une planche, en cuivre jaune, gravée en relief, et portant tous les dessins, les personnages et les ornements qu’on veut représenter. Cette planche est exactement de la grandeur de la feuille; on la fait chauffer sur la plaque de fer qui surmonte un fourneau destiné à cet usage. La planche doit être modérément chauffée ; on l’éprouve en jetant dessus quelques gouttes d’eau en plusieurs endroits ; elle doit s’évaporer sans bouillonner. On pose cette planche sur la feuille sans la laisser glisser, ce qui gâterait le dessin. Pour cela, deux ouvriers armés de tenailles à chaque main prennent ensemble la planche parles deux côtés opposés, et la déposent en même temps sur la feuille qui la couvre presque entièrement en laissant apercevoir une petite marge égale tout autour.
On transporte le tout sous la vis de la presse, on serre la vis avec modération, et on dépresse sur-le-champ : la dorure Étoffes imprimées , 21
m’a été fixée qu’aux places que la gravure a touchées. On rc- - lire la feuille de papier, et un ouvrier enlève avec le cotoû en rame tout l’or qui n’a pas été fixé. 11 en est de même pour l’argent. Cet or et cet argent, recueillis séparément, sont, comme dans Le paragraphe précédent, conservés p. part pour le retirer lorsqu'on en aura une assez grande quantité.
Cette opération terminée, on vernit la feuille comme pn le verra dans le § 4 qui va bientôt suivre.