‹ Nouveau manuel complet du fabricant d'étoffes imprimées et du fabricant de papiers peintsChapitre 17 sur 156 · DES PLANCHES · texte numérisé non relu

DES PLANCHES

plusieurs fois et successivement sur la largeur de l'étoffe, les dessins correspondent toujours avec un accord parfait, sans présenter la moindre interruption, la moindre lacune; il faut aussi que sur la longueur de l'étoffe, les planches puissent se raccorder de même.

Le dessinateur marque pour cela, à chacun des quatre angles de la planche, un point que le graveur conserve : ces points se nomment repères; on les aperçoit en a , b, c, d, sur la planche 1, fig. 6, que nous avons donnée ici comme modèle. Il faut que ces repères soient tellement disposés, que lorsque l'imprimeur a posé sa planche, chargée de couleur, sur l'étoffe, supposons du côté de la lisière à gauche, et que les quatre repères seront marqués par la couleur, il arrive toujours que le repère d étant posé sur la couleur déposée par le repère a, le repère c à son tour vienne infailliblement concorder avec la couleur déposée par le repère b. Il en sera de même en descendant; les repères a et d se placeront sur les places marquées par les repères b et c, c'est-à-dire qu'il faut absolument que les quatre repères soient placés exactement aux quatre angles d'un rectangle ou d’un carré ; il faut, de plus, que le dessinateur ait l'art de placer les repères dans des fleurs, dans des tiges, etc., de manière qu’ils puissent disparaître quand l'impression est terminée; sans cela, ils formeraient des taches régulièrement espacées, et qui offusqueraient ia vue. Toutes les planches destinées à

former le même dessin, en apportant chacune une nuance ou couleur différente, doivent porter les mêmes repères, sans quoi toutes les parties du dessin ne concorderaient plus.

Lè graveur, à l'aide de gouges, de ciseaux, de gouges à butoir , etc., érflève le bois qui entoure tous les traits qui doivent rester en relief, et qui sont seuls destinés à porter les couleurs sur l'étoffe; il marque profondément tous les traits avec un poinçon mince et tranchant, avant d'enlever le fcois qui lés entoure : c’est lui aussi qui place les' picots

sur la planche, lorsque le dessin en porte.

Perfectionnements apportés à la gravure en relief sur bois. — Le premier perfectionnement apporté à la gravure en relief sur bois, a été la substitution des picots en métal aux picots en bois , les picots en bois ne gagnant jamais sous le rapport de la finesse, qu'en perdant sous celui de la solidité. Les picots en métal sont des fils de cuivre rouge ou jaune, d'une longueur égale à deux fois la profondeur de la gravure, et amincis en pointe à l'une de leurs extrémités. Le graveur, muni d'une petite matrice dans laquelle s*enchàsse le picot, l'enfonce dans le bois jusqu'à la moitié de sa longueur, au moyen d'un marteau, en ayant soin que l’extrémité qui fait saillie, ne soit jamais au-dessous du niveau de la gravure, mais sensiblement à la môme hauteur. L'heureux parti que l'on a tiré de l'emploi des picots, a bientôt conduit le fabricant à faire laminer des bandes de cuivre jaune de différentes épaisseurs, à les découper et à les enfoncer dans le bois, en leur donnant la forme d'un ovale, d un rond, d'un contour, d'une feuille, d’une arabesquef etc., etc. On est arrivé ainsi à produire sur bois des lignes continues ou brisées, aussi déliées que possible, et qui résistent à tous les chocs de l’impression sans se déranger. Dans ces derniers temps on est allé plus loin; au moyen de filières, de laminoirs, de machines à gaufrer, on est parvenu à donner, aux fils et aux lames de cuivre, des formes tellement variées, qu'il suffit de les implanter dans le bois, convenablement associés pour graver un dessin quelconque.

On»ne s’est pas arrêté à cette première amélioration. On avait remarqué que, lorsqu’on imprimait des parties massives, les contours n’en étaient pas nets, qu’il y avait des bavures , que la couleur n'était pas répartie uniformément sur l’étoffe, soit que le bois ne s’en chargeât pas , soit qu’il ne la cédât pas également. Pour remédier à ces inconvénients, on implanta dans le bois des lames de cuivre, dis-

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