SES PLANCHES
posées de manière à former le contour de ces -masses, et l’on en remplit le vide de feutre ou de vieux chapeau, d’où est venue l’expression de planches chapeaudées. Quelque temps après cette disposition dispendieuse, on en a substitué une plus simple; la planche, une fois gravée, on en imprégna les parties destinées à transporter sur l’étoffe des masses ■ de couleurs, d’huile de lin rendue siccative et bien épaissie, sur laquelle on répand au moment où elle va se solidifier, de la tontisse (duvet qui se détache des étoffes de laine passées à la tondeuse) , qu'on tamponne avec un chiffon ; on laisse sécher et l’on obtient une planche qui rend d’aussi bons services que les planches chapeaudées.
Enfin, au lieu d’implanter les formes en cuivre dans le bois, on les a soudées à l’étain sur une plaque en cuivre, fixée par des vis à une plancjie en fiois ordinaire, et qu’çp fhit passer sur une meule horizontale , pour en rendre la surface gravée parfaitement plane. Quand un dessin ainsi établi a cessé de travailler , on en peqt dessouder les formes, dont on se sert, ainsi que de la plaque, pour de nouveaux sujets.
Depuis les préparations des planches chapeaudées, la gravure en relief était restée stationnaire; on imprimait au cylindre ou rouleau (dont nous parlerons plus loin, en traitant de la gravure en creux), tout ce que les sujets représentaient de plus délicat; mais vers 1834, quand la perrotine fut inventée, cette machine à l’aide de laquelle on réalisa mécaniquement toutes les impressions que, jusque-là, la main seule de l'homme avait pu produire, une véritable révolution ne tarda pas à s’opérer dans la gravure en relief.
Ce fut alors que l’on donna suite aux tentatives faites depuis longtemps pour remplacer la gravure en bois, par une gravure en métal, le cliché.
Le cachet en bois et V alliage sont les parties essentielles de l'art du clichage sur lequel les bornes de cet ouvrage ne nous permettent pas de nous étendre davantage ici.
Gravure en creux. — Ce genre de gravure ne s’exécute
généralement que sur les métaux; particulièrement sur le cuivre jaune ou rouge, et quelquefois, mais rarement, sur pierre et sur verre. Les moyens de graver en creux, sont les suivants:
, f 1° A la main :
. Le burin avec lequel on j, Mécaniqucmenl aTCC 1(J
8 rave : \ tour à guillochcr.
La pointe sèche, qui met à nu les parties d'un métal, recouvert d'un vernis, qu’on attaque ensuite à l'eau forte, et qui s’emploie :
S I 0 Enfonçant le poinçon perpendiculairement à l’axe de calibre;
intermittente: I 2° Molette (mouvement de va- V et-vient.
d’une manière continue :
La gravure au burin, faite àlamain, ne s’emploie plus que pour des genres particuliers, les meubles par exemple, dont les dessins étendus ne se composent pas de sujets répétés; encore a-t-on, autant que possible, recours à l’action, tant des acides que des moyens mécaniques, pour économiser le temps et la main-d’œuvre.
Nous reviendrons sur la gravure en creux dans un paragraphe spécial, traitant des rouleaux eu cylindres gravés.