‹ Nouveau manuel complet du fabricant d'étoffes imprimées et du fabricant de papiers peintsChapitre 3 sur 156 · A LA LIBRAIRIE ENCYCLOPÉDIQUE DE · texte numérisé non relu

A LA LIBRAIRIE ENCYCLOPÉDIQUE DE

RUE HAUTEFEU1LLE, 12 .

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PRÉFACE

Les deux arts que nous avons réunis dans un même volume ont trop de rapports entre eux pour que nous ayons cru devoir les séparer. En effet, l'un et l’autre se servent de planches construites de la même manière, pour porter des couleurs sur la surface des étoffes ou des papiers que chacun d'eux soumet à l’impression. Quelques manipulations sont les mêmes dans certaines circonstances. 11 n’y a pas même jusqu’à la composition de plusieurs couleurs qui ne soit commune entre eux. Le lecteur, nous n’en doutons pas, sera bien aise de trouver sous le même cadre la description de deux arts curieux et importants , dont l'un a donné naissance à l'autre.

La fabrication des étoffes peintes a fait de si grands progrès, depuis un petit nombre d'années, qu’il était nécessaire de les décrire en faisant connaître aux ouvriers les machines nouvelles qui ont été imaginées, les procédés nouveaux qu’on emploie journellement dans ce bel art.

Déjà le savant M. Vitalis, ancien professeur de chimie technologique, officier de l’ordre de la Légion-d’Honneur et de l’Université , avait , pendant vingt années consécutives, donné-des leçons publiques dans la ville de Rouen. M. Vitalis, que Cette cité, célèbre par ses manufactures, regrettera

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longtemps, dans son Cours élémentaire de teinture, fait oonnattre les procédés nouveaux; il avait non-seulement donné les règles de pratique à suivre dans la fabrication, mais il y joignait toujours la théorie aux préceptes qu'il avait posés. Nous n’avons pas hésité à copier, de ce savant, tout oe que nous avons pu puiser dans cet excellent ouvrage; il a bien voulu nous y autoriser.

Feu Molard jeune, directeur-adjoint au Conservatoire des arts et métiers, qu'une mort prématurée a enlevé, à la fleur de son âge, aux arts industriels, auxquels il a rendu tant de services, Molard avait exploré les manufactures anglaises et avait, dans un mémoire très-détaillé, donné la traduction des descriptions des machines inventées en Angleterre et employées (|ans la fabrication des toiles peintes. Nous avons profité de ses observations et de ses plans.

Plusieurs ouvrages anglais, et surtout ceux de Samuel Parkes, nous ont beaucoup servi pour compléter, autant qu'il a été en nous, la description de l'art de fabriquer les toiles peintes, au moment où nous avons pris la plume.

Enfin, le Traité théorique et pratique de l'impression des tissus , par J. Persoz , est venu non-seulement compléter, mais encore rectifier toutes les notions anciennement répandues parmi les industriels : aussi citerons-nous souvent cet ouvrage remarquable, auquel la Société d’encouragement pour l’industrie nationale a décerné une médaille de 3,000 francs, en le faisant publier sous ses auspices en quatre volumes in-8° avec atlas in-4°, qu’elle donne en prix aux divers oontre-maitres des manufactures de toiles peintes ou de tissus peints, qui ont mérité, parleurs travaux, cette distinction de sa part.

L'art d’imprimer les toiles de coton et celui d’imprimer les toiles de lin sont basés sur les mêmes principes : les couleurs, les mordants, les rongeants, les machines employées pour l’impression sont les mêmes ; il ne s’agissait que de donner aux couleurs une solidité égale et plus parfaite : M. de Kurrer nous en a fourni les moyens.

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VU

Nous ne nous sommes pas borné à décrire l’art d’imprimer sur coton et sur fil ; nous avons décrit aussi l’art d’imprimer les étoffes de laine et les étoffes de soie. Nous avons mis à contribution le savant Mémoire que M. de Kurrer fit imprimer en allemand dans le Journal polytechnique de Vienne, que nous avons fait traduire et auquel nous avons ajouté quelques expériences qui nous sont propres. Nous -avons mis tous nos soins à réunir, sous un même cadre, tout ce qui est venu à notre connaissance sur le bel art d'imprimer des couleurs locales sur toutes sortes d’étoffes tissées.

Le papier est aussi une étoffe, composée ordinairement de substances végétales réunies par une colle animale et qui se trouve ainsi placée dans la classe des feutres; nous aurions donc cru laisser une lacune dans notre travail, si nous eussions omis cette branche importante de l'impression sur étoffes.

L’art du fabricant de papier à tenture est distinct et séparé de celui du fabricant de toiles peintes : nous avons dû en faire un travail séparé et distinct. Les papiers peints servent à plusieurs usages , et nous avons voulu décrire les divers procédés. Cette considération nous a engagé à diviser le Manuel des papiers peints en deux parties.

Dans la première, nous avons traité exclusivement des papiers à tenture.

Dans la seconde, nous ne nous sommes occupé que de la coloration, ou de la peinture, si l’on veut, des papiers employés dans plusieurs arts, à tout autre usage qu’à la tenture des appartements.

Nous n’écrivons jamais sur la Technologie qu’après avoir visité les ateliers, y avoir pris connaissance des diverse# manipulations qu’on y exerce, et après avoir lu tout ce qui a été écrit soit en France, soit à l’étranger, sur l’art que nous nous proposons de décrire; enfin nous profitons de tout ce qui a été imprimé, lorsque nous le trouvons conforme à ce que nous avons vu pratiquer devant nous, ou que nous jugeons être des améliorations, des perfectionnements. Nous

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PRÉFACE

n’imitons pas certains compilateurs qui se parent des plumes de paon, en changeant la tournure des phrases pour s’en approprier le sens, et faire croire par là, qu’ils sont les auteurs des bonnes choses qu’ils impriment. «

Le vrai Technologue n’agit pas ainsi : il n’ignoro pas que dans la description d’un art, il ne peut pas plus créer que • dans la narration d’un fait. Lorsqu'il rencontre dans un auteur, français ou étranger, dqs descriptions vraies et qu’il juge utiles à promulguer, il indique la source dans laquelle 11 puise, et transcrit litéralement le passage. 11 n’ignore pas que son mérite est assez grand par le bon choix qu’il a su faire, et par la perte de temps qu’il évite au lecteur, en lè dispensant de parcourir un grand nombre de volumes qu’il aurait souvent beaucoup de peine à se procurer. Il rassemble sous un môme faisceau tout ce qu’il a cru utile pour éclairer le lecteur sur la connaissance de l'art qu’il a entrepris de décrire.

Voilà la marche que nous avons suivie; notre but a été d’ôtre utile; si nous l’avons atteint, ce succès nous dédommagera amplement de tous nos soins pour la rédaction de ce / Manuel.

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