IMPRESSION RES TOILES PAR RÉSERVE
des moyens plus simples, plus faciles pour arriver au même but. Ce sont ces nouveaux procédés que le savant Vitalis a décrits avec une admirable simplicité, que nous allons transcrire; nous ne pouvions pas choisir un meilleur guide.
« La réserve se compose du bain de réserve et de l'épaississage.
» Bain de réserve. — On fait dissoudre, dans un litre d’eau, 184 grammes de suifate de cuivre , 92 grammes de vert-de-gris, 61 grammes d’alun, et 122 grammes de gomme arabique.
» Autre bain de réserve. — Dans 2 litres d’eau on fait dissoudre >122 grammes de sulfate de cuivre, 184 grammes de vert-de-gris, et 500 grammes de gomme arabique. Lorsque la gomme est dissoute, on passe au tamis fin, on laisse reposer et l’on décante.
» Epaississage. — Pour épaissir le bain , on délaie 500 grammes de terre à pipe en poudre One, bien tamisée, dans 122 grammes d'eau. On mêle avec soin le bain de réserve avec cette bouillie épaisse, et l’on broie bien le tout avant de s'en servir.
» La réserve s’imprime sur les toiles comme les mordants, si ce n’est qu’on l’étend sur un châssis dont le fond est garni de peau bien unie, et qu’on doit l’appliquer légèrement avec la planche; on se contente par conséquent de frapper la planche avec la main et non avec le maillet ; cependant certains dessins veulent quelquefois être frappés avec le maillet.
» Vingt-quatre heures après l’impression, on peut passer les toiles dans le bois colorant. Donnons quelques exemples afin de faciliter l’intelligence de ces manipulations, et guider les ouvriers. Commençons par le cas le plus simple, où il s’agit de réserver du blanc sur un fond qui doit être bleu.
» 1° La réserve ayant été appliquée et bien séchée, on passa dans une cuve de bleu à froid , après avoir fixé la pièce par
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les lisières sur un cadre {t), attaché à une corde qui passe fur une poulie fixée au plancher, au moyen de laquelle op l’élève, on rabaisse, et l’on change de cuve à volonté. En sept ou huit minutes d'immersion, les toiles prennent tout le bleu dont elles peuvent se charger.
» Lorsqu’on a atteint la nuance de bleu qu’on désire » on soulève les cadres au-dessus de la cuve, et on laisse bien égoutter. Alors on les passe dans un bain d’eau légèrement acidulée par l’acide sulfurique. Cette opération a pour but de débarrasser les toiles des molécules de chaux suspendues dans le bain colorant, et qui, en restant sur la toile, en terniraient la couleur.
» Au sortir du bain précédent, les toiles sont enlevées de dessus les cadres, et sont portées de suite 4 la rivière , où on les laisse tremper, au piquet, jusqu’à ce que toute la réserve soit emportée. Les toiles portent alors des fleurs blanches sqr un fond bleu, et se nomment dans le commerce (oiles bleue ? en réserve-
. » Ce fond est ordinairement d’un bleu foncé. On arrive à ce fort bleu en passant successivement les toiles d’une cuve à l'aube, en commençant par les plus faibles et finissant par celle qni est la plus chargée d’indigo, jusqu’à ce qu’elles soient devenues assez hautes en couleur. Lorsque les toiles sont figies, on les expose quelques jours sur le pré.
» Là théorie de la réserve est très-simple : l’oxyde de cuivre, qui fait la base de la réseryp, restitue à l’indigo l’oxygène qui Jui avait été enlevé par le sulfate de fer; l’indigo réox}> géné perd donc sa dissolubdité, et ne peut par conséquent, pas se fixer sur J’étofie,
Puisque la réserve, destinée à rendre nulle l’action dg 1’lnfiigo , n’agit essentiellement que pax^ l’oxyde de cuivre d’elle coptiegt, u s’ensuit que les proportions de cet oxyde
t 1 ) ** Vocabulalra, la deicrtpUoa de tp. e]tt>e et $et]fadrti, «as mou Ccra
e faon», et
IMPRESSION DES TOILES PAR RÉSERVE. lût
ne sont point indifférentes, et que la mesure ne remplira parfaitement le but qu'on se propose, qu'autant que la quantité d’oxyde de cuivre que peuvent fournir le sulfate et l’acétate de ce métal s’y trouvera en dose suffisante pour rendre nulle l’àction de l’indigo. Si cette condition n'était pas remplie, une portion du bain colorant attaquerait la partie réservée, et le blanc serait gâté.
» Le même inconvénient aurait lieu si la réserve n'avait pas été suffisamment épaissie, ou assez bien séchée pour l'empêcher de couler.
» Les proportions absolues ou relatives de sulfate et d’acétate de cuivre qui entrent dans le bain de réserve varient suivant les ateliers ; nous ne croyons pas devoir entrer dans ces détails, après ce que nous avons dit.
» Les toiles imprimées en réserve offrent un grand nombre de variétés. On donne ordinairement le nom de bleus en réserve aux toiles qui portent du blanc sur du bleu, ou deux - bleus ou du blanc sur deux bleus; et l'on appelle réserves en général les toiles sur lesquelles, aux couleurs précédentes, on ajoute du vert, du jaune, du rouge. Nous avons déj^ donné un exemple du blanc sur bleu. Voici de quelle manière se font les autres. Il suffira d’indiquer les opérations :
» 2° Bleu de ciel sur bleu foncé : — 1° Teindre la toile en ' bleu de ciel ; — 2° appliquer la réserve ordinaire ; — 3° passer la toile sur une forte cuve de bleu. On avive, on lave et l'on fait sécher.
» 3° Bleu de ciel , bleu foncé et blanc : — 1® Appliquer la réserve ; — 2° teindre en bleu de ciel; — 3° appliquer de nouveau la réserve ; — 4° passer en cuve suffisamment forte.
» 4° Bleu foncé , bleu de ciel , vert, jaune et blanc : — 1° Imprimer la réserve; — 2° passer dans une cuve faible, en donnant deux ou trois trempes ; — 3° sécher (1) ; — 4* aviver
(t) Si l'on Tout obtenir dn blanc »ur lo bleu de ciel et eur le bien fond, on u dlt- »«B»era do aécbor et do loror : on te contesta™ do odebor k demi,' oi l’en rentrera lo
par l'acide 6u}fqriqqe très-étendu d'eau; — Rlavpr, pécher d» BpuypaH ; — 6° imprimer de nouveau avec la réserve ordinaire ; — 7'* teindre danp upe ppve plus forte que la précé-r dente, jusqu’à ce qqe le bleu soit assez intense ; — 8? sécher * — §? aviver cQiniqe précédemment; — 10° laver et faire sér cl;er; — IR imprimer avec le mordant dp rouge et séGherj — 12° gauder ou quercitronner. Le mordant appliqué sur un§ portion de blanc et sur le petit bleu, donne du jaune et du vert •’ dan* les parties blanches qui n’ont pas été touchée» par le mordant, il reste du blanc, de même que les partie» ^du petit bleu, pçm couvertes par ce mordant, fournissent le Weu de efeh
» 5» n/eu de c\el } ratage et blanc : — 1» appliquer la réserve ordinaire; — Rappliquer le mordant de rouge épaissi avec la terre à pipo; — 3* sécher; •*?. 4« passer en cuve de bleu ftûblmpeur avoir un bien de ciel; -r 5» laver à la rivière; — fl* gairaneer; — 7° laver et mettre sur le pré pour nettoyer le blanc’.
» On fait aussi dus réserve» sur soie; par exemple, sur le» mouchoirs nommé» foulards, la réserve se nomme à la ptV rage (1>. On fait liquéfier un mélange de suif et de résine, et on l’applique sur la soie avec une planche; la réserve Ôtant imprimée, on passe dans un bàin bleu; les parties réservées étant défendues contre l’aetion de l’indigo, restent blanches , tandis que le reste prend une couleur de bleu solide.
Observations sur les réserves, vm Les qualités essentielles de toute réserve pour blanc sont :
l ft De s’opposer sur tous les point» où elle est appliquée à la fixation d’une couleur, mai» sans porter le moindre pré-
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