‹ Nouveau manuel complet du fabricant d'étoffes imprimées et du fabricant de papiers peintsChapitre 43 sur 156 · IMPRESSION DUS TOILES PAU RÉSERVE. J · texte numérisé non relu

IMPRESSION DUS TOILES PAU RÉSERVE. J

judjce au tissu, sans modifier les allures de la matière colorante, sans, par conséquent, ep empêcher la fixation sur les points non réservés ;

2 p Pe pouvoir être facilement enlevée une fois qu’elle a. accoippU son rôle, en laissant les parties blanches, et autres qu’elle a recouvertes dans leur état primitif.

P’est de l’Inde et de la Qiine, dit M. Persoz, que nous est yenu l’usage des réserves, qui se bornaient au cirage dont nous venons de parler, et auquel on a bientôt renoncé, Ù paisqp de la dépense qu’il occasionne.

Les réserves dqnt on se sert actuellement peuvent se Çlasser en 'trpis groupes : mécaniques, chimiques, physiques.

On entend par réserve mécanique toute préparation qui a pour effet, lorsqu’elle est imprimée sur une étoffe, de faire corps avec elle , sans pouvoir être ni détachée, ni traversée, du moins à la température ordinaire, par le liquide dans lequel la teinture s’opère. On conçoit que ces réserves doivent a^pir essentiellement pour bases des résines , des corps gras, des huiles grasses, essentielles , ou bien encore des corps qui ne se dissolvent qu’à chaud.

LnP réserve chimique est toute substance qui, imprimée SUr uqe étoffe, mais sans y être adhérente, possède la propriété ou de précipiter la matière colorante, et de la rendre insoluble , ou d'en masquer les allures. Le nombre de ce? substances est trèsrgrand , et peut s’accroître encore considérablement; cependant toutes n’agissent pas 4’upe manière identique avec la même matière colorante : il en est qui la détruisent nu l’altèrent au moment où elle vient. | les recouvrir; d’autres ne font que s’y combiner, ou, ne s’emparant que dé l'un de ses éléments, précipitent l’autre.

Par exemple,. qu’P n imprime sur une toile un sel à base d’oxyde mercurique, sur une autre, de J’arséniate potassique , et qu’op les passe l’une et l’autre dans une cuve d'indigp ; lé ideu ne prendra sur aucun point de l’étoffe quj

aura été touché par les sels ci-dessus, parce qu'il est précipité aussitôt qu'il est en contact avec eux ; mais il y aura cette différence que, dans le premier cas, l'indigo se sera oxydé, et aura réduit l’oxyde mercurique, tandis que, dans le second, simplement déplacé, il aura conservé son état primitif.

Dans le choix des réserves chimiques, on doit consulter :

1° Le degré de résistance qu'elles doivent opposer à la couleur dont on veut les recouvrir;

S* La manière dont elles se comportent en présence des parties sur lesquelles elles sont imprimées;

3° La facilité plus ou moins grande avec laquelle elles disparaissent;

4° Enfin le rôle acide ou basique de la couleur à réserver. Est-elle acide, la réserve devra être alcaline ; elle devra ôtre acide, au contraire, si la couleur est basique.

On comprend, dans les réserves physiques, les substances insolubles qui , en contact avec le tissu , manifestent une attraction capillaire telle, que la fibre textile ne peut lui disputer le pouvoir qu'elles ont de l’imbiber. Ainsi , qu'on dépose de la terre de pipe sur un point d’une étoffe, la couleur dont on recouvrira ensuite uniformément celle-ci n’en atteindra que difficilement les parties abritées par la terre de pipe, qyi l'absorbera en vertu de son pouvoir happant. Ce genre d’action physique est bien connu de plusieurs fabricants , qui le mettent à profit pour prévenir le coulage d'une matière colorante qui pourrait endommager les parties blanches d'un tissu, dont certains points seulement doivent être soumis à l’action d'un bain de teinture.

Il est rare, ainsi que nous l’avons déjà dit dans nos observations sur les rongeants , que l’on emploie des réserves essentiellement mécaniques, ou simplement chimiques, ou complètement physiques; ordinairement on fait concourir tes éléments de chacune d'elles à la réalisation du but que

DW LAPIS.

l'on veut atteindre, et la raison en e6t bien simple. Veut-on, par exemple, employer une réserye purement mécanique? il est souvent très-difficile de la faire disparaître , en sorte que les couleurs ont à souffrir des opérations que Ton fait Subir au tissu pour le nettoyer. Imprime-t-on une réserve essentiellement chimique? il peut arriver qu’elle 6e maintienne mal sur les points mêmes où elle a été déposée, qu’elle détermine des coulages , et s’oppose ainsi à la netteté de l’impression. Pans le premier cas, on diminue autant que possible l’effet mécanique d’une réserve, et, en l'appuyant d'uq effet chimique, on lui conserve ses qualités essentielles ; (Japs le second cas, pour prévenir le coulage, on fait intervenir un élément mécanique ou physique qui, en rendant l’élément chimique ou moins soluble, ou moins disposé à s’étendre, conserve à l’impression toute sa netteté.

Quant au* couleurs réserves, ajoute M. Persoz, elles doivent posséder les qualités essentielles aux préparations qu’on imprime, comme blanc réserve; et l’élément réservant ne doit jamais faire obstacle à la combinaison de la couleur. Elles appartiennent le plus communément au groupe des réserves chimiques.

§ 2- m uns.

« On donne le nom de lapis à des toiles qui, après avoir été imprimée? de réserve rongeante et de différents mordants, passent successivement d’abord en cuve de bleu puis en bein de garance. Si le dessin qu'on a adopté exige du jaune OU du vert, à la suite du lavage de garance, ou dqnne le mordant de jaune, et l’on passe la pièce au gaudagç ou an quercitrorwage-

» La dénomination de lapis a été donnée, dans l’origine, ajoute Yitajjs, à ees sortes de toiles imprimées, parce que le

dessin itnit tracé sqr un fond Wen do saphir on de lapi?*

106 première partie.

Inzuli. On peut asseoir le dessin des lapis sur toute sorte de fonds, bleu, rouge, vert ou puce, etc. On emploie, pour former le dessin, la réserve rongeante propre à ce genre d'impression, et dont voici la recette :

» Béserve rongeante. — On fait fondre ensemble de l’axonge de porc et de l’arcanson (bray sec , ou colophane ), et quand le mélange est refroidi , on le délaie avec de l’huile de térébenthine, et l’on ajoute ensuite du sur-arséniate de potasse et un peu de sublimé corrosif réduits en poudre ; on broie à la molette, et l’on imprime ensuite.

» Proposons-nous, pour exemple, d’imprimer sur la toile un dessin où il entre du blanc, du rouge, du noir, du bleu, du vert et du jaune. Les toiles étant supposées avoir été parfaitement blanchies, c’est-à-dire bien décreusées et préparées par toutes les opérations que nous avons détaillées dans les quatre paragraphes du cbap. 1 er , § 1, on manipule comme il suit :

» Procédé d’exécution : — 1° Appliquer la réserve rongeante ci-dessus; — 2° imprimer le mordant de rouge épaissi à la terre de pipe; — 3° imprimer le mordant de noir, épaissi de la môme manière; — 4° 48 heures au plus après l'impression terminée, on passe les toiles en forte cuve : l’immersion doit être de six minutes au plus en deux trempes ; entre chaque trempe, on laisse déverdir pendant cinq minutes; on porte ensuite les toiles à la rivière, on les y laisse tremper pendant une heure, et on lave; — 5° on passe en bouse; — 6° on passe au son; — 7° on donne le garançage; — 8° on bat avec soin, et l’on fait sécher; — 9° on applique le mordant de rouge, qui sert aussi de mordant de jaune , puis on nettoie bien les pièces ; — 10° on passe en bain de quercitron; après quoi on lave, et, enfin, on fait séclier.

» Pour peu qu'on réfléchisse sur ce procédé, on voit aisément comment les différentes couleurs sont ici produites. L?

DES UPIS. 107

bleu est le produit immédiat de la cuve ; le rouge et le noir sont développés par le garançage, sur les mordants respectifs de ces couleurs. La combinaison du bleu avec le jaune, sur mordant de cette dernière couleur, donne le vert; le jaune rés.' 1 te de la partie colorante du quercitron Axée par le mordant du rouge, qui est aussi celui du jaune; enfin, le blanc est déterminé par le rongeant blanc de la réserve rongeante. Il ne sera plus difficile d’expliquer ce qui se passe pour chacune des variétés que nous avons indiquées plus haut. »

Observations sur les réserves rongeantes. — Ces préparations sont de deux espèces. En France, on fait ordinairement usage d’arséniatc potassique ou d’un arséniate métallique (arséniate mercurique) ; en Angleterre, M. Thompson emploie , après les avoir mélangés dans un rapport convenable, le jus de citron, qui prévient la fixation à l’étoffe du mordant d’alumine et de fer; et le sulfate cuivrique, qui agit comme toutes les préparations de môme base , c’est-àdire, qui empêche l’indigo d’adhérer à la fibre. Cette dernière préparation réserve également sous les mordants d’alumine et de fer, tandis que l’arséniate ne fonctionne bien qu’eu présence des mordants d’alumine ; mais il est des cas où un sel arsénical ne peut être remplacé par le citrate : c’est lorsque la nature du dessin, régissant l’impression, oblige le fabricant à imprimer le noir en premier lieu, pour le recouvrir ensuite, en tout ou en partie, d’un blanc réserve sous mordant; on comprend qu’alors, s’il était au jus de citron, ce blanc réserve acide attaquerait et fatiguerait plus ou moins le noir.

Yoici quelques recettes indiquées par M. Persoz :

1° Blanc réserve sous bleu lapis. — Dans 10 litres d’eau bouillante , on fait dissoudre à chaud 280 grammes sulfate zincique ; on épaissit une partie de cette dissolution avec 2^.250 gomme Sénégal; on incorpore à, l'autre 3^.75^

terre de pipe ; l kil .280 savon vert; on cnit le tout, en ayant soin de donner au mélange le plus d'homogénéité possible, et l’on y ajoute, à chaud, 280 grammes chlorure mercurique (sublimé corrosif), à froid; pour colorer, 1 kilog. acétate d’indigo. Tous les fabricants reconnaissent l'efficacité du chloruro mercurique comme réserve; mais, vu ses effetl pernicieux sur la cuve, quelques-uns le suppriment ; d'antres remplacent le sulfate zincique par le chlorure Ou le nitrate de même base.

2° Réserve rongeante, ou blanc réserve sous mordant et sous bleu lapis. — De 10 litres d'eau bouillante, on emploie une partie à. dissoudre 2 ki, .l00 bi-arséniate potassique; 640 grammes chlorure mercurique (sublimé corrosif) ; une deuxième partie à fondre 2 kil .100 gomme Sénégal ; une troisième partie à délayer 2 kil .100 terre de pipe ; 640 grammes saindoux; on porte le tout à l'ébullition, en remuant avec soin, puis on ajoute, à chaud, 160 grammes essence de térébenthine ; 450 grammes carbonate potassique, et l’on colore, à froid, par 460 grammes acétate d'indigo.

Le carbonate potassique dont on se sert pour saturer une portion de l’acide arsénique du bi-arséniate , et déterminer, par double décomposition, la formation de l’arséniate mercurique, donne Ueu, par son introduction dans les couleurs, à une effervescence qui la fait écumer, et oblige à opérer dans des vases plus grands; il vaut mieux recourir à une solution de potasse caustique, contenant une quantité de base équivalente à celle que renferme le carbonate, quitte à retrancher du volume d’eau indiqué celui de la solution de potasse caustique.

3° Blanc réserve sous bleu lapis. — Dans 10 litres d’eau, on fait dissoudre 3 kil .750 bi-arséniate potassique, que l’on épaissit avec 2 kil .500 gomme Sénégal; on incorporé au tout 5 kilog. terre de pipe, 625 grammes saindoux, et pendant que la préparation est chaude, on y fait dissoudre 960 graffl** mes chlorure mercurique (sublimé corrosif) -

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On retranche quelquefois la préparation mercurielle, qui est dispendieuse, et peut donner lieu à des accidents dans le cuvage. Au reste, comme c’est, en définitive, un arséniate (jui se produit, il serait tout aussi bien d’employer une solution de nitrate, dont le prix est beaucoup moins élevé, et que chaque fabricant est en mesure de préparer dans son laboratoire.

On peut aussi à ces réserves ajouter des sels ammoniacaux.

4° Réserve rongeante au jus de citron . — Dans 10 litres jus de citron 4|>12 à 20° aréomètre Baumé, selon la force du mordant qui doit le recouvrir, on fait dissoudre 2 kilog. sulfate cuivrique; on épaissit avec 3 W1 .200 gomme Sénégal,

3 kil .200 terre de pipe, et l'on colore avec une quantité suffisante d’acétate d'indigo.

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