‹ Nouveau manuel complet du fabricant d'étoffes imprimées et du fabricant de papiers peintsChapitre 57 sur 156 · DE L’IMPRESSION DES ÉTOFFES DE SOIE · texte numérisé non relu

DE L’IMPRESSION DES ÉTOFFES DE SOIE

L’art d’imprimer des couleurs locales sur les toiles de coton a fait, de nos jours', tant et de si rapides progrès, qu’il n’est point étonnant que des fabricants intelligents et pleins de génie aient cherché des procédés au moyen desquels ils pussent porter des couleurs semblables sur des étoffes d’une nature différente.

C’est à l’art d’imprimer les toiles de coton qu’est due la naissance de celui qui nous occupe, c’est-à-dire de porter sur la soie des couleurs locales et brillantes; mais ces deux qualités ne suffisaient pas , il fallait encore leur donner la solidité convenable, et la vapeur de l’eau bouillante a rempli cette condition de la manière la plus satisfaisante.

Depuis quelques années seulement, l’on s’occupe de l’art d’imprimer les étoffes de soie d’après les procédés analogues à ceux qu’on emploie pour l’impression des étoffes de coton, et déjà ce nouvel art a été porté à un haut degré de perfection.

Parmi le nombre de fabricants qui se sont distingués dans ce nouveau genre d’industrie , nous devons rappeler les beaux échantillons que MM. Haussmann frères avaient exposés au Louvre en 1819, qui attiraient les regards de tous les connaisseurs, tant par la beauté du coloris que par la perfection du dessin, et qui leur méritèrent une médaille d'or.

Cet art nouveau n’avait point encore été décrit : M. de Kurrer, d’Augsbourg, qui sentit combien cette branche d’in-

dustrie est importante, ne fut arrêté par aucun sacrifice ; il voulut prendre une connaissance exacte de tous les procédés, et ce n’est qu’après les avoir vérifiés lui-même et s’être assuré, par des expériences multipliées, de l’exactitude des recettes, qu’il s’est décidé à les publier en allemand, dans le Journal polytechnique de Vienne; et c’est la traduction de ce mémoire que nous avons, le premier, publié en français. L’on peut donc regarder cette description comme un véritable Manuel que les fabricants peuvent suivre avec la plus grande confiance. Rien ici n ; est hasardé ; on peut travailler avec sûreté, sans craindre de dissiper inutilement ses fonds en essayant des épreuves incertaines, ou en exécutant des recettes trompeuses.

Honneur au philanthrope éclairé, qui s’empresse de communiquer, avec le plus noble désintéressement, le fruit de ses études, de ses recherches, qu’il a acquis par le sacrifice d’une partie de sa fortune !

Le taffetas, la lévantine, le tricot et le velours, sont les étoffes de soie dont on se sert pour cette sorte d’impression.

Page 1