IMPRESSION
Les "instruments dont se sert l’imprimeur sont les mêmes que ceux que nous avons décrits à la huitième opération des papiers peints. L’établi, le baquet, le levier, les planches sont les mêmes. Il y a de plus, dans cet atelier, sur la gauche de l’ouvrier, et sur la même ligne sur laquelle est placé son établi, une grande caisse d’environ 2 m .50 (7 à 8 pieds) de long, 65 centlm. (2 pieds) de large dans le fond, s’élargissant jusqu’à i mètre (3 pieds) dans le haut, sur 40 à 50 (15 à 18 pouces) de profondeur. Élle a un couvercle à charnière, qui se rabat dessus. Son fond est formé de péaû de veau fortement tendue. Cette caisse se nomme tambour; elle est posée sur quatre pieds solides (pii l’élèvent de 65 à 75 ccntim. (24 ou 28 pouces) au-dessus du sol. C'est dans ce tambour que l’on jette la poussière de tontisse.
Ce n’est que lorsque les couleurs sont totalement impri-
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mées, et que la pièce est terminée sous ce rapport dans J atelier d’impression, que nous avons décrit § 8, qu’on l’apporte dans l’atelier d’impression des tontisses, pour y placer lé velouté, qui est la dernière opération c(e ce genre de tapisserie : operation qui se divisé en deux et quelquefois en trois, lorsqu’on y ajoute la dorure ou l’argenture, que Je môme ouvrier exécute successivement.
"La planche qui sert à appliquer le mordant qui doit retenir la poussière de laine, ne porte, en relief que les parties qui doivent recevoir ce mordant. Il est formé d’huile de lin pendue siccative par la lilharge, et broyée ensuite avec du blanc de céruse. £n termes d’atelier, ce mordant se nomme ençaustique+ et sa composition au vernis gras est assez va-
REPIQUAGE.
riable. On y mêle souvent del’essehoe de térébenthine, pour le rendre plus facile à employer, et pour prévenir la piqûre de? teignes sur la tonture, •
Le mordant est placé sur le drap du baquet à couleurs; de la même manière que les couleurs, il est étendu de même par le petit aide. L'ouvrier le prend avec la planche, l’étend uniformément sur cette planche, avec un tampon ou une espèce de pinceau , et le pose sur la pièce aux endroits désignés par des repères. Lorsqu'il en a placé sur une étendu» suffisante, l’enfant qui le sert tire la pièce et la couche dans le tambour ouvert ; il saupoudre à la main, avec la poussière de laine, et lorsqu’il y a assez de longueur de papier pour couvrir tout le fond du tambour, il ferme le couvercle ; alors avec deux baguettes longues il frappe en cadence le fond en peau. La tontisse s’élève intérieurement comme une fumée, retombe sur la pièce et pénètre fortement dans l'encaustique, qui*s’en sature et la. retient. Il ouvre alors le couvercle, il secoue avec une de ses baguettes la pièce par derrière* pour faire détacher toute la poussière qui ne s’est pas. fixée, et l’on continue de même; jusqu'à ce que la pièce soit terminée. On la place sur l'étendoir, et on la laisse parfaitement sécher.
§ 6. ÜEPIQÜÂOÉ.
Par l’opération que nous venons de décrire, le velouté est partout de même nuance, et ne serait pas agréable si l’on n'avait trouvé le moyen de pratiquer des ombres presque toujours nécessaires pour faire ressortir le dessin. Lorsque c’est une draperie, par exemple, il faut pouvoir en faire sentir les plis. Pour y parvenir, lorsque la pièce dont nous venons de parler est parfaitement sèche, l’ouvrier la reprend; il l’étend sur son établi, comme précédemment, et,, avec une planche appropriée au.dessin, et.à l’aide des repères, il place sur le velouté une couleur, en détrempe, plus foncée aux en-
droits où doit être l'ombre, de manière qo’il teint, sur la pièce même, les parties qui doivent être ombrées.
Les clairs sont produits aussi par le repiquage. Cette méthode est plus expéditive , moins dispendieuse que par les procédés anciennement employés : elle est plus solide, et produit un meilleur effet.
§ 7 . DORÜRE.
On dore quelquefois certaines parties de papiers précieux, soit pour des ornements particuliers , soit pour former des clairs : on emploie pour cela de l'or en feuilles, comme pour la dorure sur bois. Le mordant est de l’huile de lin rendue siccative par la litliarge; on place ce mordant avec la planche, de même que l’encaustique pour la tontisse, mais ici on laisse presque sécher le mordant. Lorsqu’il reste assez d'humidité pour happer l’or, on le pose dessus à la manière de s doreurs sur bois, ou des relieurs, après l'avoir coupé sur le coussinet, de la grandeur convenable, et on le fixe avec du coton en rame, ou avec un pinceau de poil de blaireau.
Lorsque le mordant est parfaitement sec, on enlève le superflu de l’or, soit avec du coton, soit avec du linge fin. On ne jette ni ce coton, ni ce linge : Us emportent avec eux des fragments de feuilles d’or. On les brûle, et l'on retire l’or des cendres par le moyen du mercure, comme le pratiquent les orfèvres pour le lavage des cendres de leurs ateliers.
Dans les cas où il est nécessaire d'argenter au lieu de dorer, le procédé est absolument le même; on emploie au lieu d’or, de l’argent en feuilles.
Cette opération étant terminée, on suspend la pièce à l’étendoir, et lorsqu’elle est parfaitement sèche, on la brosse légèrement avec une brosse très-douce, et on la plie en roul’eau très-serré pour la mettre en magasin.