‹ Nouveau manuel complet du fabricant d'étoffes imprimées et du fabricant de papiers peintsChapitre 91 sur 156 · DO JAUNE · texte numérisé non relu

DO JAUNE

Les couleurs jaunes que l’imprimeur sur papier emploie sont souvent prises parmi les végétaux. On les extrait par l’ébullition de la gaude, de la graine d’Avignon, de la graine de Perse. On les extrait aussi des minéraux, tels que : le fer, l’antimoine, le plomb, le chrome, etc., etc., le cadmium, l’arsenic.

1° La gaude ( réséda luteola , Linn.) est une plante fort commune aux environs de Paris, dans la plupart de nos départements, et dans une grande partie du reste de l’Europe.

Cette plante pousse des feuilles longues, étroites, d'un vert gai; du milieu de ses feuilles, la tige s’élève d'environ 1 mètre (3 pieds) ; elle est souvent rameuse, garnie de feuilles étroites comme celles d’en bas, et moins longues à mesure qu'elles approchent des fleurs, qui sont disposées en épis longs. Toute la plante, excepté la racine, donne une couleur jaune.

On distingue deux sortes de gaude : la gaude bâtarde ou sauvage, qui croît naturellement dans les campagnes, et la gaude cultivée, qui pousse des tiges moins grosses et moins hautes. Cette dernière est préférée; elle est beaucoup plus abondante en parties colorantes : elle est d’autant plus estimée, que les tiges en sont plus fines.

2? La graine d’Avignon est, la baie de l'épine-cormier (rhamnus infeciorius , Linn.) On la cueille avant sa maturité ; elle donne un assez beau jaune, mais qui n'a pas beaucoup de solidité.

3° La graine de Perse est aussi la baie d'une espèce de rhamnus. Lgi compagnie des Indes introduisit en Europe cette graine, qu’on nomme dans le pays, ahoua. Elle donne un très-beau jaune pur, beaucoup plus solide que celui de la graine d'Avignon, est d’une bien plus belle nuance, connue sous le nom de jaune indien.

4° Le jaune de chrôme , sous-chromate de plomb, dont la découverte est due à feu M. Vauquelin , est sans contredit le plus pur et le plus beau de tous les jaunes connus.

J?our obtenir cette belle couleur, on prend une partie de la mine de chrome du département duVar; onia pulvérise avec soin dans un mortier de fonte, et on la passe au {amis; ensuite on la mêle intimement avec un poids de nifre égal au sien. On introduitce mélange dans un creuset que l'on remplit aux trois quarts; on couvre le creuset ; on le place dans un fourneau à dôme, et l'on chauffe peu à peu de manière à le faire rougir fortement pendant au moins une demi-heure.

La calcination étant convenablement faite, on retire le creuset du feu; on le laisse refroidir, et l'on traite par l'eau la matière jaune, poreuse et à demi fondue qu'il contient. Pour cela on brise les creusets, et l’on en met les débris dans une casserole de cuivre, avec la matière elle-même réduite en poudre. On verse 10 à 12 fois autant d'eau qu’il y a de matière ; on fait bouillir pendant un quart-d’heure environ; on laisse déposer; on filtre, et l’on fait bouillir de nouvelle eau sur le résidu, jusqu’à ce qu'il ne la colore presque plus en jaune, signe auquel on reconnaît qu’il ne contient plus de chromate de potasse. On le purifie en lui faisant subir plusieurs cristallisations ; après quoi on le redissout dans une suffisante quantité d'eau , et l'on verse graduellement

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