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tout est dissous , on filtre la liqueur à travers un linge , et on Ja reçoit dans un autre vaisseau.
Sur la dissolution arsénicale , on verse la dissolution de sulfate de cuivre encore chaude ; on observe d'en mettre peu à la fois, et l’on remue continuellement avec une spatule de bois, te mélange étant fait, on le laisse reposer pendant quelques Jieures; alors la couleur verte se précipite. On décante la liqueur claire ; on jette sur le résidu quelques litres d'eau chaude, et l'on remue bien. On décante de nouveau la liqueur claire quand la couleur s’est déposée; on lave uné ou deux fois avec de l'eau chaude de la môme manière. On verse enfin le tout sur une toile, et quand l'eau est passée et l’humidité évaporée, on met la couleur en trochisques sur le papier gris, ef. on la fait sécher à une douce chaleur. Les quantités indiquées donnent (688 grammes de belle couleur verte.
Je doute, dit JL Thénard, que cette recette donne une couleur qui convienne aux fabricants de papiers peints. 11 faudrait, je crois, ne pas faire les lavages à chaud, rendre la potasse un peu prédominante, et je tiens de RL Berxelius, que la matière doit être recueillie sur une toile, et ensuite fortement comprimée, pour que la teinte ne s'altère pas et reste d’un vert foncé.
2° En 1824, M. Braconnot, célèbre chimiste à Nancy, parvint à se procurer, dans Ja belle manufacture de papiers peints # de M. Noël, du vert de Schweinfurt, qu’on ne fabrique que dans cette ville d’Allemagne, et de la composition duquel on fait le plus grand secret. Ce savant fut curieux cf’en connaître la composition, et l’analyse lui démontra qu'elle était Je résultat de la combinaison triple do l’acide arsénieux, du deuioxyde de cuivre hydraté, et de l’acide acétique. Ainsi il fut convaincu que sa composition se rapproche du vert de Scheele; mais celui-ci parait fort sombre en comparaison de celui de Schweinfurt.
201 première partie.
D'après ces données, il crut pouvoir facilement composer ce dernier vert; mais il éprouva beaucoup de difficultés, dont il serait inutile de rendre compte. De tous les procédés qu’il essaya pour obtenir cette belle couleur, voici celui qui lui a passablement réussi :
On fait dissoudre, dans une petite quantité d’eau chaude,
6 parties de sulfate de cuivre; d’une autre part, on fait bouillir dans l’eau 6 parties d'oxyde d’arsenic avec 8 parties de bonne potasse du commerce, jusqu’à ce qu'il ne se dégage plus d’acide carbonique. On môle peu à peu de cette dissolution chaude avec la première, en agitant continuellement jusqu'à ce que l’effervescence ait 'ntièrement cessé; il se forme un précipité d’un jaune-verdàtre sale fort abondant. On ajoute environ 3 parties d’acide acétique concentré, provenant du bois, ou une quantité telle qu’il y en ait un léger excès sensible à l’odorat après le mélange ; peu à peu le précipité diminue de volume, et, au bout de quelques heures; il se dépose spontanément au fond de la liqueur, entièrement décolorée, une poudre d’une contexture légèrement cristalline et d’un très-beau vert. On sépare la liqueur • surnageante , laquelle , en séjournant trop longtemps sur la couleur, pourrait déposer de l’oxyde d’arsenic, qui la rendrait plus pâle ; on la traite ensuite avec une grande quantité d’eau bouillante pour enlever les dernières portions d’arsenic, excédantes à la combinaison.
On doit avoir soin de ne pas ajouter à la dissolution de sulfate de cuivre un excès d’arsénitc de potasse, parce qu’il saturerait en pure perte l’acide acétique, qui doit être en léger excès dans le mélange, sans y causer d’etfervescence bien apparente; voilà pourquoi, en général, il convient de faire choix d’un arsénite de potasse bien saturé d’arsenic.
Il est vrai qu’une partie de l’acide arsénieux reste dans les eaux mères; mais celles-ci peuvent servir à la préparation du vert de Scheele , que l’on emploie communément pour les papiers peints d’une qualité inférieure.
bU VERT.
Voilà les résultats de l’expérience de laboratoire faite par M. Braconnot; mais lorsqu'il opéra en grand, dans les ateliers de M. Noël, le procédé fut modifié de la manière suivante :
On se servit d’un arsénite de potasse préparé avec 8 parties d’oxyde d’arsenic au lieu de 6, et toujours 8 parties de potasse, comme précédemment. Les liqueurs étaient concentrées. Quelques heures après le mélange, il s’était formé à la surface une pellicule d’une superbe couleur verte. On exposa le tout à la chaleur, et il se précipita une poudre lourde qu'on lava avec beaucoup d’eau, afin de la débarrasser d’un grand excès d’arsenic. Le vert que l’on obtint était magnifique ; plusieurs coloristes non prévenus le jugèrent plus vigoureux que celui de Schweinfurt. On ne l’avait pas encore obtenu aussi beau. Les autres manipulations dont on ne fait pas mention dans ce second procédé sont les mêmes que dans le premier.
M. Braconnot pense qu’en variant les proportions qu'il a indiquées, on peut obtenir des nuances de vert extrêmement variées.
3° H. Liebig, docteur allemand, publia, dans le Reper torium der Pharmazie, les procédés pour obtenir une couleur verte plus belle, moins dispendieuse, et d’une plus facile exécution que le vert de Schweinfurt , qu’on appelle aussi vert de Mitis ou vert de Vienne. Voici comment s’exprime le docteur Liebig, à qui l’on doit ce procédé.
Après avoir fait dissoudre à chaud , dans une chaudière de cuivre, un peu de vert-de-gris dans une suffisante quantité de vinaigre pur, on ajoute une dissolution aqueuse d'une partie d’arsenic blanc. Il se forme ordirairemcnt, pendant le mélange de ces liquides, un précipité d’un vert sale, que, pour la beauté de la couleur, il est nécessaire de dissoudre, afin de faire disparaître cette saleté. A cet effet, on ajoute, petit, à petit, uue nçqvçllç quantité de vinaigre, jusqu'à eu
que le précipité soit parfaitement rédissous. On fiii bouillir le mélange; il s’y forme, après quelque temp6, un précipité cristallin grenu d'un vert de la plus grande beauté, lequel, étant séparé du liquide, bien lavé et séché, n’est autre cbosa que la couleur en question. ,
Si, après cela, la liqueur contient encore un excès de cuivre, on y ajoute de nouveau de l’arsenic ; et si elle contient un excès de. ce dernier, il faut y ajouter du cuivré, c’esl-âpire du vert-de-gris dissous dans le vinaigre, et l’on opère le reste de la même manièro. Il arrive souvent que cèitë liqueur contieat un excès d’acide acétique ; on peut alors l’employer de nouveau pour dissoudre le vert-de-gris.
Cette couleur, ainsi préparée, possède une nuance bleuâtre' mais on demande souvent, dans le commerce, une nuance plus foncéq et un peu jaunâtre , et d’ailleurs de la même beauté et du même éclat. Pour produire ce changement, on n’a qu’à dissoudre 500 grammes de potasse du commerce dans une suffisante quantité d’eau , y ajouter 5 kilog. de la couleur obtenue par le procédé ci-dessus, et chauffer le tout à un feu modéré. Bientôt on voit la masse se former et prendre la nuance demandée. Si l’on fait bouillir trop longtemps, la couleur s’approche du vert de Scheele, mais éllè lè surpasse toujours en beauté et en éclat. La liqueur alcaline qui reste après ce traitement peut servir à préparer le vert de Scpeele. ».
4° Les cendres « vertes sont aussi employées par I’imprimeur de papiers peints ; c’est une terre vérte dans le genre des cendres bleues, qui donne une belle côulèur terreuse verte. . - •