MÉMOIRE SUR LA GUTTA-PERCHA
sorte de fusion pâteuse, superficielle, sous l’influence des rayons solaires de l’été.
Elle n’est pas attaquée par les solutions alcalines, même caustiques et concentrées ; l’ammoniaque, les diverses solutions salines, l’eau chargée d’acide carbonique, les différents
i acides végétaux et les minéraux étendus, sont sans action sur elle ; les boissons légèrement alcooliques (vin, cidre, bière)
' ne l’attaquent pas ; l’eau-de-vie même en dissout à peine des (traces. L’huile d’olive ne paraît pas attaquer à froid la gutta- ( percha; elle la dissout en faible proportion à chaud et la laisse précipiter par le refroidissement.
§ 6. L’acide sulfurique à un équivalent d’eau la colore (en brun et la désagrège avec dégagement sensible d’acide sulfureux.
ii L’acide chlorhydrique en solution saturée dans l’eau, pour la température de -f- 20 degrés, attaque lentement la gutta-
ï percha et la colore en brun de plus en plus foncé, et, à la il longue, la rend cassante.
« L’acide azotique mpno-liydraté l’attaque très-vivement, : avec effervescence et dégagement d’abondantes vapeurs d’anicide hypo-azotique ; la matière se désagrège, se colore en n rouge-orangé brun, devient pâteuse, puis se solidifie par derligrés et reste friable.
itl A froid, et même à chaud, une partie seulement (0.15 à le).22) de gutta-percha peut se dissoudre dans l’alcool et dans d ’éther anhydres.
it; La benzine et l’essence de térébenthine la dissolvent pareiiellement à froid, mais presque en totalité à chaud.
Le sulfure de carbone et le chloroforme dissolvent à froid îc a gutta-percha; les solutions peuvent être filtrées sous une oiïdoche bien close qui prévienne l’évaporation ; le filtre retient apes matières étrangères colorées en brun-rougeâtre, tandis cejfue la solution passe limpide et presque incolore.
Le liquide filtré, exposé à l’air dans une soucoupe, laisse litlégager le dissolvant et déposer la gutta-percha blanche en lune lame plus ou moins épaisse, qui prend un retrait grain iué à mesure que le liquide interposé se volatilise.
Sauf la coloration qui a disparu, la gutta-percha offre alors ji ,3S caractères et les propriétés indiquées ci-dessus de la maière commerciale. Soumise à une température graduellement élevée, elle s’amollit, se fond, et peut entretien ébulition sans se colorer sensiblement : le liquide diaphane onne d’abondantes vapeurs condensables en un liquide huijux presque incolore.
Les dernières portions distillées sont coloréès en orangé-
brun, il reste un dépôt charbonneux en couche mince adhé rente aux parois du vase.
§ 7. Analyse immédiate. — Nous avons dit que l’alcoc et l’éther ne peuvent dissoudre qu’une pallie de la gutta percha ; c’est que cette substance, ainsi que nous l’avons an uoucé dans notre premier mémoire, est en effet composé de trois principes immédiats, dont la séparation a exigé de observations assez délicates, bien que, par plusieurs de leui propriétés, ils fussent tçès-nettement distincts.
Si l'on met en contact à froid -la gutta-percha en mince feuillets avec quinze à vingt fois son volume d’alcool anhy dre, puis que l’on élève lentement au bain-marie la tempéra turc jusqu'il (-)- 78 degrés) l’ébullition, soutenue durant quel ques heures en vases clos, le liquide filtré bouillant e abandonné dans un flacon fermé commencera, au bout d douze à vingt-quatre ou trente-six heures, à déposer sur le parois du vase, et jusqu’au niveau de la solution, des gra unies blancs, opalins, distants les uns des autres, quelques uns groupés; leur volume s'accroîtra graduellement durai] plusieurs jours.
Ces granules, attentivement examinés sous le microscope affectent les formes de sphérules tronquées par les parois d vase. Leur superficie est lisse ou hérissée de très-petits cris taux diaphanes, lamelleux, allongés. Quelques fissures supei ficielles semblent indiquer que ces sphérules sont formée d’une sorte de noyau diaphane jaunâtre, recouvert d'un pellicule blanche.
Tel est réellement leur singulière structure cristallin* dont on ne connaît peut-être pas d’autre exemple; en efl'e l'alcool anhydre dissout à froid toute la substance sphéro: dale, jaune, sous-jacente, tandis que les pellicules superf cielles, dans l’intérieur desquelles l’alcool, moins dense, s’ei substitué au globule solide, paraissent alors plus blanches* moins translucides.
§ 8. La solution alcoolique qui a déposé durant plusieui jours l’espèce de cristallisation sphéroidale complexe, pei do nouveau enlever à chaud une partie des deux principe immédiats restés dans la substance, et en laisser cristallise une nouvelle quantité par le refroidissement. On achève cetl extraction en renouvelant à plusieurs reprises l’alcool boni! tant sur la gutta-percha, jusqu’à ce qu’il ne dissolve plu rien.
La substance solide qui a résisté à l’action du dissolvar est douée, sauf quelques modifications, des principales pre pnétés de la gutta-percha brute, nous la désignerons j(