GUTTA-PERCHA OU GUTTA-TUBAN
‘ s de ces feuilles est d’un vert pâle, le dessous couvert d’un îvet compacte, court et d’un brun-rougeâtre; le diaphragme it une légère saillie qui affecte la forme d’un bec.
I » Tous mes efforts et ceux de beaucoup d’autres personnes >ur avoir un échantillon du fruit du gutta n’ayant pas ussi, je regrette de ne pouvoir en donner aujourd’hui la
hscription ; mais j’espère réparer un jour cette omission Uns un des prochains numéros du journal. La difficulté « obtenir des échantillons de la fleur et du fruit de cet arbre
I I vraiment extraordinaire, et cette raison a probablement inpèché le grand nombre de botanistes qui ont visité nos entrées de le reconnaître et de le décrire.
J » Le temps n’est pas loin de nous où le gutta-tuban était isez abondant dans l’île de Singapore ; mais tous les gros •bres ayant été abattus, l’on n’en trouve plus guère mainnant que de petits. Le rayon dans lequel il croît paraît cemdant être considérable ; on le trouve en effet partout dans péninsule malaise jusqu’à Poulo-Pinang , où je me suis isuré qu’il existe en grande quantité , bien que jusqu’à ce ur les habitants n’aient pas paru remarquer ce fait. Plusieurs disons de commerce de ces pays ont en effet envoyé à Sinipore demander des approvisionnements de ces arbres, land ils avaient sous la main les moyens de s’approvionner.
» On trouve encore le gutta dans l’ile de Bornéo, et je ne is nul doute qu’il n’existe aussi dans la plupart des îles «usinantes.
» Les localités qu’il préfère sont les terrains d’alluvion, au ied des collines; c’est là qu’il se plaît, qu’il se développe, armant en beaucoup d’endroits la partie principale des faits. Mais, malgré son caractère indigène, malgré son appantc profusion sur tous les points, le gutta-tuban deviendra ientôt une rareté, si par l’adoption de certaines mesures on B se montre pas plus prévoyant pour sa conservation que ne : sont les Malais et les Chinois.
» Le mode employé par les naturels pour obtenir le gutta tmsiste à abattre les arbres parvenus à leur plus grande croisince, et à enlever l’écorce sur une surface de 33 à 50 centim. ; s placent ensuite une noix de coco, une feuille de palmier u tout autre récipient, sous le tronc de l’arbre abattu afin ïe recueillir la sève laiteuse qui s’écoule de chaque incision ji’aîche. Ils emportent dans leurs cases cette sève recueillie .ans des bambous, la font bouillir, pour en chasser la partie (pieuse, et épaissir, pour lui donner la consistance qu’elle oit enfin conserver. Bien qu’il semble y avoir nécessité de
Siô DEUXIÈME PARTIE.
faire bouillir, lorsque le gutta a été recueilli en grande iitt, s! cependant l’incision faite à l’arbre est encore f: ' s ,,ne s en est échappé qu’une petite quantité de sève et potne dans la main, elle se consolidera parfaiteme quelques minutes et aura toutes 'les apparences du préparé.
» A 1 état de pureté parfaite, la couleur du gutta es olanc-gnsatre ; mais, à le prendre tel qu’on l’apporte marché, on lui trouve plus ordinairement une teinte geatre qui provient des morceaux d’écorce qui tombenl ia seve au moment de l’incision, et lui communique couleur ; outre ces morceaux d’écorce dont la chute q i accidentelle, on y mêle, mais avec intention, de la s , Jj01s ,et d autres matières. Quelques échantillons, qu vu dernièrement apporter au marché, ne contenaient s moins d un quart d’impuretés ; et des plus purs môm -eux j par exemple, qu on emploie pour la confectior instruments de chirurgie, sur 500 grammes de subs produite, j obtiendrais, en la nettoyant, 30 grammes au n c e matières étrangères ; heureusement il n’est difficile, : < écouvrir ces mélanges hétérogènes dans le gutta, ni d< purifier; le procédé consiste à le foire bouillir dans de jusqu a ce qu il soit bien amolli, à l’étendre en couches m
c'<we+ e'iîrail,'e alors toutes les impuretés, ce qui se fa ement, attendu que le gutta n’adhère à aucun corps et des matières étrangères peuvent bien se mêler à ses fil
^aiSi-?A i n,e s’mcorPorent jamais à sa substance quantité de produit solide.obtenue de chaque arbre vari catties (1), de sorte qu’en prenant la moyenne catties moyenne au-dessous de la véritable , cette m quantité coûtera pour produire un picul, la destructioi dix ai bres. Maintenant, la quantité de produit exportée bingapore dans la Grande-Bretagne et dans le continent 1 janvier 1845 jusqu’à ce jour, s’élève à 6,918 piculs ; pour les obtenir, on a sacrifié 69,180 arbres. Combiei serait-il pas préférable d’adopter la méthode pratiquée les Burmises pour obtenir le caoutchouc du fucus elast et qui consiste a faire des incisions obliques dans l’éco en plaçant au-dessous des bambous pour recueillir la < qui s écoulé librement, plutôt que de tuer, comme on le maintenant, le sujet sur lequel on opère. La vérité est qi
(■) Lecattte est l'unité de poids; il pèse un peu plus de 1/2 kilog.; sou unlqi nple est le p.cul qui vaut 100 catties. Le picul varie do poids, mais eu général j vaut à 6? kii. 1/2.
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retirerait pas assez d’abord d’un seul arbre ; mais à la igné le bénéfice serait incalculable, la croissance du gutta raissant s’opérer très-lentement et étant fort loin d’ôtre ■si rapide que celle du fucus elastica. Au cas où, d’un côté, ;demande accroîtrait, et où d’un autre, on persévérerait is la voie de destruction où l’on est entré, je ne serais pas épris que les forêts se refusassent tout-à-coup à fournir ite espèce d’approvisionnement.
■> Cette substance, dans sa fraîcheur et sa pureté, est, nme nous l’avons dit plus haut, d’un blanc sale; elle est Lieuse au toucher, et a une odeur particulière semblable
i elle du cuir. Elle est insoluble dans l’alcool chauffé, mais i; se dissout facilement dans l’essence de térébenthine lufiée, ainsi que dans le naphte et dans l’huile de pétrole (1) .
ii fait un excellent ciment pour cacheter des bouteilles et , res objets, en faisant bouillir ensemble une égale quani> de gutta, de pétrole et de résine. C’est à M. Little, chiilgien, que je suis redevable de cette idée et de la propori)i des matières. J’ai cependant trouvé qu’il est nécessaire ij mettre deux parties de gutta, qui entre ainsi dans la Imposition pour moitié au lieu d’un tiers, afin de rendre le ment capable de résister à la chaleur de notre climat. On ut toujours, lorsqu’on veut se servir du gutta, le rendre lie à prendre différentes formes, en plaçant le vase qui le (j tient sur le feu pendant quelques instants. 11 est de sa ijiure très-inflammable ; une petite bande qu’on en coupe
nd feu et brûle avec une flamme brillante en lançant des e icelles et en laissant tomber, comme la cire d’Espagne i c laquelle sa combustion a beaucoup d’analogie, un résidu j couleur noire. Mais ce qui le distingue surtout, et ce qui i end éminemment utile dans beaucoup d’opérations, c’est : et que produit sur lui l’eau bouillante. Lorsqu’on le , nge dans l’eau bouillante à 150° Fahrenheit, il devient
M « Le gutta ressemble souvent à des rognures de euir ou h de la corne ; il est blanàtre, dur, coriace, flexible; il devient mou et. élastique, lorsqu’on le chauffe. On fl ut, en quelque sorte, le pétrir dans l’eau bouillante; il est plus léger que l'eau. »î densité est de 0.979. Soumis a la distillation, il se décompose en donnant des hui- $ qui sont très-inflammables. 11 est insoluble dans l’eau et dans l’alcool, soluble îs le sulfure de carbone ; 1 éther le gonfle et le dissout très-lentement; il résiste li l'action des dissolutions alcalines de l'acide chlorhydrique. L’acide sulfurique icentré le charbonne difficilement ; l’acide azotique le transforme en une substance ineuse jaune.
gutta est çipployé pour faire des manches de fouets, des cravaches, etc.... s.
(Pelouze et prémy, Cours de chimie générale,— 1850.)
mou, plastique, au point de pouvoir être modelé dans forme qu’on veut lui donner et qu’il garde en refroidissa Si on en coupe une feuille et qu’on l’immerge dans l’e bouillante, il se resserre dans toutes ses dimensions. C’ un remarquable phénomène, tout à fait anomal et contra en apparence à toutes les lois de la chaleur.
» C’est cette propriété plastique que possède le gutl quand on le plonge dans l’eau bouillante, qui à permis cl faire tant d’applications utiles, et qui d’abord a engagé qu ques Malais à en fabriquer des fouets et à les apporter dé la ville, qui lit ainsi plus ample connaissance avec ce prodi Les naturels ont dans la suite étendu leur fabrication a chaussures et à toute sorte d’ustensiles de ménage. Mais nombre de patentes récemment prises pour la fabrication gutta en Angleterre prouve la grande attention qu’il s’ déjà attirée, et l’extension que ce produit est appeléàprend C’est surtout dans les opérations de chirurgie que l’impi tance de son emploi doit être signalée ; c’est la qu’il devi< un des plus utiles auxiliaires de cette branche de l’art guérir, qui de toutes est la moins conjecturale. Sa vertu pli tique et sa propriété de conserver à froid toutes les forn qu’on lui donne, le rendent propre à la fabrication des bc gics. Mon prédécesseur, le docteur W. Montgomerie, s’ servi aussi de cette substance , en a fait la plupart de : instruments et en a recommandé l’usage à la Société médic du Bengale. Mais je crains bien que , faute de rechercl suffisantes, on ait dédaigné cette invention, comme on a 1 de tant d'autres. J’ai pourtant continué à faire usage , gutta, et je trouve de nombreux avantages dans son empl Mais les dernières expériences que j’ai faites l’ont rendu p précieux encore et ont prouvé que son application à îa rédi tion des fractures est la meilleure et la plus facile qu’on trouvée, en ce qu’elle procure un doux soulagement à l’opi et diminue la peine de l’opérateur. Quand je réfléchis système compliqué de bandages et d’éclisses dont on se c barrasse ainsi, et à la simplicité de l’application, le gutta i rait un don précieux pour l’humanité, quand même il n’s mit que cet emploi. Les blessures que j’ai été appelé à c server et dans le pansement desquelles j’ai reconnu s utilité, ont été jusqu’ici deux fractures composées de la jan, et une de 1$ mâchoire. Mais il a si merveilleusement répoû à mon attente; je dirai plus, il l’a tellement surpassée, q je me croirais coupable de ne pas livrer lés faits à la publier L’utilité du gutta dans les cas de fracture de la mâchoire j féricurc doit tout d’abord frapper le chirurgien ; il s’adaj
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a effet si bien à chaque sinuosité, qu’il semble bien plutôt onner au malade un nouvel os maxillaire qu’un simple ipport. J’ai vu dernièrement, à l’hôpital, un homme qui «lit eu la mâchoire inférieure brisée par un coup de pied e cheval si rudement appliqué que l’os en avait été presque royé, et qu’une hémorragie s’était déclarée dans les oreilles. :rois jours après l’accident, cet homme put manger et nier et se trouva si bien de son éclisse de gutta qu’il demanda avec instance à quitter l'hôpital dans les dix jours.
» Je. vais maintenant exposer mon mode d’appliquer cette djstancp aux fractures de la jambe :
» On roule préalablement trois bandes de gutta d’une lonueur convenable; par-dessus on en dispose une quatrième 3 27 millim. d’épaisseur, *ct, tout étant ainsi prêt pour l’oüration, on en plonge, au moment requis, une partie de la mgueur et de la largeur nécessaires dans un bassin d’eau ouillante. Les aides élèvent alors le membre de l’opéré en étendant comme on le fait d’habitude. Le chirurgien, après être assuré que l’os brisé est à sa place, retire la bande de utta de l’eau «bouillante et l’expose au froid pendant deux linutes. Le gutta est encore mou et flexible comme un cuir touillé. L’opérateur saisit ce moment pour le placer sous : membre qu’il abaisse doucement sur la substance. Le gutta »t alors appliqué autour de la jnmbe et comme moulé en essous et sur les côtés; on en rapproche ensuite les bords un contre l’autre sans les joindre. Si la bande de gutta a 'op prêté, on peut couper le superflu avec des ciseaux en lissant une fente ouverte sur le dessus de la jambe. Celle-ci ; trouve alors dans un étui commode et doux, qui, en dix linutes, aura assez de consistance pour garder là forme que i chirurgien lui aura donnée et qui retiendra aussi l’os in itu. L’opérateur place la jambe ainsi apprêtée sur un double lan incliné et l’y fixe en passant trois des bandages à.brides rdinaires autour du tout, c’est-à-dire un à la partie supéeure, un au milieu et un à la partie inférieure. Il fuit que ; pied soit appuyé sûr un tabouret et qu’un étui de gutta 'nserre le cou-de-pied pour que le petit bandage généraleîent employé puisse, au moyen de la pression, assurer le ied sur le tabouret. Après cela, le chirurgien doit laisser opéré en repos jusqu’à ce qu’il le juge capable de se servir le sa jambe, l’os ayant assez bien repris pour supporter le ioids du corps.
» Si c’est une fracture composée, il sera seulement néccsaire de délier les bandages à boucles, d’écarter les bords dé I éclisse en -gutta à la distance Voulue, de laver et nettoyer
Caoutchouc. 2-7
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le membre sans rien déplacer, à l'exception des appareil et après cela de refermer de nouveau. La plus parfai propreté peut être maintenue parce que le gutta est impe méable à l’eau. Les suppurations ne sauraient le salir ni rendre nuisible et on les fait disparaître aussi aisément si l’enveloppe de gutta que sur un linge huilé. J’ai eu un m; lade dont le tibia dépassait de 5 ccntim. à travers les tégi ments ; six semaines après sa blessure il marchait aussi dro et aussi ferme que jamais. Il est donc bien évident que, si gutta produit des résultats satisfaisants dans les fracture composées, il réussira aussi bien, sinon mieux, dans les sin pies ; et que, si un os brisé et capable de recevoir un méc; nisme quelconque, le gutta, mieux que toute autre inventioi pourra lui servir de support. 11 réunit en effet la douceur la légèreté, la durée à la facilité de s’adapter, toutes qivilit que ne possède aucune autre substance connue. Toutes 1 nouvelles découvertes ont rencontré de la résistance, et je î suppose pas que celle-ci devienne une exception à la régi Tout ce que j’exige de mes confrères, c’est d’expériment le gutta, et non pas de discuter sur ses propriétés, et je su bien convaincu qu’alors éclisses et bandages seront relégu dans le musée des Antiques.
» J’ai fait servir cette substance à quelques autres usage par exemple, à la confection des capsules pour la transmi sion du virus vaccin, qu’elles doivent parfaitement conserve L’expérience que j’ai faite à ce sujet ne me semble pas ass concluante pour prononcer définitivement sur son mérit J’essaie en ce moment l’action du gutta sur les ulcères < « renfermant le membre ulcéré dans une enveloppe de gutt afin d’écarter toute influence atmosphérique, et jusqu’i l’expérience promet de réussir.
» Depuis que j’ai écrit les observations qui précèdent, m’est venu de Poulo-Pinang l’avis officiel que le virus vacc transmis dans des capsules dé gutta y avait .été reçu < bon état et qu’il avait pris de la manière la plus satisf; santé. De mon côté, j’ai ouvert une capsule contenant c veloppé de la même manière un vaccin qui avait été co servé ici pendant un mois; il m’a paru qu'il n’avait ri perdu de son efficacité, puisque le cas d’inoculation a réus Le qui doit frapper le plus, c’est que jusqu’ici il a t impossible d'e conserver, même quelques jours, à Sing pore, le virus vaccin recueilli; que l’établissement de cel ville, malgré les efforts combinés des médecins des servir public et particulier, a été privé de cet important propli tactique pendant un intey\aliç quelquefois de deux a
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es, et qu’en tout temps la peine et la difficulté d’obtenir de transmettre ce remède si désirable ont été une cause grand embarras pour tous les officiers de santé que j’ai nnus.
» Je lis dans le Mechanic’s Magazine de mars 1847 une nonce par laquelle on porte à la connaissance du public e M. Hancock a pris plusieurs patentes pour manufacturer t article, et où, en décrivant un procédé perfectionnéipour nettoyer, on avance qu’il a une odeur acide désagréable, gutta, lorsqu’il est pur, est certainement un peu acide, st-à-dire que, plongé dans une solution de soude, il y terminera une légère effervescence, tandis qu’il résistera .'action de la potasse. Son odeur, bien que sui generis , :st ni forte ni désagréable ; il faut donc supposer que Tarie expérimenté était extrêmement impur, et que c’est au ■lange et à la fermentation ' d’autres substances végétales ’il devait une grande partie de son acidité. Il me semble, outre, que, si le gutta est pur , le procédé perfectionné ::rit, regardé comme nécessaire pour le nettoyer, devient 5erflu. Le gutta, en effet, peut être obtenu ici même dans e pureté parfaite en le faisant tout simplement bouillir as l’eau jusqu’à ce qu’il soit bien amolli. On le roule alors feuilles minces, au moment où, comme je l’ai dit tout à eure, on peut écarter aisément toute matière étrangère, recommanderais aux manufacturiers d’offrir en Angleterre prix plus élevé' pour cet article, s’il avait été tamisé préalement à travers une toile au moment où oh le recueille ; le recevraient ainsi dans un état qui leur épargnerait une ne et une dépense bien au-dessus de la somme minime ils auront à ajouter au prix originaire. » ie mémoire accompagnait une lettre fort intéressante sur uême sujet.
n voici un extrait :
Les localités que le gutta préfère sont, quant à Singapore . la péninsule malaise, les terrains d’alluvion, au pied des ines, là où l’humidité est permanente. Trois mois de sétasse suffiraient pour détruire les arbres qui n’auraient pas int toute leur croissance.
On trouve en abondance l’arbre de gutta à Singapore, s toutes les forêts de la Malaisie, à Poulo-Pinang, à Boret dans la plupart des îles de l’archipel Indien, c’est-àdans tous les pays situés entre le 10e degré de latitude i et le 10® degré de latitude Nord de la ligne : ce sont les udes de nos possessions dans l’Océanie , Taïti et les Mai--»
quises, dont le climat conviendrait parfaitement, selon to tes probabilités, à ce genre de culture.
» On trouve à Bornéo sept espèces d’arbres de gutta, < se ressemblent toutes à la vue, et dont on ne peut reconnaîl la différence que par la couleur du bois.
» Sur ces sept espèces trois seulement produisent la > ritable gomme gutta. Les quatre autres donnent un liqui épais qui , de prime-abord , a toute l’apparence du gutt mai^qui n’en acquiert pas la consistance, et qui, comme sagou, g’émie en se séchant.
» Les trois espèces qui fournissent à Bornéo lç vérita gutta-tuban , sont : l’arbre au bois jaune, dont on retire meilleure gomme et la plus recherchée ; l’arbre au bois rc geâtre, dont la qualité vient ensuite ; enfin, l’arbre au b blanchâtre, qui donne une gomme inférieure aux deux p; < cédentes.
» Quant aux localités que ce végétal préfère à Bonn elles diffèrent complètement de celles où il prospère à Sinj pore et dans la péninsule malaise.
» On a vu, à Bornéo, les arbres de gutta ne pas parve dans les situations basses et marécageuses, à leur liauti naturelle, et ne fournir que très-peu de gomme. C’est sur montagnes ou collines peu élevées, mais à l’abri des inom lions, qu’on a rencontré les plus beaux arbres et observé ( plus le sol était à l’abri des eaux stagnantes, plus leur en sance réussissait.
» Le fruit de ces arbres, qu’on trouve par milliers, ap être tombé de lui-même, germe facilement, et partout, pied de chaque arbre, il y a une grande quantité de jeu plants qui poussent et promettent de devenir de beaux bons arbres.
» À Kaléas, il existe une plantation d’environ cent cinqua arbres de gutta-tuban à. bois jaune, qu’un Anglais nom Robert Burns (1) avait fait planter sur une petite élévation 1848. Tous, sans exception, étaient en parfait état et me raient de 5 à 7 mètres de hauteur, d’où l’on peut coud qu’en douze ou quinze ans ils obtiennent, en général, 1 plus grande dimension. Le jus de cinq de ces arbres a extrait par incisions , et un a été complètement abattu. 1 quantité de gomme obtenue n’a pas été considérable; n elle était d’une parfaite qualité,
» La nature du sol où ces arbres abondent le plus es
(i) Assassina par les pirates de Tunjjliu , en 1831, dan» une excursion qu'il faiss N# E. de .Bornéo ù recherche tics, produits du pays*
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u près la même que celle du sol commun de Singapore, ist-à-dire une terre rougeâtre, un peu grasse et mêlée d’uno tite quantité de sable.
» On a observé aussi que partout où l'on trouve du fumier bœufs sauvages (nombreux à Bornéo), les arbres sont dans l état plus parfait qu’ailleurs.
» Ce fait, joint à celui que la florissante plantation à Kaléas ait été fumée par Robert Burns, ne laisse pas de doute que ngrais des bestiaux n'améliore la culture et naide à la progation de ces arbres.
» Les racines des jeunes plants étant élongées et tendres, ur réussir à les transplanter d’un pays dans un autre , il iclrait faire enlever le terrain qui les entoure de manière lonserver intacte leur partie la plus nourrissante, et, en tre, les laisser entourées d’une portion du sol indigène que n garnirait de fumier à l’extérieur. »
Les extraits suivants complètent les renseignements qui as sont parvenus jusqu’à ce jour sur le gutta :
< Le gutta arrive dans le commerce en masses feuilletées enroulées, impures, c’est-à-dire contenant interposées des itières terreuses, des débris ligneux, etc...
> Pour l’épurer, ou le divise d’abord à l’aide d’un coupeme, dont la pièce principale est un disque muni de trois îes de rabot planes ou courbes; chacune des lames, renitrant à son tour les masses de gutta, les tranche en ceux irréguliers qui passent dans la lumière du disque et ibent en avant. ,
■ Ou jette ces copeaux dans l’eau chauffée de 90 à 100 des, afin d’abord que les débris terreux ou pierreux se prédent, et ensuite que ceux ligneux s’imbibent d’eau, et, par iséqueiit , devenant plus lourds que le gutta, se précipit aussi. La matière ainsi amollie est ensuite portée sous plan incliné, entraînée par deux rouleaux devant un cy- Ire armé de lames et tournant au-dessus d’un bac rempli au chaude , maintenue de 90° à 100° par un serpentin des injections de vapeur. La division nouvelle, opérée par cylindre , met en liberté les substances étrangères qui se >osent, tandis que le gutta reste sur l’eau, et arrive bientôt une toile sans fin qui se dirige devant un cylindre diîur semblable au premier; elle retombe sur l’eau d’un fond bassin, y est soumise à une épuration semblable et ise sous un troisième cylindre.
i* Après avoir subi ces trois épurations successives, le gutta agité toujours sur l’eau chaude et poussé par une troisième fe sans fin sous un cylindre armé de latries épaisses, et eu-
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gagé entre ces lames et des lames semblables fixes de pial courbe. À cet état, la matière peut être agglomérée, la née, étirée par divers procédés mécaniques.
» Le gutta est composé d'hydrogène et de carbone, D son état pur, il se présente sous un aspect brun foncé et qi quefois blanc-grisatre. Différentes expériences, faites p s'assurer de sa force, quand il est mélangé à d’autres math ou allié à des couleurs, ont démontré que sa qualité 1 est nullement altérée. Les couleurs avec lesquelles c matière peut être mélangée sont le rouge de plomb, le ) hollandais, l’ocre jaune et le chrome orange; épurée i soin, elle devient blanche ou rosée, translucide, plus du froid, plus molle à chaud que lg caoutchouc, bien moins é tique à toutes les températures; à 100°, elle est très-sou facile, à pétrir et à agglomérer ou mouler sous diffère) formes ou empreintes qu’elle garde après le refroidisseme elle peut s’unira chaud avec le caoutchouc. Sous l'influe de là pression, elle peut s’étendre ou s’étirer en feuille en (ils; elle est inaltérable par les alcalis et les acides, et résiste à l’action «le l’air et de l’humidité. Cependant, il boh d’observer ici que les acides sulfurique et nitrique c centrés pourraient légèrement l’affecter.
» Les applications innombrables auxquelles le gutta \ être soumis ont déjà fait subir a différentes industries plus heureuses modifications; il remplace, pour maints obj avec un avantage réel d’exécution, de durée et, par su d'économie, la plupart des métaux : plomb, fer, zinc, cui de même que le bois, le cuir, la faïence, le verre et la ; celaine.
» Les courroies , bandes ou cordes faites avec cette i tière, sont supérieures à celles en cuir, puisqu’elles pem être mises en contact sans s’altérer avec les huiles, les aie et l’eau. On peut les obtenir de toutes grandeurs, sans cune couture. Fonctionnant aussi bien dans l’eau qu’à 1’ elles sont bien préférables à celles en cuir dans toutes transmissions de mouvement soit par la vapeur, soit pa système hydraulique. Si une corde ou une courroie est dommagée par une incision, quelques minutes suffisent p rapprocher les deux parties avec un fer chaud, sans q y ait rien à craindre pour sa solidité ou sa force.
» Ne redoutant pas plus l'humidité que les sels alcalins la mer, le gutta-percha peut être employé avec un gr; avantage sur les bâtiments pour la confection des drosses gouvernail, les gargoussiers, les caisses à poudre et à eau, t le grand équipement, etc.
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» Les tuyaux faits en gutta sont à l’épreuve clés alcalis et des cides. Les acides hydrochlorique et carbonique, le chlore, hydrogène ne les attaquent nullement. Ces tuyaux sont donc ’un usage précieux pour toutes sortes de conduits, et ne président, surtout pour les conduites d’eau, aucun clés dangers ihérents aux tuyaux en plomb, qui provoquent des maladies angereuses parleur oxydation.
, » Il a, été démontré, à la suite de nombreuses expériences, ue' l’eau ne se gèle pas aussi promptement dans des tuyaux ,a gutta que dans des tuyaux en plomb ou en un autre métal, t qu’ils ne sont pas sujets à crever comme eux.
» On peut fabriquer des tuyaux et tubes do n’importe |uelle grandeur, et les allonger ouïes diminuera volonté par L soudure avec un fer chaud, ou mieux avec une lampe à jsprit-de-vin, en conduisant la flamme avec un chalumeau, i » Ces tuyaux, malgré leur légèreté, présentent une résis- ^nce très-grande; ainsi, un tuyau de 25 millim. a supporté ne pression de 125 kilog. par 33 millim. carrés sans se ;>mpre.
» Les tubes en gutta sont excellents conducteurs du son ;
, i en fait déjà usage avec succès dans un grand nombre d’étal'ssements; avec ces appareils, on peut converser d’un jjpartement à un autre à des. distances très-éloignées.' Ils iraient donc d’une grande utilité pour les navires à vapeur, is porte-voix, etc.,
La légèreté, la solidité et l’inaltérabilité de la nouvelle muère doivent la faire préférer à toutes celles qui s’emploient )ur pompes, réservoirs d’eau, baquets, soupapes, clapets mdelles, pistons, robinets, etc., clans les machines hydraupms.
Les semelles et talons pour chaussures sont encore une iportante application du gutta qui garantit le pied, mieux icore que le caoutchouc, de l’humidité et du froid.
(.4 joute par l’Ecliieur.)
Nous terminerons ici. Nous aurions pu donner beaucoup de essins de paniers, de flambeaux, de statuettes, de cadres ejes mille et une jolies fantaisies qui garnissent les maisms des fabricants; mais ces dessins eussent été inutiles, b gutta -percha est une matière essentiellement ■ plastifie 'et malléable à chaud, il lie s’agit que d’avoir un moule >ur lui faire prendre toutes les formes voulues. Cette distance est résistante à ce point, qu’ayant perdu l’écrou june vis dont le pas ne se rencontrait pas dans notre colction , il nous a sulli d’appliquer le gutta sur la vis, de le
comprimer eireulairement assez pour qu’il prit bien l’en preiute, pour avoir un écrou solide, qui remplit encore bie sa fonction après un très-long et très-rude usage. Nou croyons fermement que le gutta-perclia est appelé à rendi bien d’autres services et que toutes ses propriétés ne sor pas encore connues ; mais l’avenir ne nous appartient pas t nous croyons n’avoir rien omis d’essentiel dans ce qui a ét découvert jusqu’à ce jour. P. D.
AIDE-MÉMOIRE