PRÉPARATION DES MASSES DE CAOUTCHOUC
matière. Toutefois, d'après mes expériences, et indépendamment des frais qu'occasionerait sa préparation, lesquels ne permettraient pas de les appliquer en grand, cette huile exerce une action à peine égale à celle de la Donne essence de térébenthine.
§ 6. En Angleterre, ainsi que dans plusieurs autres pays, on se sert principalement pour cet objet, de l'huile essentielle que l'on extrait du goudron de houille. La plupart dès autres huiles essentielles agissent bien aussi comme dissolvant sur le caoutchouc; mais il est impossible de s'en servir à cause de leur prix commercial. Quant a l'emploi de l'huile essentielle de houille, il présente des inconvénients graves. Un enduit fait avec une masse préparée de cette manière, conserve encore longtemps après la dessiccation une odeur très-désagréable que tout le monde connaît, et perd de son élasticité en durcissant par un froid même peu intense. Ce dernier défaut peut provenir d'un traitement peu convenable de la résine qu'on a portée, peut-être, à une trop hante température avec l'huile, et, dans tons les cas, ce sont là deux circonstances fâcheuses; surtout, nous le répétons, lorsque les masses sont destinées à rendre des vêtements imperméables.
On ne saurait trop éviter l'emploi des matières ou des huiles grasses comme dissolvant pour le caoutchouc. Ces corps dissolvent bien, il est vrai, complètement cette substance à l'aide de sa chaleur; mais aussi ils la décomposent entièrement.
§ 7. Je donne la préférence sur toutes les autres, aux masses de caoutchouc préparées à l'essence de térébenthine sans addition quelconque. Mais comme tout le caoutchouc qu'on rencontre dans le commerce ne possède pas également l'ensemble des qualités qui sont nécessaires [tour parvenir au but ; il est indispensable, avant de soumettre une sorte quelconque à des préparations, de s'àssurer par des essais en petit, si elle y est propre et. comment il convient de l'employer. J'ai fréquemment rencontré des caoutchoucs qui, traités à froid avec quatre fois leur poids d'essence de térébenthine, et travaillés avec soin à plusieurs reprises, se sont parfaitement ramollis et ont fourni une masse homogène facile a travailler et séchant aisément. Une fonte de cette nature est la plus avantageuse de toutes; mais, malheureusement, il nous est assez difficile, à nous acheteurs de seconde main, de pouvoir déterminer l'origine ou la patrie d'une pareille sorte. J'ai aussi trouvé d'autres caoutchoucs qui se gonflaient complètement dans trois, et même dans deux fois leur poids d'essence de térébenthine.; mais la masse n'était plus duc-
tile ; elle était poisseuse et restait toujours collante. Etait-ce un caoutchouc artificiel ou un produit déjà travaillé, ou, entin, une sorte provenant d'une espèce de plante que je ne connais 'pas ? Tout ce que je sais, c'est qu'il était noir et présentait, en le coupant, un aspect très-brillant. On rencontre aussi des sortes qui exigent jusqu'à six fois et davantage leur poids d'essence pour les dissoudre ; et qui, après avoir été traitées convenablement, et en temps suffisant, fournissent une niasse bien compacte et sans grumeaux. Toutefois, comme la qualité de dissolvant a besoin d'être prise en considération dans la préparation des masses; ces sortes doivent, autant qu'il est possible, être rejetées comme ne remplissant pas le but. Enfin, il est des sortes qui consomment encore bien plus d'essence, qui ne s'y gonflent même que médiocrement sans s'y ramollir complètement. Ou est donc forcé d'écraser les masses au moyen d'un laminoir à cylindres cannelés, ou bien, de les cpmprimer avec un cylindre dont là surface convexe est percée de trous très-fins : ce qui exige beaucoup de temps et de force,
§ 8. On doit rejeter sans hésiter quand on veut se livrer à la préparation de masses de bonne qualité, un caoutchouc du Paraguay qu'un rencontre parfois dans le commerce en giaudcs tables semblables à une grosse flèche de lard, et qui est noirci à l'extérieur par la fumée, cassant, fragile, lardacé à l'intérieur, en partie blanc-jaunatre, en partie brunâtre et renfermant une grande quantité d'impuretés, telles que bÔis, écoree , etc. Soumis à une douce chaleur, ce caoutchouc devient brun, translucide, peu élastique et poisseux ; il se ramollit dans l'eau bouillante où il est moins collant et plus élastique : il se comporte avec les dissolvants comme les sortes mentionnées en damier lieu, et, par conséquent, n'est pas, indépendamment de sa qualité impure, d'un emploi avantageux. Il se ramollit complètement par une longue ébullition dans l'essence de térébenthine, la masse qu'on en obtient sèche facilement; mats alors, elle a perdu toutes les propriétés du caoutchouc.
§ 9. Relativement au dissolvant qu'il convient d'employer, il est bien entendu que l'essence de térébenthine rectifiée et exempte de résine, agit plus énergiquement que l'essence du commerce. La première, toutefois, est d'un prix élevé, et si celle du commence n'est pas trop vieille et ne renferme pas beaucoup de résine, la différence n 'est pas en réalité bien sensible.
J'ai remarqué aussi des différences importantes dans la faculté de dissoudre le caoutchouc dans les dilTérentes es-