PRÉPARATION DU CAOUTCHOUC VULCANISÉ
La tête de cette tige ou boulon , qui se trouve au-delà, de l'embase, eu venant porter contre, empêche le plongeur de sortir complètement du cylindre a.
Le plongeur b est une pièce circulaire en fonte, tournée cylindriquement à l'extérieur, de manière à entrer juste , mais librement, dans la saillie alésée du cylindre a ; cette pièce porte à l'autre bout une bride ou embase circulaire entaillée en partie dans le bois de la tête du tampon, auquel elle est'fixée par des vis et boulons.
hhhh sont des rondelles de caoutchouc vulcanisé, séparées par trois plaques métalliques formant le ressort du tampon.
La figure 11 n'est qu'une modification du ressort représenté, fig. 12, et peut s'appliquer également aux tenders , locomotives , wagons, ou autres voitures do chemin de fer.
Dans cette disposition, l'encaissement circulaire a, portant un rebord à. sa base, et boulonné au tampon, avance avec lui lorsque la pression a lieu.
b est une pièce do foute portant, d'un bout, une embase rectangulaire qui se fixe par quatre boulons à l'extrémité des lôngrines du châssis. L'autre extrémité do cette pièce se termine par une plaque circulaire qui so trouve entourée par l'encaissement «, dans lequel elle entre librement; une partie cylindrique et creuse et quatre nervures extérieures forment l'intervalle entre la plaque circulaire et l'embase (Voir fig. 15, section de cette pièce.)
Le collet de la tige cylindrique c porte au fond de la boite ou encaissement a, et une rivurc extérieure la rend solidaire avec cette pièce, dont elle suit, par conséquent, tous les mouvements. Deux trous, de diamètre différent, sont percés, l'un dans la plaque, l'autre dans l'embase de la pièce i, pour recevoir la tige c, un écrou taraudé à l'extrémité de cette tige, et serré en dehors de l'embase, empêche le tampon de rétrogader au-delà du poiut déterminé. Les rondelles en caoutchouc et les plaques sont dans l'intérieur de la boite a. et portent contre la plaque cylindrique de la pièce 6. Un trou longitudinal est pratiqué au c^tro des lôngrines pour admettre la tige c et son écrou.
: La figure 16 représente en élévation la partie postérieure d'un tenderavec un axe et son ressort de suspension.
aest le bout du résejMoir.
fcc, les lôngrines supérieure et inférieure du châssis, tenues àintervalle par les montantsdrf.
e est la boite d'essieu qui se meut verticalement dans la coulisse en fonte f, servant de chaque coté , de guide-axe.
et se terminant dans la partie supérieure, par une plaque qui s'applique sous la Iongrine inférieure. Les boulons g g traversent les deux longrines et la plaque, et réunissent le tout ensemble.
h est une rondelle en fonte, percée au centre, au diamètre de la tige i, et entrant juste dans l'extrémité supérieure de l'enveloppe en tôle j, qui remplit en hauteur l'intervalle entre les deux longrines et garantit les rondelles en caoutchouc.
h est une forte rondelle en fonte, du même diamètre que les plaques d'intersection et portant, comme elles, une partie coniqueau centre. L'extrémité inférieure de la tige i, porte sur la boite d'essieu e, et le surcroît de diamètre de la partie intermédiaire forme un épaulement qui porte la rondelle jfc et la fait agir contre les rondelles en caoutchouc, lorsque la voiture prend sa charge.
La figure 17 représente, au repos, une barre de traction, rigide, c'est-à-dire qu'elle ne s'allonge pas sur elle-même, bien qu'elle n'ait de communication avec la voiture qu'elle met en mouvement que par un intermédiaire élastique.
La ligure 18 représente la même barre pendant qu'elle est en action, la force de traction venant du côté droit.
a a sont deux traverses en fer qui réunissent les longrines à l'intérieur du châssis, ou de simples plaques de fer, dans le cas où ces traverses sont en bois.
b est une tringle cylindrique en fer forgé, dite barre de traction, et terminée a chaque bout en dehors des traverses extrêmes du châssis, par le crochet ordinaire qui sert à. réunir les voitures entre elles.
ce sont deux bagues en foute, terminées extérieurement par une partie, conique, qui s'emboîte exactement dans les traverses aa; l'une de ces bagues portant aussi intérieurement un cône plus petit et conforme à celui des 'plaques d'intersection; c'est entre ces deux bagues que.se trouvent placées les rondelles en caoutchouc vulcanisé et les plaques d'iritcrsectiou..auxquellcK la tringle 6, qui les traverse, sert de guide. W
dd sont deux manchons en fer qui portent contre les bagues ce et sont rendus solidaires avec les tringles, au moyen „ de clavettes qui traversent les deux pièces.
On comprendra facilement que, logique la traction vient du côté droit, le manchon de ce même côté quitte la douille qui l'avoisine et qui se trouve retenue par la traverse droite, taudis que le manchon de gauche entraîne, au contraire, avec lui, la bague contre laquelle il appuie, la fait quitter la, traverse gauche et comprimer les rondelles élastiques.
PRÉPARATION DU CAOUTCHOUC VUtCANISÉ. 57
L'effet contraire a lieu d'une manière symétrique, lorsque la. traction s'opère du côté opposé.
Les figures 19 et 20 représentent deux barres de traction élastiques, c'est-à-dire qu'elles s'allongent lorsque la traction a lieu.
Certificat d'addition, en date du 23 juin 1847.
Fig. 21, tampon disposé principalement pour des -wagons, et qui ne diffère do ceux représentés, flg. 12 et 14 du brevet, que sur les points suivants.
1* La forme des plaques d'intersection A est un peu modifiée à leur circonférence, et à la projection conique qu'elles portaient au centre, d'un côté seulement, et répétée *le l'autre, de telle sorte que, les deux cotés étant uniformes, il n'y a plus à rechercher un sens particulier pour les mettre en place; il en résulte encore l'avantage que la rondelle en caoutchouc se trouve supportée des deux côtés et maintenue en conséquence dans une position plus concentrique.
2° La tige conductrice des plaques b, au lieu d'être en fer forgé et fixée au plongeur par un écrou , sera en fonte et à la même place que le plongeur ; un trou conique, pratiqué au centre, lui donnera de ia légèreté sans lui rien retenir de sa force.
3° La course des tampons est limitée, lorsque le ressort est comprimé, par l'embase circulaire c, tournée sur la base du plongeur, et lorsque le ressort se détend, le plongeur est retenu a la Un de sa course par un simple anneau en fil d'acier d. qui se loge dans la rainure circulaire, tournée à l'extrémité de la tige : il est retenu dans cette rainure par les parois intérieures de la cavité e, pratiquée dans le centre du cylindre pour le recevoir. Cet anneau est fendu sur un point de la circonférence, de manière à pouvoir l'entr'ouvrir pour le loger dans sa rainure ; lorsqu'il est en place, son élasticité le fait se refermer sur lui-même.
La figure 22 est une modification de la figure 21, en ce sens que la tige b est en fer forgé; mais elle sera placée dans le moule, lorsque l'on coulera le plongeur, les rainures circulaires tournées dans ta partie conique de la tige, et que la fonte vient remplir, unissent mieux les deux pièces qui, malgré la nature différente du métal, n'en font réellement plus qu'une seule.
Ce même tampon, modifié dans ses dimensions, peut s'appliquer également aux locomotives et aux tenders.
La figure 23 représente un tampon de voiture de voyageurs; il ne diffère de celui désigné, iig. 3, du brevet prin-
cipal, que par la tige conductrice a et la disposition particulière du plongeur 6. Dans le dernier brevet, cette pièce était un simple tube en tôle brute, dont le seul but était de garantir les rondelles en caoutchouc ; aujourd'hui, ce plongeur est en fonte, tourné cylindrlquement à l'extérieur, et de (liLi inclre convenable pour entrer juste dans la partie alésée à l'orifice du cylindre en fonte, c, qui se fixe, comme auparavant, à l'extrémité des longruies du châssis. Un trou conique, alésô dans le fond du plongeur, suivant l'indication du plan, reçoit une des extrémités de la tige a, qui s'y ajuste avec précision et s'y trouve serrée et maintenue par les éemus et le contre-écrou dd. Une rondelle e, serrée contre l'épaclement de l'autre extrémité de la tige, par les écrous et contre-écrous ff, limite la course rétrograde du plongeur.
Il va sans dire qu'un trou longitudinal est pratiqué au centre des longrines, pour admettre la tige a avec sa rondelle et ses écrôus, lorsque le tampon est mis en action.
La figure 24 représente un ressort de suspension modifié.
a est une partie du châssis au-dessous des roues. 6 6, les guide-av.es ordinaires, tels qu'ils se trouvent dans la plupart des voitures de chemin de ter.
c, la boite d'essieu.
d est une pièce en fonte, dont la forme sera mieux indiquéeen plan, ftg. '25 ; aux points aa, elles porte deux entailles remplies par les guide-axes, qui empêchent la pièce de varier en aucun sens, et v sont deux oreilles traversées par les boulons ee, qui fixent la pièce d au châssis ; les autres parties sont circulaires , la plus centrale u, destinée à soutenir la compression des rondelles élastiques, et la partie extérieure, servant de recouvrement pour garantir la rondelle supérieure.
/„est une plaque d'intersection à double cone au centre . et à recouvrement inférieur seulement,
h est une bairue eu fonte placée entie la boite d'essieu et la première rondelle élastique ; cette bague porte un petit cône dans sa partie supérieure, pour maintenir la concentricité de la première rondelle, et, par dessous, une projection circulaire qui entre dans la boite d'essieu, pour maintenir sa propre conccntricité.
Les pièces d fg h sont en fonte brute, avec le jeu nécessaire pour pouvoir se mouvoir, sans obstacle , les unes dans les autres, lorsque le ressort est en action.
28. Comme on le voit,la découverte de M. Hancock, n'a pas tardé à raviver l'ardeur des fabricants et des expérimenta,-
MlÊFAtlATION tU CAOETC1IOUC VULCANISÉ. 59 leurs. Mis sur la voie, chacun, d;ius des vues diverses^ les uns par intérêt, les autres désireux d'attacher leur nom k cette découverte, quelques-uns par amour de la science et stimulas par la Jouable ambition de se rendre utiles, a voulu coopérer à l'œuvre, et les essais ont clé variés à l'infini. Cependant, faisons cette remarque qu'à l'exposition de 1S44, bien qu'il y eut déjà une année que la patente de H. Hancock fût prise, personne encore n'en expose sous les yeux du jury, et le mot vulcanisation ne se trouve encore nulle part, en France du moins. Nous allons continuer a donner le résultat des travaux des uns et des autres; car bien que presque tous établissent leurs essais sur les données de M. Hancock, il se rencontre toujours dans ce qu'ils livrent à la publicité do nouveaux aperçus, la mention de nouvelles substances, qu'il importe'de connaître. Celui qui fait sa spécialité de la manipulation du caoutchouc, ne nous accusera pas d'avoir consigné des redites. Et, en effet, la lecture de tous ces procédés se ressemblant au fond, mais offrant partout des variantes importantes, pourra lui être d'une grande utilité, et lui épargner des dépenses, des peines et du temps. S'il ne sait pas que telle substance a été employée, que tel ou tel degré de chaleur a. été atteint, il pourra se faire que l'idée lui vienne aussi d'essayer ces substances, et donner aussi un même degré de température ou de l'élever davantage; mais s'il voit dans ces brevets que nous lui transcrivons, dans ces mémoires que nous analysons, que la même idée est venue à d'autres avant lui, ii ne dirigera plus ses pas dans une route déjà explorée; son activité se dirigera vers les voies nouvelles, et il pourra se convaincre, en suivant attentivement la marche des autres, que la marche qu'il veut suivre est véritablement nouvelle, etque les perfectionnements qu'il pourra obtenir lui seront dus. Telles ont été les considératious qui nous ont déterminé à ne reculer devant aucun travail, et à, continuer notre exposition pour la rendre aussi complète que possible.
Nous aurions pu assurément mettre plus d'ordre dans uotre travail, en analysant chaque mémoire ou annonce des journaux industriels français ou étrangers, et en en formant un tout homogène; mais cette façon d"'agir, plus brève, avait un grave inconvénient; celui de substituer notre manière personnelle d'envisager les choses à celle des chimistes et des industriels. Il aurait pu arriver alors que telle chose, tel fait, qui nous eussent paru n'avoir que peu ou point d'importance, auraient été supprimés, et que, tout justement, •cette chose et ce fait étaient ce qu'il importait le plus au,
PREMIÊHE PARTIE.
lecteur de connaître. Nous avons donc pensé qu'il était pins prudent de conserver les termes exprès employés par les écrivains ou les fabricants dans leurs mémoires ou dans leurs brevets, parce qu'ils exprimaient hien mieux la pensée des auteurB que nous n'aurions su le faire.
Procédés pour le traitement du caoutchouc et du guitapercha, publiés par M. A. Paiikes, de Birmingham. 29. Pour mettre en pratique les nouveaux procédés que je propose, j'emploie le bisulfure ou le sulfure de carbone , ou bien je me sers du naphte de houille, ou de l'essence de térébenthine ou autre dissolvant convenable du caoutchouc. Je dissous dans l'un d'eux, en donnant la préférence au bisulfure de carbone, les autres matières décrites ci-après, et produis ainsi, à un plus ou moins haut degré, les perfectionnements qui font l'objet de cette invention; et que, pour abréger, je désignerai par la suite par le nom de changement (1).
§ 1. Je prends 40 parties de bisulfure de carbone et j'y ajoute une partie de chloride ou hypochloride de soufre préparé, aussi neutre qu'il est possible, et je mélange parfaitement dans des vases en terre ou autres convenables. Je plonge alors le caoutchouc en feuilles,, ou sous toute autre forme, dans ce mélange^ où je le laisse plus ou moins de temps, suivant l'épaisseur de la substance de l'article ; mais, ru ç-n: néral, pour les applications usuelles, une feuille de imm.5 d'épaisseur est suffisamment changée en une ou deux minutes.
Dans le cas où lo caoutchouc est d'une épaisseur considérable, on emploie une proportion plus faible de chloride de soufre, afin qu'il agisse avec plus de lenteur sur la masse; attendu que j'ai remarqué qu'une solution concentrée en contact peudant une. longue période agissait d'une manière nuisible sur la surface,
§ 2. J'emploie des mélanges d'autres substances avec les dissolvants ci-dessus pour opérer le changement, tels sont : les chlorides, azoiites, azotates, iiuoridcs, bromides, iodideg, sulfures, pbosphures terreux et métalliques, en donnant la préférence à ceux de soufre, d'antimoine, d'arsenic ou de carbone, quoique je pense que les chlorides soient, dans l'ordre indiqué ci-dessus y les meilleurs composés pour cet objet.
{■) H. Patte* n'emploio ai lo mot VHlc^iialiuli, ni cului velcaal «mon, mtli bltn celui chàngiment. Nam no l'avont mit rn italique qu'une mille Foii, no pcnioat p» qu'il mil nccniairc du lo nnligner dam tout le touri de la ddmonMraUon.
TRAITEMENT DU CAOUTCHOUC ET DU GGTTA-PEnCIIA. fit
Le caoutchouc ayant été enlevé de la solution , est suspendu dans une étuve chauffée à. environ 26 a 27° centig., «t, lorsque le dissolvant du caoutchouc a été évaporé, on lave bien celui-ci dans l'eau ou on le fait chauffer dans une lessive caustique, qu'on prépare à raison d'un kilog. de po-; tasse ou de soude caustique pour dix litres d'eau, en y fai ■ ■sant bouillir le caoutchouc pendant une heure. Le caoutchouc, étant ensuite séché, est propre aux applications et a reçu le changement dont il a été question.
§ 3. Quand on veut produire le changement sur le caoutchouc à l'état sec, on y mélange, dans la machine à pétrir, ou au moyen de cylindres, ainsi qu'on le pratique ordinairement, le chloride de soufre dans la proportion de 1 kilog. de chloride pour 8 à 10 kilog. de caoutchouc, ou bien une ■ou plusieurs des autres substances propres à produire le changement, et ou continue l'action -de la machine a pétrir, ou des cylindres, jusqu'à ce que les substances soient bien mélangées, époque où ie changement est effectué. Cette opération exige plus ou moins de temps suivant la vitesse de la machine ou la quantité do matière qu'on travaille ; mais on peut constater aisément l'état de la masse en en coupant de temps a autre des échantillons peu épais qu'on examine. Si on trouve que la. force élastique est suffisamment augmentée (ce dont il est très-facile de juger avec un peu d'expérience), et aussitôt qu'on s'aperçoit que le changement est effectué, on enlève la masse de la machine, et, pendant qu'elle est. encore chaude, on l'introduit dans les moules pour l'y comprimer, ou bien on lui donne d'autres façons.
Les proportions peuvent varier, et, en général, le temps requis pour produire le changement sera d'autant moindre que la proportion de la quantité de l'agent de changement qu'on aura employé sera plus grande.
•Je ferai remarquer que j'ai trouvé que quand on opère ainsi sur le caoutchouc, il est à désirer qu'on applique de petites quantités d'un dissolvant de cette substance (ainsi qu'on l'a fait jusqu'à présent pour préparer le caoutchouc sous forme plastique) ; mais, en même temps, j'ai remarqué que ce procédé n J était pas aussi parfait que celui décrit ci-dessus, et où les agents du changement sont en solution.
g 4. Après avoir décrit les moyens à l'aide desquels je produis le changement dans le caoutchouc, je dirai que je suis exactement le même procédé relativement au guttapercha, avec cette différence, toutefois, que j'ai remarqué en général qu'il convenait do n'employer qu'une proportion plus faible de chloride de soufre, ou autre substance et agent du changement.
Caoutchouc. §
62 PREMIÈRE PARTlC;
§ 5. Je combine aussi le caoutchouc et le gutta-percha dans les proportions requises, à l'aide de la machine à pétrir ou de tout autre moyen; et je traite la combinaison, ainsi qu'il a été dit relativement au caouchoucou au guttapercha pris séparément.
Un mélange semblable à celui décrit ci-dessus (consistant en un agent de changement, et un dissolvant formant une solution étendue ou faible} peut être incorporé avec les solutions ordinaires de caoutchouc et étendu sur le cuir, la soie ou autres tissus de la manière dont cela s'opère avec le caoutchouc ordinaire, et après la dessiccation le changement aura été opéré. On peut préparer aussi des solutions de caoutchouc et de gutta-percha avec les mélanges dont il vient d'être question, ou le nouveau dissolvant dont on va parler, les étendre sur des tissus et obtenir .le même résultat. Des couches successives peuvent aussi être appliquées à des tissus encollés, puis enlevés par les moyens bien connus dans le travail ordinaire du caoutchouc, et pour l'obtenir en feuilles de telle Jargeîir ou épaisseur qu'on le désire.
§ 6, Une autre partie de mon invention consiste dans l'application d'un procédé qu'on exécute en faisant paser du gaz acide sulfureux sur du camphre finement granulé, jusqu'à ce que -le camphre soit devenu liquide par l'absorption de l'acide sulfureux gazeux pour dissoudre le caoutchouc et le gutta-percha, seuls, ou avec les substances propres à produire le changement. Par ces moyens, je. produis un nouveau dissolvant pour cet' objet, applicable aussi à la solution des résines ét des gommes-résines, et qu'on applique de la même manière que les autres dissolvants pour ces matières.
§ 7. Je vais décrire maintenant les moyens dont, je fais usage pour appliquer une autre partie de mon invention, en soumettant le caoutchouc à des matières sous forme gazeuse, les gaz dont je me sers dans ce but sont l'acide sulfureux, le chlore, l'acide azoteux, le lluor et les vapeurs de brome et d'iode. Voici, je crois, les meilleurs moyens qu'il convient pour cela d'employer :
Je place le caoutchouc en feuilles ou sous telle autre forme dans une chambre close en fonte ou en plomb, revêtue a l'intérieur d'un vernis à la gomme laque pour l'opposer â l'action du chlore ou autre gaz sur le métal. Le caoutchouc est suspendu ou disposé à l'intérieur de cette chambre, do manière que le gaz injecté s'y trouve en contact parfait dans tous les points. Pour que le gaz n'agisse pas avec trop d'énergie sur le caoutchouc, j'emploie simultanément les vapeurs d'un dissolvant du caoutchouc, vapeurs qui peuvent
TRAITEMENT DO CAOUTCHOUC ET DU Gl'TTA-PERCIU. «3
être produites par l'application de la chaleur à l'un quelconque de ces dissolvants contenu dans un vase de cuivre ou de fer, séparé de la chambre où l'on a placé le caoutchouc. Je me sers de préférence à cet effet de bisulfure de carbone. Alors, je fais passer l'un ou l'autre des gaz ci-dessus spécifiés, dans la chambre close, que je remplis en même temps de vapeur de dissolvant. J'ai remarqué que lorsqu'on ne faisait ainsi passer qu'un seul des gaz ci-dessus^ c'était le chlore qui avait le plus d'ell'el. Le caoutchouc reste ainsi exposé a, l'influence de ces matières pendant une heure et plus, suivant l'épaisseur des pièces; un peu de pratique permettant aisément de juger du temps suivant les circonstances.
On peut aussi employer une combinaison de deux des gaz indiqués ci-dessus, et le chlore, ainsi que l'acide sulfureux gazeux, agissent très-bien ensemble ; mais, dans tous.les ras, on se sert également avec leur combinaison, de vapeurs d'un dissolvant ainsi qu'il a été dit, afin de ramollir le caoutchouc et de permettre aux gaz d'agir. Dans cette circonstance, on admet les gaz dans la chambre à raison de 10 volumes de gaz acide sulfureux pour 1 volume de chlore.
§ 8. J'ai remarqué que le caoutchouc pouvait très-bien être combiné d'abord avec le soufre dans la proportion de 1 partie de soufre pour 40 de caoutchouc, par le moyen du pétrissage ou tout antre, puis être soumis à l'action du gaz, comme il a été dit précédemment, * Je n'ai pas trouvé, quand on applique les gaz, que les résultats fussent aussi complets et aussi convenablement obtenus tlans les opérations, lorsqu'on se servait des agents de changement en solution; et c'est pour cette raison que je donne la préférence à l'emploi "des solutions, ainsi que je viens de le dire ; et je ferai remarquer que des articles, préalablement manufacturés, partie en caoutchouc ordinaire et partie en cuir ou soie ; par exemple, un tissu élastique ou autre article, peuvent être soumis au changement, soit par le procédé des solutions, soit par celui des gaz, comme on ly juge convenable.
g 9, Je combine avec le caoutchouc, ou le gulta-percha, ou les composés de ces substances, soit à l'état sec, soit à l'état de solution, et avant l'application du procédé dit chan- . gement, soit la laine, le lin, le coton ou autre substance fibreuse coupée en morceaux d'une faible longueur; soit la poudre de buis ou de liège, les oxydes des métaux, et j'exécute ces combinaisons au moyen de cylindres on de machines à pétrir, par les moyens employés ordinairement à cet
§ 10. Je mélange et combiné anssl de la mê"m& manière avec le caoutchouc, le gutta-percha ou leurs composés, des résines, des gommes-résines, et, en particulier, celle importée récemment de la terre de Van-Diémen appelée gomme colorée, et une autre substance, aussi importée récemment du mémo pays, appelée gomme wood stree. Jo traite toute» ces substances et combinaisons avec les solutions et les gaz pour effectuer le changement.
§ 11. Souvent j'orne et décore les articles fabriqués en caoutchouc et gutta-percha, ou une combinaison de ces substances, en les peignant ou en y imprimant, au moyen de planches ou de rouleaux gravés, des dessins, modèles, etc., après leur avoir donné un fond en couleur par un des moyens décrits ci-après ; ou bien, je combine différentes couleurs avec ces substances ou composés, soit à l'état de sel, soit à l'état de solution, et je les mélange de manière à ce qu'elles présentent une espèce de marbrure ; puis, après, je produis le changement par l'un des modes indiqués.
Je produis aussi des figures ou autres objets en relief sur ces substances ou leurs composés , en les soumettant à la pression dans des moules ou des formes, immédiatement après les avoir plongés dans le mélange propre à produire le changement : ou bien je fabrique des articles de la même manière avec les substances a l'état sec, immédiatement après que le changement a été effectué et avant que la matière ait perdu la chaleur qu'elle a acquise dans la machine à pétrir. Je produis les mêmes effets ou des effets semblables en employant des solutions de ces substances ou composés à leur état ordinaire ; et lorsque les articles ainsi façonnés sont secs, on y produit le changement par les solutions ou les gaz. Enfin, je fabrique des articles par les mêmes moyens ou des moyens analogues avec des solutions de ces substances dans le mélange employé pour produire le changement, ou le nouveau dissolvant mentionné précédemment.
§ 12. Le caout&houc, ou le gutta-percha, ou les composés de ces substances qui ont éprouvé le changement décrit, ne sont, sous cet état, attaqués qu'en partie et faiblement par les dissolvants, et difficiles à être travaillés par les moyens communément employés pour opérer sur la substance naturelle, et par conséquent les rognures et les résidus de la fabrication ont été jusqu'à présent d'un emploi difficile ; mais si on veut les amener a un état propre à être manufacturés de nouveau, on les traite ainsi qu'il suit :
On prend 10 kilog. de chlorhydrate de chaux, et on tait chauffer avec 4 a 5 kilog. de rognures pendant un temps plus
TRAITEMENT DU CAOUTCHOUC ET DU GUTTA-PEIl CH A. G3 ou moins long, suivant le volume ou la masse de la substance, et jusqu'à ce qu'en faisant l'essai sur quelques-uns des morceaux, on trouve qu'ils sont dans un état propre à s'unir par la pression. On enlève alors le chlorhydrate de chauxj on lave d'abord dans une eau alcaline chaude, puis dans de l'eau pure également chaude. Après quoi, on peut manufacturer de nouveau les matières, et les soumettre à l'un des procédés propres à produire le chaudement. Les rognures ou les résidus des substances qui ont été soumises au procédé dit de vulcanisation sont traitées avec Je même succès par cette méthode.
g 13. Je vais maintenant 'décrire un autre procédé de mon invention, qui consiste â teindre le caoutchouc et le gntta-percha seuls ou combinés, et, après cette teinture,, â les traiter, si on le désire, par les agents de changement.
Pour teindre le caoutchouc, ou le gutta-percha, ou leurs composés, en noir, on les fait chantier pendant un quartd'heure ou une demi-heure dans la préparation suivante : Ou prend 500 grammes sulfate de cuivre qu'on dissout dans 4 à 5 litres d'eau ; 500 grammes ammoniaque caustique ou chlorhydrate de cette base : ou bien, on prend et on l'ait bouillir 500 grammes sulfate ou bisulfate de pelasse et 250 grammes sulfate de cuivre dans la même quantité d'eau.
. Pour teindre ces mêmes substances en vert, on prend 500 grammes chlorhydnile d'ammoniaque, 25fl grammes sulfate de cuivre,! kitog. chaux, caustique et 4 à 5 litres^l'eau, et on fait bouillir d'un qu:u-t-d 'heure ;i un? de mineure.
Ou obtient une autre teinture produisant une nuance pourpre, eu se servant de 250 grammes sulfate ou bisulfate de potasse, 125 grammes sulfate de cuivre et 125 grammes sulfate d'indigo; et on fait bouillir le caoutchoute t le gnllaperclia de un quart-d'lieure â une demi-heure. L'intensité des nuances peut varier suivant la proportion des ingrédients employés.
Quand on veut colorer le caoutchouc, ou le gulta-percha, ou leurs combinaisons, on emploie, entre autres, les couleurs suivantes, pour le bleu, l'outremer; pour le rouge, le vermillon, le carmin et le laque rose; pour le vert, le vert de Brunswick ou l'acétate de cuivre; pour le jaune, le jaune de chrome ou l'oxyde d'uranium; pour le blanc, la couleur dite blanc d'argent ou blanc satin; mais, en général, il vaut mieux se servir de cette dernière couleur comme de fond pour celles ci-dessus, et je ferai seulement remarquer que les procédés de coloration doivent précéder ceux, propres à produire le changement.
Mémoire du docteur Brethatjeu, sur Impréparation des misses de caoutchouc et leurs diverses applications.
30. On sait qu'on peut amener le caoutchouc enle traitant par certains menstrues à former une solution coulante, ou bien une masse épaisse, pâteuse ou gélatineuse. Comme c'est sous cette dernière forme que le caoutchouc reçoit la plupart de ses applications industrielles ; c'est aussi de sa préparation que nous allons nous occuper.
§ 1. Jusqu'à présent (1845) on a préparé ces masses par divers moyens propres à ramollir le caoutchouc; mais ces moyens remplissent rarement le but, parce que tantôt, ces masses restent collantes, tantôt elles' deviennent cassantes, après la dessiccation ; et, par conséquent, ne sont plus propres à constituer un enduit hydrofuge pour les tissus.
Relativement aux dissolvants du caoutchouc,' nous nous permettrons la remarque suivante. C'est que tous ont le défaut de ne pouvoir ramener cette substance à son état naturel laiteux, et que tous la laissent, après la dessiccation, plus ou moins altérée.
§ 2. Déjà, par la chaleur seule, on peut amener le caoutchouc à l'état de matière épaisse ou demi-fluide, en le faisant fondre. Cette masse reste longtemps poisseuse et molle; mais elle finit par sécher en un corps semblable au brai des marins. Le caoutchouc est donc dénaturé entièrement parla chaleur: d'où il s'eusuit que, dans toutes les dissolutions de cette substance, l'emploi de la chaleur doit être évité autant que possilK
§ Le carbure de soufre, qui est le plus puissant dissolvant pour toutes les résines, dissout le caoutchouc de la manière la plus prompte et la plus complète. La solution peut avoirtelleforccqu'on désire, et donne de nouveau, en exposant à l'air pour l'évaporation de l'alcool soufré, du caoutchouc naturel. Ce dissolvant ne laisserait donc rien à désirer, si soo prix élevé n'en interdisait l'emploi en grand.
§ 4. Dans l'éther, le caoutchouc renfle considérablement, il devient très-extensible et se dissout finalement, complètement ou en grande partie dans ce liquide. Mais l'éther est de même si cher, que son emploi ne remplhait pas encore notre but. 11 y a, cependant, quelque avantage à ajouter à une masse de caoutchouc, préparée à l'essence de térébenthine,
la dessiccation.
§ 5. L'huile éthérée obtenue par la distillation sèche du caoutchouc, devrait être un excellent dissolvant pour cette