PROCÉDÉS TOUR TRAVAILLER LE CAOUTCH01TC
Caoutchouc vulcanisé. — Teinture du caoutchouc.
35. On sait que le caoutchouc est très-impressionnable aux changements de température, la chaleur le détruit, et il durcit au froid; tout récemment, M. Hancock est parvenu a le rendre insensible à ces influences eu l'unissant au soufre.
Le procédé consiste à exposer le caoutchouc a un mélange de sulfure de carbone et do chlorure de soufre ; par ce procédé, le caoutchouc n'est pénétré qu'à la surface, on ne peut donc pas se servir de ces moyens quand on a à opérer sur de grandes masses do matières.
g 1. Le procédé par sulfuration ou vulcanisation a été inventé par M. Hancock; cet industriel a observé qu'en plongeant le caoutchouc dans du soufre en fusion à différentes températures, le caoutchouc absorbe le soufre, se colore en noir, et acquiert finalement la consistance de la corne.
§ 2. On peut encore communiquer au caoutchouc cette propriété, en le pétrissant avec du soufre, et exposant ensuite le tout à une température de 70a R., ou encore en faisant dissoudre le caoutchouc dans de l'essence de térébenthine préalablement saturée de soufre.
Les propriétés du caoutchouc ainsi modifié sont les suivantes :
1° Il conserve son élasticité à toutes les températures, tandis que la substance non modifiée est dure et rigide à 3° 1/2
2° Le caoutchouc vulcanisé est inattaquable par les dissolvants ordinaires, tels que sulfure de carbone , pétrole, essence de térébenthine;
3° Il s'oppose, à un haut degré, a la compression. Ainsi, Un boulet de canon se brisa en éclats après avoir été chassé sur un bloc de caoutchouc vulcanisé qui fut à peine entamé.
§ 3. Le caoutchouc ainsi modifié sert à fabriquer des ressorts pour serrures, etc. ; il se prête aux ornementations les plus compliquées; on en fait dos vases imperméables, des bouteilles pour conserver de l'éther, par exemple. 11 sert- encore a confectionner des écritoires.
§ 4. C'est avec une couche do cette substance qu'on protège les fils métalliques contre l'action corrosive des eaux de mer, et par conséquent il pourra servir pour les fils destinés à établir une communication galvanique entre la France et l'Angleterre.
La même chose se dira des conducteurs télégraphiques qu'on a proposé de recouvrir d'une couche de gutta-percha. {V.' gulta-percha).
§ 5. C'est pour cette raison que le caoutchouc soufré se prêtera à la confection des tubes aspirateurs pour les cloches à plongeur, mieux que ne le tait le canevas qui aservi jusqu'ici, et qui ne résiste pas longtemps à l'action de l'eau de mer.
§ 6. On à essayé de remplacer les ressorts d'un fiacre par des tubes de ce caoutchouc , et on a vu que la voiture exige une moindre dépense de force.
Mais l'application la plus utile paraît être celle qu'on fait aux chemins de fer. Si l'on fixe le caoutchouc entre la bande et le brancard, les bandes ne montrent pas la moindre trace de pression. Des ressorts de caoutchouc soufré ne se rompent jamais, même sous les secousses les plus violentes.
Aux procédés que nous venons de donner, nous joindrons ceux pour lesquels M. Alexandre Partes, de Birmingham, a obtenu un brevet.
CAOUTCHOUC VULCAXISÈ. 79
§ 7. On prend :
Sulfure do carbone 40 parties.
Cliiorure de soufre 1 —
On fait le mélange dans un vase de grès, et Ton y plonge le caoutchouc réduit en feuilles; on le laisse dans le liquide plus ou moins de temps, suivant son épaisseur. Uno feuille de 2 millim. d'épaisseur, est suffisamment modifiée au bout d'une ou de deux minutes.
Si les feuilles sont très-épaisses , il faut prendre un peu moins de' cliiorure de soufre, pour que ce dernier agisseplus lentement sur la masse, car M. Parkes a trouvé qu'une forte dissolution altère la surface du caoutchouc, quand cette matière y séjourne. *
g 8. Après que le caoutchouc a été retiré de sa composition, on le suspend dans- uue chambre chauffée a 21° R. ; quand le dissolvant est évaporé.on lave à grande eau, ou l'on fait bouillir dans une lessive caustique préparée de la manière suivante :
Potasse ou soude caustique. . . 500 gram.
Eau. . 10 kilog.
On fait bouillir le caoutchouc pendant une heure^après cela, on fait sécher et l'opération est terminée.
g 9. Pour modifier le caoutchouc par la voie sèche, on prend :
. Caoutchouc 4 a 5 kilog.
Chlorure de soufre solide. . . 500 gram.
On mélange bien dans la machine il pétrir; le temps nécessaire à culte opération dépend de la vitesse de la machine et de la masse employée; il faut donc de temps à autre en détacher quelques lanières et essayer si l'élasticité s'est suffisamment développée. Quand la modification est opérée, on retire la masse et on la comprime dans une forme encore chaude.
On peut aussi traiter de cette manière un mélange de ' caoutchouc et de gulta-pcrcha.
g 10. Le mélange ci-dessus formé d'un dissolvant et d'un liquide modifiant, peut-être incorporé aux dissolutions de caoutchouc, et sa dissolution peut être étendue sur le cuir, la soie ei autres tissus.
En portant cette dissolution à différentes reprises sur de l'étoffe apprêtée, on peut, après la dessiccation, enlever ces touches et obtenir des feuilles de caoutchouc soufré, de différentes épaisseurs.
première tara.
§ 11. On obtient un autre dissolvant du caoutchouc et du gutta-percha, en faisant arriver du gaz sulfureux sur du camphre pulvérisé; lé camphre se liquéfie.. Ce dissolvant peut remplacer le sulfure de carbone, et il peut servir pour dissoudre différentes résines.
§ 12. Voici encore un procédé pour vulcanisqf caoutchouc :
On suspend des feuilles de caoutchouc dans une chambre de plomb ou de fer dont lés parois intérieures sont recouvertes d'une couche de gomme-laque ; puis on y fait arriver pendant une heure un mélangé de :
Gaz sulfureux 10 volumes.
Chlore I —
et renfermant de la vapeur de perchlorure de carbone ou d'un autre dissolvant, pour ramollir le caoutchouc et faciliter l'action du mélange gazeux.
Ce procédé ne vaut pas les précédents.
§ 13. M. Parkes modifie encore différents articles, tels que tissus élastiques formés de caoutchouc et de cuir ou de soie.
Il combine différentes substances avec le caoutchouc ou son mélange avec le gutta-percha; ainsi, des substances fibreuses, telles que du coton, du lin, de la laine, des copeaux, de la poudre de liége, du bronze, des oxydes métalliques, etc.
Ces compositions sont ensuite modifiées par l'un ou l'autre des procédés ci-dessus.
§ 14. Les objets en caoutchouc ou en gutta-percha, sont ensuite embellis par différentes couleurs, que l'on applique après avoir recouvert l'objet d'un fond coloré dont nous donnerons la recette un peu plus bas; puis on les imprime avec des plaques gravées ou avec des cylindres.
Manipulation du caoutchouc modifié.
§ 15. Le caoutchouc et le gutta-percha modifiés, ainsi que nous l'avons dit, ne se dissolvent plus et ne se laissent plus travailler nusBi facilement qu'avant leur modification^ et on obtient toujours des résidus considérables.
Pour mettre ces résidus en état de servir de nouveau, on les traite de la manière suivante :
On prend :
Résidu 4 ou 5 kilog.
Chlorhydrate de chaux. ... 10 — On fait bouillir jusqu'à ce qu'à l'aide d'un petit essai on s'aperçoive que les morceaux du résidu sa réunissent facile-
PROCÉDÉ POUR PURGER LE CAODTCflOUC VULCANISÉ. 81
ment. On retire ensuite du bain, et on lave avec de l'eau alcaline chaude, et puis on dégorge l'eau pure.
Ce caoutchouc peut alors servir de nouveau, et il est susceptible de se modifier comme précédemment.
Les rfsidus de caoutchouc soufré d'après le procédé Hancock, peuvent être traités de la même manière et avec le même succès.
Voici, d'ailleurs, un autre document concernant cette opération si importante delà désulfu ration.
Procédé pour purger du soufre ou autres matières le caoutchouc vulcanisé, par MM. W. Christophe et G. Gidley. H est nécessaire, dans bien des cas, dans la febrication du caoutchouc vulcanisé ou d'articles fabriqués avee cette matière, et après que le travail de la vulcanisation a été opéré, d'extraire ou de séparer quelques portions du soufre ou l'excès de ce corps, qui reste interposé dans les pores du caoutchouc, ou qui est combiné avec lui, en un mot, de régler les proportions relatives entre le soufre et le caoutchouc dans la matière vulcanisée pour les adapter aux applications spéciales auxquelles on destine celle-ci.
Il faut aussi pouvoir utiliser ou employer les débris ou 'les rognures de caoutchouc vulcanisé qui s'accumulent dans les fabriques de ce produit, et par quelque procédé facile et économique de traitement, extraire le soufre de ces rognures, ou du moins suffisamment de la quantité do soufre qu'elles renferment pour laisser le caoutchouc dans uu état propre à être attaqué par les dissolvants ordinaires, et par conséquent a le rétablir et le mettre dans un état à être travaillé de nouveau sous un état quelconque, lui rendre sa qualité adbésive qu'il a perdue par la vulcanisation, et enfin le rendre, apte à être vulcanisé de rechef avec le soufre ou autres matières.
Pour atteindre le but proposé, on fait macérer le caoutchouc vulcanisé dans une solution chaude d'un carbonate alcalin ou dans une solution d'hydrate de chaux, ou enfin dans de l'eau chaude tenant en suspension de la chaux caustique, jusqu'à ce que, par l'action de l'alcali ou de la chaux, on ait extrait la quantité de soufre requise, c'est-à-dire qui réduit les proportions relatives du soufre et du caoutchouc à celles nécessaires pour les applications particulières, ou pour que ce produit résidu puisse être redissous par les dissolvants ordinaires, et au besoin vulcanisé de nouveau.
Si le caoutchouc ne consistait pas en rognures, il faudrait le réduire en morceaux menus pour faciliter l'action de l'al-
PREMTÈEE PAET1E.
calj pu de la chaux, et plus est élevée la température de la solution ou de l'eau, plus l'opération est rapide. Nous employons ordinairement la chaleur de l'eau bouillante, et à raison d'économie, nous faisons d'abord bouillir avec la chaux, qui enlevé le soufre à la surface ou à une faible profondeur au-dessous de la surface du caoutchouc, puis nous évacuons la solution et la chaux, et nous faisons bouillir dans la solution de carhonato do soude. Au bout de peu de temps, tout l'excès de soufre ou le soufre non combiné est extrait et rendu soluble, ainsi que d'autres matières qui contiennent des impuretés, et qui se sont introduites dans le caoutchouc pendant la sulfuration ou après la fabrication. Dans cet état, ce caoutchouc* désulfuré est soluble dans l'essence de téré- . benthine, le naphte, le chloroforme et autres liquides em- j ployés ordinairement pour dissoudra ou amollir le caout- I chouc.
' Oh peut employer à cette désulfuration le carbonate de potasse, mais celui de soude est plus économique.
Quand on traite le caoutchouc vulcanisé par la solution de carbonate de soude, il se dégage de l'oxyde carbonique, et il se forme graduellement un sulfure ou polysulfure de l'alcali, qu'on peut utiliser. Mais si on trouve que les composés sulfurés, qui se forment ainsi et qui se dissipent en partie dans , l'atmosphère pendant l'opération, donnent lieu à quelque objection, on ajoute a la solution bouillante un oxyde métallique, par exemple celui de cuivre ou un carbonate métallique susceptible de former, avec le soufre enlevé par l'alcali, un sulfure insoluble qui ne se dissipe pas dans l'air. Teinture du caoutchouc.
% 16. Pour teindre en noir du caoutchouc seul ou mélangé avec le gutta-percha, on le fait bouillir pendant uu quartd'heure ou une demi-heure dans le bain qui suit :
Sulfate' de cuivre 500 gram.
Sel ammoniac ou ammoniaque. . 500 —
Caustique 500 ■ —
Eau 5kil.
On peut encore prendre :
Sulfate de potasse neutre en acide. 500 gram. Sulfate de cuivre. ..... 250 —
Eau 5fcil.
Pour vert, on fait bouillir le caoutchouc pendant un cpiartd/heure ou une demi-heure dans un bain composé de : Sel ammoniac . 500 gram.