PROCÉDÉ POUR PRÉPARER LE CAOUTCHOUC
Sulfate de cuivre 250 grain.
Chaux vive 1 kil.
Eau , . 5 —
Pour lilas :
Sulfate de potasse neutre ou acide. 500 gram.
Sulfate de cuivre 125 —
Sulfate d'indigo 125 —
Eau " . . . . quantité suffis.
Faire bouillir pendant un quart-d'lieure ou une demiheure.
Yoici les matières colorantes qui se prêtent à la teinture dii caoutchouc :
Pour bleu, outre-mer artificiel.
Pour rouge, cinabre, carmin ou laque de garance. Pour vert, vert de Brunswick- ou vert-de-gris. Pour jaune, jaune de chrome.
Pour blanc,, blanc de satinage, qui peut aussi servir pour toutes ces couleurs.
La teinture du caoutchouc doit se faire avant qu'on ait procédé à sa sulfuration.
Nous avons reproduit cet article extrait d'un journal étranger, encore bien qu'il ne soit que la répétition de ce qu'on a vu, et de ce qu'on trouvera plus loin ; parce qu'il offre un assemblage, une réunion de moyens, disséminés ailleurs, et? qu'on ne sera pas fâché de trouver réunis. Nous avouons que nous n'avons pas une confiance absolue dans tous les faits qu'il rapporte ; mais pour celui qui veut approfondir un sujet, il est utile qu'il soit au courant de tout ce qui a été dit et écrit, ne fusse que pour être mis à même d'apprécier les bruits qui pourraient parvenir à son oreille. Nous n'avons passé sous silence que ce qui ne présentait absolument aucun intérêt.
Procédé pour préparer le caoutchouc afin de le rendra élastique à toutes les températures , par M. William Burke.
36. Ce procédé a été patenté le 26 avril 1849 , pour M. Burkc, fabricant il Tottenham (Middlesex).
Afin de communiquer au caoutchouc pur ou allié au guttapercha, la propriété de conserver son élasticité dans les limites des températures atmosphériques, oû l'avait jusque-là
Si
l'REMlÉRE PARTIE.
■vulcanisé, c'est-à-dire mélangé avec une certaine quantité do soufre.
Cependant, ce produit a deux défauts :
1° Le soufre étant employé à l'état libre, une partie s'effleurit constamment et vient recouvrir le caoutchouc sous la forme d'une poudre blanche qui communique une odeur sulfureuse aux différents objets qui subissent sou contact;
2° Par cette eil'crvesccnce, le soufre se sépare du caoutchouc et ïe désagrège en partie.
§ 1. Pour obtenir du caoutchouc élastique qui ne renferme pas de substance efflorescente, et qui reste constamment dans son état normal, l'auteur y incorpore du kermès minéral,
On prend :
Sulfure d'antimoine en poudre fine. 1 partie.
On introduit dans une chaudière en fonte, on fait bouillir, pendant 30 à 45 minutes, puis on retire la chaudière du feu, on laisse déposer pendant quelques minutes la partie qui ne s'est pas dissoute, on décante le liquide alcalin qui surnage et l'on ajoute ensuite un léger excès d'acide chlorhydrique, ce qui produit un précipité orangé qu'on lave bien avec de l'eau chaude pour éloigner l'acide libre et que l'ou fait dessécher ensuite. On le réduit en poudre et on le mâle au caoutchouc que l'on expose à une température de 250 â 280° F. {97 à 110° Réaumur) soit dans un four, soit dans une chaudière sans pression.
Un caoutchouc ainsi préparé possède non-seulement plus de solidité et d'élasticité, mais encore il résiste à )a chaleur solaire, et conserve sa mollesse et sa flexibilité, môme sous l'influence d'un froid considérable.
§ 2., Pour obtenir un bloc de caoutchouc, qui puisse ensuite être découpé en feuilles, lanières, (ils, etc., l'auteur prend, par exemple, 50 kilog. de caoutchouc du commerce, lavé, il l'écrase sous des aylindres, puis il l'introduit dans un pétrin à cylindre cannelé. On chaude le pétrin et on fait tourner le cylindre. Puis on ajoute 2 kilog. 1/2 a 7 kilog. 1/2 de kermès, suivant le degré de consistance ou d'élasticité que l'on veut donner au caoutchouc, on agite pendant une ou deux heures, puis on retire le produit et on le comprime dans un moule en fer, au moyen d'une presse à vis ou d'une presse hydraulique. -
Le moule en fer est long de 2 à 6 pieds, large de 1 pied pt profond de V) pouces (anglais).
Soude cristallisée.
Eau. ....
OBJETS AER0FUGE3 BT irïDROFTJGES EN CAOUTCHOUC. 85 Après avoir supporté cette pression pendant un ou deux jours, on l'expose pendant deux ou trois heures à la température susdite, produite au moyen de la vapeur, après quoi on peut le découper comme on le désire.
§ 3. Pour éviter de donner aux tissus qu'on veut rendre imperméables au moyen d'une dissolution de caoutchouc, cet aspect luisant et désagréable à l'œil, parce qu'il rappelle la peinture à l'huile, l'auteur mélange une dissolution de caoutchouc préparé, avec de la bourre de coton, de soie ou de laine; il en enduit l'étoile ainsi préalablement préparée avec la composition hydrol'uge, et de cette manière ie tissu acquiert une parfaite ressemblance avec le drap.
Le mémoire suivant, présenté également par M. W. Bûmes, renferme la répétition de beaucoup de faits contenus dans ce qui vient d'être donné. Nous avons cru néanmoins devoir le donner, parce que ces mûmes faits y reçoivent des développements plus étendus et que de nouveaux y sont consignés, qui seront très-bons à connaître.
Mode de fabrication des objets aèrofugés et hydrofuges en caoutchouc ou en gulta-percha seuls ou combines, par M. W. H. Bumve, fabricant.
37. Jusqu'ici, on a fabriqué le caoutchouc sulfuré, dit caoutchouc vulcanisé, en mêlant à cette substance une grande quantité de soufre libre, on, comme on le dit en terme de ulëtier, en pétrissant du soufre avec le caoutchouc, soumettant ensuite la masse à l'influence d'une température élevée qui a pour elfet de combiner une portion de soufre avec le caoutchouc.
Quoique les manières préparées avec le caoutchouc sulfuré jouissent des qualités utiles, la substance dont nous allons faire connaître la préparation est susceptible d'applications plus variées encore et la préparation est plus facile et plus sûre dans les résultat».
Par le fait même du procédé employé pour préparer le raoutchpuc vulcanisé, cette matière présente deux graves défauts :
1° Le soufre étant employé à l'état libre, une portion de ce corps est continuellement à l'état d'effloresceuce, et oh recouvrant la surlace du caoutchouc d'une poudre blanche, U
Cawtchm. S
86 hiehière partie.
communique une odeur de soufre à tous les objets qui l'approchent.
2° Le soufre, à cause de cette efflorescenec, se sépare du caoutchouc, se dissipe et si; perd, et il paraîtrait même que la quantité que l'on suppose combinée se dégage graduelle-' ment, et se volatilise un laissant le caoutchouc en partie détérioré ou plutôt désagrégé.
§ 1. La. matière fabriquée par le moyen suivant n'est pas sujette à ces défauts, car elle n'est pas préparée avec le soufre libre, ce qui permet d'éviter le désagrément de l'cOlorescence et laisse au caoutchouc, pendant un temps bien plus long, toutes ses qualités normales.
On réduit la' substance connue dans le commerce sous le nom d'antimoine cru, à l'état de »oudre fine par la pulvérisation dans un mortier ou un moulin, et l'on ajoute 1 partie de cette poudre à environ 25 parties de carbonate de soude cristallisé, ou 20 parties de carbonate de potasse dissous daus 250 à 300 parties d'eau. Le tout est bouilli dans une chaudière en fer pendantune demi-heure ou trois quarts-d'heure, au bout desquels on arrête l'ébullition, et on laisse pendant quelques minutes précipiter les matières nqn dissoutes. La liqueur qui surnage est filtrée encore chaude, et l'alcali est saturé par de l'acide chlorhydriquc ajouté en léger excès, ce qui donne lieu aussitôt à un abondant précipité rouge-orangé. Ce précipité constitue le soufre doré d'antimoine, ou comme on dit aussi, le kermès minéral, et c'est ce composé d'antimoine , que l'on combine en mélauge avec le caoutchouc-
Ce précipité rouge ou composé d'antimoine, ayant donc été bien lavé avec de l'eau chaude pour enlever l'excès d'acide, est séché à une basse température, puis broyé et se trouve alors propre a être employé. On le pétrit ou le mélange avec le caoutchouc seul ou combiné avec le guttapercha, suivant le degré d'élasticité qu'on désire obtenir: puis le tout est soumis à une température élevée qui varie de 125 à 130° centig., soit dans une étuvo, soit dans une chaudière, avec pression de vapeur, ou bien exposé aux rayons du soleil.
Le caoutchouc ainsi préparé est beaucoup amélioré, nonseulement sous le rapport de sa force et de son élasticité, mais encore de la faculté de résister à l'influence des rayons solaires et de conserver sa douceur et sa flexibilité à une basse température.
§2. Pour mouler un bloc de caoutchouc, qu'on se propose de diviser ensuite en feuilles, (ils, courroies ou bandes, ou prend une quantité donnée de cette substance , telle qu'on )a trouve daus lç commerce, et suivant les dynensions du.
OBJETS AÉROFUGE9 ET HYDKOFtfCES EN CAODTCHOUC. 87
bloc, soit par exemple, 50 kilog., qui, après avoir été bien lavés et débarrassés de toutes les matières étrangères, sont passés à travers une machine à briser, puis dans une machine à, pétrir, entourée d'une double enveloppe pour l'introduction de la vapeur, et qui consiste en cylindres cannelés tournant dans des coussinets. On introduit donc la vapeur, on fait tourner, puis on ajoute le composé d'antimoine en quantités qui varient de 2^.5 à suivant la force et l'élasticité qu'on veut donner au bloc de caoutcbouc, et l'usage qu'on veut en faire. Lorsque les ingrédients ont été bien intimement mélangés dans la macbine à pétrir (ce qui exige une heure ou unebeure et demie de travail, suivant la vitesse de circulation), on enlève le composé de la macbine, et pendant qu'il est encore chaud on le comprime au moyen d'une presse à vis ou d'une presse hydraulique dans un moule en fer de 60 centim. à 2 mètres de longueur, 30 centrai, de largeur et 25 centim. do profondeur. Le bloc ainsi formé, après être resté un ou deux jours en presse, est soumis à ta vapeur d'eau, à la température indiquée plus haut, pendant deux à trois heures, et c'est lorsqu'il a enlin acquis les propriétés d'une élasticité permanente et d'une force accrue de résistance, qu'on le découpe en feuilles qu'on divise ensuite en fils, ou qu'on le moule en diverses formes suivant les ariicles que l'on veut fabriquer. On peut aussi diviser le bloc au sortir du moule et fabriquer les articles par la chaleur ou l'action des rayons solaires.
§ 3. Quand on veut des feuilles d'une longueur considérable, par exemple de 18 à 20 mètres ou plus, et pour éviler la dépense des machines à découper de pareilles feuilles. On y parvient en dissolvant le caoutchouc à la manière ordinaire avec les dissolvants connus, au moment où il sort de la machine à pétrir, et -on étend la pulpe ou solution au moyen de rouleaux à calandrer ou de la machine dont on se sert habituellement pour l'étendre sur le calicot ou tout autre tissu qui doit être préalablement saturé ou frotté parfaitement avec de la craie broyée, de la terre à pipe ou à foulon qui permettent d'enlever facilement le caoutchouc de dessus le tissu après qu'on a soumis à la chaleur. Mais quand on veut que là composition adhère fermement au tissu, au cuir ou autres produits' qu'on veut rendre aérofuges ou hydrofuges, on se dispense de la saturation par la craie. On peut ensuite ajouter une matière colorante si on le désire.
D'après la description ci-dessus, on voit que le nouveau composé de caoutchouc de M. Iîurke., avec ou sans addition de gutta-percha, est susceptible de recevoir les diverses ap--
plications qu'on donne au caoutchouc ordinaire ou à ses composes. Une application importante est celle indiquée ci-dessus et qui consiste à unir du coton ou de la laine à d'autres 'corps, ou bien à cimenter une, deux, ou un plus grand nombre de ces sortes de toisons pour fabriquer un produit économique, durable et hydrofuge, admirablement propre à faire desblanl'hefsou étoiles pour 'les imprimeurs, ou des bandes pour les cadres, etc., tous articles qui, fabriqués en caoutchouc seul ou combiné au gutta-percha, sont sujets à être affectés par l'action de l'air, ce qui en limite beaucoup l'emploi.
§4. Pour fabriquer des tissus ou vêtements bydrofuges à simple étoffé, sans leur donner l'aspect luisant ou -verni à la surface, qui dépkiit généralement par sa ressemblance avec les toiles huilées ou vernies, on mélange du caoutchouc préparé ou non avec 10 à 15 pour 100 do toutisse de soie, de coton ou de laine, et Ton dissout dans un monstrue convenable; ou bien on ajoute la toutisse au caoutchouc dissous. C'est avec cette solution qu'il faut enduire la surface du tissu préalablement rendu hydrofuge par les moyens ordinaires. Afin de lui donner l'aspect d'une étoffe de soie, de laine ou de coton. On peut soumettre ensuite cette étoffe à la chaleur, et au besoin la doubler et la coller avec une autre. On a déjà préparé de ces sortes de tissus eu tamisant, dessus de la tontisse sèehe; mais cette tontisse, ainsi appliquée, s'en détache aisément par le frottement et n'adhère "que faiblement au tissu, tandis que, par le procédé de M. Burke. elle en fait partie intégrante et ne peut en être enlevée.
Sur des cylindres à impression en caoutchouc pour les impriincurs.
38. Dès 1841, M. Pfnorr, de Darmstadt, a émis l'opinion que le caoutchouc pourrait être avantageusement substitué au cuir ou à la pàto faite avec de la gélatine ou du sirop, que l'on emploie à la confection des balles ou des cylindres à imprimer, si toutefois on parvient à l'empêcher do se dissoudre dans le vernis à l'huile de lin qui sert à l'imprimerie.
Il parait que cette idée a reçu un commencement d'exécution, grâce au caoutchouc vulcanisé.
g 1. Le caoutchouc que l'on emploie doit être en feuille d'environ à décimillim. d'épaisseur; cette épaisseur se prête mieux à l'application sur un cylindre en bois; dans ce but, on prend une feuille de caoutchouc un peu plus longue que le cylindre à recouvrir, mais d'une largeur un peu inférieure au déve-
CYLINDRES A IMPRESSION EN CAOUTCHOUC. 89 loppcment du rouleau; ou le coupe en ligne droite, et en réunissant les deux côtés par les Lords, on forme une sorte de tuyau, qui s'obtient très-aisément, par la facilité avec laquelle le caoutchouc se soude aux endroits fraîchement coupés; toutefois, pour éviter que la suture ne se défasse par portion, il est bon d'employer un dissolvant , par exemple, une dissolution de caoutchouc dans du sulfure de carbone.
Lorsque le tuyau est préparé, on le -vulcanise par le procédé deParkes {Voyez n° 9 25, 29, 35, § 13).
Pour cela, on plonge le tuyau pendant deux minutes dans un mélange formé de :
Sulfure de carbone 40 parties.
Chlorure de soufre 1 —
Puis on retire du bain et on fait sécher à 20 on 25 degrés Réaumur. Enfin on fait bouillir pendant une heure dans une lessive faible de potasse on de soude.
Si la feuille de caoutchouc devait être plus épaissfi, on emploierait un peu moins de chlorure de soufre, et on le laisserait un peu plus de temps en contact avec le liquide.
Quand la vulcanisation est terminée , on passe le cylindre en bois dans le tuyau, après toutefois l'avoir recouvert avec de la flanelle.
On ajoute ensuite un disque à chacune dts extrémités de ce cylindre, mais l'expérience est nécessaire pour démontrer si, en employant de l'encre un peu forte, il ne serait pas utile d'augmenter l'épaisseur de la feuille de caoutchouc; s'il ne faudrait pus interposer une couche de gutta-pereba (ou son mélange avec du caoutchouc), ou une couche de telle autre substance qui permettrait de fixer convenablement le tuyau de caoutchouc vulcanisé.
§ 2. Il est très-présumable qu'au moyen de la vulcanisation, on parviendra à remplacer les rouleaux actuels qui sont sujets a durcir. Nous savons qu'on a essayé le caoutchouc ; nous l'avons essayé, nous n'avons pas réussi et nous n'avons pas appris que d'antres aient réussi. La mélasse et la colleforte, lorsqu'elles sont employées à doses convenables, sont encore ce qui nous a le mieux réussi. Cependant, nous sommes assuré que les combinaisons du caoutchouc finiront par être Substituées au mode actuel. Nous ne nous tenons pas pour battu, nous continuerons nos expériences, malgré la nonréussite des premières, et nous avons l'espoir que nous, ou d'autres plus habiles, surmonteront la difficulté.
g 3. Quand on veut rejoindre les deux bouts, proprement et fraîchement coupés, d'une feuille de caoutchouc pour en faire un tube, il ne faut pas faire la section parallèle à l'axe du tube ou du cylindre qu'il doit revêtir; parce que, dans cette façon de faire la réunion, la suture toute entière porte à la fois, lorsque le cylindre se trouve en contact avec les corps sur lesquels il doit rouler. Il vaut bien mieux faire la section en biais et formant au moins un angle de 45° avec l'axe, par ce moyen la suture est plus forte, puisqu'elle est plus longue, et elle n'est jamais en contact que sur un point de sa longueur avec les corps contre lesquels elle est pressée. Dans beaucoup d'occasions, nous nous sommes très-bien trouvé d'en avoir agi de la sorte.
Mémoire sur le caoutchouc et le gutta-percha, <par M. Païen.
39. Depuis quelques années, le caoutchouc, soumis à des procédés nouveaux, a formé la base de plusieurs grandes industries qui livrent une foule d'objets usuels il l'économie domestique, et des ustensiles variés, d'une utilité incontestable, à la chirurgie et aux arts mécaniques, physiques et chimiques, oommtrîl la navigation.
La grande exposition internationale de Ï8al, «offrait de remarquables et nombreux exemples de ces applications; surtout dans les départements de l'Angleterre et des Etats- Unis. On doit regretter que l'industrie française du mémo genre n'y ait pas été représentée, car les plus récents progrès, dans cette direction, ont été réalisés chez nous.
Jusqu'ici, cependant, bien que M. Faraday euf indiqué la composition du suc laiteux qui contient le caoutchouc, et publié l'analyse élémentaire de ce produit, on ne connaissait pas tontes les propriétés du caoutchouc sous les différents étais où il se trouve dans le commerce; sa composition immédiate n'élait pas déterminée. Les mêmes notions manquaient en ce qui touche le gutta-pe relia, substance nouvellement introduite dans l'industrie manu far tu ri ère , et plus remarquable encore par les -propriétés qui la distinguent du
c l' In u .|"v p.»' Us an iliv'l.* <'nncusi s qui IVu'rajnirv
client ; substance digne, d'intérêt, surtout par ses nombreuses et utiles applications spéciales.
Dans la vue de remplir en partie ces lacunes, j'ai entrepris des recherches dont je vais indiquer les principaux résultats.
§ 1. Variété^ du caputcl}çntc solide. — On distingue parmi les variétés commerciales : 1« le caoutchouc blanc opaque,
MÉMOIRE SUR LE C^OnfCHOtîC ET LE CÏÏTTA-PERCHA. 91
en masses plus plus ou moins volumineuses ; 2° celui qui est én feuilles ou lames irrégulières légèrement jaunâtres et translucides; 3° une autre sorte, en fouilles épaisses ou masses globuleuses, creuses ou pleines, de teinte brune grisâtre et opaque; 4° enfin, sous les mêmes formes, le caoutchouc tjrun, plus ou moins translucide et jaune-fauve lorsqu'on le découpe en tranches minces.
§ 2. Structure interne. — En examinant sous le microscope des lamelles très-minces dè ces échantillons, on y observe des pores très-muitipliés, arrondis irrégulièrement, communiquant entre eux, qui se dilatent même sous l'influence capillaire 'des liquides, sans pouvoir dissolvant sur la substance elle-même.
g 3. Action de l'eau. — La porosité" du caoutchouc explique sa pénétrai) il ité facile par différents liquides dépourvus d'action chimique notable sur lui : l'eau offre uu des exemples le8 plus intéressants de ce phénomène; dos tranches minces de caoutchouc seC, des doux premières qualités, immergées pendant trente jours dans l'eau, en ont absorbé, pour 100 parties, les unes, 18.7, les autres 20.4; les premières avaient augmenté en longueur de 5, et en volume de 15.75 pouf cent.
Une semblable pénétration du liquide peut, à la longue, avoir lieu dans les masses ou feuilles épaisses du caoutchouc, et l'on conçoit qu'ensuite un temps considérable soit nécessaire pour l'éliminer complètement; car les couches superficielles se desséchant les premières, resserrent considérablement leurs pores, et s'opposent à la dessiccation ultérieure ilès parties centrales. .
On devra tenir compte de cette sorte d'hydratation mécaniquo dans les transactions commerciales, puisque, par ce fait seul, la valeur réelle peut être amoindrie de 18 h 26 pour cent, tandis que la nuance plus blanche annoncerait une qualité supérieure purement illusoire. D'ailleurs, la présence de l'eau s'oppose àla pénétration dus liquides employés dans l'industrie, pour dissoudre ou gonller le caoutchouc, et diminue sa ténacité comme sa ductilité (1).
\i} On mil, depuis liinRicnips, qui! ta dnciiliu! cl l'éloilklti du raouichonc augmentent htoc In température, diminuent lorsque la lempc'tatuto l'nbaiue, et sont preiqn» «nean^c! à airodc(jri! ; qn&dwfilinH lanières, Icnduià -j- I5on 25 der<n<i, et rofroidù À zéro dsgrrf, cougrrenÉ le" ènuasion et leur raideur à ta ifmpdrouirc ordinaire; <jn'ili to contructent subitement et reprennent leur jlUtfoiN première, dès qu'on porte leur tenipdraturu ù M h iO degrés. On ie ruppelle les alitai applications qu'ont faiiei àg fût prCf rWlés.MH.Iiu-.iief el Guil,ul,p 0 iir)« fpffeafa de, tiitoj Jlftfqiet,
La blancheur apparente at l'opacité n'ont pas, en général, d'autre cause que l'eau intflrposée, car une dessiccation complète suffit pour faire apparaître la coloration et la translucidité.
§ -i. ActUm de l'alcool. — L'alcool anhydre pénètre facilement aussi le caoutchouc, surtout à la température de -f- 78 degrés; des tranches minces, sèches, translucides, chauffées dans ce liquide à plusieurs reprises, durant huit jours, sont devenues opaques ; leur longueur était augmentée de 46 millièmes et Leur volume de 94 millièmes ; elles avaient acquis une propriété adhésive notable, même au sein de l'alcool. Leur poids était accru ; dans le rapport de 100 à. 118.6 ; cependant elles avaient cédé à ce liquide 21 millièmes d'une matière grasse, fusible, colorée en jaune-fauve. Ces tranches, après l'évaporation de l'alcool, étaient plus transparentes et plus adhésives entre elles, qu'avant ce traitement.
g 5. Action des dissolvants. — L'éther, la benzine, l'essence de térébenthine, le sulfure de carbone et plusieurs mélangés entre eux ou avec d'autres liquides, s'insinuent rapidement dans les pores du caoutchouc, le gonflent beaucoup et semblent le dissoudre ; mais ce que, dans ce cas, on considère généralement comme une dissolution complète, est, en réalité, le résultat d'une interposition de la partie dissoute dans la portion fortement gonllée, celle-ci ayant conservé les formes primitives amplifiées, et étant alors très-facile a. désagréger.
On peut, à l'aide d'une quantité suffisante de chaque dissolvant, séparer presque complètement ces deux parties, en renouvelant le liquide sans agiter et sans désagréger le résidu très-fortement gonflé, mais non dissons.
Les proportions facilement dissoutes varient entre 0.3 et 0.7, suivant les qualités des échantillons et la nature du dissolvant, mais les propriétés des doux parties restent distinctes apès leur séparation et l'évaporation du liquide.
La substance non dissoute est moins adhésive, mais plus tenace; elle retient la plus grande partie de la matière colorante brune. La substance soluble, surtout la première dissoute, est notablement plus adhésive, plus molle, .moins élastique, moins tenace et moins colorée.
§ 6. L'éther anhydre extrait du caoutchouc Iranslucide, de couleur ambrée, 156 centièmes de substance soluble blanche, et laisse 34 parties de nuance fauve.
§ 7. L'essence de térébenthine anhydre et bien rectifiée a séparé nettement de la variété commune de caouteiiouc brun,
taËsfomE son hé caoctchodg et i$ gutta-percha. 93 49 de matière soluble., do couleur ambrée, et 51 do matière insoluble translucide retenant Iafcoloration brune.
Des traces de matière résineuse Bans l'essence su (lisent pour rendre adhésifs les deux produits et laisser longtemps visqueux celui qui a été dissous (i).
L'essence en vapeur dirigée sur le caoutchouc, lui enlève une huile essentielle que l'on peut extraire du produit condensé, en chauffant celui-ci dans une cornue chauffée par un hain-marie d'eau-bouillante.
Cette huile essentielle est incolore et douée d'une forte odeur rappelant celle du caoutchouc normal.
§ S. Augmentation de volume. — Si l'on tient immergé dans un grand excès du dissolvant le caoutchouc découpé Sous forme de prismes rectangulaires, on le voit se gonfler graduellement de la superficie au centre, et l'on peut déterminer l'augmentation de volume sur la partie non dissoute, lorsque le gonflement est arrivé à son terme : les dimensions des deux côtés se sont triplées sensiblement dans la benîinej dans l'éther anhydre, dans l'essence de térébenthine , ainsi que dans un mélange de 100 sulfure de carbone, avec 4 d'éther hydraté; le volume total était donc alors égal a 27 fois le volume primitif, bien que cette augmentation portât sur la partie non dissoute, l'autre partie s'étnnt disséminée dans le liquide.
Un mélaDge de 6 volumes d'éther avec 1 volume d'alcool anhydre gonfle Je caoutchouc , au point de quadrupler son volume, et ne dissout sensiblement que la portion moins agrégée, peu tenace, mais três-adhôsive.
On avait observé une augmentation de 30 fols son volume à froid , dans l'huile de pétrole rectifiée, mais sans tenir compte de la partie dissoute.
La portion de caoutchouc qui résiste le plus aux dissolvants, observée sous le microscope, à l'aide d'un grossissement de 300 diamètres, offre une texture réticulée dont les filaments anastomosés s'étendent et se gonflent en absorbant les liquides précités, et se rétrécissent à mesure que l'évaporation s'effectue.
Les solutions du caoutchouc, surtout la dernière, posées sur le porte-objet, affectent elles-mêmes, en se desséchant,
(i) C'eit en tfporaolde loule matière TBiineuie l'eûmes de lerébenlliîne par ans dilllllntion âant un nppnreil reciiKcatenr h nia muhljilai, que M. Fn'K-SoHrr pnnienl il obtenir les onduils souploi et Ici Grandes feuillet unis qoi carseiérUciit ion Indni- IrJe, petfecUunnte, a" a II leur», par plnileun IhtcbiIm» remarquable!. (Voyci, cUaprU; if Apport <U M. Jkc^H»,)
cette texture curieuse, que l'on rend, dans ce cas, plus évidente en hydratant le résidu.
§ 9. Le meilleur dissolvant du caoutchouc, parmi ceux que ' j'ai expérimentes, est un mélange de 6 ou 8 parties d'alcool anhydre, avec 100 parties de sulfure de carbone : en effet, si l'on ajoute cette proportion d'alcool ou sulfure de carbone, contenant assez de caoutchouc pour se maintenir depuis plusieurs jours à l'état d'une gelée légèrement consistante, trouble ou opaline , on voit s'opérer une liquéfaction et une clarification rapides; ces ebangements dépendent de la dissolution de lu niatinv; grasse, par l'alcool et do la division plus grande de toutes les parties : toutefois, les premières portions dissoutes sont-plus fluides, elles dernières graduellement plus visqueuses.
Si l'on ajoute à ce liquide visqt d'alcool anhydre, tout le cauutrliui contient la plus grande partie du si cool, des matières grasses et colon précipité, consistant et tenace, toi sulfure de carbone, se redissolve de ce dernier liquide, donne une i
qu'en réitérant plusieurs fois le même traitement, "on parvienne à mieux épurer le caoutchouc et à rendre sa solution plus transparente.
§ 10. Dans l'ingénieuse industrie de chouc en fils cylindriques, fondée par !
nelle, on prépare une pâte en employai bone mêlé avec 5 centièmes d'alcool e
; son volume la solution ione, de l'alprend que le .'alcool et du une addition plus complète, et
contient 16 c on réunit ai caoutchouc tilierc sans ■ beaucoup la On doit à servation ne des fils d'ui ture de 101 gueur fut s
les
fils
En sextuplant cinq foi prend mie la longueur primit dans le rapport de 1 à 166.25,
minué en proportion de cet énorme allongement, les lils fussent parvenus à un degré de finesse inconnu jusqu'alors. Û
e du caoutivd de Grefure decare; celui-ci 'opposent à la dissolution; rables d'un gonflement du :l i •: -dit 1" passage a la ïssolution qui diminuerait
ip. 1, n* 15 §2), une omettre à profit pour obtenir yant soumis à la tompératendus pour que leur lonon devint permanente, et ème extension semblable, extension acquise, on comdût se trouver augmentée quu'lo diamètre étant di-
MÉMOIRE SUR LE CAOUTCHOUC ET J-E GUTTA-PEItCÏÏA. 95 propriété nouvelle découverte par M. Gérard, devait trouver place ici ; elle figurera désormais parmi les plus curieuses propriétés du caoutchouc. .
§ 11. Lcs-faits ci-dessus exposés me semblent permettre de considérer le caoutchouc comme une de ces substances offrant, dans ses différentes parties, des qualités intermédiaires entre celles des corps sblublcs et des matières insolubles, ou près des limites de la solubilité.
Différant heaucoup, parles propriétés physiques. des principes immédiats dont la solubilité rapide et complète ne se prête pas à ces curieux changements de formes qu'offrent certains matériaux plastiques de l ui 'i-'anismu végétal, tels que la cellulose et les subslances amylacées d'une part, et d'un autre côté le caoutchouc et le gutta-perclia.
§ 12. Les résultats qui précèdent démontrent, en outre, que le caoutchouc livré au commerce renferme constamment, mais en proportions variables u
1° Le caoutchouc facilement soluble, ductile, adhésif.
2." Le principe immédiat, tenace, élastique, dilatable, peu soluble ;
3° Des matières-.grasses (1) ;
4° Une huile essentielle ;
5° Une substance colorante ;
6° Des matières azotées (2) ;
7° De l'eau en doses qui peuvent s'élever Jusqu'à 0.26.
Lorsqu'on sépare ces différents principes immédiats, aucun d'eux ne garde les propriétés élastiques et extensibles au même degré que l'ensemble ; cela parait tenir a. l'adhérence entre les filaments que la matière grasse lubrifiait, et que la portion soluble et molle rendait plus souples.
Les échantillons que je présente à l'Académie montrent directement quelques-uns des caractères nouveaux indiqués dans ce mémoire: on y remarquera les différences que j'ai signalées entre l'aspect, la coloration, l'adhérence et la ténacité de la partie soluble et de la portion non dissoute, en-
f») D'ïprèiln considération que le Gluten «Ml ion élasticité à l'eau interposée, que. li Cfl liquide u'éluit pu susceptible do s'évaporer, le gluten durcit une élasticité puimsnsnie comme le cnniilcbouc.H. Cliiivriml muit,<!n 1815, émis la pensée que ■ le caoulehouc pourra II bien étru formé d'une subito nen solide particulière et d'upe substance huileasa liquide. - {Eléments de Botanique de Hirbel, 1815.)
(i) L'upq Je cii routières est enloTéentoc les substances «jriisies pur l'alcool ucbjdre: on la sépare du résidu desséebé à i'oide de l'eau qui U dÏHOUI, et on répare en In roahwlTanl dans l'ulcopl qu'on cTapare eniuîte.
tre le caoutchouc anhydre et celui qui est hydraté; on distinguera, sans peine,, le caoutchouc gonflé de 27 fois le volume primitif, conservant, au milieu du dissolvant en excès, les formes planes et anguleuses des lanières découpées, .
J'y ai .joint des spécimens de gutta-percha, plus facilement encore séparée par les mêmes procédés, en deux parties distinctes, l'une insoluble retenant les matières colorantes, l'autre incolore, lors mémo qu'elle est extraite des matières et produits bruns du commerce; d'ailleurs tenace, ductile. douée, en un mot, des propriétés utUes de la matière première (1).
Cette analogie dans l'analyse et la composition immédiate paraîtra Lien digne d'intérêt si on la rapproche del'analogie de composition élémentaire, ctrïncidant, en outre, avec les caractères différents si tranchés et les applications distinctes si nombreuses de ces deux singulières substances.
Gants en caoutchouc pour les ouvriers, par M. W. Ghdke.
40. Parmi les applications multipliées du caoutchouc, j'en indiquerai encore une qui ne manque pas d'importance, c'est la fabrication de gants imperméables et inattaquables à la plupart des corps corrosifs, à l'usage des chimistes, des teinturiers. Ces gants., qui viennent d'Amérique, consistent en un tissu ordinaire de lin ou de coton, enduit à l'intérieur d'une couche de caoutchouc qui ne s'oppose en aucune façon, au mouvement des doigts, mais empêche la pénétration des liquides. Pourvus de ces gants, les ouvriers peuvent, sans danger, plonger la main et travailler dans les hains concentrés des acides, des alcalis et des sels qui attaquent lè plus vivement la peau.
Modes de sulfuration du caoutchouc.
41. Il a été pris l'an dernier aux Etats-Unis, deux patentes pour la sulfuration du caoutchouc : toutes deux à l'aide d'une combinaison du soufre et du ziuc.
Dans la première de ces patentes, on propose de se sérvir
(i) Lo lulfuro de carbone, ciniîcoï encore ce liquide nu'lé i G ou 8 centième! d'alcool anhydre, fractionnent ni ml lu ijulla-porclio on en dissolvant la plui gronda partis
tbine, ne pa raiiieni pu lu diswudro ù froid, innii lui enlèvent ion aulrc principe immédiat ; l'eau le pénètre reniement et peut auijincniur m poid» de 3 «nUemoi,