‹ Nouveau manuel complet du fabricant d'objets en caoutchouc, en guttapercha et en gomme factice suivi de documentsChapitre 40 sur 85 · AUTRES BÉTAILS SUR LE GUTTA-PERCHA · texte numérisé non relu

AUTRES BÉTAILS SUR LE GUTTA-PERCHA

mun à Singapore, et par conséquent on pourra s'en procurer en abondance par la voie du commerce.

§ 4. Quoi qu'il en soit, un industriel anglais, M. Th. Hancock, bien connu par les succès qu'il a obtenu dans l'art d'appliquer le caoutchouc aux besoins usuels, vient de prendre une patente ayant pour but de mélanger le gutta-percha avec du liège en poudre, de la gélatine et de la mélasse, pour en faire des bouclions imperméables pour les bouteilles et autres vases ; mais on conçoit qu'avec des propriétés aussi précieuses que celle dont jouit cette substance, on ne tardera pas à lui trouver une foule d'autres applications industrielles du plus grand intérêt.

Autres détails sur le gutta-percha.

9. Aux renseignements que nous avons déjà donnés sur cette substance nouvelle, nous ajouterons les suivants que l'on doit a M; Douglat-Maclagan, qui s'est exprimé ainsi devant la Société pour l'encouragement des Arts de l'Ecosse.

§ 1 . Le gutta-percha est le nom malais de cette substance qui est le suc concret d'un grand arbre de forêt, indigène sur les bords maritimes des détroits de Malaca, de Bornéo et des parties adjacentes. L'arbre qui le fournit n'est pas encore connu hotaniquement; le seul renseignement qu'on possède à cet égard, c'est que c'est un arbre de grande dimension, et qu'il s'en produit en grande abondance. {Voyez à cet égard les n°s 2, 3 et 4.)

§ 2. Cette substance à l'état brut diffère sous plusieurs rapports du caoutchouc ordinaire; elle est d'une couleur jaunâtre pâle, ou plutôt blanc sale, presque aussi dure que le bois, quoique pouvant recevoir l'impression de l'ongle, excessivement tenace et nullement élastique.

Il m'a semblé digne d'intérêt de déterminer si cette substance était ou n'était pas une variété de caoutchouc, et a cet effet je l'ai soumise aux procédés ordinaires de l'analyse ultime, et j'ai obtenu pour sa composition sur 100 parties 86.36 de carhoiie, 12.15 d'hydrogène, le reste 1.49 étant très-probablement de l'oxygène absorbé a l'air pendant les procédés de purification, auxquels la matière a été soumise, puisqu'elle a acquis une couleur brune pendant qu'on la chauffait au bain de vapeur. La seule analyse du caoutchouc que je connaisse est celle de M. Faraday, qui en a retiré 87.2 de carbone et 12. 8 'd'hydrogène. Or, les résultats dans ces deux cas.sont assez voisins les uns des autres pour autoriser a conclure que les deux substances en question, sont génériquement les mêmes.

J'ai trouvé aussi que le gutta-percha donnait à la distillatien jusqu'à destruction, les mûmes produits que le eaoutctïouc, et sans entrer dans les détails de cette opération, je dirai que tous deux fournissent également une huile- claire, jaune, iimpide, n'ayant point d'ébullition fixe, et étant par conséquent un mélange de différents principes oléagineux. Dans les deux cas, la distillation s'opère au mieux entre 180° et 200° centig. et semble presque être slationnaire à 19S degrés. Des analyses foiiiparatives de proportions similaires des deux huiles ont été faites, et ainsi qu'on le savait déjà du caoutchouc, les produits ont une constitution représentée par la formule C 1 » Ils.

§ 3. Le gutta-percha serait donc en réalité une modification du caoutchouc.

Dans ses propriétés générales, le gutta-percha présente aussi beaucoup de ressemblance avec le caoutchouc ordinaire, il est soluble dans le naplithe de gaz, l'huile de caoutchouc et dans l'élher ■ il est insoluble dans l'alcool et dans l'eau, et Hotte dans ce dernier liquide.

La particularité la plus remarquable et la plus dislmclive qu'il présente, consiste dans l'effet que la chaleur exerce sur lui. (luand on le plonge dans de l'eau à 42° ou 43°. centig., celle-ci est sans effet sur lui, excepté qu'il reçoit plus facilement l'impression de l'oniik 1 qu'on appuie sur lui; mais lorsque la température est élevé à 62°, 63 degrés ou au-dessus, il se ramollit peu à peu et devient plastique au'point de pouvoir être moulé suivant tontes les formes, ou d'être laminé en longues plaques ou feuilles. Quand il est encore à l'état mou, il possède toute l'élasticité du caoutchouc ordinaire des Indes, mais il ne conserve pas longtemps ces propriétés, et commence bientôt à redevenir dur : .au bout d'un temps qui varie suivant la température et les dimensions de la pièce sur laquelle on opère, il a repris toute sa première dureté et sa rigidité. Une boule de 20 millim. de diamètre a été complètement ramollie par de l'eau chaude eu dix minutes, et a repris toute sa dureté en moins d'une demiheure. Le gutta-percha paraît capable de subir ces alternatives de ramollissement et endurcissement, un nombre quelconque de fois, sans éprouver de changement dans ces propriétés; il est aussi ductile jusqu'à un certain point, à l'éiatmou il est facile de ie déchirer, mais quand il est endurci il est extrêmement tenace. Un morceau de 3 millim. d'épaisseur a porté aisément à l'état froid un poids do 25 fcilog.

§ -ï. D'après ces propriétés, le giitta-perctia me parait

stuuCtuhe du fitfraà-taftCflA et un caoutchouc. 203

Susceptible de recevoir de nombreuses applications dans les arts; 5a solution parait aussi propre que celle du caoutchouc à la fabrication des ti?sus imp Tiné;ibk-s, et en le ramollissant, à faire une foule d'objets, tels que manches de couteaux, boulons de portes, etc.

Les Malais l'emploient à ce premier usage et le préfèrent au bois. Un chirurgien, pourvu d'un petit morceau, pourra aisément avec un peu d'eau chaude, façonner ù l'instant même une bougie ou pessairo de tonne ou dimension quelconque. .

Bateaux de sauvetage en gutta-percha.

10. La ténacité extrême dugulla-pcrcha^agrandelégèretéj ont fait penser qu'on pourrait appliquer utilement cette substance à la construction des bateaux pour le sauvetage dos naufragés, ou pour. aborder des cotes dangereuses ef naviguer à travers des glaces flottantes. Il parait que dans la campagne du Prince-Albert, envoyé a la recherche de sir John-Franklin, ce bâtiment avait été pourvu d'un bateau en gutta-percha, qui a été soumis à quelques épreuves assez décisives. Vers la fin d'août, le capitaine doniïa l'ordre de débarquer avec ce bateau sur l'île Léopold, pour y chercher des traces de l'infortuné voyageur. Cu débarquement était excessivement dangereux et difilcile à cause des glaces quiohstruaient l'entrée du port. Mais dans cette navigation, suivant un témoin oculaire, ce bateau s'est merveilleusement comporté, il a résisté à la glace, a glissé entre ses masses avec aisance et sans avaries, tandis que, si le bateau eût été construit en bois, il aurait probablement été brisé comme une coquille de noix.

Structure du gutta-percha et dit caoutchouc, par M. Page.

11. Quand on réduit le gutta-percha en feuilles minces, à l'aide d'un laminoir , cette matière se comporte comme une substance fibreuse, ce qui n'a pas lieu pour le caoutchouc. *

§ 1. Une lanière de gutta-percha laminé, se laisse étirer dans la direction de ses fibres; mais elle se rompt quand un la tire perpendiculairement à celles-ci. Le caoutchouc, au contraire, est élastique dans tous les sens.

. § 2. Quand on examine des feuilles très-minces de cette substance, on observe une différence frappante dans la texture, vu dans l'appareil rotatoire, le caoutchouc offre peu d,e point de changement de couleur; tandis que le gutta-

percha possède de fort belles nuances, onvie croirait formé de prismes diversement colorés et tissés ensemble.

§ 3. Pour pouvoir observer ces effets, le caoutchouc et le gutta-percha doivent être fortement tendus.

g 4. Toutefois, M. Page a obtenu également des jeux de couleurs avec le caoutchouc. Voici comment il a opéré :

II a fixé une lame mince de caoutchouc à 'l'extrémité d'un tube de verre de 14 millim. de diamètre; 11 y insuffla de l'air de manière à donner au caoutchouc la forme d'une boule, qu'il a fermée à l'extrémité du tube à l'aide d'un cordon èe soie. Le caoutchouc, ainsi dilaté, est devenu presque transparent, et a offert, dans l'appareil à polarisation un système de couleurs déterminées, analogues à celles qui se forment dans une boule de verre rapidement refroidie. .

12. Le gutta-percha se pétrit à chaud avec une petite quantité de dissolvant, afin de le purifier. On le dissout ensuite dans un mélange d'alcool et de sulfure do carbone, et on délaie jusqu'à ce que la dissolution ait acquis la consistance d'un sirop épais. Après trois ou quatre jours de repos, les impuretés se sont réunies au fond on à la surface du liquide; on décante la partie limpide, et on a le gutta-percha pur.

Mode de préparation dos dissolvants du gutta-percha, du caoutchouc, des gommes et des résines, par Mîff. G. Simpson et Th. Forster.

13. Les procédés que nous allons décrire embrassent deux opérations distinctes et dont voici l'énoncé :

1. Fabrication d'un chloride ou bichloridc de carbone, et emploi de ce corps pour dissoudre le gutta-percha, le caoutchouc, les gommes ou gommes-résines et autres substances insolubles dans l'eau , et obtenir de nouvelles solutions de ces matières.

2. Mode de traitement des essences de goudron, de houille; afin d'en fendre l'application plus étendue ' comme dissolvants. , ~ *

Nous allons entrer dans les détails nécessaires à l'intelligence de ces procédée.

§ 1. L'appareil employé dans la première opération a été représenté dans la figura 106, pl. 3.

A est un alambic en fer chaulfé h la vapeur dans une enveloppe ou chemise A" A*; B, un vaisseau en grés à trois tubulures, et chaulfés de même à la vapeur dans une enve-

DISSOLUTION DO G U T T A-PETt Cl! A .' 205

loppe C,C; D, un serpentin aussi en grès renfermé dans on réfrigérant.

On charge l'alambic A avec du bisulfure de carbone, et le vase B avec du pentécldoride d'antimoine; en cet état on fait arriver la vapeur d'eau dans les enveloppes À' et C, et les vapeurs do bisulfure passent à travers le peutécbloride pour se rendre dans le serpentin, où elles sont condensées, et de là dans un récipient.

Le produit est alors 1 rectifié sur" de la chaux, dans une cornue ordinaire. Le composé qui en résulte est un cbloride de Carbone, qui est un dissolvant rectifie et inflammable du gutta-percha, du caoutchouc et des autres gommes résines.

Les proportions suivant lesquelles on emploie les matériaux indiqués ci-dessus, sont une partie en poids de bisulfure de carbone pour huit parties de peutécbloride d'anti-

Dans cette opération , la totalité du chlore disponible est enlevée à l'antimoine , et ce dernier a besoin d'être sature de'nouveau do chlore si on veut le faire resservir.

Le produit brut qu'on obtient par le moyen ci-dessus, peut être employé comme dissolvant sans être soumis à Une rectification sur la chaux, et en y plongeant ie gutta-percha ou bien on l'exposant à sa vapeur } le caoutchouc devient alors moins sujet à Être eû'oclé par le froid ou la chaleur. Du reste, ce bichloride de carboné est employé à dissoudre le gutta-percha, le caoutchouc et les autres gommes ou résides de la même manière que les autres dissolvants.

§ 2. L'appareil pour traiter l'huile essentielle qu'on extrait de la houille est semblable au précédent, excepté que les vases B et D sont en plomb, l'alambic A. est chargé avec cette essence, qu'il est préférable de prendre à l'état de première rectification par l'un des procédés ordinaires. Le vase B étant chargé avec uue solution de cbloride de chaux, on fait arriver la vapeur d'eau entre les enveloppes et. un jet de cette vapeur dans l'alambic lui-même. L'essence réduite en vapeur passe à travers B pour se rendre dans le D où elle est condensée. Si on désire obtenir un dissolvant très-pur et très-rectifié, on ne reçoit que le premier tiers du produit. La meilleure solution de cbloride de chaux est celle qu'on prépare avec une partie environ en poids de cbloride de chaux sec, dissous dans l'eau pour 14 à 16 partiesj aussi en poids, d'essence de goudron.

Dissolution du gutlû-fercha.

14. On sait, d'après M. Vogel, de Munich, que le carbon» Caoutchouc. 18

208 DE0XIÉM8 !PAÏIÎIE.'

do soufre est un dissolvant beaucoup plus parfait du gutta-' percha, que l'huile essentielle de térébenthine rectifiée ou Je sulfure de potassium ajouté à la bouillie de gutta-percha avec cette essence. M. Ed. Vanden-Corput, vient de trouver que ce suc concret de Visomandra-giltta est également solublc à la température ordinaire dans le per-chlorure de formyle ou chloroforme liquide, tout aussi volatile que le sulfure de carbone, et qui, au contraire de celui-ci, possède une odeur éthérée extrêmement suave. La solution chloroformique ainsi obtenue présente toutes les qualités désirables, et peut remplacer dans ses diverses applications le vernis préparé au carbure de soufre . Le gutta-percha est également soluble à l'aide de la chaleur dans les huiles de naphte, de goudron et de houille rectifiés , et mieux encore dans le camphogêne, le caoutchène, le camphône, comme enfin dans la plupart des autres carbures hydriques, représentés par la formule générale C ,(t H8, tels que les essences rectifiées do lavande, de citron, de genièvre, etc.

Brevet d'invention de 15 ans, en date du 14 février 1845., au sieur Nickels, à Paris, pour des procédés d'imperméabilisation.

15. § 1. M. Nickels emploie, pour rendre tous les articles imperméables, le gutta-percha. Cette substance a des propriétés élastiques semblables à celles du caoutchouc ou de la gomme élastique, mais elle présente avec ces matières plusieurs différences importantes. Ainsi, l'eau chaude seule la rend flexible, elle ne devient pas gluante et adhérente au toucher, les huiles n'ont pas d'act ion sur elle, etc.

§ 2. On prend d'abord cette substance dans son état d'importation, et on la purifie en lamacérant dans de l'eau chaude pour la dégager des impuretés qu'elle pourrait contenir. On l'applique alors, dans l'un ou l'autre des états suivants, à l'imperméabilisation des tissus.

On la convertit en pulpes ou couches légères en la pétrissant, ou la mastiquant dans de l'eau chaude de naphte rectifié ou dans de l'essence de térébenthine , et on l'applique dans cet état à la surface ou aux surfaces des articles à rendre imperméables.

§ 3. On emploie aussi cette matière à l'état liquide, employant pour la dissoudre environ cinq parties de naphte, pour une de gutta-percha.

§ 4. On l'emploie aussi mélangée avec des huiles ou des matières grasses, ou avec des gommes résineuses, ou avec du blanc de baleine, ou avec toutes matières colorantes, ou

NOUVEAU PRODUIT PtASTWtJE. 207

avec du soufre ou de la vapeur de soufro, ou avec de la craie, française ou avec toute autre substance pulvérulente. La. chaleur seule suffit pour la mélanger avec un de ccb différents ingrédients, quel qu'il soit.

On l'emploie enfin, combinée avec du caoutchouc, soit liquide ou semi-liquide, soit à l'état solide, soit recouverte seulement de caoutchouc.

Nouveau produit plastique, par M. A.-M. Duthoit.

16. § 1. L'invention consiste à combiner au gutta-percha,' -préalablement prépare pour cet objet, de l'oxyde de zinc, purifié ou non, du sulfate de baryte et de l'amiante, ainsi que diverses couleurs pour produire une nouvelle composition plastique. Le gntla-percha est préparé et blanchi en le dissolvant dans du napbte rectifié, de la benzine, du carbure de soufre ou autre dissolvant, puis est mélangé avec les autres ingrédients dans les proportions suivantes :

Première composition. Une partie de gutta-percha et une partie d'oxyde de zinc.

Deuxième composition. Parties égales de gutta-percha et de sulfate de baryte.

Troisième composition. Parties égales de gutta-percha et - d'amiante en poudre ou en suspension dans le naphte purifie ou la benzine.

Quand ces compositions ne possèdent pas une élasticité suffisante, on y ajoute du caoutchouc dissous dans le naphte ou la benzine.

§ 2. Pour faire les mélanges mentionnés plus haut, on opère comme il suit :

On dissout d'abord le gutta-percha dans le naphte, et après la filtration on verse la solution dans un alambic ; on ajoute l'oxyde de zinc; le sulfate de baryte, ou l'amianto, ainsi que la couleur qu'on veut donner, et on agite bien le tout ensemble. On chauffe alors l'appareil au bain-marie, au bain do vapeur ou de sable, et on maiutient la température jusqu'à ce que toute la portion liquide volatile ait distillé. La composition est alors enlevée et moulée suivant les articles qu'on veut produire.

Au lieu d'introduire la couleur dans l'alambic, on peut la mélanger avec la composition par un pétrissage à l'eau chaude rendue alcaline par la solution de quelques cristaux de soude.

Les compositions produites comme il vient d'être dit sont propres à mouler dos modèles, des articles de différents genres, des Qeurs artificielles, et quand ou les lamine eu

feuilles, on peut B'en servir pour remplacer le cuir. On peut aussi les dissoudre dans le naphte et la benzine, leur donner le degré de fluidité nécessaire et les appliquer comme des enduits ou couleurs liquides.

Manière dont le gutta-percha se comporte avec ses dissolvants, par M. E.-R. Kent.

17, § 1. Le gutta-percha est solublo dans le chloroforme, le carbure de soufre et les essences rectifiées de térébenthine, de résine , de goudron et de gutta-percha lui-même. Les deux premiers liquides le dissolvent à une basse température j quant aux autres, une élévation de température est nécessaire. Dans les dernières solutions, le gutta-percha se précipite par le refroidissement sous la forme d'une masse cornée et volumineuse qui se redissout par la chaleur. Les dissolutions ont ordinairement une couleur brun-rougcàtre et ne s'éclaircissent pas même après des mois entiers de repos; mais elles deviennent très-clairès quand on les filtre, lorsqu'elles sont étendues (1 partie de gutta-percha et 16 partieB de dissolvant) à travers le papier ou la mousseline.

§ 2. Le gutta-percha en dissolution est précipité par l'alcool; dans les solutions par lu chloroforme et le carbure de soufre, on retrouve le gutta-percha avec toutes les propriétés qui lui appartenaient primitivement, tandis que dans celles, par l'essence de térébenthine et les autres hydrocarbures, sa masse précipitée par l'alcool, retient une portion du dissolvant avec une telle énergie, qu'on ne peut l'en séparer que par la décomposition du gutta-percha.

g 3. Si l'on décompose une dissolution do gutta-percha dans le chloroformp, par 2 à 3 parties d'éther, cette gomme, quand on chauffe doucement, se sépare sous la forme d'une poudre- parfaitement blanche qui, lavée avec de l'alcool, recueillie sur un filtre et séchée, présente une masse molle, spongieuse, ressemblant à de la moelle de sureau. Si une petite quantité du mélange en question, avant que le précipité se forme, est mise sur une plaque do verre, il reste une pellicule mince et blanche, qui ressemble à la peau tins de chevreau qui sert à. faire les gauts. Quand on chauffe, cette pellicule perd son aspect et devient translucide. La cause de cette différence dans l'état d'agrégation, provient du froid qui se produit par l'ôvaporation de l'étlicr.

g 4. Les substances qui restent après le traitement du gutta-percha par les dissolvants, consistent en flores lijroeuBefl, matières terreupes et la matière colorante naturelle

PROCÉDÉ POCIt COMBINER Ï.E GCTTA-PERCHA.' 20ff

du gutta-percha, qui estsoluble dans l'eau ctprécipitableda la solution par l'alcool.

Par la distillation sèche, le gutta-percha donne les mémcï produits combustibles que le caoutchouc.

Procédé pour combiner le gutta-percha et te caoutchouc avec d'autres substances, par M. A. Lorimier.

18. § 1. On commence par découper le gutta-percha en copeaux minces, à l'aide d'une machine que je vais décrire; puis ou fait sécher en étendant ces copeaux a l'air, et enfin on les soumet à l'action d'une machine qui les réduit et les divise en fragments plus petits; ce qui en extrait les impuretés, sans le secours de la chaleur ou de l'eau, et rend à très-peu de frais le gutta-percha propre à des emplois industriels.

§ 2. La figure 107, pl. 3, représent* l'appareil à découper le gutta-percha en copeaux minces.

a, a sont des lames courbes en acier solidement fixées sur deux disques i, ô, calés sur un arbre c, de manière a former une série d;s couteaux hélicoïdes. L'arbre c fonctionne dans des coussinets portés par des montants d,d du bâti, et est mis en mouvement par des moyens convenables. Le bloc de gutta-percha est placé daus la cavité f, entre des pièces mobiles ou guides ffjff, ci relevé graduellement au moyen de la vis h. Lorsque presque tout le bloc de gutta-percha a été ainsi découpé en copeaux minces, le morceau qui reste est collé sur l'extrémité du bloc suivant, qui est soumis alors à l'action des couteaux.

La figure 10S est un instrument qu'on peut substituer aux couteaux de îa figure 3. Il consiste eu uue série de petites lames fixées en hélices autour d'un cylindre j.

La figure 109 est un autre instrument à découper, consistant en un plateau k fixé à l'extrémité d'un arbre , à angle droit avec lui , et entaillé de coulisses pour recevoir une série de lames II, assujetties dans celles-ci par des coins ou des cales en métal m. Les lames présentent dans leur section transverse la forme d'un crochet, et c'est la pointe de ce crochet qui est le bord tranchant.

]'ai aussi imaginé un autre instrument tranchant analogue au précédent, mais où les lames sont fixées, non plus dans le sens des rayons, mais suivant celui des tangentes.

La figure 110 montre une autre forme d'appareil toujours fixé au sommet d'un arbre, tandis que le bloc de guttapercha qu'il s'agit de couper en copeaux, est placé parallèlement àTarbre,

310 MUXIÉKB PARTIE.

Aussitôt que les copeaux de gutta-percha sont Becs, on les soumet à l'action de fa machine représentée en coupe verticale dans la figure 111. Cette machine consiste en un cylindre n, dans l'intérieur duquel sont fixées trois séries doubles de dents ou pointes o, également distantes entre elles. A la partie inférieure du cylindre se trouve une grille p, et dans la partie supérieure une trémie q. Le cylindre n renferme un autre cylindre r. pourvu de quatre rangs doubles de chevilles s. Ce cylindre r étant mis en mouvement, les copeaux, de gutta-perebà introduits dans la trémie, sont exposés à l'action des dents et des chevilles qui dégagent la boue, et les impuretés quj tombent et s'échappent à, travers la grille p.

Quand le gutta-percha est suffisamment nettoyé, on l'entrait du cylindre n, dont la grille à charnière peut s'ouvrir, et on l'introduit dans une autre machine dont on voit le plan dans la figure 112. C'est un vase f renfermé dans une caisse à vapeur, et dans l'intérieur duquel sont disposées, à des distances égales, trois séries de chevilles u, u, uj au centre pst un arbre vertical v, portant quatre rangs de bras pointus w, et qui, lorsque l'arbre tourne, étirent le gutta-percha en lanières, et ouvrent ou brisent toutes les parties spongieuses, qui renferment de l'air ou de l'humidité. C'est pendant cette opération qu'on ajoute les différentes matières sèches qu'on désire incorporer an gutta-pereba.

La figure 113 est une section verticale d'un appareil que j'appelle macliiue h incorporer, et qui consiste en un vaisseau a" renfermé dans une caisse à. vapeur y. Ce vaisseau renferme deux cylindres s, s, dont les surfares convexes sont cannelées. En tournant, ces cylindres compriment et étendent le gutta-percha, -de manière à établir l'union la plus intime entre tontes ses parties, et par conséquent à en augmenter la force et l'élasticité.'.. " ■

§ 3- Les matières avec lesquelles je combine le guttapercha sont l'argile cuite, la poudre de cailloux, de poteries, de porcelaines, de marbres, de calcaires durs, des oxydes de zinc et de cuivre, de la chaux hydratée, de l'oxalate de chaux, et enfin un composé de chaux éteinte et d'acide oxalique dissous dans l'eau, dans la proportion de 1W1.500 d'acide pour 36 litre* de chaux. On dissout d'abord l'acte dans une suffisante quantité d'eau pour éteindre la chaux, et après avoir ajouté la solution à- celle-ci, on desséche le produit et on le passe au tamis.

Une quelconque de ces substances peut être combinée au gutta-percha pour produire de nouveaux composés propres

APPLICATJOSS EH jHJTTV-ÏBftCHA. Ht

au moulage, ou pour en faire des tables, blocs, etc., dans lesquels on découpe des semelles pour bottes et souliers, des courroies, des lanières, etc.

Les matières ci-dessus indiquées sont broyées finement et passées au tamis, et pour les combiner au gutta-pereba, ce que j'ai trouvé de mieux, c'est d'étendre celui-ci sur une table, de le réduire en une feuille sur laquelle on tamise ces matières en pliant, roulant et tamisant a plusieurs reprises, comme une pâte, jusqu'à ce qu'on ait obtenu le composé désiré. On peut aussi pétrir entre deux cylindres, saupoudrer, plier et cylindrer, ou enfin employer la machine à incorporer çi-dessus décrite.

§ 4. Quand on abesoin d'une grande élasticité, on mélange du caoutchouc à ces composés.

Pour combiner de l'oxyde de zinc et de l'oxalatc de chaux, pu bien le composé de chaux, d'acide oxalique et d'eau avec le caoutchouc, on emploie ces matières séparément ou toutes ensemble, et on les combine au caoutchouc, absolument de la même manière que les substances ci-dessus avec le guttar-

Eercha. Les composés ainsi formés sont très-propres i la farication des tissus ou produits imperméables, et pour faciliter leur application , il suffit d'employer les dissolvants ordinaires du caoutchouc.

Brevet d'invention de 15 ans en date du 28 avril 1841, au sieur Montgolfier, à Marseille, pour des applications du gutta-percha.

19. § 1. Le gutta-percha, réduit en poudre et mélangé à la pâte à papier pendant la trituration, donne une substance qui, passée sous des cylindres chauds, s'étend et Forme une feuille imperméable propre à recevoir des encres indélébiles.

§ 2. Le gutta-percha peut, étant chauffé à la vapeur dans une cuve, èln- mêlant avuc différents produits et donner lieu à des applications diverses. Il peut aussi être employé à plusieurs usages, quand il est dissous dans le proto-sulfure de carbone ou dans des huiles essentielles rectifiées, à cause 'de la propriété qu'il a de se solidifier par une légère évaporation du dissolvant.

§ 3. Dissous dans des huiles et combiné avec des alcalis, " le gutta-percha donne un savon dur ou mou, suivant qu'on le combine avec la potasse ou la soude.

Ce savon peut être employé à rendre les étoffes imperméables.

Dana un certificat d'addition en date du 28 octobre 1847,

l'inventeur complète la nomenclature de toutes les industries auxquelles s'applique le gutta-percha dans les divers États qu'il peut prendre. .

Emplois de la dissolution de gutta-pereha.

20. Quand on verse quelques gouttes d'une -dissolution faite avec le gutta-percha et le sulfure de carbone, sur un plan horizontal, il se forme rapidement une couche fine de gutta-percha provenant de l'évaporation de la liqueur ; cette couche est inaltérable à l'air, et elle protège contre cet agent les surfaces qu'elle couvre.

§ î . On peut donc employer cette dissolution clans le pansement des blessures. Le sulfure de carbone étant trèsvolatil, il se produit beaucoup de froid pendant son évaporation; aux avantages d'une union rapide des bords de la blessure, cette dissolution donne encore celui d'agir comme untiphlogistique.

§ 2. Cette môme liqueur peut encore être utilisée pour enduire des fruits; la couche qui les recouvre ainsi les protège contre l'action de l'air et de l'eau, et par conséquent elle les préserve ainsi de ia dessiccation.

Ce procédé est surtout bon àsuivre quand il s'agit de conserver des fruits pour les collections scientifiques.

§ 3. Le papier non collé (papier à imprimer) se transforme instantanément en papier à écrire, quand on l'humecte d'une pareille dissolution de gutta-percha ; à l'avenir, cette liqueur pourra donc servir pour les ratures en guise de sandaraque.

§ 4. Pour mouler ou pour recouvrir les objets tels que des étoffes, de la toile, du cuir, etc., afin de les rendre hydrofuges, ou pour recouvrir des vases, des vaisseaux ou des citernes, M. Hancock recommande la composition que voici (voyes n° 25 et suivants).

§ 5. On fait bouillir le gutta-percha dans une dissolution de chlorure de calcium, puis on l'introduit dans le pétrin, afin de lui donner de l'homogénéité, et l'on ajoute, en petites portions, un mélange de gomme-laque et de borax, jusqu'à ce qu'après le refroidissement, la masse ait acquis la viscosité voulue.

' Pour obtenir le mélange en question on prend :

liorax. 1 partie.

Gomme-laque. ...... 5 —

Eau, quantité suffisante pour recouvrir le lout.

Et quand la masse est devenue homogène; on la fait éva-

PRÉPARATION ET EWPtOI DU GOTTA-PERCnA. 213

porer pour lui donner une bonne consistance; on peut îa colorer à l'aide de couleurs appropriées.

Brevet d'invention {patente anglaise du 12 janvier 1846) en date du 3 juillet 1846., au sieur Hancock, de Londres, pour la préparation et l'emploi du gutta-percha.

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