‹ Nouveau manuel complet du fabricant d'objets en caoutchouc, en guttapercha et en gomme factice suivi de documentsChapitre 41 sur 85 · Voici d'abord comment on purifie le gutta-percha · texte numérisé non relu

Voici d'abord comment on purifie le gutta-percha

On le met dans une presse cylindrique à vis, ayant un fond criblé de trous et chauffé. Sur ce fond, on place plusieurs passoires superposées et de plus en plus fines, de manière que la plus fine se trouve être la supérieure ; cela fait ? on fait agir la presse,

\oioi encore un autre moyen de purification ;

On traite par l'huile do térébenthine rectifiée ou uu autre dissolvant analogue; on passe la dissolution à travers un filtre, et on laisse évaporer jusqu'à ca que la substance ait acquis une consistance piteuse; dans cet état, le gutta-percha peut prendra toutes les formes qu'on lui donnera.

§ 1, On peut faire des mélanges de gutta-percha, de caoutchouc et de jinlawan. Cette dernière substance apportée des Indes orientales jouit à peu près des mêmes propriétés que les deux autres,

§ 2, lin traitant ce mélange avec du soufre, on lui fait acquérir des propriétés nouvelles; ainsi, il acquiert plus de souplesse et n'est plus sensible aux variations de température. Si l'on v ^ut que le produit ait de la raideur, il faut une forte proportion de gutta-percha.

§ 3. Au lieu d'employer du soufre, on fera mieux de sa servir d'orpiment,- qui est un sulfure d'arsenio,

§ 4. Si l'on veut que Je produit soit spongieux, on ajoutera 10 à, 20 pour 100 d'alun ou de carbonate d'ammoniaque, on mettra la matière dans des moules, et on fera chauffer pendant une heure à une température de 115 à 125 degrés; ii ne faut pas aller au-delà.

§ 5, Pour donner à ces produits do gutta-percha une grande dureté, il suffit de les mettre dans des moules où ils sont fortement pressés; on chauffe jusqu'à 180 degrés, et le produit qui en résulte peut être travaillé comme du bois.

§ 6. Eu ajoutant de la cire végétale ou du suif, on donne aux produits une plus grande souplesse..

| 7. En les dissolvant dans l'essence de térébenthine, on obtient un vernis qui peut servir à plusieurs usages.

§ 8, En mettant sur une plaque très-mince d'or une couche de guttiv-Dercha et 6B soumettant le tout à tins farte

2i4 DEUXIÈME PARTIE.

pression, accompagnée d'une élévation de Chaleur, il se produit une adhérence des deux plaques telle, qu'on peut dire que le gutta-percha est doré.

% 9. On peut faire des cardes eu étendant le gutta-per-. cha sur du drap, tandis qu'il est plastique, et on pique les dents.

Enfin on peut étendre sur les étoffes un mélange de ces produits gommeux avec des corps résineux.

Travail et application du ^utta-percha, par M. R.-A. Brooman.

22. § 1. Le gutta-percha est, comme on sait, une substance éminemment combustible, soluhle dans les huiles essentielles, se mélangeant aisément avec la plupart des matières combustibles, inattaquables par l'eau et l'humidité; ramollie par l'eau chaude, la vapeur d'eau ou l'air chaud, après quoi, on peut la pétrir a volonté ; présentant une force considérable d'adhérence sans être poisseuse, flexible à l'état sec ou solide,- d'une ténacité extrême et élastique à un certain degré, imperméable et inattaquable à l'air, presque inodore à l'état de pureté, et, enfin presque inaltérable par l'usage mécanique.

Elle diffère du caoutchouc ordinaire en ce qu'elle n'est pas poisseuse à l'état sec, qu'elle est moins affectée par la chaleur de l'air ou par les huiles grasses, et en ce qu'on peut la travailler à l'eau chaude seule.

Ces propriétés m'ont suggéré l'idée d'employer le guttapercha soit seul, soit en combinaison avec d'autres substances à divers usages que je vais indiquer,

§ 2. Combustibles artificiels. — On peut d'abord faire un combustible artificiel en mélangeant le gutta-percha avec du menu de houille et du goudron des usines à gaz dans la proportion de 10 à 20 pour 100 de ces matériaux. Ce combustible artificiel, par sa durée et sa résistance aux influences de l'air et de la chaleur, est très-propre au service de la marine àvapeur dans les pays chauds. On peut encore le mélanger à du menu do houille, du goudron, de la sciure de bois (.ans Ze rapport de 3 1/2 pour 100, pour donner un feu ardent et soutenu, très-convenable dans plusieurs opérations industrielles. En mêlant aussi 3 parties de gutta-pereba à une partie de goudron de bouille rectifié, on obtient en brûlant le mélange un noir propre a fabriquer l'encre d'impression.

§ 3. Mastics, colles et cimerits artificiels. — Pour faire des mastics ou des ciments artificiels avec le gutta-percha, voici comment il faut s'y preadro ; On débarrasse d'abord

TRAVAIL ET AtotlfiATlOît BU dllTTA-TERCHA: 215

Cette substance des matières étrangères qu'elle renferme ordinairement de la manière suivante. On la plonge pondant quelques instants dans l'eau chaude, afin de la rendre flexible, puis on la passe cinq, six, ou un plus grand nombre do fois dans une machine à purger, représentée en coupe dans la fig. 114, pl. 3- a est une auge à double paroi remplie jusqu'en a' d'eau chauffée à la température do 80 à 00° C., à l'aide de la vapeur ou de l'eau chaude qu'on introduit entre les doubles parois b ;'c, c', deux rouleaux parallèles d'acier ou de fer d'égal diamètre, montés sur des coussinets, et immergés aux trois quarts dans l'eau, d d', deux roues dentées et montées sur les axes de ces rouleaux et engrenant l'une dans l'autre pour leur imprimer le mouvement. La roue d' a un diamètre double de celle â } afin qu'il y ait en même temps frottement de glissementet de roulement d'un rouleau sur l'aure f, pignon qui mène la roue e, laquelle commande les rouleaux c c'. Le gutta-percha, enlevé de l'eau chaude est passé entre les rouleaux jusqu'à ce qu'on en ait exprimé toutes les matières fibreuses et étrangères, et qu'il ait été réduit en une feuille plus ou moins mince; et, à cet effet, les rouleaux sont pourvus de vis de serrage disposées à la manière ordinaire. Le frottement de glissement que la roue d' opère sur la roue d est nécessaire pour retarder la marche de la matière pendant qu'elle est laminée entre les rouleaux. Les impuretés résultant de ce laminage, flottent à la surface de l'eau, ou tombent au fond de l'auge.

Le gutta-percha étant ainsi purifié, peut être appliqué comme ciment, colle ou mastic, ou entrer dans de pareils composés sous un des trois états suivants a l'état plastique, à l'état granulé ou pulvérulent, à l'état de solution, soit seulej soit en combinaison avec d'autres substances.

§■ A. Application à l'état plastique. — Pour appliquer le gutta-percha de cette manière, il faut d'ahord le soumettre au travail d'une machine à pétrir, représentée suivant les sections transversale et longitudinale par les fig. 11S et 116, k est un bâti ou une auge sur lequel estmonté un cylindre de fer creux l, contenant à l'intérieur un cylindre cannelé m, d'un diamètre plus petit et dont l'axe passe par les tourillons h h du cyfindre creux. La partie supérieure du cylindre & est mobile et forme un couvercle qui tourne sur une charnière n, et qu'on peut clore quand il est rabattu au moyen de boulons o qui traversent les deux collets m' m'j On imprime un mouvement de circulation au cylindre cannelé m, au moyen d'une roue p fixée sur un des bouts de son axe, et qui mène un pignon mis en-action par un moteur

quelconque. Le couvercle Étant ouvert, on introduit ûna masse ou boule de gutta-percha purifiée, formée à la main dans l'eau chaude, et d'une dimension suflisante pour remplir environ un tiers de l'espace entre les cylindres 4, m, ainsi qu'on le voit eu q, puis on rabat le couvercle. On imprime alors un mouvement au cylindre m, dont les cannelures servent non-seulement à entraîner la masse de guttapercha, mais lui lont en môme temps subir un pétrissage complet. L'opération est continuée jusqu'à ce que la masse soit devenue parfaitement ductile : c'est-a-dire pendant une heure ou une heure et demie suivant la qualité du guttapercha, quelques sortes étant plus rebelles que les autres.

La chaleur qui se développe à la lin de celte manipulation est considérable; mais, dans la plupart des cas, il faudra au commencement favoriser l'opération, en plongeant le bâtis A: dans une auge remplie d'eau chaude ainsi qu'on le voit fig. 115, ou en introduisant de la vapeur dans le cylindre l au moyen d'un tube.

Quand on désire donner à la masse de gutla-pcrcha un plus haut degré d'élasticité que celui qui lui est naturel, on y mélange et incorpore pendant le pétrissage, soit du caoutchouc, soit du soufre, soit ces deux substances eu môme temps. Voici de bonnes proportions moyennes : environ Z parties de caoutchouc pour 6 parties de gutta-percha, ou l artie de soufre pour 8 parties de gutta-percha, ou 2 parties e caoutchouc et 1 partie de soufre pour 6 parties de guttapercha. Quand c'est du caoutchouc qu'on emploie pour accroître l'élasticité du gutta-percha, il faut un degré de chaleur qui ne soit pas moiudre de (iâ à 6G degrés pour effectuer le mélange des deux substances. Il convient d'introduire du caoutchouc dans la machine en même temps que le guttapercha ; mais le soufre ne doit ôtre versé dedans que de temps à autre et par petites quantités à la fois, par de petites portes r r r percées dans le couvercle du cylindre (. Le gulta- - percha s'empare aisément de ces matières, et le tout constitue à la fin de l'opération Un mélange parfait.

Si on désire colorer la masse de gutta-percha afin qu'il soit plus propre à certains usages, ou introduit la matière colorante de lamêmc manière quelc soufre,c'csl-à-direparles

Ïiortes r, et toujours par petites quantités à la fois. La coueuv pénètre toutes les parties de la masse et est parfaitement incorporée.

On peut aussi donner delà douceur au gutta-percha eu y incorporant de la Craie et de la stéatitc ou autre poudre très-douce, de la môme manière que le soufre ou les cou-

TRAVAIL ET APPLICATION DU CuTTA-PERCHA.' 21?

leurs. Ou bien, si on veut le rendre rudii et mordant, on peut y incorporer de l'éraeri, du sable ou autre corps dur à l'état de grains.

Le gutta-percha sous Tua des états plastiques quelconque, dans lesquels il a été ainsi préparé," peut être employé soit seul, soit combiné avec d'autres substances ou matières à. recevoir de très-utiles applications. Seul et sous l'un ou l'autre desdits états, on peut le mouler, l'étamper, le modeler, le couler ou le travailler par tout autre moyen connu, servant à donner une forme, un relief, un modèle aux matières plastiques, afin d'en fabriquer divers objets d'un emploi usuel, tels que cadres de glaces, de gravures, décorations, parquets, mosaïques, boutons, billes, balles, étiquettes, bracelets, anneaux, ceintures, courroies, rênes, guides, etc.; ou bien, on peut s'en servir comme d'une substance élastique à l'abri des influences de l'air et de l'humidité, peu affectée par la température ordinaire ; par exemple, comme matière pour des dessins en creux et en relief; pour faire des couvertures de lit, des sommiers, des coussins, des bandes de billard, des ressorts, des plaques de coussinets pour chemin de fer, des soupapes sur chemins atmosphériques ou dans la construction des machines comme matière élastique et résistante.

Comme, avec d'autres matières , le gutta-percha peut, sous l'un de ses états plastiques ci-dessus, être employé à réunir et coller ces matières et les rendre imperméables à. l'air et à l'eau ; sous ce rapport, il est principalement applicable à ces divers états, aux articles manufacturés que voici : tissus simples ou doublés de colon, de laine ou autres matières testiles, au cuir et autres substances à texture fibreuse, a des dessus de table, des tapis, des toiles d'emballage, des blanchets d'imprimeur, etc. Dans ces applications, le gutta-perclia est ump-jyé a l'état de solution sur ces articles au moyen d'une machine représentée lig. 117 et 118, et à peu près semblable a celles dont on se sert habituellement dans les fabriques de produits hydrofuges.

t (est un bâtis, vv' deux cylindres creux en fer, tournant sur des appuis et maintenus à une température d'environ 60° C. 5, une jauge ou libère qu'on alimeute par derrière do gutta-percha, et s' z' des vis pour régler l'épaisseur qu'il convient de donner. Le tissu, pièce détolfe ou autre article qu'il s'agit d'enduire, est placé dans une cavité x d'où il est tiré en avant sous la jauge s et sur les cylindres v v' en se recouvrant d'une couche de gutta-percha à mesure qu'il passe sous cette jauge.

Caoutchouc, JjJ

%i§ BEUÏIÈMB PAT1TIE.

Lorsque le guttarpercha est appliqué e l'état plastique, qp peut faire usage d ; une disposition semhlable à aelle re^ présentée adroite de la figure.118 où s est un rouleau sur lequel le tissu à enduire est enroule et qui le délivre ensuite au cylindrp p'. • ; '

L# bajle qii masse de gutta-ïierrha cstplarée sur le sommet du cylindre v, iiumédiatemL'iit deméi'e la jauge .s ainsi qu'on le voit en te. La chaleur fait adhérer une portion du guttapercha au cylindre qui l'entraîne en le faisant passer sous petit) jauge, laquelle le lamine et le réduit en une fouille on couette de l'épaisseur correspondant & l'ajustement donné a cette pièce. Le tissu, partant du rouleau s, passe entre les cylindres V It'j reçoit la feuille mince de gutta-percha ap-! portée par le cylindre v et y adhère. Dans tous les cas, la jauge doit être maintenue chaude, et pour cela, il faut qu'elle sojt construite avec un passage creux y qui la traverse pour recevoir l'eau cjiaude ou la vapeur, ainsi qu'on le voit séparément fig. 119.

Toutes les fois que l'article auquel on applique le guttapprelia doit être exposé à dus variations considérables de température OU a des huiles grasses, il faut donucr la préfél'ence h celui qui a été sulfuré.

Dans toutes les combinaisons décrites ci-dessus, le guttapercha à l'état plastique est superposé ou interposé entre ges surfaces ; mais il y a d'autres combinaisons où il peut gtre çqus et'i état mélangé ou uni à d'autres matériaux. Ainsi on peut mêler à du gutta-percha qu'on travaille à la machine 4 pétrir {le la pulpe de papier, de la sciure de bois, du cuir râpé, des poils, des soies, desétoupes, etc., en ayant soin, quand ces matières ne sont point à un certain degré d'atténuation, de les couper menu , afin de pouvoir en fabriquer unp l'qnU) de produits composés trcs-propreB à daller, couvrir les maisons, revêtir des surfaces, etc.

g 5- ftlimt ions à l'état granulé. — On prend du gutta- Rcrcha de l'une des variétés ci-dessus, et on le réduit en poudre avec une râpe. Dans cet état, on l'applique pour prendre des empreintes d'objets sculptés eh creux ou relief, (jpeflqpés, etc. Quand ce sont des objets sculptés, on remplit le moule de poudre de gutlarpercha, et on chauffe jusqu'à ce que cette substance soit réduite en une masse suffisamment ductile pour pouvoir être chassé par la pression dans toutes tes. parties du moule. Lorsqu'on veut prendre des empreintes du surfaces en relief, en creux ou découpées, on pose ces surfaces sur une table, et on répand dessus une couche un peu épaisse de gutta-percha râpé; on passe une règle pour

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