‹ Nouveau manuel complet du fabricant d'objets en caoutchouc, en guttapercha et en gomme factice suivi de documentsChapitre 42 sur 85 · TRAVAIL ET APPLICATION DU GUTTA-PEUCHA · texte numérisé non relu

TRAVAIL ET APPLICATION DU GUTTA-PEUCHA

remplir les cavités, et on enlève la partie superflue. Eu cet état, on soumet la pièce à une chaleur suffisante pour ramollir le gutta-percha, puis on étend dessus une peau, un tissu ou du papier, et on applique la pression au moyen d'un rouleau ou autrement. En cet état, le gutta-percha abandonne les cavités qu'il remplissait et s'attache au tissll, en présentant une copie exacte, parfaitement nette et durable du sujet originale

§ 6. Application à l'état de solution. — Le gutta-percha se dissout dans la plupart des huiles essentielles, à l'aide d'une douce chaleur; mais il vaut.mienx opérer cette dissolution dans le naphte rectifié ou l'essence rectifiée de térébenthine. On peut l'employer sous cet état, soit seul, soit mélangé au soufre, au caoutchouc, à des couleurs, à de la craie ou toute autre substance indiquée plus haut pour augmenter sa plasticité , son élasticité, sa douceur ou sa rigidité, ou. pour la colorer. On peut encore s'eh servir pour rendre imperméable à l'air ou k l'eau, Ou pour unir diverses matières entre lesquelles on l'interpose. Un bon moyen d'en faire des feuilles sous cet état, est- de le couler sur dét plaques de verre ou des dalles, le chauffant pour le répandre Uniformément partout ; puis le laissant refroidir et sécher. On peut aussi transporter ainsi sur le gutta-porfcîia 15s dessins que porterait la plaque sur laquelle on coule. A l'état de solution, le gutta-percha peut servir à enduire ét protéger d'une manière plus complète les articles qui ont déjà été traités par le. caoutchouc soit naturel, soit sulfuré, afin de s'opposer à l'état collant et poisseux du caoutchouc non sulfuré* On. peut encore l'appliquer à cet élat de sdld=lion à. saturer des cordages de toute Sorte pour accroîtra leur force et leur imperméabilité, et comme matière à ehcol^ 1er, apprêter et. augmenter la fermeté des soieries, rubans et autres articles. Enfin on peut s'en servir à l'état liquide mélangé à des couleurs pour imprimer sur soie, cuir, tissus^ été.

Le degré de consistance qu'il convient de ddnnèr a la solution, varie nécessairement suivant l'objet auquel od veut l'appliquer et le mode d'application. Quand on vedt qu'après le refroidissement elle forme une couche solide, et qu'on l'a déposée avec une spatule et passée soiis la jangë } . comme on le fait ordinairement dans les fabriques de caoutchouc, la proportion doit être d'une partie de dissolvant ppur environ deux parties de gulta-percha; mais lorsqu'on ne veut qu'une très-lôpTi' appUi'iUum, comme lorsqu'il s'agit d'e.ncolier et d'apprêter les soieries et les rubans, et qu'on l'applique à la brosse, alors la proportion peut étré

DEUXIÈME PAtlTIS.

augmentée jusqu'à 8 parties de dissolvant pour une de guttapercha.

■ Dans tous les cas, la solution doit être appliquée chaude, surtout lorsqu'elle est mélangée à des couleurs et employée par impression. Où peut fabriquer un produit très-propre à revêtir ou couvrir des surfaces ou des bàlimeuts, en collant et unissant ensemble des matières fibreuses au moyen d'une solution de gutta-percha, ou de gutta-percha et de caoutchouc, ou, enfin, d'un mélange de gutla-perclta, de caoutchouc et de goudron de houille.

La figure Ï20 représente une machine à enduire et encoller ensemble les matières fibreuses.

La figure 121, une machine pour les saturer de solution.

a a est une auge à double paroi chauffée à la vapeur et remplie jusqu'à la ligne a' a' d'eau, -dans laquelle on a dissous un peu de gélatine, de gomme ou autre substance gélatineuse; bbbet ce, des séries de rouleaux autour desquels s'enroulent des toiles ou gazes sans fin r r : g, un cylindre sur lequel est enroulée une nappe de laine cardée ou autre matière fibreuse, de l'épaisseur requise. A partir de g, cette nappe descend et passe entre les rouleaux b fi qui l'aplatissent et la compriment ; puis entre deux cylindres creux g' g' chauffés par la vapeur ; après quoi elle s'enroule sur le rouleau d'. Parfois, on mélange de la pulpe de papier à l'eau de gélatine ou de gomme dans l'auge a, et on met en mouvement un agitateur qui projette cette pulpe sur la toile ou gaze sans lin r, laquelle se transporte sur la nappe.

Lamaehinc, fig. 121, où la nappe est ensuite portée, consiste aussi en une auge à doubles parois, semblable à la précédente et remplie jusqu'en b b, de la solution de guttapercha, ou autres solutions indiquées ci-dessus et chauffées à la vapeur, nnn sont trois laminoirs portant des toiles sans fin gg; m, un cylindre sur lequel est enroulée la nappe préparée, après avoir été soumise à la machine d'encollage précédente. A partir de ce cylindre, cette nappe passe entre les cylindres », et, après avoir été complètement saturée dans sa marche avec la solution de gutta-percha ; elle l'enroule sur le cylindre r, chauffé à la vapeur pour y sécher. On peut obtenir un produit très-bon de ce g<juré,en passant la nappe tout d'abord par la machine, lig. 121, et sans encollage préalable.

En indiquant précédemment les diverses matières avec lesquelles le gulta-perclia pouvait Ûtre combiné, j'ai dit que le soufre devait y être ajouté, soit pendant le pétrissage, soit à l'état de solution ; mais si on a oublié cette addition, ou

FABRICATION W FIL DE GBTTA-PEHCHA. 121 Si on Toalait donner au produit une élasticité plus permanente, on pourrait le sulfurer en le plongeant dans du soufre fondu, à une température de 150 degrés^ ou en l'exposant à des vapeurs de soufre en fusion.

. La plupart des produits décrits jusqu'ici, comme formés de gutta-percha, seul ou combiné avec d'autres substances^ possèdent en commun cette propriété précieuse, Savoir : qu'après avoir servi on peut en extraire le gutta-percha qu'ils renferment, avec une perte peu sensible, .ou même nulle, et rendre cette substance propre à entrer dans la fa^ brication des nouveaux produits de môme genre {1).

Fabrication âti fil de gutta-percha et ses applications, par

ItROOilAK.

23; § 1. Le gutta-perebay substance bouvellé qu'on' almVportée depuis quelque temps des Indes orientales en Etir.ope, ayant été nettoyé, pétri à l'eau chaude^ du dans tin des dissolvants du caoutchouc, et amené ainsi à un état plastique, est ensuite converti en lil à l'aide de l'appareil que nous allons décrire.

Fig. 122, pl. 3, Section verticale del'appareil.

Fig. 123, plan du même appareil.

Fig;. 124, section horizontale, par la ligne AB,flg. 122 de la litière vue par-dessus.

a est Une auge renfermant de l'eau froide, b tin Cylindre solidement établi sur la filière c il l'aide de boulons qui assujettissent en même temps le cylindre et la lilière à la partie supérieure de l'auge ; à un piston qiiijoue dans le cylindre b, et e une série de tubes disposés sur une seule file", suivant un des diamètres de la filière^ èt percés d'un trou circulaire; mais qu'on peut faire carré, triangulaire oU Hexagone, suivant la forme qu'on refit donner au fil/' un tuyati destiné à amener de la vapeur à une haute température (120 à 150° C.) dans la filière, alin do la chauffer ; et g fan tuyau de. déchargé pour cette mèinc vapeur.

Voici maintenant comme cri fabrique le fil de gutta-pérèltaavec cette machine.

(i) iîè mémdir, icrn bon jmùtlsni do conratiér, côiilJchi (*in'cd6p a 1 ; falii itïnéei lin p^à lé D iremflnt. Ncinn ne ici «rompus tb'.erÙ polir (ifl pai □■[longir liinfilemunt col ouvrJBC. Le lecteur suum bien ilislià^oer tes nppticallons pOisfblcf S filtra de Hm tjîil tfe ib'rit jtnt prriHcnbte. Soirs ourlai» pi uL-ïffo inppriiitf ferincoop ,1« diotct ild'nnifMLijcîflnicniaieun aa ['sivnluni point tlii 5 , cl il, Mis, nà le tarant pis reproduit <n enilur, noùi n'euiilnst pu craindre d'être rieciiMliTnvsir SîtiTla'5 3*> •îocamcmi «illct dans le* loppreMIonJ iiun Wl ûrif liriU pu faire.

222 DEIUÉHB PAjJTll!.

Le piston est d'abord enlevé du cylindre, et on introduit dans celui-ci une masse ou nu rouleau de gutta-percha préparé : on . replace le piston qu'on fait descendre avec force, soit à la main, soit' par des moyens mécaniques sur le gutta-percha qui, se trouvant ramolli à l'extrémité inférieure par la chaleur de la filière, s'échappe par les tubes e en une série 1 de fils : ceux-ci, à mesure, qu'ils sont refroidis par l'eau contenue dans l'ange, se durcissent, passent sous le rouleau A, et sont conduits de là sur un dévidoir i monté sur les bords de l'auge, à l'autre extrémité, où ils s'enroulent. Ces fils ne sont que légèrement allongés pendant qu'ils s'enveloppent sur ce premier dévidoir ; mais on les fait passer ensuite sur un second dévidoir où, avant de s'y enrouler, on les étire àla main comme quand on filele lin ou ie chanvre, c'est-à-dire en travaillant le fil entre le pouce et les autres doigts, jusqu'à environ quatre fois leur longueur primitive. En cet éfat, on les enroule sur des bobines, et on les conserve pour eu faire des applications.

Au lieu de procéder comme il vient d'être dit, on peut employer le gutta-percha à l'état de feuilles, coloré ou incolore, sulfuré ou non sulfuré, et découpé en bandes ou en fils, au moyeu des machines qui servent à cet usage pour le caoutchouc; mais comme de cette manière on ne produit que des fils plats ou carrés, on peut leur donner ensuite la forme ronde, si cela est nécessaire, en attachant chaque fil d'un bout à un carré semblable à ceux dont on se sert dans les corderios, et de l'autre à un crochet fixé en un point con»> venable, et en faisant tourner rapidement le fit sur son axe ; ce qui, en peu dis temps, le rend suffisamment rond. Ou bien on peut doubler deux, ou un plus grand nombre de ces fils, les retordre et les filer comme un seul fil rond au moyen d'un appareil semblable à celui employé dans la filature.

§ 2. Les fils ainsi produits s'emploient ensuite dans la fabrication de tissus, soit seuls, soit combinés avec les fils de soie, de coton, de laine ou de toute autre matière textile ; et les combinaisons peuvent s'opérer, soit en couvrant les fils de gutta-percha de ces matières, ainsi que cela s'opère pour le caoutchouc dans la fabrication des bretelles et autres tissus élastiques, soit en les introduisant à l'état nu avec les autres fils lors du tissage.

On peut fabriquer un tissu fort et parfaitement imperméable en juxtaposant un certain nombre de fils de gutta-percha sur un fond de coton, de lin ou autre tissu, puis passant entre des rouleaux chauffés qui collent fermement les fils en-

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