‹ Nouveau manuel complet du fabricant d'objets en caoutchouc, en guttapercha et en gomme factice suivi de documentsChapitre 52 sur 85 · APPLICATION DU C OTTA-PER CE A · texte numérisé non relu

APPLICATION DU C OTTA-PER CE A

Les acides sulfurique et azotique mono-hydratés l'attaquent vivement en produisant des phénomènes analogues à ceux que l'on observe lorsqu'ils agissent sur les deux autres principes immédiats (1) .

L'acide clilorbydrique , même en solution saturée à -f- 20 degrés, ne l'attaque pas. .

Mais le caractère le plus remarquable de cette résine est de pouvoir former, dans les circonstances que nous avons indiquées, ces cristaux globuliformes recouverts d'une autre résine en pellicule blanche et ofirantdans leur structura complexe l'aspect de sphérules opalines.

CONCLOSIOSS.

On voit que la gutta-percha, telle qu'elle nous arrive, sa compose, outre quelques autres matières en faibles proportions (2), de trois principes immédiats nettement caractéri- , sés; le plus abondant est doué des principales propriétés da la substance normale : je le désigne sous le nom de gutta / pure ou gutta, les deux autres sont des résines indilTérentes.

Afin de rappeler leurs propriétés caractéristiques, je nommerai cristalùane ou albane celle que l'on obtient sans peine en cristaux blancs, et fluavile la troisième, qui est jaune, se fluidifie sensiblement, et coule à une faible température.

Les variétés commerciales que j'ai examinées m'ont donné les proportions suivantes :

Gutta 75 à 82

Albane . 16 à 17

Fluavile. ......... 6 à 4

Application du gutta-percha.

36. La compagnie du gutta-percha projette d'appliquer cette substance a un appareil acoustique propre à servir dans

( i J La réaction da l'acide moii.-juc, en apparence semblable sur Ici trois principe! imm&iiiitt, apparaît différi-nte sur cbucun d'eux ■[ on laie In substance attaquée, puis qu'on Torse dessus un uicéi d'ammoniaque étendue . on obtient arec la (jnltn pare aa« lolalloo jaune cllrin, ; arec la résine blancbe cristallisée, nna solution jaune nu fond da loqnolle la itibitnnw non dissoute se déposa colorée en rou ce-orangé ; aroo la résino jnunu, line solution da couleur orunné-rouEO foncé.

(il Dut sols soltiblet et Insolubles, des matières organiques aïolSeï, usa mbstanc* grasse, une builo oiwniiello, uno matière colorante ai de l'oxjde de for.

280' BRUXIËME PARTIE.

lès églises aux personnes sourdes. Pour cela, on Aie un entonnoir en gutta-percha , soit dans l'intérieur de la chaire, soit à l'extérieur, de la façon la plus convenable pour recevoir immédiatement les paroles du prédicateur. Un tuyau qui part de cet entonnoir se rend sous les dalles, longe le chœur et envoie des embranchements sous les chaises occupées par les personnes sourdes. On no verra que le bout du tube, qui est terminé par un orifice en ivoire. Si On porte cet oriticc à l'oreille, on entend les moindres bruits qui partent de la chaire.

§ 1. Les conduits en plomb ont été dans beaucoup d'en-, droits remplacés par des tuyaux en gutta-percha.

Dans les fabriques d'acide sulfurîque de Bristol, on a également remplacé par des seaux en gutta-percha les seaux, en cuir qui servaient à épuiser l'acide. (

§ 2. Enfin, on commence également à conserver l'acide chïorhyrlrique dans des tonneaux en bois rembourrés de gutta-percha, au lieu de ballons en verre qui exposent à des accidents trop souvent renouvelés.

§ 3. On se sert du gutta-percha pour faire des conduits acoustiques , partant du rez-de-chaussée et parvenant dans les étages supérieurs des maisons. Ces porte-voix sont trèscommodes pour les marchands qui peuvent de la sorte correspondre verbalement avec leurs commis, sans déplacement des uns ou des autres, et sans faire attendre les acheteurs qui sont dans le magasin.

Sur le gutta-percha et ses applications, à l'état vulcanisé,

à l'isolement des pis des télégraphes électriques, par M. le

baronU. Gershkim. {Voyez le u° suivant.}

37. §1. Le nom de gutta-percha est, comme on sait, d'origine malaye. Gutta signifie une matière qui découle d'une plante, et percha, ou mieux Pertscha, est le nom malays de l'arbre qui fournil ce produit. D'après floofrer, cet arbre se rencontre dans les forêts de Lahore, à l'extrémité. de la presqu'île Malaye et à Singaporc, où il atteint parfois un diamètre de l m .33 à 2 mètres. La récolte de ce suc se tait encore d'une manière si grossière qu'elle ne tardera pas à tarir les sources de ce produit, qui nous arrivé en Europe en pains ou morceaux du poids de 2 à 3 kilog.

§ 2. Le gutla-percha, sous cette forme primitive, a une couleur flambée, blanc-jaunàtre , passant parfois au brun chocolat; il est souillé plus ou moins par de la terre, du sable, du bois et des feuilles, et contient constamment une quantité assez notable d'eau, de façon qu'après l'avoir dé-

CUTTA-PERCHA A L'ÉTAT YOLCANISÉ. 181

harrassé des matières étrangères mécaniquement mélangées et l'avoir fondu., il présente une masse compacte Erun-noir, avec perte de 26 à 29 pour 100, dans laquelle sont compris 2 1/2 à 3 pour 100 d'eau, et une huile très-volatile.

§ 3. La fusion du gutta-percha doit s'opérer avec le plus grand soin, et au moyen de certains tours de mains; autrement, il brûle, se décompose aisément et devient poisseux. Le gutta-percha pur et anhydre possède une couleur brun-noir foncé, beaucoup de densité et d'élasticité , et quand on le coupe avec un couteau, il a un aspect lardacé ; eniinj c'est un isolant parfait pour l'électricité.

§ 4. Au bout de plusieurs mois, la surface du gutta-percha anhydre , et plus pTomptcment celle des surfaces coupées , prennent un aspect analogue à celui des prunes mûres et fraîches qui parait être du à, un hydrate et indique que ce corps fait sans cesse eflbrt pour absorber de l'eau. Les morceaux où, par la fusion, on n'a pas complètement chassé cette eau, sont également élastiques et compactes, mais d'un brun clair, et je n'ai pu parvenir encore à découvrir d'autre changement que des veines plus foncées provenant de portions entièrement déshydratées. On voit, dans ces veines, le changement indiqué précédemment, et l'isolement est dés lors beaucoup moins parfait.

§ 5. Purifié comme on a dit, le gutta-percha consiste en gutta-percha pur, un acide végétal, une eau acide, de la caséine, une résine jaunâtre sohible dans l'éther , une autre résine solublc dans l'alcool, et une quantité assez notable de matière extractive.

§ 6. Traité par l'éther et l'alcool, dissous dans le carbure de soufre, précipité par l'alcool ôtuvé et séché à 100° C, le gutta-percha a donné à l'analyse 86.5 de carbone, et 13. & d'hydrogène. Sa composition est donc à peu près la môme que celle du caoutchouc, qui renferme, suivant M. Faraday, 87.2 de carbone et 12.8 d'hydrogène, mais il s'en distingue par une élasticité moindre et par la propriété d'être plastique à 100° et de reprendre sa dureté à la température ordinaire.

§ 7. Le gutta-percha se dissout dans les térébènes de térébenthine, de résine, de gutta-percha, d'huile de goudron, d'hydrogène chloré, et conserve toujours, quand on l'extrait d'une solution par évaporation ou par précipitation, une grande quantité du dissolvant qu'on ne parvient à en extraire qu'en décomposant le gutta-percha lui-même. On le dissout parfaitement dans le chloroforme et le carbure de soufre, d'où on le précipite sans altération par l'alcool, ou bien ou. il reste'-après la volatilisation du dissolvant.

Une solution de guttà-percha anhydre etpuriGé àl'aide dn chloroforme, ou mieux, du carbure de soufre, s'éclaircit au ïout de deux Jours parfaitement bleu, même à létat de concentration; la matière cxtrar.tive se dépose au tond et la solution devient transparente et colorée en jaune clair, bi on en!6vc le dissolvant, le gutta-percha reste sous la forme d une masse compacte blanc sole, transparente, très-elastiquo, qui est un excellent corps isolant de l'électricité. Toutefois on voit aus=i, ou bout de quelques semaines, apparaître a la surface les changements qui ont été indiqués ci-dessus. Ordinairement le gutta-percha hydraté, et qui n'a pas é té fondu, reste à l'état brun foncé dans les liqueurs qui ne s éclairassent pas a moins qu'on ne les étende considérablement.

S 8 Le gutta-percha se combine bien plus difficilement avec le soufre que le caoutchouc, et au lieu d'être amélioré par ce corps, il en est certainement détérioré, puisque le soufre lui fait perdre sa consistance et amène même sa prompte décomposition. Bes mélanges aussi faible; que 1 à i de soufre décolorent non-seulement le gutta-percha, mais le transforment eu un corps très-peu élastique et peu consistant léger même , et jaune sale qui, quand on le coupe, préseule un éclat métallique, mais qui, sur les autres laces, se recouvre très-promptement d'une poussière blanchâtre qui consiste en soufre et gutta-percha décomposé. Cette boudre blanche se montre d'autant plus promptemqnt et en plus grande abondance que le gutta-percha a reçu plus de soufre c'est-n-dire a été pins fortement vulcanisé. Une fois cette action commencée, et si le gutta-percha est soumis pendant longtemps à l'humidité , il perd beaucoup de sa propriété isolante pour l'électricité, et il est a croire que, Sans tous les points abandonnés par le soufre, c'est 1 eau qui le remplace. , , , ,, . , , r

S 9 Quand on le vulcanise, il se dégage de 1 acide sulfureux qui, sans aucun doute, contribue a le décolorer et favorise certainement sa prompte décomposition, puisqu'il se convertit en acMe sulhirique par l'absorption de l'oxygène. La propriété isolante se trouve donc ainsi compromise, et il est évident qu'elle doit finir, quoique avec lenteur, par disparaître entièrement.

Si, à une dissolution de gutta-percha dans le carbure de soufre on ajoute quelques grains de soufre, la liqueur la plus brune se décolore, surtout si oh emploie de la Heur de soufre. Non-seulement le soufre, même dissous dans le sulfure de carbone la décolore, mais, même après l'évaporation du dissolvant, le gutta-percha présente les mêmes propriétés

G UTT A-PERCHA A L'ÉTAT VULCANISÉ. 283

que ce,lui vulcanisé par une quantité égale de soufre. Quand on le pétrit S, une température élevée, il se Tonne, sous des pressions de 5 à 8 atmosphères, un produit beaucoup plus mou, moins élastique et promptemenl décomposable suivant la quantité du soufre.

Si on pétrit du gutta-percha avec de 4 à 6 pour 100 de soufre à une température de 93° à 94° 0. sans avoir recours a la haute pression, on a un mélange jaune sale etde nature molle etpoisseusc. Dans cet état, ce corps isole bien l'électricité, mais au bout de un h deux mois, il devient cassant et fragile et perd de sa propriété isolante.

Une chose à remarquer, c'est que, quand la solution de gutta-percha dans le carbure de soufre est mélangée à trèspeu de soufre, celui-ci amène l'élimination complète de la matière extractive et d'une résine soluble dans l'alcool ainsi que de la caséine. La couche translucide supérieure prend une légère teinte blanc-jaunàtre et môme 'dans les solutions très-concentrées, on voit, après un long repos, se séparer en partie des niasses de couleur foncée, preuve certaine que le soufre décompose le gutta-percha.

§ 10. On. produit le même effet dès qu'on mélange, au gutta-percha fondu, la plus faible quantité de soufre, 1/4 pour 100, par exemple, car du même instant, et comme la solution précédente, on voit apparaître simultanément un nombre .considérable de petits boutons durs, de couleur foncée, qu'on ne détache et enlève qu'avec beaucoup de difficulté^ et qui altèrent sensiblement Ja qualité du meilleur (jutta-percha. Si au lieu d'introduire de prime-abord et le plus exactement possible le soufre par le pétrissage, à une température de 94 à 100 degrés, on ne l'applique qu'au guttapercha en fusion, le lieu où l'on applique le soufre se décompose à tel point qu'il brûle et forme une masse noire, poisseuse, semblable, à du goudron qui, si oh ne l'enlève pas de suite, perd tout le reste du gutta-percha.

Comme on a employé le gutla-percha vulcanisé pour envelopper les fils des télégraphes électriques et que je me suis particulièrement occupé de leur installation, je relèverai ici une erreur commise par M. Steinliei) dans un mémoire sur lea télégraphes électriques qu'il a inséré dans les Mémoires de l'Académie de Bavière, vol. V, 3 e partie, et où il conseille de vulcaniser le gutta-pereha avec 3 à 5 pour 100 de soufre. Or 3 à. D pour 100 de soufre transforment cette substance en une masse molle, jaune sale, qui devient en peu de temps inapplicable à ce service. 11 n'y a que le gutta-percha anhydre et

i'ondu auquel, sur 100 parties, on a mélangé de 1/32 à 1/4

Page 1