‹ Nouveau manuel complet du fabricant d'objets en caoutchouc, en guttapercha et en gomme factice suivi de documentsChapitre 51 sur 85 · CARACTÈRES ET PROPRIÉTÉS DE LA GOTTA-PERCHA. ' Î · texte numérisé non relu

CARACTÈRES ET PROPRIÉTÉS DE LA GOTTA-PERCHA. ' Î

sous le nom de gutia pure ou guttu. Quant aux deux autres principes organiques, l'un est une résine jaune beaucoup plus soluble à froid dans l'alcool que l'autre, la résine cristalline blanche.

On profite de ces différences de solubilité pour arriver, avec du temps et de la patience, à l'épuration complète des trois principes immédiats.

La séparation peut encore s'effectuer en traitant à froid la jrutta-pc relia très-divisée par l'éther, qui dissout plus abondamment que l'alcool le mélange des deux résines; on les sépare ensuite l'une de l'autre par les traitements alcooliques précités (1).

La tendance de la résine blanche à se constituer en groupes de lamelles irradiées se manifeste dans une circonstance assez remarquable, facile à reproduire : on place dans un tube des bandelettes étroites découpées d'une feuille mince de gutta-percha brune ordinaire, on les immerge dans l'alcool anhydre, puis on abandonne le tube clos ainsi disposé.

Au bout de vingt à trente jours, quelques points blanchâtres apparaissent ça et là sur les bandelettes, puis sur les parois du tube. Ces ponctuations, graduellement plus volumineuses, sont formées d'aigrettes cristallines de la résine blanche.

Ainsi ce principe immédiat est séparé directement et à froid, même lorsque la température atmosphérique s'élève graduellement, lorsqu'on opère, par exemple, au printemps ou dans les premiers jours de l'été.

-La résine cristalline blanche, complètement épurée par des lavages alcooliques, puis redissonte dans l'alcool anhydn-, se dépose, par l'évaporation lente spontanée à l'air, en cristaux lamellcux irradiés, formant parfois des aigrettes symétriquement disposées en étoiles, et oti'rant alors l'aspect d'une sorte d'inflorescence.

Caractères distinctifs et pi'opriëtés des trois principes immédiats qui constituent la gutta-percha usuelle. S 9. Le plus abondant de ces trois principes, qui forme au moins les 75 et jusqu'aux 82 centièmes de la masse totale, est la gutta pure qui offre les principales propriétés du produit commercial; elle est blanche, translucide à la température' de 100 degrés, qui soude toutes ses parties, opaque ou demi-translucide à froid lorsqu'elle acquiert, alors, la

<i) Si l'on fait B|jïr ['dîner ur dea fculllea Irimulucet, en npéraol une aorte de fuu- 1B0O u l*»lde d'un tube plein, lo liquide décanto iwlniao, Uïee lea deui réfinei, una prnine quuuirëde gntu pur*.

276 i DEUXIÈME PARTIE.

structure qui détermine une interposition d'air ou d'un ir quide doue d'une rétraction différente de la sienne. Cette structure parait plus prononcée encore que dans la substance naturelle contenant les trois principes immédiats.

En lames minces, et à la température de -f 10 à + 30 degrés, clic est souple, tenace, extensible, peu élastique. A -f- 30 degrés, elle s'amollit, se relire sur elle-même, et devient de plus en plus adhésive et translucide à mesure que la température s'élève davantage, éprouvant une sorte da fusion pâteuse qui se prononce encore plus vers 100 à 110 degrés. Chauffée plus fortement, elle se fond, entre, en ébullfction, et distille en donnant une huile pyrogénée et des gaz carburés.

La gutta pure, comme les deux autres principes immédiats, s'électrise très-vite par le frottement et conduit mal ]a chaleur; ordinairement elle surnage l'eau, mais elle plonge au fond dès que ses pores sont remplis de ce liquide.

Elle est insoluble dans l'alcool et dans l'éther; presque totalement insoluble dans la benzine a 0 degré, elle ést : soluble à + 25 degrés, et de plus en plus à mesure que la température s'élève. La solution saturée à +30 degrés se prend en masse demi-transparente si on la refroidit au-dessous de zéro; l'alcool précipite la gutta pure de sa solution dans la benzine.

A 0 degré, l'essence de térébenthine dissout très-peu de gutta, tandis qu'elle la désagrège et la dissout facilement à chaud.

Le chloroforme et le sulfure de carbone dissolvent, àfroîd, la gutta pure.

Lorsqu'on eut extrait, au moyen de l'éther, les deux résines interposées dans des feuilles minces de gutta-percha blanche, laissant le dernier éther qui les imprègne s'évaporer à l'air libre, ces feuilles, enfermées dans un flacon, avaient éprouvé, après deu\ mois de séjour, à la température de 20 à 28 degrés, une altération qui paraissait dépendre de leur porosité, de l'action de l'air, et peut-être de l'étber retenu dans leurs pores.

Quoi qu'il en soit, ces feuilles avaient alors acquis des propriétés nouvelles : elles étaient cassantes; exhalaient une odeur piquante très-prononcée ; mises en contact avec un excès d'éther anhydre, elles se sont partiellement dissoutes ;îa portion soluble, obtenue par l'évaporation de l'éther et une dessiccation à -f- 90 degrés, était glulineuse et translucide; elle devint opaque et dure par le refroidissement à — 10 de- .grés.

CARACTÈRES ET PROPRIÉTÉS DE là GtTTA-PERCHA. %71

La partie non dissoute par l'éther, mise en contact avec 3e sulfure de carbone s'en pénétra rapidement, se gonfla .beaucoup, deviut souple, transparente, ne se dissolvant qu'en partie et conservant son volume acquis quatre fois plus grand qu'avant cette immersion.

Le sulfure de carbone, renouvelé trois fois en sis jours, évaporé chaque fois, après deux jours de contact, laissa pour résidu une feuille blanche et souple.

Sa portion non dissoute, gonflée, diaphane, laissée dans le sulfure de carbone pendant dix jours, u'apas semblé changer d'état.

.Cette sorte de transformation spontanée deviendrait peutêtre complète si elle se prolongeait davantage : son étude approfondie exigera beaucoup de temps, elle pourra mettre sur la voie des causes de certains changements observés sur qdelques menus objets usuels en gulla-percha. Déjà j'ai pu reconnaître que des feuilles minces exposées au soleil dans l'air humide, pendant huit jours consécutivement, se sont décolorées, et que leur substance est alors devenue, en grande partie, solublc dans l'éther.

L'acide sulfurique mono-hydraté colore en brun, attaque et désagrège lentement la gutta pure, en dégageant de l'acide sulfureux; après huit jours de contact, le liquide brun très-foncé, étendu d'eau, se trouble et laisse précipiter des flocons de matière brone.

L'acide azotique, à un seul équivalent d'eau, attaque , la gutta pure avec une vive effervescence et dégagement des vapeurs orangées d'acide hypo-azotique.

L'acide chlorhydrique, en solution saturée, attaque peu à peu la gutta en feuilles minces, et la colore en brun foncé; au bout de huit jours, elle est devenue faible; étendu dans le liquide jaune, laisse dans le même état les lamelles brunos. La réaction de l'acide chlorhydrique établit un caractère distinetif de plus entre ec principe immédiat et les deux, autres.

§ 10. Résine Hanche cristalline. Obtenue pure à l'aide des opérations ci-dessus décrites, elle se présente en masse pulvérulente légère, en apparence opaque, qui, sous le microscope, laisse voir les cristaux lamelleux transparents.

r De 0,à -j- 100 degrés, elle n'éprouve pas de changement sensible; sa fusion commence à 4" 1^0 degrés; de + 17? à 180 degrés, elle acquiert une fluidité oiéiformj et une diaphanéité complète, sans coloration notable; elle se solidifie par le refroidissement., éprouve un retrait qui la fendillej reste transparente Ct un peu plus dense que l'eau. Caoutchouc- ' 24

278 bËOXIÊME PARTIE.

La résine cristallisée est trës-soluble dans l'essence de térébenthine, la benzine, le sulfure de carbone, l'étlier et le chloroforme; l'évaporation spontanée de ces deux derniers dissolvants la laisse cristalliser en longues, étroites et minces lamelles nacrées, formant par leur irradiation de centres communs, des groupes séparés.

L'alcool anhydre la dissout assez abondamment a la température de 4- 75 degrés pour donner, par le refroidissement, une cristallisation en groupes de lamelles qui s'accroissent durant plusieurs jours ; la solution froide, décantée après cristallisation et abandonnée à l'évaporation spontanée, laisse "former des cristallisations semblables de lamelles plus volumineuses.

Ces cristaux sont inattaquables et difficilement mouillés par l'eau froide ou bouillante, comme par les solutions alcalines caustiques froides ou chaudes, l'ammoniaque, ainsi que par les différents acides étendus.

Les acides sulfuriquc et azotique mono-hydratés les attaquent vivement en produisant des phénomènes semblables à ceux observés dans leur réaction sur la gutta pure.

L'acide chlorbydrique, au contraire, n'attaque pas la résine blanche. Plusieurs de ces caractères la rapprochent de la bréane extraite par M. Scribe de la résine d'iciea; il serait bon de soumettre ces deux principes immédiats à une étude comparative.

g 11. Résine jaijm. Cette résine amorphe, d'un jaune cïtrin, diaphane ou légèrement orangée, suivant son épaisseur, est un peu plus pesante que l'eau; solide, et même dure et cassante à 0 degré, elle devient graduellement plus souple à mesure que la température s'élève ; à + 50 degré?, elle éprouve une fusion pâteuse qui lui permet de reprendre, en quinze ou vingt minutes, son niveau ; ce n'est que de 100 à 110 degrés que sa liquidation est complète. Chauffée davantage, elle peut entrer en ébullilion, mais alors elle éprouve par degrés une altération profonde, brunit, dégage des vajpeurs acides et des carbures d'hydrogène.

Çette résine retient avec :orce l'alcool qui l'a dissoute ; on l'en Sépare en la chauffant à -\- 100 degrés dans le vide jusqu'à cessation totale de boursoufflement.

Elle est solublc à froid dans l'alcool, l'éther, la benzine, l'essence de térébenthine, le sulfure de carbone, le chloroforme ; tous ces liquides évaporés laissent en résidu la résine amorphe.

Les aeides étendus, ni les alcalis concentrés, ni l'ammopiaque, n'attaquent la résine jaune.

Page 1