‹ Nouveau manuel complet du fabricant d'objets en caoutchouc, en guttapercha et en gomme factice suivi de documentsChapitre 57 sur 85 · LA GOMME FACTICE · texte numérisé non relu

LA GOMME FACTICE

Ofl a vu dans le n° 42, du chapitre % de la première partie, commcntAIM. Yarnout et Galante, mettant à profit les utiles et intéressantes inventions du docteur Gariel, sout parvenus à exécuter en caoutchouc vulcanise an nombre inûni d'instru.7 mcnts et d'appareils qui paraissent 6trc appelés à rendre d'importants services aui chirurgiens. Les médecins apprécieront Bans douté ces ingériieuscs inventions, toutes basées sur des raisonnements précis, et.tellement clairs, que les personnes étrangères comme nous à L'art de guérjr, les comprennent aisément. Les déductions tirées par l'inventeur, .et qui ressortant de l'exposé des faits et de l'inspection des figures, font voir à tous les yeux (pie des facilités immenses doivent résulter de l'emploi de ses appareils, soit pour augmenter ou modifier à volonté les pressions, soit pour les produire après l'introduction facile des réservoirs d'air comprimé dans des endroits où ils ne pouvaient être placés' qu'avec les peines 1 infinies de l'opérateur et les douleurs atroces du malade. Tout nous persuade donc que l'avenir promet gloire et profit légitime à ces belles et utiles inventions. Pourtant, nous ne pouvons, nous étranger à l'art, que faire des suppositions et hasarder des conjectures; et notre tache n'est point de fairo prévaloir nos idées ; mais bjen d'enregistrer les faits accomplis, les faits actuels, ils pourront, par la suite , changer d'aspect; ils pourront venir justifier nos prévisions dans un temps plus ou moins éloigné ; toujours esHl que, maintenant, ce ne sont pas pour ce qui regardé lès sondés, cathéters, bougies, bandages, pessaires, lès instruments en caoutchouc \nlc;inisé, ou en guttà-percha, qui sont employés dans les hôpitaux; mais bien ceux en gomme factice.

Nous devons donc prendro les choses telles qu'elles sont; et, puisque les doctes et les praticiens dçmnent la préférence à la gomme factice, dire quels sont les instruments qu'elle fournit à l'art, quelle est cette composition, nommée improprement gomme factice, comment on la prépare, comment on la convertit en toutes sortes d'objets; et fairo connaître par le dessin quelques-uns de ces mêmes objets.

Préparation.

Il n'entre pas du tout de gomme dans le composé qu'on nomme gomme factice; c'est tout eimplement de l'huile de

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lin rendue siccative par U lithnrge {protoxydo de plomb), ou autrus oxydes de plumb, et météo à diverses matières terreuses et colorantes; voilà toute la composition. On croirait difficilement que, de cette donnée si simple, le travail, l'observance d'une inimité de formalités, les degrés de cuisson, la manière de faire, l'ordre cUroniqùe, l'exactitude scrupuleuse dans l'emploi et dans la relation des doses prescrites, ont tait un art compliqué. En voyant la beauté, le poli, la souplesse, ou la résistance, selon l'exigence des cas, des instruments obtenus, on doute que des principes si communs, si connus, puissent produire des eboses si parfaites. C'est que, dans cette fabrication, la matière première n'est rien, et que la manutention, l'attention, l'expérience sont tout.

Parmi les fabricants d'instruments eu anime Taeticc, les praticiens sont forcés do faire un choix altentifjct prudent. €es calbéters, ces bougies qui rendent un si bon service, lorsqu'ils sortent des mains d'un fabricant instruit et habile, sont sujets à de graves inconvénients, pouvant avoir des suites terribles, lorsqu'ils sont secs ou poisseux, cassants on mous, et susceptibles de se gonfler, de s'altérer, de s'écailler", par leur séjour prolongé dans le corps humain. Chaque ouvrier a son faire particulier qu'il tient en grande estime et qu'il garde de par lui; c'est ee qui fait qu'il nous est impossible de spécifier telle ou telle manière de manipuler; c'est l'essai, c'est l'épreuve des produits qui démontrent quoi est celui qui fait 1" nifoux.' Noiis {levons donc nous renfermer dans l'exposition des méthodes diverses et citer seulement le fabricant qui nous est signalé- par les médecins de notre connaissance, comme étant celui qui fournit les meilleurs instruments,

Moyens de rendre les huiles siccatives.

Ces moyens sont anciennement connus; mais comme il se trouve dans les prescriptions contenues dans les diîl'érents auteurs une grande vai iélé dans le choix des ingrédients indiqués, et qu'il est bon que le labricau.t ait connaissance du tout ce qui a été dit et tenté, afin d'être mis il même de faire son eboix, nous allons rap p or ter tout ce qui est parvenu a, cet égard à nqtre connaissance.

«t- Faites bouillir 2ô centilitres d'huile de noix avoegros comme une noix do litbarge et autant de mine orangée (1) , dans im pot de terre vernissé, à un feu médiocre, pendant un

[*■) 'Dons noire copia lilliralo nous consccroM Iinqn'aui nouions Urïnos. On pourra frire pliu on grand, en cou a un oui Jus mèuii: rdiiiious àwrti le» subiiauuif.

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quart-d'lieuro; puis laissez reposer le mélange; après quoi; ■sous le passerez par un linge.

» 2. Faites cuire de l'huile de noix dans un pot de terre à feu lent, avec un huitième ou un dixième de litharge broyée avec de la 'même huile : faites-la cuire doucement de peur qu'elle ne noircisse ; quand elle commence à s'épaissir, ùtez-la du feu, et battez-la bien avec une spatule en bois, eu y versant un peu d'eau. Lorsqu'elle est reposée , elle est prête à être employée. Il faut que le pot dans lequel vous la faites cuire, ne soit qu'à moitié plein d'buiic, de crainte qu'eu cuisant, elle ne s'élève par-dessus les bords et ne se répande dans le feu ;

» 11 en est qui font cuire avec l'huile un ognon coupé en plusieurs morceaux, pour la dégraisser et la rendre moins gluante et plus coulante.

n 3. Délayez dans 25 centilitres d'huile de lin et 12 centilitres d'eau gros comme la moitié d'un œuf, de couperose blanche (pcrsulfate blanc) autant de litharge (minium). Ajoutez-y gros comme une petite noix de blanc de plomb broyé à l'huile. Faites bouillir le tout lentement pendaut une heure et demie. La liqueur étant rouge, retirez le vaisseau du feu; laissez reposer et versez ensuite, par inclinaison et peu à peu, dans un autre vaisseau bien net;

n 4. Mêlez bien ensemble de l'huile de lin mêlée a mi-partie d'eau, joignez-y du minium et de la terre d'ombre, parties égales, en poudre : faites bouillir le tout à un feu lent pendant une heure et procédez par décantation;

» 5. Prenez 4 litres d'huile do ljn, 725 grammes de minium, faites bouillir et vous la rendrez meilleure en y ajoutant un peu de sandaraque.

» 6. Faites dissoudre un kilog. de sandaraque et 500 grammes de gomme arabique dans deux kilog. d'huile de lin; faites bouillir pendant quelque temps. Quand l'huile est retirée du feu on peut la passer, tandis qu'elle est chaude à, travers un morceau de flanelle; mais lorsqu'on y a ajouté de la terre d'ombre ou d'autres drogue» qui ne se dissolvent

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point, il faut laisser reposer le tout, afin giie la partie la plus claire se sépare du sédiment.- S'il reste de l'huile, âpres l'avoir passée, on la versera par inclinaison; ensuite on fera, èhaulfor le nouveau sédiment et on le passera une seconde fois. »

Litharges.

Nous ne garantissons nullement l'exactitude et l'efTct de ces anciennes récoltes, nous les donnons seulement comme renseignements. Comme on le voit., c'est toujours îa litharge qui entre comme agent principal dans la cutn [insitiim. 1] convient donc dé bien fixer la qualité de cet ingréd : ->nt. La litharge est un oxyde de plomb; on en connaît dci'.ï; le brotbxydc, ou massicot, et le deutoxyde ou oxyde pt:-e. ■Quelques chimistes considèrent le .minium comme un oxyrioparticulicr. Ces oxydes sont facilement réduits par l'hydrogène, le charbon, les corps combustibles, le soufre, etc., et par les métaux très-oxydables. Lorsqu'on fond du plomb li une basse température et au contact de Pair, il se recouvre d'une matière pulvérulente, jaune, qui est du protoxyde do plomb, ou massicot. Si on élève la température, l'oxyde du plomb fond, et porte plus spécialement lu nom de litïinrge. ■Il est alors vitreux ou en paillettes cristallines, jaune ou roit- ■geâtre selon le degré de chaleur.

-■' Cette différence dans la nuance détermine, dans le coin- -tticrcë, la distinction des litharges, ou litharges jaunes ou • litharges rongés; qu'on nomme aussi litharyes angltiixe.s. .€cs dernières doivent leur couleur rouge a l'absorption d'une ■foible quantité d'oxygène pendant leur refroidissement. Elles &nt une valeur commerciale notablement supérieure à celle des litharges jaunes. On les produit aisément dans les usines 4. plomb, eh faisant couler la litharge en fusion dans do •grands creusets où elle se trouve en grandes masses et que Ton soumet a un refroidissement très-lent. Si on laissait couler la litharge en pciits lilets minces, se solidifiant inslan- 1aiiéùi' - nt, |v.jrf-r.'iti.:.fi n- -cnlt plu; ■ "i ■.'l i-;- I- i- ■jonrs, la litharge serait ramené'* à. l'état jaune : il n'y aurait plus alors d'autre moyen que de la pulvériser, si on voulait 1 la ramener au rouge, et de la placer, ainsi pulvérisée', eii ■lits minces sur des plaques de tôle que Ton elundlérait an contact dû l'air libre jusqu'à -ce qu'elles fussent 1 prêtes a rougir, et sans attendre que la litharge pulvérisée entrât en fusion; on laisse alors refroidir lentement, et la litharge est Ramenée au rouge.

Caoutchouc, 29

338 DEUXIÈME PABTIË.

Ainsi obtenu, le protoxyde de plomb .est trcg-légcremcfi£ Bolublc dans l'eau distillée; c'est une des bases métalliques les plus énerïiqucs. Lorsqu'on le chauffe avec du sulfure de plomb, il se dégage de l'acide sulfureux et tout le plomb est ramené à l'état de métal; c'est un oxydant très-actif, trèstMitpîovO dans les arts; et c'est surtout \iour l'objet qui nous occupe, c'est-à-dire, pour rendre l'huile de lin, et les autres huiles siccatives, qu'il est avantageusement employé. "Voici d'ailleurs ce qu'eu disent les chimistes : « Lithargc, massicot, protoxyde de plomb, solide, jaune,' fusible, indécomposable par le l'eu, sans action sur l'oxygène îi la température ordinaire ; mais à une température élevée en absorbant le gaz, il passe à l'état de deutoxyde; formé d'après Borzelhis de plomb 100, oxygène 7.75.

» Onl'obticnt dans les fabriques eu calcinant le métal k l'air libre; et dans les laboratoires, en chauffant jusqu'au rouge le nitrate de protoxyde de plomb, ou minium, dans un creuset du platine. Le protoxyde de plomb est employé pour faire le blanc de plomb, le jaune de îs'aples, etc.

Minium, deutoxyde. — Rouge orange : chauffé au-dessus du rouge-brun, il abandonne une portion de son oxygène et revient à l'état de protoxyde. Il est sans action sur l'air et sur l'oxygène. Il s'obtient en calcinant le plomb à l'air libre. Quand a» métal est parvenu à l'état de protoxyde, on le laisse refroidir, on le triture et ou l'agite dans des tonneaux pleins d'eau, afin d'en séparer le plomb non oxydé : le métal précipite, tandis que l'oxyde, beaucoup pins léger, reste kla surface. On l'enlève alors, on le fait sécher, puis ou le met par couches très-minces sur des plaques en for-blanc, qu'on fait chauffer, comme il a été dit plus haut, jusqu'au degré de rouge naissant; on les laisse k cette température pendant 24 heures; puis on retire l'oxyde et ou le passe k travers un crible en fer. Ainsi préparé, le deutoxyde contient encore un peu de protoxyde, et, quelquefois même, un peu d'oxyde de cuivre ; mais on enlève facilement ces deux oxydes en mettant le deutoxyde dans de l'acide acétique k la température ordinaire; l'acide dissout le protoxyde do plomb et l'oxyde de cuivre de telle sorte que le deutoxyde très-pur reste sous la forme de poudre rouge-orangé. Dans cet état il est formé, de 100 de plomb et 11.587 d'oxygène.

» Quant au trilosydc puce ou peut le ramener, en le chauffant à l'état de deutoxyde et même à celui de protoxyde. » Céruse.

£a cêruse, qui entre aussi dans la composition de la gommç

lit n. vu ces ■ 339

factice ainsi qu'on le verra plus bas, est le sous-carbomie, et suivant quelques-uns, le carbonate de plomb. Cette matière se trouve en France, en Bohème, eu Ecosse et antres endroits ; elle se cristallise un octaèdres réguliers ou en prismes hexagones. On l'obtient en faisant passer un courant d'acide carbonique à travers une solution de sous-acétate de plomb: il se précipite alors du sous-carbonate de plomb qui, pour être pur, n'a besoin que de plusieurs lavages.

Le carbonate ou sous-carbonate de plomb est pulvérulent, blanc, insoluble dans l'eau, un peu solubie dans l'acide carbonique. La chaleur le décompose en acide carbonique et en protoxyde de plomb. Chauffé longtemps au contact de l'air, à la température de 120 à 130° eontig., il se convertit en minium très-beau,, qui est connu dans ie commerce sons le nom de mine-orange. La meilleure céruse nous vient de la Hollande} mais on en fait également de très-bonne en Belgique, en Allemagne, en Angleterre et en France. La variété connue sous le nom de blanc d'argent ou blanc de Krems, s'obtient en choisissant les écailles les plus blanches et les plus compactes qu'on soumet à un broyage plus long et plus soigne.

Recettes plus récentes de composition.

On met 15 litres d'huile de lin dans une cuve en fonte de fer, ou tout autre vase propre pouvant résister à un feu violent. Quand l'huile est en ébuUUion on la dégraisse au moyen d'une croûte de pain grande comme la main environ, qu'on ne retire que lorsqu'elle est devenue noire. On met dans cette quantité d'huile 5 hectogrammes de litbarge rouge avec 5 hectogrammes de céruse et dt: terre d'ombre ; ces trois substances bien pulvérisées et nnih'es exactement ensemble. On active le feu jusqu'à ce que l'huile bouillante soit montée d'environ 15 millim. au dessus de son niveau ordinaire. On retire alors le feu de dessous la chaudière ; on laisse refroidir, puis on tire la liqueur à clair pour l'usage qu'on eh veut faire.

Quand on l'emploie, il faut avoir soin d'exposer les oBjcta à une chaleur douce lorsqu'il s'agit de sécher.

Autre recette.

On ajoute à ce qui vient d'être dit une dose d'un cinquième de caoutchouc liquide.

S'il s'agit de la fabrication d'objets devant avoir une certaine rigidité, on compose ce cinquième do mi-partie de dis-, solution de gutta-percha et mi-partie de caoutchouc : ce qui fait uo djtfiièpiq do caoutchouc et un dixième do gutta..

' Si les objets doivent avoir une très-grande, souplesse ça riinidii'in* 1 ;ijmitô est compose ainsi <piil suit : caoutchouc 3/20; gùtta 1/20. , ' , . , . - t

Voir! dans tous les cas, les doses exprimées en poids : Pour 1 kilos, de dftmmu factice, pour (pi'ctle soit trèssouple et inattaquable parles acides :

Gomme 0«i.S

Caouteliouc vulcanisé'* ...... U *

Moins souple :

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Caoutchouc. » J

Gutta-pcrcha .' • • ■ • 0 '

Plus rigide :

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