‹ Nouveau manuel complet du fabricant d'objets en caoutchouc, en guttapercha et en gomme factice suivi de documentsChapitre 79 sur 85 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

Comme on le voit, les procédés mécaniques sont venus en aide à cette fabrication, qui a fait de grands progrès, -et en r..'inp[aeant la pose di s fonds à la main, ainsi que le peinte, on a réduit de 80 pour 100, terme moyen, le prix de ce travail, qui entre pour beaucoup dans le prix de revient des loiles cirées.

Les méthodes d'impression se sont perfectionnées, on imprime depuis une quinzaine d'années, à volonté, avec ou sius relief. Nous ne parlerons pas de l'art de produire des ofèts sur les fonds de ces toiles, art bizarre qui sera toujours plus riche en moyens d'exéeufion que ne saurait l'exiger le goût du consommateur le plus exigeant.

Nous rappellerons, en aidant notre mémoire des rapports imprimés du Jury central des expositions des produits de l'industrie, les noms des principaux, industriels qui se sont distingués dans cette partie.

Dès 1834, M. Seib, de Strasbourg, obtint une médaille de bronze pour « des toiles et taffetas cirés, "imprimés, pour tapis et couvertures de meubles. C'est a M. Seib que l'on doit l'importation et là fabrication des toiles et des percales cirées à la Saxonne. Ces produits, recherchés en France, sont très-demandés en Allemagne, en Suisse, etc. L'on doit également à M. Seib, les tableaux lithographiques imprimés sur toile cirée. 11 mérite la médaille de bronze...

» M. Cerf, de Brest, avait présenté de très-bonnes toiles cirées qui pouvaient soutenir le parallèle avec les meilleucs produits de ce genre, pour la variété des dessins, l'éclat des couleurs et la souplesse de l'étoffe ; il mérite également une médaille de bronze...

» Ont été mentionnés honorablement, M. Noita, à Clignancourt (Seine), pour tapis vernis imitant le marbre, et M. Couteau, à Joinville-le-Pont (Seine}, pour ses toiles cirées et ses cuirs vernis, » 1

Plus tard, on 1839, M. Seib obtient une médaille d'argent pour sa fabrication des toiles et percales cirées a la Saxonne. Sa fabrique montée sur une grande échelle fournit des produits qui jouissent dans le commerce d'une grande estime duc a leurs qualités éprouvées.

L'art du fabricant do toile cirée est redevable à M, Seib, de plusieurs perfectionnements importants dans les moyens mécaniques par lesquels on imite ia marbrure. C'est lui qui, le premier, a tiré de la btbographie la décoration de ces toiles.

MM. Couteau de leur côté, récompensés en 1834, d'une médaille d'argent pour leurs cuirs vernis, et, ainsi qu'on vient de le voir, d'une mention honorable pour les toiles cirées, obtiennent plus tard la médaille d'or pour l'ensemble de leurs travaux. «Ils s'occupent activement, est-il dit dans un rapport du Jury central-j de la fabrication des toiles cirées, en partie parles procédés anciens, eu partie par des moyens nouveaux et remarquables.

» En effet, dans leurs ateliers, se trouve une machine qui donne a la toile une couche de peinture de chaque côté simultanément. En quelques minutes une pièce de 4jO ui .S (34 aunes) reçoit ses deux couches et se rend d'elle-même dans une étuve disposée pour recevoir cinquante-deux pièces semblables. (Voyez ci-dessus, brev. Couteau.)

» Trois hommes font, a l'aide de cet appareil et du suivant, le travail de soixante ou quatre-vingts ouvriers. »

» En etfet, chez MM. Couteau,, non-seulement la pose du fond se fait a la machine, mais le ponçage lui-môme s'exécute par un procédé mécanique de la plus grande simplicité. »

CONCLUSION. 417 L'économie de la main-d'œuvre, produite par ces deux appareils est immense ; ils fonctionnent d'ailleurs l'un et l'autre avec la plus parfaite régularité. »

Dans co même rapport, M. Bonjour obtient une médaille bronze ainsi motivée : « M. bonjour cvposc, pour la première fois. Sa fabrique, située à Bercy, emploie 40 ouvriers et peut s'accroître. U produit des toiles cirées, par l'ancien procédé, pour meubles, tapis, etc. Il a inventé un nouveau procédé, depuis 18 mois, il en fait usage, et il a déjà produit, à son aide, de 6 à 8000 pièces qui ont été versées dans le commerce. » — Dans ce nouveau procédé, le dessin est sans relief, il est fondu et nuancé de manière à imiter les laques do la Chine. « M. Bonjour fait un emploi des métaux qui est dirigé avec goût et intelligence»...

« M. Dulertre, à la Cbapelle-Saint-Denis , près Paris, a exposé des produits en toiles cirées, imprimées, qui décèlent une entente parfaite de la fabrication, et dont les dessins sont composés avec une habilité extrême, pour mettro à profit toutes les qualités de la toile cirée et pour dissimuler tous les défauts. Ces taffetas cirés sont très-remarquables par leur parfaite exécution. — Le Jury central décerno à M. Dutertrc une médaillo de bronze.»

Nous ne pousserons pas plus loin notre revue rétrospective; le peu que nous venons de donner sera suffisant pour prouver que l'importante industrie des toiles cirées a été étudiée à fond et dignement représentée dans les expositions publiques.

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