PROCÉDÉ PETIT
M. Guillaume Petit est arrivé à ce résultat par les opérations suivantes :
Il repère sur un négatif une plaque de cuivre planée de façon que des préparations sensibles étant faites sur ce cuivre, il puisse les présenter deux fois à l’action de la lumière sous le négatif sans que l’image en soit doublée.
Il prépare la plaque de cuivre au bitume de Judée et, après exposition suffisante, il développe l’image dans un bain de' térébenthine jusqu’à la mise à nu du cuivre dans les blancs absolus du cliché.
La plaque de cuivre ainsi développée est poudrée de résine et celle-ci est cuite jusqu’à. parfaite formation du grain. Cette cuisson de la résine sur le bitume resté insoluble a pour effet une désoxydation de ce bitume, qui redevient très soluble partout où le grain s’est formé. C’est pourquoi en replongeant la plaque dans un bain de térébenthine, la résine, une fois dissoute, laisse une perforation profonde dans le bitume.
Cette perforation est très précieuse pour la gravure ultérieure de l’image, car il n’y a nul obstacle à la morsure des blancs absolus, mais au contraire, il y a un grain partout où il doit y avoir image.
La plaque de cuivre portant le bitume de Judée perforé aux endroits convenables, est alors préparée à la gélatine bichromatée et remise en lumière sous le négatif.
La gravure est faite au perchlorure de fer et arrêtée avant que les noirs absolus ne soient attaqués.
1 64 GRAVURE PIIOTOTYPOGRAPHIQUE
Il n'y a plus, après nettoyage, qu’à donner du creux.
M. Léon Vidai fait remarquer, avec juste raison, dans le Moniteur de la Photographie, que la désoxydation du bitume insolé par la résine, n’est pas une explication plausible, car il est démontré que l’insolubilisation du bitume par la lumière peut se produire sans la présence de l’oxygène. Mais ceci n’a rien à voir dans la pratique de ce très intéressant procédé.