‹ Nouveau manuel complet du graveur en creux et en relief (volume 2)Chapitre 52 sur 93 · IMPRESSION DE LA PHOTOGRAVURE · texte numérisé non relu

IMPRESSION DE LA PHOTOGRAVURE

;e qui ne doit pas être ; toutes les teintes doivent se ’ondre insensiblement ; c’est pour cette même raison que l’on prend du papier plus mince que pour les découpages de gravures sur bois.

De la troisième épreuve on ne prendra que les teintes accentuées du dessin et dans la quatrième seulement les fortes ombres et les noirs. Le tout sera fixé et superposé exactement sur la première épreuve et nous aurons ainsi un découpage à quatre plans qui nous donnera quatre foulages différents.

On charge légèrement ce découpage pour en faire sécher la colle et l’empêcher de voiler, puis on le finit dans ses détails ; il est alors prêt à être fixé sur le cylindre.

Lorsqu’on a une retouche à faire dans une photogravure, à charger une partie trop faible, il ne faut employer que du papier pelure, surtout dans les ciels, les fonds légers, si l’on veut éviter de faire des taches dans la gravure ; nous recommanderons même de déchirer le papier et non de le couper aux ciseaux ou au couteau.

Lorsque, par suite de gravures défectueuses, on a des ciels tachés à imprimer, il faut les tenir le plus léger possible pour atténuer ce défaut.

On peut employer un moyen plus rapide pour faire un découpage de photogravure, si le dessin n’est pas trop délicat ; au lieu de se servir de quatre feuilles superposées, on n’en prend que deux de papier fort que l’on colle l’une sur l’autre, ou même une seule, et on fait son découpage en enlevant au couteau plus

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ou moins d’épaisseur de papier, suivant les diil'érents plans du dessin.

11 est facile de comprendre que l’on n’aura qu’un résultat approximatif et que cette façon de procéder ne peut servir que pour des photogravures grossières.

Nous nous sommes aussi servi de la mise en train au pinceau pour les photogravures d’après photographie; nous avons obtenu un assez bon résultat, mais nous croyons que c’est plutôt un travail d’amateur; le découpage au couteau nous a paru bien plus pratique. Voici, du reste, la façon de faire une mise en train, ou plutôt un découpage au pinceau :

La matière employée est un mélange de gélatine blonde avec du rouge d’Angleterre; on fait dissoudre au bain-marie la gélatine dans de l’eau et on y met du rouge, de façon à en faire une couleur très tluidc; ■ on sort tous les grains, les grumeaux qu’il pourrait y avoir, et la matière est prête à employer.

Avec un pinceau plus ou moins fin, suivant l’étendue de la partie du dessin à charger, on applique de cette couleur sur l’épreuve, en ayant soin de bien l’étendre, sans que les coups de pinceau paraissent. On passe ainsi une, deux ou trois couches, suivant le degré de foulage que l’on veut obtenir et on a, de cette façon, une sorte de peinture en relief qui remplit le même office que notre découpage au couteau.

En théorie, tout cela est très bien, mais en pratique, il y a quelques inconvénients : en premier lieu, il faut constamment tenir la gélatine chaude, ce qui nécessite l’emploi d'un petit réchaud-veilleuse à

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bain-marie; ensuite il faut passer son pinceau à la course, sans hésitation, car autrement, la gélatine se refroidissant très vite, il serait complètement impossible de l’étendre sans former des aspérités, des reliefs qui nuiraient au résultat." En plus de cela, l’humidité fait gonfler et déformer l’enduit, de sorte qu’il faut éviter de mettre de la colle ou du papier humide sur la mise en train, si l’on ne veut pas avoir son travail à refaire. Ajoutez encore que les corrections sur le cylindre ne sont pas des plus commodes, attendu qu’il faut transporter le bain-marie sur la machine et cette manipulation est peu praticable.

Après la mise en train des photogravures, nous dirons quelques mots du papier à employer, des rouleaux, etc. La pâte du papier doit, être bien régulière, bien homogène et glacée autant que possible; on imprime avec de bons rouleaux bien ronds, élastiques, un peu plus frais que pour le caractère et peu d’encre. Il faut avoir soin d’enlever aux rouleaux toutes les aspérités produites par la fonte, car elles formeraient des taches sur la gravure.

Lorsqu’on tire des photogravures intercalées dans du texte, il faut augmenter la touche; si l’on ne peut ajouter un rouleau, on met un chargeur.

Avec ces quelques précautions, on arrive à obtenir de bons résultats sans les tâtonnements sans fin auxquels sont exposés les conducteurs qui n’ont pas encore imprimé ce genre de gravure (1).

(1) A. Rietscli : Intermédiaire des Imprimeurs ; Progrès Photo- Litho; Moniteur de la Photographie.

Graveur. — II.

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