‹ Nouveau manuel complet du graveur en creux et en relief (volume 2)Chapitre 53 sur 93 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Clichage galvanoplastique

La galvanoplastie, qui Reproduit fidèlement tous les objets qui lui sont confiés, même les plus compliqués et les plus délicats, devait trouver un grand emploi pour la reproduction des planches composées et multiplier les gravures en relief ou en taille douce, les reliefs photographiques, etc.

La galvanoplastie a rendu les plus grands services à toutes les branches de l’imprimerie. On sait que sa découverte est due à M. II. Jacobi, professeur de physique à l’Université de Dorpat, en février 1837. Après bien des tâtonnements, il réussit enfin à obtenir en relief l’empreinte d’une plaque de cuivre gravée au burin. M. Jacobi présenta cette première reproduction à l’Académie des Sciences de Saint-Pétersbourg le 5 octobre 1838.

Par les mêmes procédés que nous avons décrits dans la première partie de cet ouvrage (page 252), et au moyen des mêmes opérations par lesquelles on obtient des planches gravées en creux, on reproduit également celles qui sont gravées en relief ou en taille d’épargne, qu’elles soient en métal, en bois ou cliehées.

Déjà, en 1810, M. Buckland avait employé ces procédés à la reproduction de planches stéréotypes pour l’imprimerie, et c’est à cette même époque que

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M. Bocquillon a présenté à l’Académie des Sciences des épreuves de matrices électrotypées en cuivre pour • la typographie.

A la suite des' événements politiques de 1848, l’émission d’un grand nombre de billets de '100 francs fut jugée indispensable. La Banque de France en confia l’exécution à MM. Firmin-Didot frères, qui durent les exécuter en toute hâte. Ils appliquèrent avec succès la galvanoplastie pour reproduire promptement en cuivre certaines parties des anciens billets, dont la gravure aurait exigé plusieurs mois. M. Hulot, habile artiste, attaché à l’hôtel des monnaies, parvint à obtenir, par l’électrotypie, la reproduction des diverses parties des anciens billets de banque et à en reconstituer plusieurs exemplaires en métal plus dur que le cuivre. C’est sur ces planches qu’ont été imprimés, en 1851, à la Banque de France, les billets de 100 francs.

Ce procédé déjà mis en pratique en Angleterre, en Allemagne et en France pour la reproduction des matrices des caractères, a été perfectionné par M. Hulot. A l’Exposition de 1849, cet artiste a montré, reproduites sur une seule planche, en métal beaucoup plus dur que le cuivre, trois cents figures offrant la répétition d’une tête gravée originairement en acier; en sorte, que d’un coup de presse typographique, on imprime ces trois cents figures servant à la confection des timbres-poste.

En 1851, on voyait à l’Exposition de Londres, et en 1855 à celle de Paris, des tableaux typographiques

f.LICHAGE GA LVANOPL ASTIQUE

électrotypés en cuivre, ayant chacun l mètres carrés de surface et représentant les types orientaux de l’imprimerie impériale de Vienne. Ces planches ont une grande dureté et supportent le tirage de plusieurs millions d’exemplaires.

En 1855, M. Plon a exécuté des caractères cypriotes, dont les matrices ont été obtenues par la galvanoplastie, sur des poinçons en bois faits pour la numismatique et les inscriptions cypriotes de M. de Luynes.

L’électrotypie sert également à reproduire et cà multiplier en cuivre les gravures sur bois, les vignettes et les ornements divers qui sont employés dans l’imprimerie ; on conserve ainsi les planches originales, qui sont ordinairement d’un prix assez élevé. Comme le bois est trop absorbant pour être placé dans le bain, on se sert, avec avantage, des moules en guttapercha, ou bien, si les bois le permettent, on les ■chauffe et on les enduit d’huile ou de cire, ou, mieux encore de spermaceti, afin de pouvoir les métal liser ensuite.

M. Michel a présenté, à l’Exposition de 1855, des clichés de ce genre extrêmement remarquables. Il procède très vite et avec une grande habileté. Il ne s’est point borné seulement à des clichages de vignettes ; le premier il a appliqué son clichage électrotypique à des pages de texte.

Un Anglais, M. Henri Cole, a donné au stéréotypage électrotypique une heureuse application dans la restauration de bois'gravés par le célèbre Albert

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