VIII. — ACIÉRAGE DES CLICHÉS
Les planches de cuivre et de zinc ne peuvent supporter un fort tirage sans s’user et par conséquent sans donner des épreuves altérées et peu nettes. Une planche ne peut guère donner que 1,500 à 2,000 exemplaires. C’est ce qui avait fait rechercher pendant un certain temps la gravure sur acier.
Aujourd’hui on acière les planches, c’est-à-dire qu’on les recouvre de fer par la galvanoplastie. Le fer, ainsi déposé, est tellement dur, qu’il rend la planche aussi durable que si elle était en acier.
L’invention de l’aciérage des planches gravées est due à M. Garnier, bien connu par ses intéressants procédés de gravure, qui prit un brevet le 18 juillet 1857.
Voici les détails de l’opération."
On prépare une dissolution aqueuse à 20 pour 100 de sel ammoniac, on la place dans une cuve électro-
ACIÉRAGE DES CLICHÉS
lytique, et on y fait passer le courant d'une pile ou d’une dynamo. Au pôle positif est attachée une plaque de fer qui plonge dans le bain, tandis que le fil positif plonge simplement dans la solution ammoniacale. Le courant doit avoir une force électro-motrice égale à 4 wolts.
Dans cet état, on fait agir le courant pendant 24 heures environ, c’est-à-dire jusqu’à ce que l’apparition du sesquioxyde donne au liquide une teinte verdâtre, rosée à la surface. Il se forme dans ces conditions du protochlorure double de fer et d’ammonium . Comme ce liquide se décompose sous l’influence de la lumière, il ne faut pas employer de vases de verre.
On décape la planche à aciérer dans une dissolution étendue d’acide sulfurique, on la lave à la potasse, on la rince à l’eau et on la fixe au pôle négatif dans le bain ci-dessus, tandis qu’au pôle positif on laisse la plaque de fer. On fait agir le courant pendant une demi-heure au bout de laquelle la planche de cuivre ou de zinc est recouverte d’une couche mince et uniforme de fer. On la lave et on la sèche. Une planche aciérée peut tirer 20,000 exemplaires.
Lorsqu’elle commence à s’user, c’est-à-dire qu’elle montre par places la couleur rouge du cuivre, on la passe dans un bain d’eau acidulée par de l’acide sulfurique, marquant S° Baumé, le fer disparaît et on le remplac^ comme nous venons de l’indiquer.
En renouvelant ainsi l’aciérage aussitôt qu’il disparaît, on peut tirer indéfiniment des épreuves d’une même planche.
236 T.I.ICHAGE GALYAN0PLAST1QUF.
Eau . 10 kilos.
Fluosilicate ferreux . 2 —
Fluosilicato d’ammoniaque . 2 —
Fluosilicate de magnésie . 0 — 5
M. Gapelle recommande le bain suivant : solution à parties égales de sulfate de fer pur et de sulfate de fer ammoniacal, additionnée de 1 pour 1,000 de sulfate de magnésie; cette solution doit marquer 18 à 20° Baume.