I. — GRAVURE ORDINAIRE
Dufay indiqua le premier, en 1738, le procédé à suivre pour ce genre de gravure. Le même procédé fut suivi par Senefelder en 1796 et par André en 1802. En 1810, Duplat prit un brevet d’invention pour un procédé de gravure en relief sur pierre, consistant à vernir la pierre lithographique comme on le fait pour les planches de cuivre, à décalquer le dessin, à enlever à la pointe tout ce qui doit rester blanc à l’impression, et à faire mordre à l’eauforte.
De 1822 à 1831, Frère de Montizon a cherché à ressusciter l’idée de Duplat, en substituant toutefois le cuivre à la pierre, mais ses essais sont tombés dans l’oubli.
En 1830, M. Girardet a considérablement perfectionné ces procédés. Voici comment il opère. La pierre lithographique est préparée comme à l’ordinaire (Voy. Manuel du Lithographe , faisant partie de l’Encyclopédie-Roret) ; on y dessine le sujet à reproduire et l’on passe au moyen d’un rouleau, un vernis qui ne s’attache qu’aux traits de la gravure. Ce vernis est composé de :
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Cire vierge .
Poix noire .
Poix de Bourgogne .
Poix grecque .
62 parties.
On en forme de petites boules que l’on dissout au fur et à mesure du besoin dans de l’essence de la- j vande en quantité suffisante pour obtenir un vernis I f du degré de consistance convenable. Ce vernis étant : j appliqué sur la pierre, on la borde avec de la cire à border, on la fait mordre à l'acide pendant cinq minutes, on la lave, on la laisse sécher, on passe de nouveau le rouleau imprégné de vernis de manière à bien garnir les caractères et les traits du dessin,
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on la borde de nouveau et on la fait mordre 3 ou i minutes. Par cette seconde application, le vernis qui j adhère fortement aux traits forme un relief assez con-
sidérable pour que l’on puisse tirer des éprouves à sec. On retouche le dessin au burin jiour donner de la netteté à quelques traits.
Le procédé de M. Girardet n’ayant pas eu grand succès, attendu qu’il n'est jamais parvenu qu’à graver des dessins couverts de tailles très serrées et n'exigeant qu’une faible morsure, et que les planches de sa main qui existent n’ont jamais fourni une seule bonne épreuve. M. Langlois, en 1836 et 1837, crut pouvoir à son tour entreprendre de nouveaux travaux en ce genre qu’il ne tarda pas à abandonner.
Depuis cette époque, un grand nombre de graveurs et de lithographes se sont occupés de la gravure en relief sur pierre, et nous citerons entre
LITHOSTÉBKOTYPIE
autres M. Knecht, puis M. Louis lissier, qui, par des moyens qui lui sont propres et qui. paraissent différer de ceux de ses devanciers, a, depuis 1831 , époque à laquelle il a commencé à s'occuper de ce genre de gravure, créé un nouvel art connu sous le nom de tissiérographic , d'après l’inventeur, qui livre au commerce de la librairie et des estampes une foule de très jolies vignettes obtenues sur pierre par des procédés purement chimiques.