GRAVURE AU SOUFRE
M. Charles Lepierre a trouvé une propriété curieuse du soufre, qu’il a communiquée à la Société chimique de Paris, en 1891. Voici comment s’exprime l’auteur :
« Afin de montrer, dans les expériences de cours, que le soufre fondu à 115° environ, pouvait être coulé dans du carton, nous avions employé une carte de visite, dont les bords étaient relevés, les
GH A Y UK li AU SOUFHJE
caractères lithographiés étant à l’intérieur ; après y avoir versé le soufre et laissé complètement refroidir, nous cherchâmes à séparer la carte du soufre solidifié ; nous vîmes alors que les lettres étaient très nettement imprimées sur la couche de soufre, à l’envers, bien entendu. Pour retirer le papier adhérent, nous avons lavé à grande eau, en frottant énergiquement sur la surface plane du soufre, sans que l’impression s’effaçât pour cela : le papier disparaît, mais l'imprimé reste.
Nous avons alors répété cette expérience un grand nombre de fois en soumettant à Faction du soufre fondu des caractères de différentes origines. Nous avons toujours obtenu des résultats très nets, c’est-àdire que les caractères, dessins, etc., sont imprimés négativement par le soufre d’une façon si parfaite que les frictions et les lavages énergiques ne suppriment pas les traits. Aussi pouvons-nous dire que quelle que soit la substance employée, le soufre la reproduit fidèlement par exemple, le crayon ordinaire de graphite, les crayons de couleurs, l’encre à écrire, les encres typographiques, l’encre de Chine, les encres lithographiques de couleur ou non, les encres autographiques, etc.
C’est une collection de ces différentes reproductions que nous avons eu l'honneur d’envoyer à la Société chimique. La finesse de la reproduction est proportionnée à celle de la gravure ou de la typographie, par exemple certaines cartes géographiques sont reproduites avec une exactitude remarquable.
Graveur. — 11. ib
PROCÉDÉS GALVANIQUES DIVERS L’épreuve qui sert dans l’opération est en général ! abîmée par les lavages ; cependant, en employant certains papiers, nous avons obtenu des reproductions sans que le positif fût perdu pour cela.
Cette propriété du soufre n’a pas encore été indiquée, du moins à notre connaissance. Nous ne savons quelle explication on pourra en donner, si ce n’est celle d'un contact intime entre les molécules du soufre en solidification et les particules du papier. L’action pure et simple de la chaleur ne nous paraît pas suffisante, car si elle pouvait expliquer la reproduction des caractères typographiques ou lithographiques obtenus avec des encres contenant un corps gras ou résineux, elle serait impuissante à expliquer cette propriété curieuse dans les cas de la reproduction de l’encre ordinaire, de l’encre de Chine, du crayon, etc.
Peut-être ce procédé si simple de reproduction pourra-t-il recevoir quelques applications dans la gravure industrielle en faisant, par exemple, les dessins avec un certain crayon et attaqi/ant la couche de soufre ainsi protégée dans quelques endroits par un réactif approprié. Nous laissons la solution de ce problème industriel aux soins des graveurs de pro fession, qui auront alors entre les mains un procédé qui, par sa simplicité, laissera bien loin derrière lu les procédés couramment employés. »
En prenant, par les procédés ordinaires, un clichi galvanique de l’empreinte, on obtient de belle: planches en relief.
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GRAVURE EN RELIEF SUR PIERRE