‹ Nouveau manuel complet du graveur en creux et en relief (volume 2)Chapitre 80 sur 93 · GRAVURES EN COULEURS · texte numérisé non relu

GRAVURES EN COULEURS

que la contre-empreinte en plomb tombe toujours juste, dans la forme creuse, de manière que par la pression de la presse, tout trait de la gravure se reproduit sur l’objet qu’on doit imprimer ou estamper.

« Pour des travaux d’impression moins importants, on prend des plaques gravées en plomb et antimoine (métal des caractères d’imprimerie), et la contre-empreinte est produite par de la colle et de la sciure, ou par de la pâte à papier, lesquelles masses sont pressées à l’état mou sur les plaques chaudes, et séchées aussitôt.

« Les plaques à imprimer polychromes se composent d’autant de pièces enchâssées l’une dans l’autre que l’on emploie de couleurs (c’est le procédé d’impression à la Gongrève qui se composent de planches rentrant les unes dans les autres, après avoir été encrées séparément, à l’encre grasse, et donnant par suite, une impression en plusieurs couleurs, d’un seul coup de presse) ; c’est seulement pour imprimer en relief qu’on grave ces plaques en profondeur, le relief n’admettant aucune couleur ; on fait ainsi ressortir en relief par la presse, pourvue de contre-empreintes, le relief blanc en même temps qu’on imprime les images coloriées ».

A l’impression par juxtaposition on substitua l’impression en couleurs par superposition, c’est-à-dire par impression successive de toutes les couleurs entrant dans le sujet.

Ce genre avait été pratiqué et perfectionné au siècle dernier par Edward Kirkell, John Batiste

Jackson, Georges Skippe, etc. Mais il a été considérablement, amélioré par William Savage qui a publié sur la pratique de cet art, en '1823, un ouvrage intitulé : Pratical Hinst, of décorative Printing.

M. Knight, éditeur du Penny Magazine , inventa, vers 1830, une machine typographique pour imprimer rapidement les gravures typographiques en couleur.

De 1830 à 1835, M. Silbermann, imprimeur à Strasbourg, a fait progresser d’une manière notable la chromotypographie. En 1844, il présenta des épreuves à l’Académie, dont plusieurs avaient seize couleurs et se distinguaient par la netteté des contours. ha presse a procédé comme l’aquarelliste, nous dit M. Silbermann, en teintant successivement et par gradation.

Par sa méthode, M. Silbermann inonda le monde de petits soldats coloriés. A l’Exposition de Paris en 1831, il avait exposé plusieurs travaux intéressants, entre autres une carte géologique en 0 couleurs et un tableau représentant les effets du contraste des couleurs, qui a servi à orner l’ouvrage de M. Chevreul.

A l’Exposition de 1855, on remarquait Y Histoire de la Céramique dont les planches avaient été exécutées par M. Silbermann.

Peu après l’anglais Roxter inonda l’Europe de petits paysages coloriés.

De nos jours, tout le monde connaît les figures naïves de Kate Greenaway et de Caldecott, gravées par les frères Dalziel,

gravures En Couleurs

En Angleterre les numéros de Noël christmas sont depuis longtemps tirés en couleur. On a remarqué entre autres le Noël du Graphie pour 1879, tiré sur des machines anglaises et avec des clichés faits à Paris.

Vlllustrated New vint ensuite.

Eu France, l'Illustration a été le premier journal qui ait publié des planches en couleur dans son numéro de Noël 1881, avec trois couleurs : noir, rouge et bleu.

Aujourd’hui, le Paris Illustré est une merveille de la chromotypographie. 11 s'imprime chez Lahure, sur des machines Alauzet, par deux couleurs à la fois, de sorte qu’en 4 tours de presse on imprime les sept couleurs qui concourent à son établissement, et dans l’ordre suivant : 1° le mordant pour la dorure; 2° le trait et le rouge ; 3° le jaune et chair ; 4° le gris et bleu.

Parmi les ouvrages illustrés en couleur, mentionnons : La Matrone du pays de Soung, les deux Jumelles, conte chinois, 1884, chez Lahure, avec 18 aquarelles de Poirson ; — Le Comte de l’Archer d’Armand Sylvestre, 1883, chez Lahure, avec des vignettes de Poirson, gravées par Gillot ; — L'Histoire des quatre fils Aymon, 1883, dont les gravures ont été exécutées par Gillot, d’après les dessins de Grasset ; — Le Voyage de Paris à Saint-Cloud par mer et retour de Saint-Cloud à Paris par terre, par Neel, avec 12 aquarelles de Jeannot ; — Les Voyages de Gulliver, chez Quantin, illustré par Poirson ; — Le vicaire de Wakefcld, etc.

La chromotypographie a été d’un grand secours pour l’illustration des ouvrages de géographie, de médecine et de science. Voici les œuvres les plus remarquables exécutées dans ce genre :

Le Cours de géographie, par Poncin, chez Colin ; — Les Éléments de géographie de Lemonnier et Schrader, chez Hachette; — Le Traité de médecine opératoire de Sédillot (1865-1870), chez Silbermann, à Strasbourg ; — Les Nouveaux Éléments d’anatomie descriptive , de Beaunis et Bouchard ; — Le Traité d'anatomie comparée des animaux domestiques, de Chauveau et Arloing, chez Pitrat, à Lyon ; — Le Traité d'anatomie descriptive, par Sappey, publié en 1847-1863, chez Masson, aujourd’hui chez L. Bataille et Cie ; — Le Traité d’anatomie chirurgicale de liliaux, etc.

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