‹ Nouveau manuel complet du graveur en creux et en relief (volume 2)Chapitre 79 sur 93 · I. — GRAVURES EN COULEURS · texte numérisé non relu

I. — GRAVURES EN COULEURS

Nous ne traiterons dans cet Appendice que du coté historique de la gravure en couleur, le côté pratique ressortant essentiellement de l’imprimerie en taille douce. (Voyez le Manuel de l'Imprimeur en taille douce, faisant partie de l'Encyclopédie-Roret).

L’impression typograpfèque en plusieurs couleurs est due à Pierre SchœfTer qui imprima des imitations d’anciens manuscrits ornés de peintures.

L/édition du Ptolemée publiée par J. Schott, de Strasbourg, en 1513, contient une carte de Lorraine imprimée en trois couleurs.

Pendant tout le xvie siècle on pratiqua beaucoup l’impression en clair obscur ou camaïeu.

Jusqu’au commencement de notre siècle nous n’avons rien à signaler d’intéressant dans la gravure polychrome. De 1810 à 1825 on pratiqua en Angleterre, la compound printing, ou impression composée, dans laquelle se distingua Applegath en éditant des images pour les enfants. Il se servait pour cela de plusieurs planches de bois intercalées les unes

dans les autres, portant chacune une couleur, et qu'on imprimait d’un seul coup. Ce procédé ressemble assez à, celui que M. Congrève inventa plus tard, et qui porte le nom d 'impression à la Congrève.

Peu de temps après on adjoignit au procédé à la Congrève le gaufrage employé par les relieurs du xvie siècle et l'on créa ainsi un nouveau genre qui eut une certaine vogue. Ce sont les frères Bauerkeller à Carlsruhe qui l’ont appliqué le premier à la typographie en 1834. Ils ont fondé plus tard avec M. Gutsch, une fabrique de gaufrages en couleurs à Paris, de laquelle sont sortis plusieurs chefs-d’œuvre, entre autres la belle couverture du Paul et Virginie d’Everat. Ce gaufrage s’effectuait par embossage , c’est-à-dire en fixant une certaine quantité de cire au tympan de la presse, recouverte d’un léger papier.

On appliqua ensuite au procédé à la Congrève le guilloché dont nous nous occuperons plus loin.

Voici le procédé Bauerkeller, d’après le brevet qu’il prit en Autriche en 1840 :

« Les plaques gravées dont on tire l’impression et l'estampage, sont en cuivre jaune, lorsqu’il s’agit des travaux les plus beaux et les plus fins, et on obtient la contre-pression qui fait ressortir la saillie des gravures en relief, à l’aide de plaques en plomb mou qu’on produit en coulant celui-ci sur des plaques gravées entourées d’un cadre de bois.

« Cette plaque à contre-pression est fixée ensuite avec précision au cadre du chariot, de telle sorte

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