IV. — CARTES A JOUER
Nous avons donné l’origine des cartes à jouer en traitant de la gravure sur bois; nous n’v reviendrons pas. Primitivement, les cartes représentaient des personnages debout dans différentes positions; aujourd’hui, on se sert uniquement de types à deux tètes inventés par les Belges et introduits dans la fabrication officielle en France, en 1828.
Les jeux entiers sont composés de 52 cartes; ils comprennent quatre rois, quatre dames, quatre valets, quatre dix, quatre neufs, quatre liuits, quatre septs, quatre six, quatre cinqs, quatre quatres, quatre trois, quatre deux, quatre as. Les jeux d'Hombre sont composés de 40 cartes, les mêmes que celles des jeux entiers, excepté les dix, les neufs etîeshuits des quatre couleurs. Les jeux de Piquet sont de 32 cartes; ils comprennent les as, les rois, les dames, les valets, les dix, les neufs, les huits et les septs, c’est-àdire huit cartes de chaque couleur. Les jeux d' Écarté
ont le même nombre de cartes que le piquet. Le jeu de Brelan a 28 cartes, il manque tous les points depuis les septs jusqu'aux deux. Le Reversi est composé de 48 cartes; il ne manque que les dix.
Nous allons donner sommairement la fabrication de ces cartes.
La carte à jouer est constituée par un carton mince composé de 3 feuilles : 1° le Par-Devant en papier filigrané, portant dans la pâte le chiffre G I (contributions indirectes). Ce papier est fourni aux cartiers par l'Etat qui le fait fabriquer à Thiers; 2° YEtresse de couleur brune produisant l’opacité du par-devant', 3° le Tarot qui forme le dos de la carte.
L’Imprimerie Nationale imprime le contour des figures sur le papier par-devant au moyen de clichés typographiques, dont l’idée est due à Hulot, et fabriqués comme les clichés des timbres-poste. Le mode de fabrication de ces clichés est tenu absolument secret et, le saurions-nous, qu’il serait de notre devoir de ne pas le divulguer. Tout ce que nous pouvons dire, c’est qu'ils sont produits par un procédé galvanoplastique.
Le papier par-devant, arrive donc chez le Cartier prêt à recevoir Y habillage, ce qui se fait par un tirage en chromotypographie en cinq couleurs : jaune, gris, rouge, noir, bleu. Nous ne parlons pas, bien entendu, de l’ancien procédé au frotton qui n’est employé que dans les ateliers de peu d’importance.
Le tarot s’imprime chez le Cartier sur une machine à cylindres. Quelques cartiers ont une spécia-