‹ Nouveau manuel complet du graveur en creux et en relief (volume 2)Chapitre 90 sur 93 · CARTES A JOUER · texte numérisé non relu

CARTES A JOUER

et tromper leurs adversaires. Si nous en croyons la statistique que nous avons sous les yeux, dix pour cent des jeux sont, ouverts et refermés soigneusement par ces industriels éhontés.

Pour combattre cette fraude, nous avons imaginé un procédé d 'liydrotypie, c’est-à-dire de reproduction par la vapeur d’eau. Voici sur quel principe il est basé. L’éther tartrique de l’alcool ordinaire se décompose sous l’action de la chaleur humide en acide tartrique et alcool. Si l’on mélange à cet éther tartrique une base incolore et non soluble dans ce liquide, et qu’on soumette ce mélange à l’action de la chaleur en présence de l’eau, l’acide tartrique devenu libre se combinera à la base et donnera un tartrate. Si cette base est telle qu’elle donne un composé coloré avec l’acide tartrique et soluble dans l’alcool, on aura immédiatement une coloration d’autant plus intense que la température sera plus élevée.

En apposant un timbre sur la partie collée, encré avec une semblable composition, la bande sera intacte lorsqu’aucun essai de décollage n’aura été tenté, mais dans le cas contraire, ce timbre apparaîtrait en rouge ou en bleu et indiquerait la fraude.

Il se fabrique en France 3,600,000 jeux pour la consommation intérieure, et 3,000,000 de jeux étrangers, dont 2,000,000 ne sont pas soumis aux droits.

Les seuls jeux fabriqués officiellement sont : le portrait français ; le portrait anglais ; le portrait allemand et le portrait espagnol.

29 {. DÉTAILS PIUTJQUES SUR LA PHOTOGRAVURE

Dans deux lectures qui ont eu lieu à Londres, les 17 et 24 février, M. Herbert Denison a exposé l’ensemble d’un procédé de photogravure en creux qui présente des détails intéressants qui peuvent servir de base sérieuse à l’étude d’une méthode pratique de photogravure sur cuivre (1). Nous reproduisons ici les idées qu’il a émises devant son auditoire, persuadé qu’elles peuvent être de quelque utilité à nos lecteurs.

Il s’agit, a dit le conférencier, d'une plaque de cuivre devant être "gravée en creux, soit dans les parties creuses, soit dans celles qui doivent recevoir l’encre et produire l'image imprimée, tandis que les blancs sont produits par les parties brillantes de la surface de la plaque, celles qui ont été protégées contre l’action de la solution acide.

Pour tirer des épreuves d’une semblable plaque, on use d’une encre épaisse préparée spécialement, composée de noir de fumée ou d’une autre matière broyée avec de l’huile de lin et rentrée dans les creux à l'aide d’un tampon ou de tout autre moyen. On essuie ensuite la plaque, de façon que l’encre reste seulement dans les dépressions.

Le tirage a lieu avec une presse à taille douce.

(1) Les détails donnés dans cette notice s'appliquent aussi Lien à la gravure en relief qu’à la gravure en creux.

Il convient de faire remarquer que les espaces gravés doivent être divisés en creux granulés plutôt que présenter de larges surfaces creuses, continues, sans quoi l’encre, lors de l’essuyage, serait enlevée de ces creux comme de la partie non gravée.

Avec d.u bitume en poudre, on arrive à recouvrir la surface de la plaque d’une protection suffisante contre l’action générale du mordant, et l’on obtient ainsi une image grenée.

Un négatif au charbon, destiné à former réserve, est ensuite posé sur la plaque, les parties les plus minces de la gélatine offrent la moindre résistance à Faction du mordant, et ainsi de suite, en passant par les demi-teintes jusqu’aux grandes lumières.

Sous la réserve, après qu’on l’a enlevée, se trouvent de petits points brillants qui ont été protégés par la poudre de bitume : ils sont au niveau de la surface supérieure de la plaque et forment le grain.

Tel est l’ensemble du procédé connu sous le nom de Talbot-Klic, et dont l’emploi industriel est très répandu.

Passant à l’étude des opérations détaillées, M. Denison indique d’abord les objets nécessaires. Ce sont : un châssis-presse, un papier spécial au charbon, une boîte de fer-blanc avec un poids pour conserver le papier, un actinomètre, une cuvette en porcelaine, une solution de bichromate de potasse à 3 0/0 pour sensibiliser le papier au charbon, une plaque ferrotype pour le faire sécher, deux cuvettes à développer en fer-blanc, une raclette, un petit fourneau à gaz,

une solution d’alun à 5 0/0, de l’alcool méthylique, des plaques de verre enduites de gélatine bichromatée.

Tout ce qui précède est nécessaire pour la production de l’épreuve au charbon. Voici maintenant ce qu’il faut pour la plaque de cuivre : du coton très pur pour nettoyer et polir les plaques ; une boîte à poudre d’un pied carré à la base et haute de 18 pouces environ, et disposée pour tourner autour de pivots placés au milieu de chacun des côtés, munie d’une porte sur le devant, pour y introduire la plaque après qu'on a soulevé des nuages de poudre, par un mouvement rapide de rotation; environ 500 cent, cubes de poudre de bitume, pour mettre dans la boîte, une plaque de fer d’environ 6 cent., et plus large que la plaque de cuivre pour la poser sur le fourneau à gaz; on en use pour fixer la poudre de bitume au cuivre par l’effet de la chaleur; un rouleau lisse, une plume à dessiner, un pinceau souple pour vernir, cinq solutions de perchlorure de fer à divers degrés et cinq cuvettes pour les contenir.

Le négatif convenable doit être semblable à ceux qui donnent de bonnes impressions au platine ou à l’argent par le procédé habituel, et exempts de défauts.

Le papier au charbon, sensibilisé avec la solution de bichromate de potasse ci-dessus indiquée, est retiré du bain sensibilisateur quand ses bords tendent à s’enrouler ; il est alors placé, gélatine en dessous, sur une plaque ferrotype bien propre et passée à la

racle, puis mis à sécher à la température de 65° dans un lieu obscur, et arraché de son support ; il a alors une belle surface brillante. On procède ensuite à l’impression de l’épreuve au charbon et à son développement sur une glace recouverte de gélatine bichromatée rendue insoluble par l’exposition à la lumière.

On met dans l’eau froide cette glace, puis on introduit le papier impressionné, le côté gélatiné en dessous. Aussitôt qu’il tend à s’enrouler, on sort le tout, on la racle et l’on développe à l’eau chaude comme d’habitude. 11 faut que l’impression ait été suffisante pour que les plus hautes lumières soient presque couvertes ; en un mot, pour que le diapositif ainsi obtenu soit assez intense.

Le positif obtenu sur la plaque de verre n’a d’autre objet que de servir à l’impression d’un négatif sur papier au charbon, négatif qui est développé à la surface d’une plaque et convenablement préparée.

La surface doit être parfaite, entièrement exempte d’éraillures. Mieux vaut, en cas d’imperfection des plaques, les retourner au fabricant plutôt que de chercher à les corriger, ce qui est difficile, sinon impossible, sans être absolument du métier, et outillé ad hoc.

Il convient bien de spécifier lors de l’achat, que les plaques demandées sont destinées à la photogravure, et qu’elles doivent présenter une surface parfaitement polie.

Il faut aussi demander que les côtés en soient biseautés pour éviter toute éraillure si l’on procédait ultérieurement à cette opération.

Dès que Ton a des plaques sans défaut, il n’y a plus qu’à les nettoyer, à enlever surtout les matières grasses et en un mot tout ce qui pourrait être la cause d’une irrégularité dans la morsure.

Pour y arriver, on place sur une table une feuille de papier plus grande que la plaque, on y pose la plaque, le côté poli en dessus, et on promène à sa surface un tampon de coton imbibé d’une solution de potasse d’Amérique (le titre de la solution n'a pas beaucoup d’importance, pourtant il faut éviter qu'il soit assez élevé pour ternir la plaque). Quand toute trace de graisse a disparu, on lave sous un robinet pour enlever la potasse et on frotte avec un autre tampon imbibé d’eau acidulée d’acide nitrique dans le rapport d’une partie d’acide pour trois parties d’eau ; on lave encore et avec un troisième tampon de coton, on met sur toute la surface de la craie lévigée diluée dans une solution d’ammoniaque à S 0/0.

La craie lévigée est toute prête pour l'usage dans le commerce, ou bien on peut la préparer aisément en mettant dans de l’eau du blanc de ménage; on laisse le dépôt des particules les plus lourdes s’effectuer pendant quelques minutes, puis on décante l’eau dans un autre récipient, où on laisse déposer la poudre en suspension. L’eau est jetée ensuite, et il n’y a plus qu’à faire sécher le dépôt et à le mettre en réserve.

Un petit pot peu profond tel que ceux qui servent à contenir la poudre dentifrice, est utile pour con-

DÉTAILS PRATIQUES SUR LA PHOTOGRAVURE 299 server un peu de craie lévigée, mélangée avec de l’ammoniaque.

Après ce dernier traitement au blanc, la plaque doit être lavée et séchée, et l’on aura la certitude qu’elle est bien propre si l’eau coule à sa surface, en nappe bien régulière.

Il est bon de terminer le lavage à l’eau chaude, parce que la chaleur facilite la dessiccation.

Les linges employés au séchage doivent être d’une propreté parfaite.

Dépôt du grain. ■ — Nous sommes maintenant prêts à déposer le grain de bitume sur la plaque. Cette opération s’effectue dans une boîte dont voici la description :

Les dimensions des boîtes dépendent de celles des plaques à grener. Si, par exemple, nous en prenons une qui ait à la base 32 centimètres de côté sur une hauteur de 48 centimètres, elle conviendra pour toute plaque ayant jusqu’à 27 centimètres de côté.

Dans la partie inférieure est une double rainure destinée à recevoir la plaque. Les parois intérieures sont tapissées de papier lisse; on y introduit 2 à 300 grammes de bitume finement pulvérisé, et l’on met la poudre en mouvement, soit en faisant tourner la boîte une vingtaine de fois sur elle-même et la faisant pivoter sur deux axes, soit en soufflant à la base avec un robinet ad hoc. On attend alors un moment et l’on introduit la plaque que l’on y laisse dè 3 à 10 minutes, la porte ayant été fermée.

Quand on la sort, on la trouve recouverte d’un dépôt de fines particules de bitume.

Le degré de finesse du grain est réglé par le genre de l’image à reproduire; le grain doit être d’autant plus fin que le sujet est plus délicat.

Un sujet sombre n’exige pas un grain aussi abondant, mais il demande un grain un peu moins fin.

On comprendra aisément que l’on a bien des moyens de faire varier la nature du grain.

On peut y arriver soit en laissant le dépôt s’effectuer dans la boîte avant l’introduction de la plaque, ou bien en laissant la plaque dans la boîte pendant un temps plus ou moins long, ou bien en introduisant la plaque une deuxième fois après avoir remis la poudre en mouvement.

Dans le premier cas, si la poussière a été laissée se déposer pendant assez longtemps — soit pendant 10 minutes, • — toutes les parties les plus lourdes seront tombées et il ne restera en suspension que les particules les plus légères, et si, après examen de la plaque, la quantité du dépôt paraît insuffisante, on agite de nouveau, et l’on introduit la plaque après une attente de 2 minutes pour qu’elle se recouvre d’une nouvelle quantité de grain do même sorte que précédemment.

Pour des sujets ordinaires, où se trouve un ensemble normal d'effets d’ombre et de lumière, le grain le jdus convenable s’obtient en laissant la poudre se déposer d’abord pendant 1 à 2 minutes, puis en mettant la plaque qu'on laisse se grener pendant 10 minutes.

En agissant ainsi, on a un dépôt de grain un peu gros durant la première minute ou la deuxième après l’introduction, puis se produit un dépôt d’une poussière plus fine pendant le reste du temps.

Ce mélange des deux sortes de grains convient très bien.

Il n’est pas douteux que bien des moyens de modifier la nature du grain ne soient suggérés par ces indications.

Il arrive qu’on a de la difficulté à obtenir un dépôt régulier, difficulté qui peut partiellement être due à des vibrations, et en partie à un certain degré d’humidité du grain, qui fait que les particules s’attirent les unes les autres et tombent sur la plaque d’une façon régulière.

Quelle que soit la cause de cette irrégularité, on y remédie à peu près complètement, en conservant la boîte qui sert à contenir la provision de poudre en grain dans un lieu sec.

Il est un remède contre une certaine irrégularité du dépôt, qui consiste à poser la plaque à grener au milieu d’une autre plaque beaucoup plus grande. L’irrégularité existe toujours près des côtés de la plaque, et en ce cas, c’est sur la plaque posée audessous qu’elle se produit, au lieu d’être sur celle que l’on a voulu grener.

Quand on a obtenu le dépôt d’un grain satisfaisant sur la plaque, ce dont on s’assure par un examen à la loupe, l’opération suivante consiste dans le fixage de ce grain sur le cuivre.

302 DÉTAILS PRATIQUES SUR LA PHOTOGRAVURE Pour y arriver, on fait usage d’un réchaud spécial connu sous le nom de chauffe-plaque, lequel consiste en un plateau en fer épais d’environ 1 centimètre et d’une dimension un peu plus grande que la plaque à chauffer; cette plaque, placée sur un fourneau à gaz, constitue un appareil convenable.

Dès que la plaque est chaude sur toute sa surface, on y pose une feuille de papier dont les bords ont été redressés, et sur cette feuille on met la plaque que l’on surveille attentivement jusqu’au moment où l’on voit le grain devenir transparent, puis, peu après, prendre une couleur plus sombre et présenter à la surface de la plaque une sorte d’efflorescence qu’il est toujours difficile à décrire, mais que l'on reconnaît toujours après l’avoir vue une seule fois, -fil La plaque doit être soustraite à l’action de la chaleur et abandonnée à un refroidissement spontané.

Si la plaque n’a pas été chauffée suffisamment, le grain n’est pas attaché, et il n’offrira aucune résistance à l’action du mordant lors de la gravure. Si la plaque a été trop chauffée ou maintenue chaude trop longtemps, les particules se serrent les unes contre les autres, ce qui empêche totalement l’action du mordant, ou ne le laisse agir que par larges places au lieu de ne le laisser pénétrer que sur des surfaces très peu étendues.

Dans la pratique, le point important à observer, c’est que la poudre soit convenablement soudée à la plaque, ce dont on peut s'assurer en promenant un pinceau sur l’un des coins après complet refroidisse-

ment ; on examine ensuite à la loupe pour voir s’il n’y a pas de places vides. Des bourrelets de grains ne pourraient se produire que par manque de précaution.

Il convient de grener successivement plusieurs plaques, parce que le travail est mieux fait quand on y a la main.

Les plaques, après refroidissement, sont annotées par derrière quant aux indications relatives à la date, etc., et conservées dans plusieurs feuilles de papier souple.

Développement de la réserve. — Quand on a fait un essai préalable permettant de connaître la durée exacte de l’exposition nécessaire, on imprime une épreuve au charbon définitive et on l’immerge dans une cuvette pleine d’eau propre, la surface grenée en dessus; on évite les bulles d’air qui pourraient s’interposer et, dès que l’assouplissement du papier mixtionné paraît suffisant, on sort la plaque et le papier que l’on dispose convenablement à sa surface ; on passe la racle dans tous les sens en partant du milieu de la feuille pour chasser toute l’eau libre et les bulles d’air qui pourraient être entre la plaque et la mixtion.

La plaque est ensuite placée sous un cahier de papier buvard et laissée pendant dix minutes pour permettre à la gélatine de bien adhérer à la plaque. Après ce laps de temps, on peut procéder au développement comme d’habitude.

La plaque est immergée dans l’eau à 35° centigrades jusqu’à ce que le papier puisse être enlevé.

Puis on prolonge l’action de l'eau chaude jusqu’au complet développement. Si l’exposition a été convenable, il faut que les ombres les plus intenses soient représentées par les moindres épaisseurs de la gélatine.

On arrête alors le développement en plongeant la plaque dans de l’eau froide.

La réserve pour être séchée est couverte d’alcool méthylique en commençant par un mélange de moitié eau et en ajoutant graduellement de l’alcool jusqu’à ce que l’eau ait été enlevée complètement de la couche. Dès qu’elle est sèche, les marques de la plaque doivent être protégées avec du vernis noir, en ayant soin de ne pas empiéter sur le dessin.

Le meilleur moyen pour éviter cela consiste dans l’emploi d’un tire-ligne garni de vernis et avec lequel, en suivant une règle, on trace une ligne tout autour du sujet.

il n’y a plus ensuite qu'à compléter la protection des marges avec un pinceau. On vernit aussi les côtés et le dos de la plaque et quand ce vernis est sec, elle est. prête pour la morsure.

En usant de la règle, il faut éviter qu’elle frotte contre la réserve qu’elle pourrait érailler. On y arrive en faisant porter la règle hors des deux extrémités de la plaque sur deux points d’appui un peu plus épais que la plaque.

L’influence de gélatine est très impressionnable sous l'influence de la température et du degré de siccité de l’air, il conviendra donc de ne pas laisser

DÉTAILS PRATIQUES SUR LA PHOTOGRAVURE 305 la plaque dans une pièce chaude. Bien des fois il est arrivé que des plaques se sont craquelées en les transportant d’une pièce froide dans une autre plus chaude.

Ce danger peut être évité absolument en passant la plaque, après que toute l’eau a été enlevée, à un mélange de glycérine et d’alcool méthylique dans le rapport de 1 partie de glycérine pour 20 d’alcool.

Seulement l’emploi de la glycérine est la cause d’un autre inconvénient presque aussi fâcheux que celui auquel elle doit remédier.

Elle est très difficilement enlevée des marges de la plaque et il a été remarqué que si la moindre trace de vernis reste sur la plaque, cette substance ne protège plus contre l’action du mordant et après la fin de l’opération les marges doivent être polies à nouveau.

Un autre effet de la glycérine est de rendre la gélatine plus perméable au mordant; elle la met dans un état plus ou moins spongieux et par suite poreux, tout comme si on dilue à un certain degré le mordant pour le faire pénétrer plus facilement à travers la couche.

Ce n’est pas là un inconvénient, toutefois quand on en use occasionnellement il introduit dans le travail un élément d’incertitude qui est la cause qu’on n’est pas sûr d’atteindre absolument l’effet désiré.

Il est donc préférable, sauf dans les moments où la température est très élevée, de conserver la pla-

que, après le développement, dans un endroit frais pour éviter le craquellement de la couche.

11 n’.y a pas lieu de retoucher la réserve à moins que ça ne soit pour boucher les petits trous, mais cette retouche se trouvera représentée par des espaces hlancs une fois la morsure terminée. Il faut donc éviter toute tache, tous points autant que possible.

La meilleure façon de retouche consiste dans l'accroissement de l’épaisseur de la gélatine bichromatée, mais c’est une opération délicate et qui ne donne que t des résultats peu satisfaisants; la plaque, après dessication, doit toujours subir l’action de la lumière pour que la gélatine soit rendue insoluble.

Morsure de la plaque. — Pour mordre la plaque, il faut employer 5 solutions de perchlorure de fer dans l’eau à différents degrés.

Le n° 1 devra marquer 45° à l’aréomètre Baumé. Le tant pour °/0 du perchlorure dans cette solution est 47 et le poids spécifique 1444.

Tant pour cent, 41.

Poids spécifique, 1375.

On doit faire agir ces solutions sur la plaque dans l’ordre où elles sont données. La solution 1 étant plus forte, il y a lieu de remarquer que plus le mordant est fort et moins la solution pénètre à travers la gélatine.

Une solution à 45° traversera seulement les moindres épaisseurs de la gélatine, tandis qu’une solution à 27° traversera presque toute l’épaisseur.

11 y a pour expliquer cela, deux choses à indiquer : la première existe dans l’action tannante du perchlorure de fer sur la gélatine, ce qui le rend moins perméable, et la deuxième réside dans la viscosité de la solution elle-même.

Le principe de l’opération de la morsure est celuici : la solution n° 1 traversera et gravera les ombres les plus denses du sujet, lesquelles, naturellement, sont représentées par les épaisseurs de couche les moins fortes.

Le n° 2 attaquera la plaque à travers les parties de la couche qui sont voisines des plus minces et ainsi de suite.

Le n° 5 est assez faible pour traverser les parties les plus épaisses qui représentent les grandes lumières du sujet et complètent la morsure de la plaque.

Il faut donc une certaine somme d’expérience pour déterminer exactement la durée d’action de chacune des solutions, mais on peut être bien guidé par l’indication suivante : on doit laisser agir chaque solution jusqu’à ce que le noircissement du cuivre (qui est la preuve de la morsure) cesse de s’étendre jusqu’à une partie où la couche est plus épaisse.

Quand ce fait est constaté, on a la certitude que la solution en usage a travaillé à travers l’épaisseur

qu’elle devait traverser et qu’il convient, pour réaliser un progrès plus étendu, de transporter la plaque dans la solution du numéro suivant.

On comprend que l’action de chacune des solutions doit être cumulative, chacune d’elles agissant à son tour et ajoutant son effet à celui des précédentes.

Le danger, dans les parties obscures du sujet, est que, en poussant le creux jusqu’à la profondeur nécessaire, le grain de bitume puisse être miné en dessous par le mordant et que le grain de la plaque ne soit détruit, ce qui peut résulter de l’action latérale du mordant, aussi bien que de son action verticalejjui produira un creusement en longueur et en profondeur. Il faudrait pouvoir disposer d’un grain proportionné en abondance et en dimensions aux espaces qui doivent être gravés plus ou moins profondément, mais cela est difficile et les essais tentés pour réaliser ce desideratum n’ont pas conduit encore à des résultats dignes d’être recommandés.

La durée de la morsure, d’une façon normale, peut varier de 8 à 12 minutes, suivant la nature de l’image.

Cette durée se décomposera à peu près comme il suit :

Solution 1. — Une minute.

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