VI. — Gravure magnétique
.Nous ferons enfin connaître un emploi du magnétisme à la gravure, dû à M. W. Jones, qu’on trouve décrit dans le Technologiste , t. 1er, p. 285. On prend une planche d’acier qu’on vernit comme à l’ordinaire, puis on y trace, au moyen d’une pointe énergiquement aimantée, mais dont le bout est plutôt arrondi que trop vif, le dessin qu’on veut graver, en tenant cette pointe un peu inclinée, appuyant fortement sur la planche et se plaçant de telle sorte que cette pointe soit à très peu près dans le plan du méridien magné-
PROCÉDÉS CHIMIQUES DIVERS 283
tique. Ainsi gravée et magnétisée, la planche est nettoyée soigneusement, puis on répand à sa surface, du fer en poudre très fine (la limaille de fer bien pure et bien fine, qu’on lave à plusieurs reprises avec l'alcool rectifié). Cette poudre, en inclinant la-planche, glisse le long de son plan, excepté dans tous les traits où a passé la pointe et où elle adhère fortement. Ayant ainsi obtenu des contours sensibles, on imprime au moyen d’une presse lithographique. Le papier d’impression doit recevoir une préparation pour que le fer métallique puisse s’y combiner. On produit une belle impression bleue en imprégnant le papier avec une solution de prussiate de potasse, et une impression noire en le mouillant avec une infusion faite de noix de galle. Les épreuves ont besoin d’être exposées à l’air pendant quelque temps avant d’acquéii. tout leur éclat, et le fer doit être dans le plus grand état de division possible pour que les combinaisons chimiques puissent s’opérer rapidement. Ce genre de gravure est, dit-on, intermédiaire entre la lithographie et le mezzo-tinto.