CALCOGRAPHIE
Second procédé. — Le deuxième procédé comprend la reproduction des anciennes gravures, sans altération de l’original, et elle s’applique aux gravures qui n’ont pas été recouvertes d’un enduit spécial pour les besoins publics; elle renferme deux moyens.
A. Le premier repose : 1° Sur l’antipathie de l’eau pour les coi’ps gras ; 2° et, comme le précédent, sur les précipitations métalliques et l’affinité des acides pour les métaux.
En effet, une gravure est imprégnée par son verso d’une dissolution cuprique, et le liquide aqueux ne pénètre qu’autour des traits formés d’encre grasse. Tout autre sel métallique approprié, sel de plomb, de bismuth, d’argent, etc., produirait le même effet. L’épreuve est alors retournée, par son recto, sur une planche de zinc, par exemple, et soumise à une pression uniforme. Le sel est aussitôt décomposé, réduit et précipité sur la planche qu’il recouvre en entier, sauf à l’endroit des traits, de manière à donner une image négative en relief, représentant avec la plus grande exactitude le dessin qui a servi à la produire. Il suffit de quelques secondes pour obtenir cet effet. La photographie n’opère pas avec plus de promptitude ni plus de fidélité. On peut déjà en tirer des épreuves négatives.
Pour avoir une gravure en taille douce, il suffit de plonger la planche dans un bain d’acide azotique qui creuse le zinc et respecte le cuivre.
B. Le deuxième moyen repose : 1° Sur les transports ; 2° comme les précédents, sur les précipitatipns métalliques et l’affinité des acides ; 3° sur les phénomènes de l’électro- chimie.
On fait sur acier un transport, ou décalque d'une ancienne gravure au moyen d’un savon de térében-
PROCÉDÉS CHIMIQUES DIVERS
thine ou de pétrole appliqué sur l’épreuve, et on I plonge la planche dans un bain acide de sulfate de ^ cuivre qui se précipite sur l’acier avec son brillant , i métallique, tout on respectant les traits, de telle sorte que le cuivre est mordu, sous le dessin,, avec autant y d’instantanéité que le dépôt a eu lieu. Le problème se résume alors en ces deux mots : couvrir et mordre ; en même temps.
Troisième procédé. — Enfirt, le troisième procédé ,, de M. Vial n’est que l’extension du dernier procédé, p qui constitue un nouveau genre de gravure. Elle J, consiste à faire, sur acier, un transport autographique, ' ,,
lithographique ou autre, non plus avec un savon de u térébenthine, mais à l’encre grasse, à faire un dessin 1 héliographique au bitume de Judée, ou photographique au perchlorure de fer, à dessiner sur acier à ! l’encre de Chine, au crayon noir, à lamine de plomb, | à peindre à l’huile ou au pastel, à dessiner au per- ,, chlorure de fer ou à l’acide, en un mot avec tout corps j ^ susceptible de résister au dépôt du cuivre sans s’opposer à l’attaque de l’acide, ou avec tout corps susceptible de dépolir l’acier par parties qui se graveront ensuite lorsqu’on mettra la planche dans un bain acide de sulfate de cuivre. Ces procédés néanmoins | ne paraissent pas d’une exécution parfaitement sûre.
Ils doivent, au tirage, ne donner que des noirs affai- i blis, des demi-teintes altérées par l’acide, et ne fournir probablement que de faibles tirages.
2° Procédé Mercet.
M. Merget, professeur à la Faculté des sciences de Lyon, a imaginé un procédé de calcographie qui
CALCOGRAPHJlî
ressemble beaucoup à celui de Vial. Il a été consigné dans deux plis cachetés, déposés le 5 décembre 1839 et le 8 octobre 1860. En voici la description, d’après la communication à l’Académie des Sciences, le 1 6 avril 1 863 :
Pour obtenir des empreintes métalliques d’une gravure, au lieu de la traiter par la méthode de M. Vial, je l’applique sur une plaque de métal immergé dans un bain d’eau pure, et je la recouvre de plusieurs doubles de papier sans colle, dont le dernier est imprégné d’une solution saline précipitable par le métal de la plaque. En soumettant le tout à une pression graduée, la solution filtre d’abord lentement à travers les blancs, au-dessous desquels elle vient se précipiter en formant un dépôt adhérent ou pulvérulent suivant la nature des sels employés. Dans le second cas, après l’enlèvement du dépôt pulvérulent, les traits sont marqués par un relief quelquefois très sensible. Je crois avoir remarqué le premier que cette image métallique peut, à volonté, se graver en creux ou en relief. Si, par exemple, elle a été formée sur zinc par le dépôt d’un métal des trois dernières sections, l’acide nitrique faible, attaquant les parties préservées par les noirs, les creuse plus ou moins profondément, et grave la planche en taille douce; les acides chlorhydrique, sulfurique, etc., mordent, au contraire, les parties métallisées, ce qui fait ressortir les traits en relief. Cette propriété peut être mise à profit pour la préparation des clichés propres à l’impression typographique .
Lorsqu’on a opéré sur zinc le décalque d’une gravure, on trace sur le même métal un dessin au crayon gras ; on éprouve des difficultés très grandes à pro-
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duire une première morsure un peu profonde en conservant intacts les traits les plus délicats. Cette difficulté disparaît si on prend préalablement la précaution de plonger la plaque dans la dissolution d'un sel des trois dernières sections, choisi de manière à obtenir un dépôt pulvérulent. En attaquant ensuite par l’acide chlorhydrique faible, on obtient une première morsure, qui respecte les détails le plus finement dessinés, et qui est assez fortement accusée pour permettre les nouveaux encrages auxquels on doit procéder afin d’augmenter la profondeur des creux.
Des essais entrepris en commun avec un habile typographe bordelais, M. Gagnebin, nous ont conduit à la préparation industrielle de clichés en zinc, qui joignent au mérite d’une grande fidélité de reproduction celui d’une simplification marquée dans le manuel opératoire. Les dessins faits sur zinc avec les encres métalliques sont mis en relief par l’acide nitrique, en. creux au contraire par les acides chlorhydrique, sulfurique, etc. La reproduction des gravures par voie de filtration à travers les blancs s’obtient également en remplaçant les sels des expériences précédentes par toutes les substances capables d’agir chimiquement sur le métal de la plaque, et les douilles superposés portent presque toujours, dans ce cas, comme dans celui de la filtration des sels, des images positives ou négatives de la gravure, qui ont souvent une grande netteté.
Les gaz eux-mêmes peuvent servir d’agents reproducteurs, et une plaque de verre recouverte d’une gravure mouillée avec de l’eau ordinaire, ou mieux légèrement gommée, se grave par l’exposition aux