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III. — C apilligraphie (Procédé Dulos

La capilligraphie est un procédé de gravure imaginé par Dulos et basé sur les phénomènes capillaires. On se sert d’une plaque de cuivre argenté sur laquelle en dessine directement avec le crayon lithographique, ou on décalque un dessin sur papier, ou on reporte une lithogravure, taille douce, etc. On dépose par la galvanoplastie une couche mince de fer à sa surface ; le dépôt ne se formera que sur les parties exemptes d’encre ou de crayon. On lave la planche à l’essence de térébenthine qui met à nu la surface argentée correspondant aux traits de la gravure. On verse du mercure sur la plaque, il ne s'attache que sur l’argent et produit un relief, en formant deux ménisques autour de chaque ligne de fer.

Pour obtenir une gravure en taille douce, on prend l’empreinte de la surface de la plaque en cet état au moyen du plâtre ou de la cire. On métallisé la surface du moule et on y fait déposer du cuivre au moyen de la pile qui donnera une planche sur laquelle on pourra tirer autant d’épreuves qu’on le désirera.

Pour avoir une gravure en relief, on dessine le sujet à reproduire sur une planche de cuivre, puis on l’argente à la pile; ce métal ne se dépose que sur

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les parties non touchées par l’encre ou le crayon gras. On lave la planche à l’essence de térébenthine, on oxyde le cuivre en chauffant la plaque en dessous, on répand à sa surface du mercure et l’on continue comme il vient d’être dit.

Pour éviter le moulage qui est toujours une opération délicate, voici comment on peut opérer :

On dessine ou on reporte sur la planche de cuivre argenté la gravure à exécuter. On dépose une couche mince de fer au moyen du bain ferro-ammoniacal, et on lave la planche à l’essence de térébenthine ou la benzine. On la place dans une cuvette en fer, on la recouvre d’une couche d’huile de 1 centimètre d’épaisseur et on la chauffe à la température de 80°. On remplace le mercure par un alliage fusible, le métal Darcet par exemple mélangé avec 10 à 15 pour 100 de mercure. On coule ce métal chaud sur la plaque dont l'huile empêche l’oxydation. 11 se passe un phénomène vraiment intéressant : le métal fondu mouille l’argent sans toucher le fer, tandis que l’huile ou la cire fondue mouille le fer sans toucher au métal fondu qui forme ménisque sur toute la surface argentée. On laisse refroidir le métal qui se trouve en relief. On dépose galvaniquement à sa surface du cuivre et on obtient une excellente planche à impripier.

Voici les moyens divers adoptés par M. Dulos, pour reproduire des dessins au crayon et à la plume, les reports d’estampes ou de lithographies, et les transformer en gravure en taille douce :

« I. Gravure en taille douce. On dessine au crayon lithographique sur une plaque de cuivre grenée, aussi facilement que sur pierre, et ce dessin peut

PROCEDES CHIMIQUES DIVERS

être transformé en taille douce ou en gravure typographique, soit par l’amalgamé de cuivre, soit par un sel de mercure.

« 1° Taille douce par l'amalgame de cuivre. La planche étant dessinée et ayant reçu au moyen de la pile une couche de fer est soumise, après l’enlèvement du dessin, à un dépôt galvanique d'argent, qui adhère sur le cuivre à l’exclusion des parties ferrées, c’est-à-dire celles qui avaient été primitivement touchées par le crayon ; alors un rouleau de cuivre argenté portant l’amalgame de cuivre est promené sur la surface de la plaque ; l’amalgame se fixe sur l’argent à l’exclusion du fer, et une fois solidifié, permet de prendre une empreinte galvanique en cuivre qu’on peut mettre sous presse.

« 2° Taille douce par un sel de mercure. La plaque dessinée est, comme ci-dessus, argentée au moyen de la pile et le crayon enlevé avec la benzine ; après quoi on plonge cette plaque dans une bassine contenant du sulfate ammoniacal de mercure et en même temps on promène sur sa surface, pendant 4 à 6 minutes, le rouleau argenté ; l’excès de mercure se précipite sur l’argent. La planche ainsi obtenue est en état de donner des épreuves.

» H. Gravure dans le genre aqua-tinte. Un grain ordinaire d’aqua-tinta étant donné à une planche de cuivre, on en prend une empreinte galvanique également en cuivre, on argente la surface de cette empreinte' présentant le grain d’aqua-tinta renversé ; à l’aide du crayon lithographique on dessine sur cette surface, avec la ressource d’enlever au grattoir les blancs ou réhauts de lumière, puis on dépose du fer sur l’empreinte, on fait disparaître le crayon avec

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la benzine et on passe l’amalgame de cuivre à l’aide du rouleau argenté.

« En dernière opération on forme, par un dépôt galvanique, une seconde empreinte qui devient îa planche à imprimer et dont les creux reproduisent le grain primitif de Faqua-tinta, le dessin tracé au crayon et les réhauts de lumière enlevés au grattoir.

« III. Gravure en taille douce au -moyen d'un dessin sur vernis blanc. On livre au dessinateur une plaque de cuivre recouverte d’un vernis dans, la composition duquel entre le caoutchouc et le blanc de zinc : ce vernis se coupe avec la plus grande facilité à l’aide de plumes, d’acier ou -de pointes d’ivoire. Le dessin terminé, la plaque est plongée dans un bain de fer dont le dépôt ne s’effectue que sur les parties de la planche découvertes par le travail de la pointe. Si l’on se propose de faire une gravure en creux par le sel de mercure, on enlève le vernis et on argente ; l’argent se dépose sur le cuivre à l’exclusion du fer ; on attaque le fer avec l’acide sulfurique étendu d’eau et on traite la plaque par le sel de mercure comme précédemment.

« Les dessins sur vernis peuvent également se transformer en gravure par l’emploi de l’amalgame de cuivre.

« Les moyens décrits se prêtent également à la gravure des outils de relieurs dits fers à, dorer et des planches destinées à recevoir des émaux cloisonnés « (I).

(i) Bulletin de la Société d’ Encouragement four l'Industrie nationale, i. Il, série, p. 2.

PROCÉDÉS CHIMIQUES DIVERS

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