IV. — Impression anastatique
L’impression anastatique est un procédé chimique de reproduction et de multiplication des gravures et des impressions typographiques imaginé par Baldermus de Berlin en 1813. Il repose sur ce que l’eau attire l’eau, l’huile attire l’huile, tandis que l’huile et l’eau se repoussent. D’autre part l’huile humecte les métaux plus facilement que l’eau, l’eau gommée, l’acide phosphorique encore mieux.
Le papier portant la gravure ou l’impression à reproduire, imprimée à l’encre grasse, est humecté avec de l’acide nitrique faible et appliqué sur une planche de zinc, l’image en dessous. On le presse fortement. L’encre grasse se transporte sur le métal en même temps que l’acide dont le papier est imprégné l'attaque. On enlève la feuille de papier et on gomme la planche avec de l’eau gommée mêlée avec de l’acide phosphorique, comme s’il s’agissait d’une lithographie : l’eau gommée n'adhère qu’aux parties de zinc acidulées et non sur les parties encrées. On encre la planche lithographiquement et on tire des épreuves par les procédés de la lithographie.
Au commencement d’octobre 1 84-4, on a reproduit dans un atelier de Berlin, 4 pages et 3 gravures sur bois du journal anglais YAthenæum publié à Londres le 25 septembre de la même année. On a copié un manuscrit arabe du XIIIe siècle sans en altérer l’original.
Nous avons vu reproduire une page du Charivari en 10 minutes.
Pour les vieux manuscrits, Faraday conseille d’opérer de la manière suivante : On les humecte dans
GRAVURE MÉCANIQUE
une dissolution alcaline, puis dans une dissolution d’acide tartrique jusqu’à ce que le papier en soit bien pénétré. 11 se forme des cristaux de tartrate de potassium qui repoussent les corps gras. On étend la feuille sur un marbre et on l'encre avec le rouleau lithographique dont l’encre ne s’attache qu’aux traits de la gravure. On lave la feuille de papier à l’eau claire pour éliminer le tartrate, on l’essore, on l’imprègne d’acide nitrique faible et on opère comme nous l’avons expliqué ci-dessus.
On peut faire un report de la feuille encrée sur une planche de cuivre ou de zinc, comme dans la calcographie, et on grave ensuite par les procédés connus. Le procédé le plus simple consiste à dorer la planche sur laquelle on a reporté la gravure. On dévernit la planche à l’essence de térébenthine et on l’attaque par l’acide nitrique faible qui ne creuse que les parties non recouvertes d’or.