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CHAPITRE IA

Gravure des cartes géographiques

1° Historique.

Les cartes géographiques sont connues depuis une très haute antiquité : Les quatre livres hermétiques des Egyptiens étaient consacrés à la géographie. Ils devaient certainement posséder des cartes géographiques, mais comme ils ont été perdus, on ne peut certifier s’ils possédaient des cartes plus ou moins parfaites.

Lepsius et Chabas ont reproduit en fac-similé , la carte sur papyrus de la vallée aurifère de Hammamat entre Quenne et la mer Rouge ; elle date de Séthas Ier et a, par conséquent, plus de 3000 ans d’existence.

Les Phéniciens et les Carthaginois avaient des cartes tenues secrètes.

La première carte grecque qui nous soit parvenue est celle d’Anaximandre de Milet (VIe siècle avant J. -C.). Hécatée (520 avant J.-C.) a été continuateur d’Anaximandre. Socrate possédait une carte qui a servi de thème à Aristophane dans sa comédie les Nuées.

Eratosthène applique son savoir à exécuter une carte avec mesure de l’arc en degrés.

L’ouvrage de Ptolémée (l’an 130-135 de notre ère), est accompagné de cartes, mais ne nous est pas parvenu. Au Ve siècle, Agathodacmon d’Alexandrie le refit.

Les Romains dressaient des cartes. Tarentius Varro cite une carte murale de l’Italie, exposée dans un

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Temple. Dominitius Carbalo mesura l’empire romain sous Jules César; sous Auguste, il dressa une grande carte du monde et fit de nombreuses cartes itinéraires ( itinera picta).

La célèbre table Pentinger (carte itinéraire) est la seule qui nous ait été transmise. A la bibliothèque impériale de Vienne, on en voit une copie, faite par un moine du XIIIe siècle; elle représente l’Or bis romarins, elle est étroite, longue, les régions principales sont resserrées les unes contre les autres. Elle a été trouvée par Conrad Pentinger, d’Augsbourg, dans un monastère, à la fin du XVIe siècle.

Dans les manuscrits arabes, VIstakhri , l 'lbn-Honkal, l 'Erdrtsi, on trouve des cartes informes.

Charlemagne fit graver, sur des planches d’argent, le plan de Rome, le plan de Constantinople, et une carte du monde entier ; ces planches furent brisées pour payer les soldats de Lothaire.

Au XIIIe siècle, la géographie reçut une grande impulsion. Richard de Holdinghom exécute la carte anglo-saxonne. On connaît aussi la carte de Robert et Melkelein, la carte de l’abbaye de Waltham, la carte de la chambre du roi de Westminster, celle de Mathieu, de Paris, sur l’Angleterre.

Au XIVe siècle, on connaît 20 cartes mappemondes.

La plus ancienne carte marine est celle du pilote Petro Vesconti, en 1318.

Abraham Artelius et Gérard Mercator publièrent le Theatrum orbis terrarum, puis le Theatri orbis Terrarum Parergon , complément à l’ouvrage précédent.

Mercator publia ensuite son Atlas sive cosmog raphicæ meditationes.

Vers l’année 1560, parurent les premières cartes géographiques gravées sur étain et sur cuivre, ce sont les œuvres informes de Sébastien Munster, d’Ortellius, de Daniel Speckel, de Meyer, etc. ; leur mauvais style se retrouve encore dans les ouvrages de Mercator, datés de 1606.

Les Judocus Ilondius et Paul Merula, graveurs hollandais, annoncèrent des améliorations dans leurs planches de 1620, el les progrès sont sensibles dans les ouvrages exécutés en 1630 par Tavernier; le trait est plus régulier et plus net, la disposition générale plus claire et mieux raisonnée.

Dix ans plus tard, les éditions de Guillaume et Jean Blaen, faites à Amsterdam, et celles de Jansson, gravées au burin et enrichies de figures et de vignettes selon le goût du temps, sont remarquables par une netteté et une précision de traits jusqu’alors inconnues ; les Sanson d’Abbeville, et Pierre Duval, etc., ajoutèrent encore à ces utiles perfectionnements.

« En général, on avait alors pour principe de ne se servir que du burin dans la gravure' géographique, ce qui rendait l’ouvrage sec et aride ; les eaux des mers et des lacs étaient souvent indiquées par une multitude de points allongés ; les côtes étaient relevées par des hachures très dures ; quelques coups de burin suffisaient pour graver une montagne et do gros arbres en élévation.

« A la fin du dix-septième siècle, sous le règne où brillèrent d’un nouvel éclat les sciences et les arts, la gravure se perfectionna; celle de la géographie fit aussi des progrès plus rapides ; les cartes topographiques, les plans de batailles, etc., commencèrent à paraître ; l’usage plus expéditif de l’eau-forte devint

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plus général ; la gravure perdit une partie de sa sécheresse, pour se prêter aux détails multipliés de la topographie. »

L’année 1740 est une époque remarquable pour l'avancement de l’art; Roussel, Coquart, Villaret, Poill y, l’abbé de la Grive et Riolet, exécutèrent des plans gravés avec un grand soin. Vinrent ensuite ( J 7(50) de Lahaye, Germain, Périer, Bourgoins, Dupuis, Chalmandrier, etc., dont les ouvrages sont très remarquables par la facilité du travail, le spirituel de l’eauforte et l’effet général. C’est à tort que l’on reproche à ces graveurs de s’être trop abandonnés au pittoresque, et de n’avoir pas pris assez de soin pour l’arrangement symétrique des tailles ; ils ne s’étaient pas fait un métier froid de la gravure, mais ils sentaient, ils cherchaient à faire de leurs ouvrages une imitation de la nature ; ils étaient enfin dans une bonne route ; mais la routine et les règles adoptées alors arrêtèrent l’essor rapide qu’ils semblaient devoir imprimer à leur art.

Le Monieu grava en 1 782 une carte de la Bourgogne qui peut être encore examinée avec intérêt. Enfin, parut en 1783, la célèbre carte des Chasses, gravée par Bouclet, Doudan et Tardieu ; clic semblait avoir porté Fart de la gravure topographique au plus haut degré de perfection.

Mais, depuis cette époque, des progrès rapides, des études mieux dirigées, des améliorations dans les systèmes et les conventions, ont permis aux graveurs de se livrer davantage aux sentiments de l’artiste, sans négliger la partie manuelle, qui n’a jamais été portée à un si haut degré de facilité et de perfection qu’ aujourd’hui.

2° Généralités sur la gravure des cartes.

L’art de graver les cartes est cependant encore bien loin de ce qu’il peut être et de ce qu’il sera sans doute dans quelques années.

Les connaissances scientifiques, indispensables aux. ingénieurs, ont absorbé presque entièrement le temps de leurs études, et la pratique du dessin a été généralement négligée ; aussi les bons dessinateurs topographes sont rares, et ceux même qui se distinguent le plus manquent-ils encore des principes préparatoires les plus utiles. En effet, un plan topographique est un véritable paysage, qui, au lieu d’être pris sur une projection verticale, est représenté sur une projection horizontale, mais soumis aux mêmes lois que le premier, sous les rapports delà perspective aérienne, de la gradation des tons et de l’harmonie des couleurs.

La topographie offre même plus d’obstacles à vaincre que le paysage ; car, à la vérité d’effet, elle doit encore joindre la pureté et l’exactitude du trait, d’où dépend son utilité, et qu’il est toujours très difficile d’unir au moelleux et à la suavité qui font le charme d’une peinture ou de tout autre genre de gravure.

La mauvaise disposition des dessins a sans doute été une entrave bien préjudiciable aux graveurs dont l’art, dans cette partie, est une rigoureuse imitation ; ceux-ci sont néanmoins parvenus à donner à leurs travaux une finesse et une régularité remarquables, à rendre avec esprit, au moyen détaillés bien arrangées, les accidents les plus détaillés du terrain et à porter enfin la partie manuelle de leur art, au plus haut degré de perfection; mais la partie scientifique

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