‹ Nouveau manuel complet du graveur en creux et en reliefChapitre 37 sur 122 · IX. — Retouche · texte numérisé non relu

IX. — Retouche

La planche étant bien propre, on l’examine au jour et à la loupe, et l’on voit s’il y manque quelque chose, si quelques traits ne sont pas assez creusés et si quelques parties sont confuses. Dans ce cas, on procède à la retouche.

On tamponne la planche avec du vernis blanc, qui, une fois refroidi, est transparent et laisse apercevoir tout le travail. On reprend donc le dessin avec la pointe, et on le soumet à l’action de l’eau-forte

GRAVURE A L’EAU-FORTE

qui creuse seulement les parties retouchées. On dévernit ensuite la planche comme il a été dit.

Généralement on donne une teinte légère sur toute la gravure dans laquelle on réserve certaines parties blanches, ce qui les fait mieux ressortir. Pour obtenir cette teinte, on étend, au pinceau, une légère couche d’huile d’olive, partout où l’on veut teinter le cuivre. Ceci fait, on projette, au moyen d’une houppe, du soufre en (leur sur toute la partie huilée le plus uniformément possible. L’huile en s’oxydant à l’air attaque le cuivre et produit avec le soufre un sulfure de cuivre à grain très fin. Plus on laisse séjourner ce mélange sur la planche, plus le cuivre sera attaqué et plus la teinte sera forte. On nettoie ensuite avec de l’essence de térébenthine et une flanelle.

La gravure est terminée et prête au tirage.

Les tailles douces sur cuivre donnent 2,000 bonnes épreuves lorsque les sujets sont gravés avec délicatesse et 10,000 exemplaires lorsque la gravure représente des objets de science. Pour les forts tirages on fait usage des planches dont nous allons donner le mode de gravure ci-après et qui donnent 50,000 épreuves et quelquefois plus.

Mais on est arrivé, ces derniers temps, à aciérer les planches de cuivre, ce qui permet de les faire servir pour 25,000 épreuves, ce qui est bien suffisant dans la pratique.

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