I. — Procédé Poitevin
La photographie est mise dans une dissolution d’iode et placée ensuite sur une feuille de papier enduite d’une couche d’amidon. On serre ces deux feuilles l’une sur l’autre : l’iode qui se dégage des noirs se dépose sur l’amidon. On presse la feuille amidonnée sur une planche de cuivre argentée, l’iode qui se dégage de l’amidon se fixe sur le cuivre pour former un iodure correspondant aux traits de la photographie. On plonge la plaque dans une dissolution de sulfate de cuivre en la mettant en contact avec le fil négatif d’une pile : il s'e dépose du cuivre sur toutes les partils de la plaque non recouvertes d’iodure, c’est-à-dire dans les blancs de la gravure. On
PHOTOGRAVURE
plonge la planche dans un bain d’hyposulfite de soude qui dissout l'iodure et met à nu la surface argentée qu’il recouvrait. On la chauffe sur une lampe à alcool pour oxyder le cuivre et on la frotte avec un tampon de coton et du mercure, lequel ne s’attache qu’aux parties argentées, tandis qu’il respecte' les parties cuivrées. On recouvre la plaque avec deux ou trois feuilles d’or battu, on fait évaporer le mercure par la chaleur, l’or s’attache à l’argent et on lave avec une dissolution de nitrate d’argent qui dissout l’oxyde de cuivre. Le dessin disparaît complètement, parce que d’une part les noirs sont représentés par de l’or et les blancs par du cuivre. On mord la planche par de l'acide nitrique faible, qui attaque le cuivre et respecte les parties dorées. Lorsque le relief est sufllsant, la planche est prête pour le tirage.
IL — Procédé Talbot.
On enduit une planche d’acier d’une couche impressionnable formée d’un mélange de gélatine et de bichromate de potasse. On l’expose à la lumière sous une épreuve photographique sur papier. On la met ensuite deux ou trois heures dans de l’eau froide qui dissout le chromate non intluencé par la lumière et une certaine quantité de gélatine. On la retire de l’eau, on la met dans de l’alcool quelques minutes et on la laisse sécher à une chaleur modérée. La gélatine bichromatée influencée par la lumière devient insoluble. On mord la planche avec du bichlorure de platine en dissolution, mélangé avec le quart de son volume d’eau régale. On laisse réagir une ou deux
PROCÉDÉ MEPCE
minutes au bout desquelles on fait écouler le liquide corrosif, on sèche le papier avec du buvard, et on lave la planche avec de l’eau' salée et une éponge, pour détacher la gélatine qui la recouvrait ; enfin, on la sèche et elle est prête pour Je tirage.
Le procédé de M. Fox Talbot date de 1853.